La Météorologie, science des états de l’atmosphère
Le temps
Autour de nous, tout change en permanence : la couleur du ciel, les nuages qui l’habitent, plus ou moins nombreux, aimables ou menaçants ; un jour le bien être d’une douce et lumineuse ambiance, le lendemain l’agression des éléments…
L’atmosphère vit, elle nous entraîne dans ses évolutions, ses caprices, ses turbulences, pour le meilleur et le pire : le temps qu’il fait.
L’atmosphère vit, elle nous entraîne dans ses évolutions, ses caprices, ses turbulences, pour le meilleur et le pire : le temps qu’il fait.
Le climat
Rassemblés de jour en jour, les paramètres du temps sont archivés et traités en statistiques multiples. Si le temps concerne le présent, le climat s’attache au passé. Les fluctuations de l’instant sont capricieuses, le recul permet de dégager des lignes de force.
L’étude des archives permet de faire ressortir, pour une sorte d’année type, la répartition moyenne mensuelle, décadaire aussi, pour plus de finesse (la décade compte dix jours), des cumuls de pluie ou neige, des températures minimales et maximales, de la durée d’insolation, de la nébulosité, de la pression, du nombre de jours de gel, brouillard, pluie, neige, orage… dans tel ou tel endroit. On peut dès lors situer l’instant par rapport aux comportements "normaux" (la météo utilise des périodes de 30 ans pour définir des "normales", la dernière couvrant 1991-2020). Ainsi la présentatrice de la TV peut-elle indiquer, par exemple, que "nous sommes bien au-dessus des valeurs saisonnières".
records actualisés sur le site de la WMO
- Barrow Island (à 64 m d'altitude en Australie) : a mesuré la plus forte rafale terrestre au monde : 407,5 km/h (220 kt), le 10 avril 1996 lors du passage du cyclone Olivia.
L’examen des particularités climatiques locales (la "carte d’identité climat", en quelque sorte) permet de regrouper les bilans par secteurs, régions où elles affichent une certaine homogénéité. A l’échelle de la Terre, on distingue une grande variété de climats selon la latitude, la continentalité souvent accompagnée de sécheresse, de rudesse, d’extrêmes faisant le grand écart ou l’influence de la mer, de son humidité, de son inertie thermique régulatrice, qui écrase l’amplitude des différences entre les heures du jour et les mois de l’année.
Les montagnes ont leurs climats spécifiques, tellement divers, tellement propres à chaque vallée, à chaque versant, qu’ils représentent un patchwork de "microclimats". L’altitude fait entrer dans une dimension supplémentaire par rapport aux plaines. Les montagnes s’opposent aux vents, les vallées les canalisent. Le relief fait gonfler ou résorber les nuages. L’orientation des pentes, leur inclinaison induisent des facteurs supplémentaires de nuances. Montagnes sous toutes les latitudes, proches de la mer ou perdues dans des continents immenses : un monde compliqué, un monde riche, un monde passionnant pour les météos aussi.
L’étude des archives permet de faire ressortir, pour une sorte d’année type, la répartition moyenne mensuelle, décadaire aussi, pour plus de finesse (la décade compte dix jours), des cumuls de pluie ou neige, des températures minimales et maximales, de la durée d’insolation, de la nébulosité, de la pression, du nombre de jours de gel, brouillard, pluie, neige, orage… dans tel ou tel endroit. On peut dès lors situer l’instant par rapport aux comportements "normaux" (la météo utilise des périodes de 30 ans pour définir des "normales", la dernière couvrant 1991-2020). Ainsi la présentatrice de la TV peut-elle indiquer, par exemple, que "nous sommes bien au-dessus des valeurs saisonnières".
La climatologie distingue aussi les extrêmes, témoins des "crises" du ciel.
Ainsi à :
- Chamonix : la plus basse température relevée est de -31,0°C le 2 janvier 1905, la plus haute de 37,2°C le 31 juillet 1983 ;
- Foc-Foc à la Réunion (2290 m - commune de St-Joseph) : a recueilli 1825 mm de pluie en un seul jour, le 7 janvier 1966, ce qui est le record mondial, tandis que
- Cherrapunji (en Inde) : détient celui du cumul sur 12 mois consécutifs avec 26 461 mm, du 1er août 1860 au 31 juillet 1861 ; par contre,
- Arica (au Chili) : doit se contenter du plus petit cumul annuel de pluie, seulement 0,8 mm ;
- Chamonix : la plus basse température relevée est de -31,0°C le 2 janvier 1905, la plus haute de 37,2°C le 31 juillet 1983 ;
- Foc-Foc à la Réunion (2290 m - commune de St-Joseph) : a recueilli 1825 mm de pluie en un seul jour, le 7 janvier 1966, ce qui est le record mondial, tandis que
- Cherrapunji (en Inde) : détient celui du cumul sur 12 mois consécutifs avec 26 461 mm, du 1er août 1860 au 31 juillet 1861 ; par contre,
- Arica (au Chili) : doit se contenter du plus petit cumul annuel de pluie, seulement 0,8 mm ;
records actualisés sur le site de la WMOL’examen des particularités climatiques locales (la "carte d’identité climat", en quelque sorte) permet de regrouper les bilans par secteurs, régions où elles affichent une certaine homogénéité. A l’échelle de la Terre, on distingue une grande variété de climats selon la latitude, la continentalité souvent accompagnée de sécheresse, de rudesse, d’extrêmes faisant le grand écart ou l’influence de la mer, de son humidité, de son inertie thermique régulatrice, qui écrase l’amplitude des différences entre les heures du jour et les mois de l’année.
Les montagnes ont leurs climats spécifiques, tellement divers, tellement propres à chaque vallée, à chaque versant, qu’ils représentent un patchwork de "microclimats". L’altitude fait entrer dans une dimension supplémentaire par rapport aux plaines. Les montagnes s’opposent aux vents, les vallées les canalisent. Le relief fait gonfler ou résorber les nuages. L’orientation des pentes, leur inclinaison induisent des facteurs supplémentaires de nuances. Montagnes sous toutes les latitudes, proches de la mer ou perdues dans des continents immenses : un monde compliqué, un monde riche, un monde passionnant pour les météos aussi.
Séquences rétro... La prévision
Muni de toutes les informations recueillies à la surface de la Terre et au sein de l’atmosphère par des moyens de mesure et de transmission de plus en plus sophistiqués (ballons-sondes, radars, satellites…), le météorologiste prévisionniste se consacre à l’annonce des conditions pour les heures, pour les jours suivants, aussi loin que possible. Cet "aussi loin" est en train de devenir la saison. Toutes les activités humaines ou presque, depuis la nuit des temps, sont soumises aux humeurs, aux caprices, voire aux menaces du ciel. Éviter des victimes et des dégâts est la noble mission des services météo nationaux. Les investissements sont tellement lourds et la rentabilité financière tellement diffuse et différée que pratiquement partout l’État prend à sa charge l’acquisition des données, les moyens de transmission, les outils informatiques d’analyse, de prévision, d’archivage, d’études et de recherches, et les personnels spécialisés. Quitte à ce que des sociétés privées prennent le relais pour des applications spécifiques (médias p. ex.).
Le rapport du Conseil Économique et Social de 1985 (JO n° 1/85 du 16 janvier) retient, pour un service météorologique, "un rapport entre avantage et coût compris entre 15 et 30.", ordre de grandeur qui permet de conclure que la prévention météorologique est très "rentable" en ce sens que, comme pour la vaccination, les investissements engagés sont largement remboursés par les vies épargnées, les dégâts évités, un rendement économique bien meilleur dans tous les domaines concernés. La chaîne de prévision et ses utilisations en montagne feront l’objet de la dernière partie.
Le rapport du Conseil Économique et Social de 1985 (JO n° 1/85 du 16 janvier) retient, pour un service météorologique, "un rapport entre avantage et coût compris entre 15 et 30.", ordre de grandeur qui permet de conclure que la prévention météorologique est très "rentable" en ce sens que, comme pour la vaccination, les investissements engagés sont largement remboursés par les vies épargnées, les dégâts évités, un rendement économique bien meilleur dans tous les domaines concernés. La chaîne de prévision et ses utilisations en montagne feront l’objet de la dernière partie.
Partie 1- Les paramètres atmosphériques
La température
Le rayonnement
Il transporte une énergie qui se transmet d’autant plus efficacement à la surface éclairée que celle-ci le prend de plein fouet, c'est-à-dire perpendiculairement. Plus la surface est inclinée, plus la section apparente qu’elle lui offre se réduit, et c’est bien cette dernière qui compte !
A la limite, quand rayonnement et surface sont parallèles aucun dépôt d’énergie ne se produit. On comprend ainsi immédiatement comment la Terre peut offrir toute une gamme de températures, du plus chaud au plus froid, de l’équateur (quasiment perpendiculaire en permanence à la lumière solaire) aux pôles dont l’inclinaison est le plus souvent très faible, voire parallèle (équinoxes) ou même conduit à la privation totale de jour.
Les variations de la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon au long des saisons modifient la répartition de son énergie : à 60 ° de latitude Nord, 1 m² de sol reçoit en janvier 9 % seulement de la chaleur captée en juillet.
Surfaces éclairées par un même tube de lumière selon l’incidence;
- à gauche sur le globe,
- à droite en montagne
- à gauche sur le globe,
- à droite en montagne
Tout corps rayonne, car il contient toujours une chaleur qu’il veut partager avec son environnement. Et ce dernier l’influence de même en retour. Ces échanges perpétuels sont invisibles car ils se font pour l’essentiel dans l’infrarouge. Leur objectif est d’établir un équilibre idéal, sans cesse remis en cause, ne serait-ce que par le passage d’un nuage... Un mur, un véhicule, un radiateur (c’est fait pour cela), la tôle d’un refuge au soleil distribuent de la chaleur, invisible mais sensible. La limite supérieure de l’atmosphère reçoit de la part du Soleil 1370 W/m2 sur une surface perpendiculaire à ses rayons, quantité heureusement très peu variable (un radiateur électrique émet environ 3000 W/m2). Mais, répartie sur la surface sphérique de l’atmosphère, cette puissance tombe à 342 W/m2 en moyenne, distribuée au sol de façon très inégale à cause du filtrage de l’atmosphère, de l’angle d’incidence, des nuages, de la pollution.
Répartition du rayonnement solaire Le rayonnement terrestre
La Terre rayonne aussi, vers l’espace. Ainsi, en tous lieux, coexistent deux rayonnements de sens contraire : celui qui vient du ciel, celui qui part vers le ciel. Les bilans en sont très différents entre la nuit et le jour.
Les roches mouillées
Bilans de jour et de nuit par ciel clair et ciel couvert
En moyenne, le bilan d’énergie est largement positif. Cela dépend de la latitude, évidemment, mais dans les zones équatoriales, tropicales et tempérées l’excédent annuel de calories est très net. Le bilan est lié aussi à la nature du sol : une surface caillouteuse ou rocheuse s’échauffe bien davantage que de l’herbe, de l’eau, de la neige… Un objet éclairé par le Soleil se réchauffe, "monte en température".
Pourquoi ? Parce que l’énergie contenue dans les ondes excite les molécules de la matière. Elles sont toujours en mouvement ces particules et c’est leurs innombrables frictions entre elles qui leur procurent une chaleur interne, celle que l’on ressent en les touchant. Ce n’est qu’à la température théorique du "zéro absolu" (-273,15 °C) que toute agitation cesse dans la matière. L’éclairage du Soleil provoque donc un supplément de remue-ménage à l’intérieur des objets : leur température s’élève.
En somme, la température n’est qu’une indication de l’état d’agitation interne d’un corps. Celle de l’air s’obtient avec un thermomètre, du plus classique (la colonne de mercure graduée des thermomètres d’antan) aux plus sophistiqués de la technologie moderne (affichage des valeurs sur écran).
Les roches mouillées
- de jour : Par ciel dégagé, le Soleil réchauffe le sol. Simultanément la Terre émet son propre rayonnement, le plus souvent imperceptible à nos sens celui-là. Les nuages font écran aux deux rayonnements (par réflexion et absorption). Il en arrive moins, il en part moins.
Au total, un bilan toujours nettement positif mais moins que par ciel tout bleu : il fait moins chaud, mais il peut faire "lourd" en été, ce qui est plus inconfortable.
- de nuit : Par ciel clair, le rayonnement provenant du ciel est quasi nul. Par contre, la Terre poursuit son émission. Le bilan, cette fois, est négatif : le sol perd des calories, sa température baisse. Le refroidissement local est d’ailleurs différent selon le revêtement du sol : un sol enneigé rayonne beaucoup plus, les gelées sont bien plus sévères. Les nuages modulent plus ou moins cette économie. Par ciel couvert, la perte de calories de la Terre est très ralentie par l’ "effet couette" des nuages. En renvoyant au sol une grande part du rayonnement qu’ils en reçoivent, ils atténuent considérablement la chute de température nocturne.
Au total, un bilan toujours nettement positif mais moins que par ciel tout bleu : il fait moins chaud, mais il peut faire "lourd" en été, ce qui est plus inconfortable.
- de nuit : Par ciel clair, le rayonnement provenant du ciel est quasi nul. Par contre, la Terre poursuit son émission. Le bilan, cette fois, est négatif : le sol perd des calories, sa température baisse. Le refroidissement local est d’ailleurs différent selon le revêtement du sol : un sol enneigé rayonne beaucoup plus, les gelées sont bien plus sévères. Les nuages modulent plus ou moins cette économie. Par ciel couvert, la perte de calories de la Terre est très ralentie par l’ "effet couette" des nuages. En renvoyant au sol une grande part du rayonnement qu’ils en reçoivent, ils atténuent considérablement la chute de température nocturne.
Bilans de jour et de nuit par ciel clair et ciel couvertInertie thermique saisonnière
La température fluctue au fil des jours selon la hauteur du Soleil. Pourtant, s’il est au plus bas vers le 21 décembre, la température moyenne quotidienne n’atteint ses plus faibles valeurs que dans les 10 derniers jours de janvier.
De même, il est au plus haut vers le 21 juin, mais, les plus fortes températures moyennes de l’année sont relevées dans les 10 derniers jours de juillet (Sirius – étoile aussi appelée Canicula – se lève et se couche en même temps que le Soleil dans notre ciel, entre le 24 juillet et le 24 août, d’où l’expression de canicule).
Ce décalage s’explique par l’inertie thermique de l’atmosphère, des sols, mais surtout des mers. L’influence maritime est d’ailleurs, partout, un puissant facteur de modération des excès : elle tempère le climat des côtes par sa température mais aussi par l’humidité qu’elle répand à sa proche périphérie.
La température fluctue au fil des jours selon la hauteur du Soleil. Pourtant, s’il est au plus bas vers le 21 décembre, la température moyenne quotidienne n’atteint ses plus faibles valeurs que dans les 10 derniers jours de janvier.
De même, il est au plus haut vers le 21 juin, mais, les plus fortes températures moyennes de l’année sont relevées dans les 10 derniers jours de juillet (Sirius – étoile aussi appelée Canicula – se lève et se couche en même temps que le Soleil dans notre ciel, entre le 24 juillet et le 24 août, d’où l’expression de canicule).
Ce décalage s’explique par l’inertie thermique de l’atmosphère, des sols, mais surtout des mers. L’influence maritime est d’ailleurs, partout, un puissant facteur de modération des excès : elle tempère le climat des côtes par sa température mais aussi par l’humidité qu’elle répand à sa proche périphérie.
Ronde des saisons et les variations d’éclairementLes unités de températures
L’unité officielle de température est le degré Kelvin (°K) auquel se rattache le degré Celsius (°C). Les Américains utilisent toujours le degré Fahrenheit (°F).
NB (tableau conversion à droite) :
mettre la température à convertir dans l'une des cases et la conversion apparaîtra.
Les petits curseurs (à droite) permettent ensuite d'augmenter ou diminuer les valeurs.
mettre la température à convertir dans l'une des cases et la conversion apparaîtra.
Les petits curseurs (à droite) permettent ensuite d'augmenter ou diminuer les valeurs.
Une station météo chez soi
Toute dernière avancée, des stations de mesures domestiques affichent des pictos de la prévision du temps pour plusieurs jours. Magie ? Fumisterie ? Non, la station reçoit – comme les réveils pour l’heure – des signaux provenant de satellites. Ces derniers pilotent l’affichage des pictos appropriés, stockés dans l’appareil. Ces informations proviennent à l’origine des calculateurs météo américains, qui distribuent en toute transparence beaucoup de leurs résultats.
Contenu d'un abri météo standard
Toute dernière avancée, des stations de mesures domestiques affichent des pictos de la prévision du temps pour plusieurs jours. Magie ? Fumisterie ? Non, la station reçoit – comme les réveils pour l’heure – des signaux provenant de satellites. Ces derniers pilotent l’affichage des pictos appropriés, stockés dans l’appareil. Ces informations proviennent à l’origine des calculateurs météo américains, qui distribuent en toute transparence beaucoup de leurs résultats.
Ce sont comme l’on dit des "sorties de modèle" à l’état brut, sans expertise humaine, sans adaptation précise au contexte géographique local (en plaine, ça n’est pas trop important, en montagne si).
Il faut les prendre seulement comme des "tendances". Cette restriction faite, l’information est intéressante, et va le devenir de plus en plus. On peut raisonnablement penser que d’ici peu ces "terminaux" afficheront, en continu, le contexte général (images satellitaires, échos radar des précipitations, observations régionales, nationales, cartes prévues…). Ainsi, pour une bien meilleure compréhension de toutes ces choses-là, pourra-t’on associer le vécu météo chez soi aux grands systèmes atmosphériques planétaires.
Il faut les prendre seulement comme des "tendances". Cette restriction faite, l’information est intéressante, et va le devenir de plus en plus. On peut raisonnablement penser que d’ici peu ces "terminaux" afficheront, en continu, le contexte général (images satellitaires, échos radar des précipitations, observations régionales, nationales, cartes prévues…). Ainsi, pour une bien meilleure compréhension de toutes ces choses-là, pourra-t’on associer le vécu météo chez soi aux grands systèmes atmosphériques planétaires.
Contenu d'un abri météo standardL'effet de serre
Les vitres ont en effet la propriété de piéger les calories. La lumière du Soleil les traverse sans problème. L’énergie qui entre ainsi réchauffe sol, plante et volume d’air. Or, il se trouve que les vitres ont la propriété d’empêcher la chaleur de partir.
La serre pour la culture des primeurs, des fleurs, des plantes fragiles au froid est un abri dont le toit est en verre. Premier avantage : protéger des intempéries, des trop fortes pluies, du vent qui brise, assoiffe. Deuxième effet positif : chauffage naturel le jour et en grande partie gratuit (des systèmes d’appoint sont prévus pour la nuit, en même temps que les vitres sont recouvertes pour réduire au mieux la déperdition de chaleur).
Cavités paradoxales en surface neige (un micro effet de serre)
La surprenante résistance de la très fragile "vitre" de glace vient de ce qu’elle est transparente à la lumière, qu’elle ne lui prend pratiquement pas de chaleur et qu’à sa surface extérieure une évaporation intense suffit à préserver un équilibre de températures suffisamment bas.
A l’intérieur de la poche d’air, l’effet de serre, le confinement font que la température est assez chaude pour que la neige fonde tout autour, sauf au niveau de ce très mince couvercle de glace où un autre équilibre se réalise grâce à l’évaporation de surface facilitée par la ventilation et la faible humidité ambiantes. La cavité ne peut jamais être complètement fermée car l’air chaud chargé d’humidité qui s’y forme se fraye une ouverture, remplacé par un apport d’air froid ambiant.
Par analogie, l’effet de serre terrestre, naturel est une sorte de filtrage/piégeage des rayonnements qui traversent l’atmosphère. Très majoritairement, le Soleil émet des ondes de courtes longueurs d’onde ; elles traversent parfaitement l’enveloppe d’air qui nous entoure (sauf quand des nuages ou des impuretés en réfléchissent ou absorbent une partie). Sous ce bombardement énergétique le sol accroît sa température ce qui lui fait émettre un rayonnement infrarouge de grande longueur d’onde. A cause du gaz carbonique (CO2), du méthane (CH4) et de la vapeur d’eau (H2O), l’atmosphère empêche ces grandes longueurs d’ondes de s’échapper vers l’espace. Comme les vitres des serres : transparentes à la lumière du Soleil, opaques aux ondes infrarouges émises par le milieu interne. La chaleur est piégée. Sans l’effet de serre naturel, la température moyenne à la surface de la Terre serait de -18 °C alors qu’elle se situe maintenant autour de 15 °C. Il nous fait donc gagner 33 °C et surtout passer d’un monde glacé à une "planète bleue" bien vivante. L’action de filtrage de l’atmosphère intervient aussi de façon décisive contre l’ultraviolet (UV), nocif pour les cellules vivantes. L’ozone (O3) est notre bouclier protecteur. L’affaiblissement récent par la pollution de cette très mince mais très efficace couche protectrice dans la haute atmosphère, au-dessus des pôles notamment (le fameux "trou"), a nécessité des mesures draconiennes dans la fabrication et l’utilisation de certains gaz frigorigènes pour les réfrigérateurs et les climatiseurs qui la détruisaient (chlorofluorocarbones ou CFC…).
Les UV facilitent le bronzage, une saine réaction de protection de la peau. On en dénonce les agressions mais ils sont indispensables à la synthèse de la vitamine D, et traitent certaines maladies, de peau notamment. Plus on prend de l’altitude plus on est soumis aux UV car l’ozone des basses couche qui les intercepte se raréfie. En haute montagne, l’exposition est particulièrement intense car la neige les réfléchit à 85 %. On s’en méfie moins par ciel nuageux, mais les nuages ne les empêchent pas d’arriver jusqu'au sol (on est d’ailleurs souvent surpris des "couleurs" prises en montagne malgré un ciel couvert). Le rayonnement du Soleil est le plus efficace à son zénith (13h en "heure d’hiver", 14h autrement) ; il traverse alors perpendiculairement l’atmosphère ce qui en réduit le parcours à travers, mais des précautions doivent être prises au moins deux heures de part et d’autre de ce passage au midi.
La serre pour la culture des primeurs, des fleurs, des plantes fragiles au froid est un abri dont le toit est en verre. Premier avantage : protéger des intempéries, des trop fortes pluies, du vent qui brise, assoiffe. Deuxième effet positif : chauffage naturel le jour et en grande partie gratuit (des systèmes d’appoint sont prévus pour la nuit, en même temps que les vitres sont recouvertes pour réduire au mieux la déperdition de chaleur).
On peut observer en surface du manteau neigeux un petit phénomène étonnant qui s’apparente en partie à ce type de transformation de l’énergie solaire. Au soleil, par temps bien sec, il se forme des petites cavités d’air d’une bonne dizaine de cm de profondeur, courant parfois sur une longueur horizontale trois ou quatre fois plus longue, plus ou moins recouvertes d’une très mince couche de glace mouillée. Le creusement est lié à la présence d’impuretés sous la surface – poussière, aiguilles de sapins, graviers dans les bourrelets laissés par les chasse-neige en bord de route, …
Ces dépôts sombres s’échauffent et fondent la neige alentour. Le couvercle de glace très mince (autour de 2 à 3 mm) persiste des heures, protégeant la cavité, comme une vitre, ce qui en accélère l’échauffement et le creusement.
Ces dépôts sombres s’échauffent et fondent la neige alentour. Le couvercle de glace très mince (autour de 2 à 3 mm) persiste des heures, protégeant la cavité, comme une vitre, ce qui en accélère l’échauffement et le creusement.
Cavités paradoxales en surface neige (un micro effet de serre) A l’intérieur de la poche d’air, l’effet de serre, le confinement font que la température est assez chaude pour que la neige fonde tout autour, sauf au niveau de ce très mince couvercle de glace où un autre équilibre se réalise grâce à l’évaporation de surface facilitée par la ventilation et la faible humidité ambiantes. La cavité ne peut jamais être complètement fermée car l’air chaud chargé d’humidité qui s’y forme se fraye une ouverture, remplacé par un apport d’air froid ambiant.
Par analogie, l’effet de serre terrestre, naturel est une sorte de filtrage/piégeage des rayonnements qui traversent l’atmosphère. Très majoritairement, le Soleil émet des ondes de courtes longueurs d’onde ; elles traversent parfaitement l’enveloppe d’air qui nous entoure (sauf quand des nuages ou des impuretés en réfléchissent ou absorbent une partie). Sous ce bombardement énergétique le sol accroît sa température ce qui lui fait émettre un rayonnement infrarouge de grande longueur d’onde. A cause du gaz carbonique (CO2), du méthane (CH4) et de la vapeur d’eau (H2O), l’atmosphère empêche ces grandes longueurs d’ondes de s’échapper vers l’espace. Comme les vitres des serres : transparentes à la lumière du Soleil, opaques aux ondes infrarouges émises par le milieu interne. La chaleur est piégée. Sans l’effet de serre naturel, la température moyenne à la surface de la Terre serait de -18 °C alors qu’elle se situe maintenant autour de 15 °C. Il nous fait donc gagner 33 °C et surtout passer d’un monde glacé à une "planète bleue" bien vivante. L’action de filtrage de l’atmosphère intervient aussi de façon décisive contre l’ultraviolet (UV), nocif pour les cellules vivantes. L’ozone (O3) est notre bouclier protecteur. L’affaiblissement récent par la pollution de cette très mince mais très efficace couche protectrice dans la haute atmosphère, au-dessus des pôles notamment (le fameux "trou"), a nécessité des mesures draconiennes dans la fabrication et l’utilisation de certains gaz frigorigènes pour les réfrigérateurs et les climatiseurs qui la détruisaient (chlorofluorocarbones ou CFC…).
Les UV facilitent le bronzage, une saine réaction de protection de la peau. On en dénonce les agressions mais ils sont indispensables à la synthèse de la vitamine D, et traitent certaines maladies, de peau notamment. Plus on prend de l’altitude plus on est soumis aux UV car l’ozone des basses couche qui les intercepte se raréfie. En haute montagne, l’exposition est particulièrement intense car la neige les réfléchit à 85 %. On s’en méfie moins par ciel nuageux, mais les nuages ne les empêchent pas d’arriver jusqu'au sol (on est d’ailleurs souvent surpris des "couleurs" prises en montagne malgré un ciel couvert). Le rayonnement du Soleil est le plus efficace à son zénith (13h en "heure d’hiver", 14h autrement) ; il traverse alors perpendiculairement l’atmosphère ce qui en réduit le parcours à travers, mais des précautions doivent être prises au moins deux heures de part et d’autre de ce passage au midi.
Température au sol
Elle est extrêmement différente d’un endroit à l’autre selon la nature du revêtement. D’une façon générale, le sol accumule des calories reçues directement du Soleil, en restitue une grande part en rayonnant lui-même ; le bilan de cet échange détermine sa température. Les étendues marines se comportent de même, selon des modalités propres à l’eau (pénétration de la lumière sur quelques mètres, le plus souvent brassés par les vagues, répartition des calories dans un grand volume, ce qui en atténue la hausse de température, procurant ainsi aux océans – plus des deux tiers de la superficie de la planète tout de même – un rôle de régulation thermique essentiel). La végétation, quand elle existe, intercepte la lumière et garde dans ses tissus une part de l’énergie solaire pour sa croissance. La récupération de l’énergie verte de la biomasse est une des promesses propres de substitution aux sources fossiles de toute façon limitées (gaz, pétrole, charbon...). Une ressource durable puisque recyclable à l’infini : on l’utilise, elle rejette du CO2, mais il sera récupéré par la culture suivante...

L’humidité du terrain joue un très grand rôle en introduisant un tampon thermique. Dans la journée, la présence d’eau dans le sol freine la montée en température, d’abord parce qu’il faut la chauffer en plus du sol sec, ensuite parce que son évaporation produit de la fraîcheur. De nuit, un sol sec refroidit vite, surtout s’il est mauvais conducteur. Un sol imprégné d’eau (terre, humus...) doit en plus refroidir l’eau qu’il contient, ce qui freine sa baisse de température. Éventuellement, au niveau crucial du 0°C, s’enclenche la congélation de l’eau contenue, ce qui stabilise la baisse de température des premiers centimètres, tant qu’elle n’est pas achevée (l’eau dégage de la chaleur en gelant).
La neige pompe le froid Température surface neige
En journée, la neige renvoie vers le ciel presque toute la lumière reçue du Soleil, d’autant plus qu’elle est récente, donc bien blanche. Elle capte peu de calories, en revanche elle en émet constamment beaucoup. Son bilan thermique est facilement négatif, ce qui fait que, au cœur de l’hiver, elle peut rester poudreuse, même en plein soleil, même quand l’air est à température nettement positive et que – absence de vent aidant – on peut skier en pull. De toute façon, sa température ne peut jamais dépasser 0°C.
De nuit, lorsque le ciel est dégagé, la neige rayonne intensément. Du fait de ses propriétés isolantes, la baisse de sa température se cantonne pour l’essentiel à une mince couche superficielle, surtout quand elle vient de tomber, alors que ses cristaux ont peu de contacts entre eux – à cause de leur forme, de leur rigidité – parce que beaucoup d’air les enveloppe. C’est ainsi que les écarts entre la température de surface neige et la température de l’air sous abri atteignent fréquemment 10 à 15°C (par exemple : –5°C sous abri, –15 °C pour la neige superficielle).
Le manteau neigeux est du reste un sol très particulier. Ses caractéristiques (couleur, albédo, humidité, pouvoir isolant, très grande capacité à rayonner vers le ciel...) expliquent son comportement thermique très contrasté entre jour et nuit, et par rapport aux autres sols. Cette hypersensibilité de la neige a des conséquences plus ou moins heureuses. C’est le rapide regel sur la route dès que le Soleil est bas sur l’horizon : danger de glissade. C’est l’évolution en mieux ou en pire des risques d’avalanches. C’est, plus anecdotique, le fait que la troisième série des skieurs d’une épreuve de descente soit plus rapide que les premiers partis (en principe nettement meilleurs), à la suite d’une éclaircie qui – ouvrant d’un seul coup la porte au rayonnement vers l’espace – permet le regel superficiel brutal de la piste jusque-là à 0°C, mouillée, collant aux skis, et qui, en quelques minutes, devient très glissante. Quelques exemples parmi tant d’autres.
Bien entendu, toutes ces évolutions de températures du sol sont très dépendantes des mouvements d’air : le vent disperse la chaleur des surfaces et en limite ainsi la surchauffe, il accélère les processus d’évaporation, il apporte ses propres calories, parfois de façon inopportune (fœhn), ou bien en retire (quand sa température baisse). La température de la pluie modifie aussi la température au sol (et de l’air) : dans la plupart des cas, elle refroidit son environnement. Elle est à l’origine, quand elle cesse, d’un fort accroissement du potentiel d’évaporation.
De nuit, lorsque le ciel est dégagé, la neige rayonne intensément. Du fait de ses propriétés isolantes, la baisse de sa température se cantonne pour l’essentiel à une mince couche superficielle, surtout quand elle vient de tomber, alors que ses cristaux ont peu de contacts entre eux – à cause de leur forme, de leur rigidité – parce que beaucoup d’air les enveloppe. C’est ainsi que les écarts entre la température de surface neige et la température de l’air sous abri atteignent fréquemment 10 à 15°C (par exemple : –5°C sous abri, –15 °C pour la neige superficielle).
Le manteau neigeux est du reste un sol très particulier. Ses caractéristiques (couleur, albédo, humidité, pouvoir isolant, très grande capacité à rayonner vers le ciel...) expliquent son comportement thermique très contrasté entre jour et nuit, et par rapport aux autres sols. Cette hypersensibilité de la neige a des conséquences plus ou moins heureuses. C’est le rapide regel sur la route dès que le Soleil est bas sur l’horizon : danger de glissade. C’est l’évolution en mieux ou en pire des risques d’avalanches. C’est, plus anecdotique, le fait que la troisième série des skieurs d’une épreuve de descente soit plus rapide que les premiers partis (en principe nettement meilleurs), à la suite d’une éclaircie qui – ouvrant d’un seul coup la porte au rayonnement vers l’espace – permet le regel superficiel brutal de la piste jusque-là à 0°C, mouillée, collant aux skis, et qui, en quelques minutes, devient très glissante. Quelques exemples parmi tant d’autres.
Bien entendu, toutes ces évolutions de températures du sol sont très dépendantes des mouvements d’air : le vent disperse la chaleur des surfaces et en limite ainsi la surchauffe, il accélère les processus d’évaporation, il apporte ses propres calories, parfois de façon inopportune (fœhn), ou bien en retire (quand sa température baisse). La température de la pluie modifie aussi la température au sol (et de l’air) : dans la plupart des cas, elle refroidit son environnement. Elle est à l’origine, quand elle cesse, d’un fort accroissement du potentiel d’évaporation.
L’albédo
L’albédo est l’aptitude d’un corps à se comporter en miroir. Quand la lumière frappe un objet, elle lui communique une partie plus ou moins grande de son énergie, selon la nature même de cet objet, sa capacité à capter intimement le rayonnement.
Une autre partie est dispersée, réfléchie, en rapport notamment avec la couleur de la surface éclairée. La part réfléchie détermine l’albédo.
Où l’on voit que la neige fraîche possède un pouvoir réfléchissant très important, le meilleur même, se rapprochant du miroir parfait. Avec pour conséquences l’éclairage surprenant qu’elle donne à la nuit et sa capacité à se refroidir très vite et très intensément en surface.
En revanche, la neige ancienne, poussiéreuse, perd une grande part de cette qualité de réflexion.
L’albédo est l’aptitude d’un corps à se comporter en miroir. Quand la lumière frappe un objet, elle lui communique une partie plus ou moins grande de son énergie, selon la nature même de cet objet, sa capacité à capter intimement le rayonnement.
Une autre partie est dispersée, réfléchie, en rapport notamment avec la couleur de la surface éclairée. La part réfléchie détermine l’albédo.
Où l’on voit que la neige fraîche possède un pouvoir réfléchissant très important, le meilleur même, se rapprochant du miroir parfait. Avec pour conséquences l’éclairage surprenant qu’elle donne à la nuit et sa capacité à se refroidir très vite et très intensément en surface.
En revanche, la neige ancienne, poussiéreuse, perd une grande part de cette qualité de réflexion.

Point de rosée
Dès la nuit tombée, par ciel dégagé, les prairies deviennent fréquemment humides. Si l’on dîne à l’extérieur, on doit mettre une petite laine pour se protéger de cette fraîcheur descendue des étoiles. Au matin, souvent, l’herbe est constellée de gouttes accumulées au fil des heures par la rosée. La vapeur d’eau contenue dans l’air se condense plus vite sur les objets les plus froids. Les gouttelettes grossissant en gouttes sont visibles sur ceux qui sont imperméables ; les autres l’absorbent. L’herbe isolante et la voiture conductrice amènent au même résultat ! En fait, la rosée se forme parce que le brin d’herbe, comme la carrosserie, sont isolés de la Terre. Le refroidissement ne peut pas se propager dans le sol.
Ces observations montrent que lorsque l’air est refroidi, il arrive un moment où il fabrique de l’eau. Le point de rosée est la température qui correspond à ce seuil où l’air bascule d’un état humide (car l’air contient toujours de la vapeur, plus ou moins) à un état saturé qui déclenche l’apparition d’eau.
Ces observations montrent que lorsque l’air est refroidi, il arrive un moment où il fabrique de l’eau. Le point de rosée est la température qui correspond à ce seuil où l’air bascule d’un état humide (car l’air contient toujours de la vapeur, plus ou moins) à un état saturé qui déclenche l’apparition d’eau.
psychromètrePar beau temps, le point de rosée fluctue beaucoup en journée, à cause des mouvements ascendants qui pompent l’eau des basses couches dès que le sol s’échauffe. Au soir de telles journées, l’humidité retombe au sol. Ce retour vespéral de vapeur à proximité du sol, combiné au refroidissement nocturne qui commence simultanément, amorce le dépôt de la rosée, mais aussi, éventuellement, la formation de brume, puis de brouillard. Ces premiers troubles se manifestent dans les endroits les plus humides, dans les bois, dans les creux, qui rassemblent le froid ; ils se manifestent d’abord sous forme de bancs de brouillard d’une épaisseur verticale de quelques mètres seulement mais réduisant fortement la visibilité horizontale. Très dangereux, car ils surprennent l’automobiliste au détour d’un virage. Et pire, il arrive, en hiver, que cette humidité locale rende la route glissante par plaques de givre ou de glace soudaines. Si votre véhicule en est équipé, surveiller l’écran affichant la température extérieure. Les constructeurs ont d’ailleurs prévu une alerte à partir de +3°C puisque, par ciel dégagé et temps calme, le sol est généralement plus froid que l’air, le soir et durant la nuit.

Humidité relative
Des équations permettent un calcul très précis de l’humidité relative de l’air à partir des températures courantes et des points de rosée. On en déduit aussi la masse d’eau présente dans un mètre cube (sous forme de vapeur, gaz invisible). Or, on sait déterminer la masse d’eau maximale – à saturation – qu’un mètre cube d’air est capable de contenir dans les mêmes conditions de température, ce qui amène à calculer le pourcentage d’humidité par rapport à l’état de saturation.
À saturation, l’humidité relative est de 100%. Elle ne peut être supérieure car tout apport de vapeur supplémentaire est rejeté sous forme d’eau ou, à la rigueur, de glace bien en dessous de 0°C (cristaux de neige). Elle évolue dans la journée par beau temps, dans nos régions, entre des valeurs qui se rapprochent en moyenne des 80/90 % au lever du jour et 40/50 % l’après-midi (les ascendances transportant la vapeur vers les couches supérieures). L’hiver, par grand beau temps, elle descend à 20/30 % sur les versants enneigés (car la neige capte la vapeur, en retire une partie de l’atmosphère). L’été, en situation orageuse, inconfortable, elle reste élevée en journée, 60%, voire plus.
À saturation, l’humidité relative est de 100%. Elle ne peut être supérieure car tout apport de vapeur supplémentaire est rejeté sous forme d’eau ou, à la rigueur, de glace bien en dessous de 0°C (cristaux de neige). Elle évolue dans la journée par beau temps, dans nos régions, entre des valeurs qui se rapprochent en moyenne des 80/90 % au lever du jour et 40/50 % l’après-midi (les ascendances transportant la vapeur vers les couches supérieures). L’hiver, par grand beau temps, elle descend à 20/30 % sur les versants enneigés (car la neige capte la vapeur, en retire une partie de l’atmosphère). L’été, en situation orageuse, inconfortable, elle reste élevée en journée, 60%, voire plus.
hygrographe à cheveuxEn montagne, il faut savoir détecter les bonnes informations en se référant aux rares stations présentes, ou en utilisant les profils de radiosondages, mais, sans être vraiment compliqué, cela justifierait un développement hors de propos ici.
Température en altitude
En moyenne, elle diminue de 0,6°C pour 100m d’ascension (6°C/km). La décroissance se poursuit jusque vers 12 km d’altitude, toujours en moyenne, pour y atteindre environ –0°C. À partir de cette altitude, la température se stabilise, et remonte même progressivement pour revenir à 0°C autour de 50 km. La couche inférieure où la température décroît est appelée troposphère (couche turbulente), celle immédiatement au-dessus porte le nom de stratosphère (couche stable). Le niveau où la courbe cesse de décroître est appelé tropopause. La troposphère rassemble 90 % de la masse atmosphérique, et c’est dans cette couche finalement très mince (dans le rapport d’épaisseur du papier de soie par rapport au rayon de l’orange qu’il enveloppe !) que pratiquement tous les phénomènes que nous observons s’organisent. Dans les faits, de l’équateur aux pôles, l’altitude de la tropopause fluctue de 16000m à 8000m, plus haute et plus froide dans l’air chaud (parce que les couches sont dilatées et que la température y décroît plus longtemps), plus basse et plus chaude dans l’air froid. Les brassages qui s’organisent dans la troposphère conduisent à des transformations où l’air décroît de 1°C/100 m quand il reste sec, de seulement 0,5°C/100 m quand il est saturé (nuage), à cause de la chaleur latente dégagée au cours de la condensation.
Coupe thermique verticale de l’atmosphèreL'inversion de température
La température est un paramètre extrêmement fluctuant, dans le plan horizontal, sous l’influence du vent, de la nature du sol, des variations de l’état du ciel, d’un relief voisin (obstacle au soleil, aux nuages, brises, vents spécifiques comme le fœhn...)... Elle l’est aussi dans le plan vertical puisque, en moyenne, plus on s’éloigne du sol plus la température baisse. Toutefois, en saison froide surtout, on découvre que cette répartition n’est pas toujours respectée, qu’il peut faire bien meilleur, plus doux, en altitude qu’en plaine. Cela provient du fait que le Soleil très affaibli perd alors beaucoup de son influence au profit du sol.
Lorsque les jours sont courts, le bilan d’énergie est le plus souvent négatif à la surface de la Terre dans nos régions : peu de soleil, en intensité et en durée, déperdition calorique du sol par rayonnement devenant prépondérante, accentuée parfois par la présence de neige. Le sol devient alors une sorte de plaque réfrigérante refroidissant l’air à son contact. Au fil des jours, sur de vastes surfaces pouvant recouvrir plusieurs pays en conditions anticycloniques, une nappe froide de 1000 à 1500 m d’épaisseur en moyenne s’étale et se fige, peu mobile, dissociée de l’atmosphère qui la domine. Sa densité la cantonne aux basses couches, tout contre le sol (dérisoire épaisseur que ces 1000 m par rapport au rayon terrestre de quelque 6000 km, un rapport insignifiant de 0,00017 !).
L’inversion de température n’est donc pas propre à la montagne. Par contre c’est là qu’elle est facilement traversée à l’occasion de trajets, observée dans tous ses contrastes. La montagne apporte même sa touche personnelle à ce phénomène à l’échelle des pays en "versant" encore plus de froid dans les vallées : les pentes, surtout enneigées, se refroidissent fort au long des longues nuits claires, l’air à leur contact perd aussi de la chaleur, devient plus dense, plus lourd… et coule en aval. Ainsi les inversions sont plus accentuées au pied des montagnes.
Lorsque les jours sont courts, le bilan d’énergie est le plus souvent négatif à la surface de la Terre dans nos régions : peu de soleil, en intensité et en durée, déperdition calorique du sol par rayonnement devenant prépondérante, accentuée parfois par la présence de neige. Le sol devient alors une sorte de plaque réfrigérante refroidissant l’air à son contact. Au fil des jours, sur de vastes surfaces pouvant recouvrir plusieurs pays en conditions anticycloniques, une nappe froide de 1000 à 1500 m d’épaisseur en moyenne s’étale et se fige, peu mobile, dissociée de l’atmosphère qui la domine. Sa densité la cantonne aux basses couches, tout contre le sol (dérisoire épaisseur que ces 1000 m par rapport au rayon terrestre de quelque 6000 km, un rapport insignifiant de 0,00017 !).
L’inversion de température n’est donc pas propre à la montagne. Par contre c’est là qu’elle est facilement traversée à l’occasion de trajets, observée dans tous ses contrastes. La montagne apporte même sa touche personnelle à ce phénomène à l’échelle des pays en "versant" encore plus de froid dans les vallées : les pentes, surtout enneigées, se refroidissent fort au long des longues nuits claires, l’air à leur contact perd aussi de la chaleur, devient plus dense, plus lourd… et coule en aval. Ainsi les inversions sont plus accentuées au pied des montagnes.
Versant soleil, versant ombre
En montagne, le climat change beaucoup d’un endroit à l’autre, selon l’altitude, l’orientation (adret : versant exposé au soleil, plutôt sud donc ; ubac : versant plutôt orienté au nord, plus froid) et l’inclinaison des versants, ensemble de facteurs qui déterminent la quantité de calories reçue du Soleil, selon que les vents sont renforcés ou brisés par les massifs environnants, selon la proximité ou non d’une source importante d’humidité, comme un grand lac ou une mer, selon l’exposition aux régimes atmosphériques porteurs de précipitations ou l’isolement protecteur dans accentuées au pied des montagnes.
En montagne, le climat change beaucoup d’un endroit à l’autre, selon l’altitude, l’orientation (adret : versant exposé au soleil, plutôt sud donc ; ubac : versant plutôt orienté au nord, plus froid) et l’inclinaison des versants, ensemble de facteurs qui déterminent la quantité de calories reçue du Soleil, selon que les vents sont renforcés ou brisés par les massifs environnants, selon la proximité ou non d’une source importante d’humidité, comme un grand lac ou une mer, selon l’exposition aux régimes atmosphériques porteurs de précipitations ou l’isolement protecteur dans accentuées au pied des montagnes.
L’inversion
Dans cette pellicule inerte s’accumulent non seulement le froid, mais aussi l’humidité et toutes les pollutions. Étant coupée du reste de l’atmosphère (quand on verse de l’eau froide dans un bain à température normale, on constate qu’elle se rassemble au fond et s’y maintient un bon moment, si on ne mélange pas l’ensemble), la nappe froide n’échange plus rien avec les couches qui la surmontent et vit de sa propre vie, ayant plutôt tendance à se refroidir de plus en plus d’un jour à l’autre. Il arrive qu’elle se réduise à quelques dizaines de mètres d’épaisseur seulement sous l’effet d’un vent doux qui la rabote ; les conditions sont alors détestables car l’humidité s’accentue dans le volume froid restreint, entretenant des brouillards très denses, et les pollutions s’y concentrent, devenant plus toxiques encore. Heureusement, ces conditions-là durent rarement plus de quelques heures.
La nappe inférieure froide est séparée de la couche qui la surmonte par la surface d’inversion, zone de transition où on passe de l’une à l’autre, sur 100 à 200m. La température y amorce sa hausse.
Dans cette pellicule inerte s’accumulent non seulement le froid, mais aussi l’humidité et toutes les pollutions. Étant coupée du reste de l’atmosphère (quand on verse de l’eau froide dans un bain à température normale, on constate qu’elle se rassemble au fond et s’y maintient un bon moment, si on ne mélange pas l’ensemble), la nappe froide n’échange plus rien avec les couches qui la surmontent et vit de sa propre vie, ayant plutôt tendance à se refroidir de plus en plus d’un jour à l’autre. Il arrive qu’elle se réduise à quelques dizaines de mètres d’épaisseur seulement sous l’effet d’un vent doux qui la rabote ; les conditions sont alors détestables car l’humidité s’accentue dans le volume froid restreint, entretenant des brouillards très denses, et les pollutions s’y concentrent, devenant plus toxiques encore. Heureusement, ces conditions-là durent rarement plus de quelques heures.
La nappe inférieure froide est séparée de la couche qui la surmonte par la surface d’inversion, zone de transition où on passe de l’une à l’autre, sur 100 à 200m. La température y amorce sa hausse.
Une inversion
Quittant la nappe froide, c’est brusquement, en voiture, un changement d’univers (c’est pareil à pied, bien sûr, seulement moins brutal et spectaculaire). On débouche en pleine lumière, de jour ; sous une voûte d’étoiles très brillantes, de nuit. La visibilité devient excellente, l’humidité relative passe de 100% à 30/40%, voire bien moins. La hausse de température atteint fréquemment 10 à 15°C ; c’est un avantage pour les activités hivernales en montagne. En revanche, la plaine est pénalisée par des températures basses et une grande humidité.

POUR RADIOGRAPHIER L’ATMOSPHÈRE
Les services météo nationaux utilisent des ballons-sondes pour mesurer la température en altitude. Gonflés à l’hélium (He), gaz très léger (on en remplit aussi les dirigeables car, neutre et ininflammable, il est bien moins dangereux que l’hydrogène (H2) utilisé auparavant), ces ballons-sondes sont équipés d’un boîtier avec des capteurs et de l’électronique qui transmet les mesures au sol tout au long de l’ascension. On détecte ainsi les profils de température, de pression, d’humidité relative jusqu’à des altitudes proches de 30000 m. La localisation permanente du ballon par GPS permet de connaître avec précision le vent à tous les niveaux.
Les informations recueillies sont automatiquement codées, rassemblées en message chiffré, transmises au centre de Toulouse pour traitement par le calculateur central de Météo-France, et simultanément distribuées aux autres pays en échange des leurs. C’est d’ailleurs un Français qui a mis au point cette technique de radiographie de l’atmosphère : Teisserenc de Bord, à Trappes, dès la fin du XIXème siècle.
Les services météo nationaux utilisent des ballons-sondes pour mesurer la température en altitude. Gonflés à l’hélium (He), gaz très léger (on en remplit aussi les dirigeables car, neutre et ininflammable, il est bien moins dangereux que l’hydrogène (H2) utilisé auparavant), ces ballons-sondes sont équipés d’un boîtier avec des capteurs et de l’électronique qui transmet les mesures au sol tout au long de l’ascension. On détecte ainsi les profils de température, de pression, d’humidité relative jusqu’à des altitudes proches de 30000 m. La localisation permanente du ballon par GPS permet de connaître avec précision le vent à tous les niveaux.
Les informations recueillies sont automatiquement codées, rassemblées en message chiffré, transmises au centre de Toulouse pour traitement par le calculateur central de Météo-France, et simultanément distribuées aux autres pays en échange des leurs. C’est d’ailleurs un Français qui a mis au point cette technique de radiographie de l’atmosphère : Teisserenc de Bord, à Trappes, dès la fin du XIXème siècle.
La couche sale
Dans la couche atmosphérique la plus proche du sol s’accumulent toutes sortes de particules montant du sol, portées par les ascendances ou les turbulences : des pollens, des poussières, de la pollution d’origine humaine. Vu de dessus, l’ensemble donne à cette nappe une couleur opalescente assez inquiétante, très brumeuse, voire brunâtre. Elle est surmontée par une atmosphère propre, limpide, où la vue porte à l’infini.
En hiver, la couche polluée se cantonne la plupart du temps sous les 1000 à 1500 m, plaquée au sol par les inversions. Les vallées de montagne au-dessus de 1000 m en sont purgées l’hiver par les brises amont bien installées. En été, par beau temps calme et chaud, elle s’amplifie jusque vers les 4000 m. Le vent des régimes perturbés brasse et dilue dans un grand volume ces impuretés qui ne sont alors plus décelables à l’œil. La pluie, la neige lessivent l’atmosphère : la visibilité porte loin, les couleurs sont éclatantes dans les éclaircies qui suivent les précipitations.
Dans la couche atmosphérique la plus proche du sol s’accumulent toutes sortes de particules montant du sol, portées par les ascendances ou les turbulences : des pollens, des poussières, de la pollution d’origine humaine. Vu de dessus, l’ensemble donne à cette nappe une couleur opalescente assez inquiétante, très brumeuse, voire brunâtre. Elle est surmontée par une atmosphère propre, limpide, où la vue porte à l’infini.
En hiver, la couche polluée se cantonne la plupart du temps sous les 1000 à 1500 m, plaquée au sol par les inversions. Les vallées de montagne au-dessus de 1000 m en sont purgées l’hiver par les brises amont bien installées. En été, par beau temps calme et chaud, elle s’amplifie jusque vers les 4000 m. Le vent des régimes perturbés brasse et dilue dans un grand volume ces impuretés qui ne sont alors plus décelables à l’œil. La pluie, la neige lessivent l’atmosphère : la visibilité porte loin, les couleurs sont éclatantes dans les éclaircies qui suivent les précipitations.

L'isotherme 0 degré
Partant du sol, un ballon-sonde traverse des couches d’air de plus en plus froides (sauf inversion). Il parvient toujours à un niveau où l’air est à 0°C. Imaginons qu’on lâche en des endroits différents une multitude de ces ballons. Ils trouveront tous un point 0, sensiblement à la verticale du lieu de leur départ (en fait le vent les écarte plus ou moins de cette verticale). L’ensemble de ces points appartient à une figure fictive en altitude : la surface isotherme 0 °C ou, plus simplement, "l’isotherme 0°C", qui devient même pour la commodité l’"iso 0" dans le jargon météo ou dans les échanges avec les usagers initiés (pilotes, alpinistes, parapentistes...).
De même, on définit et utilise l’isotherme –10°C ou l’iso –10, en général quelque 1700 m plus haut que l’iso 0.
De même, on définit et utilise l’isotherme –10°C ou l’iso –10, en général quelque 1700 m plus haut que l’iso 0.
Evolution de l'Iso 0 à Payerne cette annéeNiveau de gel
L’iso 0 est insuffisante à qualifier l’état des températures sur toutes les pentes, dans les couloirs et les creux du relief, selon qu’ils sont recouverts de végétation, de roche, de neige ou de glace. L’iso 0 se rapporte strictement à la température en atmosphère libre, c’est-à-dire loin des influences thermiques parasites des sols. Ceux-ci ont leurs propres réactions : ils modulent l’ambiance de froid ou de chaud que la masse d’air en place impose à grande échelle (synoptique, dit-on en météo).
Exemples de décalages entre iso 0 et niveau de gel, le jour et la nuit
On a vu plus haut comment le sol réagit aux influences extérieures en fonction de sa nature, de sa couleur, de son orientation par rapport aux rayons du Soleil. Toutes ces particularités font que le niveau de gel, à savoir l’altitude à laquelle un sol, l’eau, la neige sont gelés en cours de nuit (surtout la nuit, mais aussi en journée), est très différent au même instant d’un endroit à l’autre de la montagne. Le froid de rayonnement nocturne coule des sommets et versants vers les zones inférieures qui seront donc plus froides, surtout si elles forment une cuvette. La neige se refroidit bien plus que la roche ou que la végétation : elle pourra geler bien en dessous de l’iso 0, surtout si elle se trouve... dans un creux justement.
Par exemple : avec une iso 0 à 4000m en été, la neige d’un névé peut geler à 2000m. De nombreux paramètres compliquent les choses : air humide ou sec, nuages ou pas, vent ou calme, topographie (les couloirs canalisent le froid, les dépressions fermées le retiennent...). Les figures ci-dessus schématisent des situations types... aux variantes ponctuelles multiples. En été, les bulletins météo indiquent quelle qualité de regel l’alpiniste peut escompter pour les nuits à venir.
Par exemple : avec une iso 0 à 4000m en été, la neige d’un névé peut geler à 2000m. De nombreux paramètres compliquent les choses : air humide ou sec, nuages ou pas, vent ou calme, topographie (les couloirs canalisent le froid, les dépressions fermées le retiennent...). Les figures ci-dessus schématisent des situations types... aux variantes ponctuelles multiples. En été, les bulletins météo indiquent quelle qualité de regel l’alpiniste peut escompter pour les nuits à venir.
Exemples de décalages entre iso 0 et niveau de gel, le jour et la nuitTempératures ressenties
A la suite d’une expédition américaine dans l’Antarctique en 1940, qui avait posé les bases d’une évaluation du ressenti du froid par la peau (Paul Siple et Charles Passel), depuis longtemps les Canadiens (Environnement Canada, qui coiffe entre autres la météorologie nationale au Canada) ont cherché à mieux comprendre comment l’homme réagissait aux conditions extrêmes que leur pays subit assez fréquemment en hiver (invasions de froid arctique intense couplées à des vents forts à travers des plaines sans limites : le blizzard).
Aussi, dès le début des années 80, ils ont régulièrement diffusé à leur population un « facteur de refroidissement éolien » (windchill en anglais). Les Américains du Nord en font autant. Un peu auparavant avait commencé à être popularisé l’ « humidex » (« heat index » pour les Américains) qui tente pour sa part de définir en un seul paramètre l’inconfort, voire le danger, associé à la combinaison de la température et de l’humidité, tant il est vrai que cette dernière « plombe » les degrés (on le ressent tous quand le temps est « lourd »).
Tableau de correspondance pour déterminer le Windchill
Tableau à double entrée (vitesse du vent en km/h et température en °C) des services météo canadien et américain. La couleur des plages indique en combien de temps des gelures apparaissent sur la peau nue exposée.
Exemple : un vent moyen de 80 km/h par –15°C sous abri donne l’effet équivalent à une température de –31°C par temps calme et il peut provoquer des gelures en 10 à 30mn (ces conditions se rencontrent assez fréquemment en régime perturbé d’été, à l’approche du sommet du mont Blanc) ; constat plus inattendu : la peau non protégée peut geler par température... positive avec des vents seulement assez forts !
Le Windchill (wind pour vent, chill pour refroidissement) est un paramètre composite combinant l’effet de la température et du vent sur la peau nue. On sait – chacun le ressent, justement – que le vent est un facteur réfrigérant efficace, parfois agréable par temps trop chaud, mais éventuellement très gênant, voire dangereux, lorsqu’il fait froid. Le mouvement d’air arrache des calories à la peau en accélérant ses transferts avec l’extérieur, en intensifiant l’évaporation de la sueur.
On s’en protège avec des vêtements isolants qui retiennent de l’air entre leurs fibres (laine, tissus synthétiques...), mais aussi des coupe-vent imperméables à la pluie, à la neige, au vent, car un vêtement isolant qui laisse passer trop d’air n’a plus guère d’efficacité quand la tempête le transperce. Le vêtement imperméable moderne fait obstacle au vent tout en préservant les échanges humides entre le corps et l’extérieur (à l’effort, en particulier, le port d’habits mouillés et froids est d’un grand inconfort). Les Canadiens, créateurs du Windchill, viennent de l’ajuster, considérant qu’il manquait quelque peu de pertinence.
Ils l’ont notamment compris lors de froids particulièrement sévères, fin 1999, tandis que l’Europe subissait de plein fouet Lothar et Martin, les cyclones du changement de millénaire. Bien plus qu’une coïncidence ces cataclysmes, une téléconnexion, ou, plus explicitement, deux conséquences simultanées, à des milliers de kilomètres de distance, d’un dérèglement exceptionnel (occasionnel aussi, encore que...).
L’Humidex est l’autre indice de température ressentie, mais en été afin de mettre en évidence les inconvénients, les risques liés à la chaleur. Il rassemble dans une même formule température et humidité, tant il est vrai que cette dernière modifie de façon très perceptible notre ressenti de la chaleur. Lorsque l’air est sec, notre peau évacue bien les calories en excès reçues du Soleil ou simplement à cause de l’ambiance : la sueur, en s’évaporant, provoque un refroidissement, donc un bien-être. On perçoit parfaitement cet effet en sortant de l’eau d’une baignade : avec du vent, par temps bien sec, on frissonne tant que la peau n’est pas complètement asséchée, même au soleil et avec une température ambiante de 30°C !
Par ciel chargé, avec une température de 25°C, sans vent et par forte humidité, sortir de l’eau ne pose aucun problème puisque l’évaporation se fait alors au ralenti. En revanche, par temps chaud, quand l’atmosphère est très humide, à partir de 55/60%, la peau est moite, les vêtements collent à la peau, on est mal à l’aise car l’évaporation très ralentie de la sueur n’apporte plus de fraîcheur, l’air ambiant refusant pratiquement d’absorber davantage d’eau. En général, quand ces conditions se présentent, le vent est nul (marais barométrique), ce qui n’arrange rien puisqu’il ne délivre plus son souffle bienfaisant.
Les climats tropicaux ou équatoriaux humides, où les températures n’atteignent pas des sommets (maximum 30°C), mais où l’humidité est constamment élevée, rendent la vie difficile. Dans nos pays tempérés, on subit quelques fois par an cette moiteur au cours des périodes orageuses.
Tableau d’évaluation de l’Humidex
Tableau à double entrée (humidité relative en % et température en °C) d’évaluation de l’Humidex.
Par exemple : une température de 28 °C par une humidité relative de 60 % est ressentie comme une température de 35 °C.
La légende indique un certain inconfort, conditions rencontrées fréquemment lors des épisodes orageux estivaux (temps lourd).
Windchill et Humidex se présentent sous forme de chiffres comparables à des températures mais ils n’en sont pas, donc ils ne doivent pas être suivis de la mention du degré Celsius (°C). Les formules de calcul ont été "arrangées" pour qu’il en soit ainsi. Certains contestent cette méthode qui prétend mettre en équation un ressenti humain éminemment subjectif, pour des raisons médiatiques, disent-ils...
Sur le plan scientifique strict, ils ont sans doute raison, mais l’essentiel n’est-il pas de trouver une échelle de correspondance accessible à tous, un langage commun et efficace entre scientifiques et profanes ?
Aussi, dès le début des années 80, ils ont régulièrement diffusé à leur population un « facteur de refroidissement éolien » (windchill en anglais). Les Américains du Nord en font autant. Un peu auparavant avait commencé à être popularisé l’ « humidex » (« heat index » pour les Américains) qui tente pour sa part de définir en un seul paramètre l’inconfort, voire le danger, associé à la combinaison de la température et de l’humidité, tant il est vrai que cette dernière « plombe » les degrés (on le ressent tous quand le temps est « lourd »).
BIOMETEOROLOGIE
A la fin des années 60, j’avais été très intéressé par une thèse de Géographie de Raymond Balseinte sur l’étude des bioclimats montagnards, à savoir les conséquences de l’influence des paramètres atmosphériques pour la vie, pour l’homme plus spécialement, pour son confort et sa santé. A partir d’un certain nombre de critères, il avait dégagé des climats types, favorables ou non, et commencé à en établir une cartographie pour nos régions de montagne. A l’époque, la préoccupation écologique était très timide et je crains fort que l’auteur n’ait été déçu par les retombées de son travail. Je me souviens qu’il faisait état de préoccupations bien plus avancées sur le sujet dans d’autres pays : l’Allemagne, par exemple, disposait déjà d’un réseau d’établissements climatiques tenant compte de ces aspects intimement humains de la météo.
Les récents excès de la nature (la canicule de l’été 2003 notamment) ont dramatiquement démontré comment l’homme pouvait être mis en danger par la persistance de conditions trop éloignées de celles qu’il a l’habitude de supporter. D’autres études montrent les relations entre les affections respiratoires, cardio-vasculaires et les fluctuations brutales de la pression barométrique, de l’humidité, de plusieurs facteurs se combinant heureusement ou non pour la santé.
A la fin des années 60, j’avais été très intéressé par une thèse de Géographie de Raymond Balseinte sur l’étude des bioclimats montagnards, à savoir les conséquences de l’influence des paramètres atmosphériques pour la vie, pour l’homme plus spécialement, pour son confort et sa santé. A partir d’un certain nombre de critères, il avait dégagé des climats types, favorables ou non, et commencé à en établir une cartographie pour nos régions de montagne. A l’époque, la préoccupation écologique était très timide et je crains fort que l’auteur n’ait été déçu par les retombées de son travail. Je me souviens qu’il faisait état de préoccupations bien plus avancées sur le sujet dans d’autres pays : l’Allemagne, par exemple, disposait déjà d’un réseau d’établissements climatiques tenant compte de ces aspects intimement humains de la météo.
Les récents excès de la nature (la canicule de l’été 2003 notamment) ont dramatiquement démontré comment l’homme pouvait être mis en danger par la persistance de conditions trop éloignées de celles qu’il a l’habitude de supporter. D’autres études montrent les relations entre les affections respiratoires, cardio-vasculaires et les fluctuations brutales de la pression barométrique, de l’humidité, de plusieurs facteurs se combinant heureusement ou non pour la santé.
Tableau de correspondance pour déterminer le Windchill
Tableau à double entrée (vitesse du vent en km/h et température en °C) des services météo canadien et américain. La couleur des plages indique en combien de temps des gelures apparaissent sur la peau nue exposée.
Exemple : un vent moyen de 80 km/h par –15°C sous abri donne l’effet équivalent à une température de –31°C par temps calme et il peut provoquer des gelures en 10 à 30mn (ces conditions se rencontrent assez fréquemment en régime perturbé d’été, à l’approche du sommet du mont Blanc) ; constat plus inattendu : la peau non protégée peut geler par température... positive avec des vents seulement assez forts !

On s’en protège avec des vêtements isolants qui retiennent de l’air entre leurs fibres (laine, tissus synthétiques...), mais aussi des coupe-vent imperméables à la pluie, à la neige, au vent, car un vêtement isolant qui laisse passer trop d’air n’a plus guère d’efficacité quand la tempête le transperce. Le vêtement imperméable moderne fait obstacle au vent tout en préservant les échanges humides entre le corps et l’extérieur (à l’effort, en particulier, le port d’habits mouillés et froids est d’un grand inconfort). Les Canadiens, créateurs du Windchill, viennent de l’ajuster, considérant qu’il manquait quelque peu de pertinence.
Ils l’ont notamment compris lors de froids particulièrement sévères, fin 1999, tandis que l’Europe subissait de plein fouet Lothar et Martin, les cyclones du changement de millénaire. Bien plus qu’une coïncidence ces cataclysmes, une téléconnexion, ou, plus explicitement, deux conséquences simultanées, à des milliers de kilomètres de distance, d’un dérèglement exceptionnel (occasionnel aussi, encore que...).
L’Humidex est l’autre indice de température ressentie, mais en été afin de mettre en évidence les inconvénients, les risques liés à la chaleur. Il rassemble dans une même formule température et humidité, tant il est vrai que cette dernière modifie de façon très perceptible notre ressenti de la chaleur. Lorsque l’air est sec, notre peau évacue bien les calories en excès reçues du Soleil ou simplement à cause de l’ambiance : la sueur, en s’évaporant, provoque un refroidissement, donc un bien-être. On perçoit parfaitement cet effet en sortant de l’eau d’une baignade : avec du vent, par temps bien sec, on frissonne tant que la peau n’est pas complètement asséchée, même au soleil et avec une température ambiante de 30°C !
Par ciel chargé, avec une température de 25°C, sans vent et par forte humidité, sortir de l’eau ne pose aucun problème puisque l’évaporation se fait alors au ralenti. En revanche, par temps chaud, quand l’atmosphère est très humide, à partir de 55/60%, la peau est moite, les vêtements collent à la peau, on est mal à l’aise car l’évaporation très ralentie de la sueur n’apporte plus de fraîcheur, l’air ambiant refusant pratiquement d’absorber davantage d’eau. En général, quand ces conditions se présentent, le vent est nul (marais barométrique), ce qui n’arrange rien puisqu’il ne délivre plus son souffle bienfaisant.
Les climats tropicaux ou équatoriaux humides, où les températures n’atteignent pas des sommets (maximum 30°C), mais où l’humidité est constamment élevée, rendent la vie difficile. Dans nos pays tempérés, on subit quelques fois par an cette moiteur au cours des périodes orageuses.
Tableau d’évaluation de l’Humidex
Tableau à double entrée (humidité relative en % et température en °C) d’évaluation de l’Humidex.
Par exemple : une température de 28 °C par une humidité relative de 60 % est ressentie comme une température de 35 °C.
La légende indique un certain inconfort, conditions rencontrées fréquemment lors des épisodes orageux estivaux (temps lourd).

Sur le plan scientifique strict, ils ont sans doute raison, mais l’essentiel n’est-il pas de trouver une échelle de correspondance accessible à tous, un langage commun et efficace entre scientifiques et profanes ?
La Pression
Tous les corps s’attirent entre eux. La Terre et la Lune sont soumises à cette attraction mutuelle, ce qui est à l’origine du mouvement de notre satellite. La Terre attire l’atmosphère. C’est grâce à la force de gravitation que l’atmosphère est restée prisonnière de notre planète. La Lune, de masse inférieure, n’a pas pu retenir une enveloppe de gaz autour d’elle.
Les molécules composant l’atmosphère ont donc tendance à tomber à cause de l’attraction terrestre, mais, ne pouvant toutes se plaquer à la surface, elles s’étagent les unes au-dessus des autres, un peu comme s’il s’agissait d’un liquide.
En poursuivant notre ascension, on remarque, de mesure en mesure, que la pression diminue de moins en moins vite pour une même dénivellation. Logique puisque l’air est plus dense, plus resserré à la base, de moins en moins compressé par la colonne qui le surmonte encore à mesure qu’elle se réduit : 100m de colonne sont plus lourds à la base, que partout plus haut ; quand on monte de 100m on perd beaucoup de pression en bas puisque les molécules y sont très proches les unes des autres, donc très nombreuses, on en perd bien moins, et de moins en moins, à mesure qu’on gagne de l’altitude, puisque les molécules se desserrent, leur nombre diminue pour un volume identique.
Les molécules composant l’atmosphère ont donc tendance à tomber à cause de l’attraction terrestre, mais, ne pouvant toutes se plaquer à la surface, elles s’étagent les unes au-dessus des autres, un peu comme s’il s’agissait d’un liquide.
La différence essentielle entre un gaz et un liquide est que ce dernier est incompressible (propriété utilisée dans les presses hydrauliques, les vérins), alors que le premier est compressible : on peut réduire le volume d’un gaz, le comprimer.
C’est pour cela que les molécules situées en altitude, appuyant de tout leur poids sur celles du dessous, les contraignent à se rapprocher : l’air est plus dense dans les couches inférieures, de moins en moins à mesure que l’on monte.
Imaginons une colonne d’air cylindrique. Elle a un poids, elle appuie sur la surface de la Terre : la pression atmosphérique. Prenons un ascenseur pour grimper dans la colonne et arrêtons-nous à un niveau intermédiaire. Au-dessous, de l’air ; au-dessus, de l’air. On constate avec un baromètre que la pression a baissé. Normal, puisque la colonne qui surmonte le capteur est maintenant réduite.
C’est pour cela que les molécules situées en altitude, appuyant de tout leur poids sur celles du dessous, les contraignent à se rapprocher : l’air est plus dense dans les couches inférieures, de moins en moins à mesure que l’on monte.
Imaginons une colonne d’air cylindrique. Elle a un poids, elle appuie sur la surface de la Terre : la pression atmosphérique. Prenons un ascenseur pour grimper dans la colonne et arrêtons-nous à un niveau intermédiaire. Au-dessous, de l’air ; au-dessus, de l’air. On constate avec un baromètre que la pression a baissé. Normal, puisque la colonne qui surmonte le capteur est maintenant réduite.

En poursuivant notre ascension, on remarque, de mesure en mesure, que la pression diminue de moins en moins vite pour une même dénivellation. Logique puisque l’air est plus dense, plus resserré à la base, de moins en moins compressé par la colonne qui le surmonte encore à mesure qu’elle se réduit : 100m de colonne sont plus lourds à la base, que partout plus haut ; quand on monte de 100m on perd beaucoup de pression en bas puisque les molécules y sont très proches les unes des autres, donc très nombreuses, on en perd bien moins, et de moins en moins, à mesure qu’on gagne de l’altitude, puisque les molécules se desserrent, leur nombre diminue pour un volume identique.
La mesure de la pression
On mesure la pression avec un baromètre (tube à mercure traditionnel, mais désormais interdit, cadran, affichage digital...). Compte tenu de la relation entre pression et altitude, le baromètre fait désormais aussi office d’altimètre. La miniaturisation des capteurs a permis ces dernières années de les introduire dans des montres, ce qui est fort pratique pour l’alpiniste, le libériste.
Des précautions sont à prendre dans l’utilisation d’un altimètre :
• caler l’appareil en affichant l’altitude vraie du point de départ, ce qui permet de bien mettre en concordance pression et altitude au moment de l’utilisation ;
• corriger les altitudes lues au cours d’une ascension en tenant compte de la température moyenne de la couche traversée, entre départ et point de mesure intermédiaire ou final.
Des précautions sont à prendre dans l’utilisation d’un altimètre :
• caler l’appareil en affichant l’altitude vraie du point de départ, ce qui permet de bien mettre en concordance pression et altitude au moment de l’utilisation ;
• corriger les altitudes lues au cours d’une ascension en tenant compte de la température moyenne de la couche traversée, entre départ et point de mesure intermédiaire ou final.

En effet, l’air n’a pas la même densité selon qu’il est froid ou chaud, et que l’humidité est plus ou moins grande (ce dernier facteur est négligeable). Les molécules sont plus proches les unes des autres dans de l’air froid, plus espacées dans de l’air chaud. Il en résulte qu’on perd ou gagne moins de pression pour le même dénivelé selon la masse d’air.
Les instruments et unités de pression
En 1664, l'italien Torricelli a l'idée de mettre du mercure dans un tube et de le retourner dans une cuvette en bouchant son extrémité. Il observe que le mercure ne s'écoule pas dans la cuvete mais qu'il reste toujours à une hauteur d'environ 760 mm.
La pression d'air sur la cuvette empêche le tube de se vider. (Lorsque la pression de l'air baisse, la colonne de mercure descend et inversement).
Il conçut ainsi le premier baromètre, dont le principe a été longtemps utilisé par les anciens météorologues pour mesurer la pression ; d'où l'unité utilisée, le millimètre de mercure (mm Hg) ou le centimètre de mercure.
En 1844, le français Lucien Vidie inventa le baromètre anéroïde. Une capsule métallique, vidée partiellement de son air, se détend ou s'écrase sous l'effet des évolutions de la pression atmosphérique. Ces déformations sont transmises à une aiguille qui tourne autour d'un axe central et qui indique la pression de l'air sur un cadran gradué.
tableau conversion pressionEn 1664, l'italien Torricelli a l'idée de mettre du mercure dans un tube et de le retourner dans une cuvette en bouchant son extrémité. Il observe que le mercure ne s'écoule pas dans la cuvete mais qu'il reste toujours à une hauteur d'environ 760 mm.
La pression d'air sur la cuvette empêche le tube de se vider. (Lorsque la pression de l'air baisse, la colonne de mercure descend et inversement).
Il conçut ainsi le premier baromètre, dont le principe a été longtemps utilisé par les anciens météorologues pour mesurer la pression ; d'où l'unité utilisée, le millimètre de mercure (mm Hg) ou le centimètre de mercure.
En 1844, le français Lucien Vidie inventa le baromètre anéroïde. Une capsule métallique, vidée partiellement de son air, se détend ou s'écrase sous l'effet des évolutions de la pression atmosphérique. Ces déformations sont transmises à une aiguille qui tourne autour d'un axe central et qui indique la pression de l'air sur un cadran gradué.
Les altimètres sont programmés par défaut sur l’atmosphère standard, atmosphère moyenne fictive qui sert de référence, notamment en aéronautique. Les erreurs d’altitude consécutives à ces décalages entre réalité et référence peuvent atteindre 5%, en cas de grands froids ou de fortes chaleurs (soit plusieurs dizaines de mètres pour une ascension de l’ordre de 1000 m). En air plus froid que la moyenne, l’altimètre perd plus vite de la pression, donc gagne trop rapidement de l’altitude, car l’air est plus dense : on se croit alors plus haut qu’on ne l’est réellement. Au contraire, en air plus chaud que la moyenne, l’altimètre perd moins vite de la pression, donc gagne trop lentement de l’altitude, car l’air est peu dense : on se croit alors plus bas qu’on ne l’est vraiment.
Les notices constructeurs fournissent les formules qui permettent de procéder aux calculs d’ajustement ; elles supposent que soient mesurées avec justesse les températures au départ et à l’arrivée de façon à pouvoir calculer la température moyenne de la couche traversée, valeur dont l’écart à la référence officielle conditionnera la correction d’altitude à apporter. Bien sûr, les rectifications ne se justifient vraiment que pour les dénivellations importantes, sinon on peut s’accommoder de la dérive.
C’EST LA TENDANCE QU’IL FAUT PRÉFÉRER
Bien plus que la valeur instantanée de la pression, il vaut mieux se fier à la tendance pour prévoir l’évolution du temps. Une hausse régulière de la pression sur plusieurs heures anticipe souvent une amélioration ; une baisse similaire annonce le plus souvent l’approche d’une perturbation.
Les décrochages quasi instantanés vers le haut ou le bas accompagnent des phénomènes intenses, éventuellement ponctuels, comme l’orage (baisse brutale avant certains fronts orageux, crochet de hausse à leur passage). Il faut retenir que certaines perturbations très actives – et très ventées – s’accompagnent de pressions élevées (1025 hPa, voire plus). En revanche, on peut parfois observer, surtout en hiver, un vrai beau temps avec des pressions faibles.
Bien plus que la valeur instantanée de la pression, il vaut mieux se fier à la tendance pour prévoir l’évolution du temps. Une hausse régulière de la pression sur plusieurs heures anticipe souvent une amélioration ; une baisse similaire annonce le plus souvent l’approche d’une perturbation.
Les décrochages quasi instantanés vers le haut ou le bas accompagnent des phénomènes intenses, éventuellement ponctuels, comme l’orage (baisse brutale avant certains fronts orageux, crochet de hausse à leur passage). Il faut retenir que certaines perturbations très actives – et très ventées – s’accompagnent de pressions élevées (1025 hPa, voire plus). En revanche, on peut parfois observer, surtout en hiver, un vrai beau temps avec des pressions faibles.
Au bivouac ou au refuge, l’altimètre restant à une altitude fixe, les fluctuations de la pression ne dépendent plus que de l’évolution atmosphérique : il sert donc de baromètre.
Il n’est pas besoin de prévoir un aménagement spécial pour les baromètres car la pression est la même à l’extérieur qu’à l’intérieur (sauf pressurisation des locaux).
Les anciens baromètres à mercure, les baromètres à cadrans, encore prisés pour leur qualité décorative, affichent des indications de type de temps en regard des graduations (tempête, pluie, variable, beau, très sec). Informations intéressantes, correspondant assez bien en général au temps qu’il fait. Mais un "très sec" d’hiver signifie le plus souvent brouillard ou nuages bas, ciel gris et sombre... "Variable" signifie quoi, au juste ? Ces deux exemples, parmi d’autres, fixent les limites d’une lecture trop confiante.
L’évolution technologique bouleverse ces pratiques : le GPS permet, en s’affranchissant des approximations du baromètre, une localisation extrêmement précise, quelle que soit la face où l’on se trouve, puisque les calculs se font à partir de la réception des signaux d’une flotte d’au moins 24 satellites américains, évoluant sur des orbites à 20 200 km d’altitude. Sauf dans les endroits encaissés, et éventuellement en forêt, il y en a en principe toujours suffisamment en vue pour permettre le positionnement à 20m près dans le plan horizontal, à 1m près en altitude.
Un seul gros inconvénient à ce jour, outre la consommation électrique : le coût, certes justifié par la sophistication du dispositif et la miniaturisation des récepteurs.
CORRESPONDANCE ENTRE PRESSIONS ET ALTITUDES
Pour des raisons pratiques, surtout aéronautiques, un modèle d’atmosphère a été fixé par les conventions internationales de l’OMM (Organisation météorologique mondiale) et de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale). Il admet que la température diminue de 0,65 °C par 100m.
Les équations permettent alors de calculer la relation existant entre altitude et pression. La réalité s’écarte bien sûr plus ou moins, à chaque instant, de cette fiction très commode pour la navigation aérienne et la cartographie météo. Selon cette répartition normalisée, la pression standard au sommet du mont Blanc est voisine de... 555 hPa !
Pour des raisons pratiques, surtout aéronautiques, un modèle d’atmosphère a été fixé par les conventions internationales de l’OMM (Organisation météorologique mondiale) et de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale). Il admet que la température diminue de 0,65 °C par 100m.
Les équations permettent alors de calculer la relation existant entre altitude et pression. La réalité s’écarte bien sûr plus ou moins, à chaque instant, de cette fiction très commode pour la navigation aérienne et la cartographie météo. Selon cette répartition normalisée, la pression standard au sommet du mont Blanc est voisine de... 555 hPa !

Les différences de pression
La mesure simultanée de la pression en plusieurs points montre que celle-ci varie. Comme la pression diminue en s’éloignant du sol, il a fallu trouver une formule qui rapporte au niveau de la mer celle mesurée ici ou là en compensant l’effet d’altitude propre à chaque point. La détermination d’un niveau commun de référence était la condition impérative pour que l’ensemble des valeurs soient homogènes, comparables.
Muni de ces collections de mesures instantanées, on peut dès lors les regrouper sur des cartes afin de les analyser. Le champ de pression au niveau de la mer est simplifié ; on ne conserve qu’un nombre réduit de données, sous forme de lignes d’égale valeur de pression : les isobares.
Il apparaît immédiatement, sur des cartes à grande échelle (Europe-proche Océan, par exemple, car, comme pour un tableau, si on s’approche trop près, si on trace les pressions sur un domaine trop petit, on passe à côté de la cohérence d’ensemble), des zones où la pression est plus haute qu’ailleurs (anticyclones – centre repéré par un "A" ou "H" pour "high" en anglais), d’autres où elle est plus basse (dépressions – centre repéré par un "D" ou "L" pour "low" en anglais) ; des dorsales ou crêtes de hautes valeurs dans le prolongement de certains anticyclones ; des talwegs ou vallées de basses valeurs, extensions éventuelles des dépressions ; des cols au passage d’une dépression à l’autre, entre deux anticyclones ; des marais barométriques, plages plus ou moins vastes où les différences de pression sont faibles, où l’organisation est indécise. Un ensemble de termes ou expressions calquées sur les accidents de relief, la topographie.
En France, la pression a fluctué depuis le début des mesures continues (autour de 150 ans) entre 1050 hPa, le 6 février 1821, à Paris, et 947 hPa, le 25 décembre 1921, à Boulogne-sur-Mer.
Dans le monde, les records actuels appartiennent à Agata en Russie (261 m d'altitude) avec 1 083,8 hPa, le 31 décembre 1968, et au typhon Tip, au large des Philippines, le 12 octobre 1979 avec 870 hPa.
Il apparaît immédiatement, sur des cartes à grande échelle (Europe-proche Océan, par exemple, car, comme pour un tableau, si on s’approche trop près, si on trace les pressions sur un domaine trop petit, on passe à côté de la cohérence d’ensemble), des zones où la pression est plus haute qu’ailleurs (anticyclones – centre repéré par un "A" ou "H" pour "high" en anglais), d’autres où elle est plus basse (dépressions – centre repéré par un "D" ou "L" pour "low" en anglais) ; des dorsales ou crêtes de hautes valeurs dans le prolongement de certains anticyclones ; des talwegs ou vallées de basses valeurs, extensions éventuelles des dépressions ; des cols au passage d’une dépression à l’autre, entre deux anticyclones ; des marais barométriques, plages plus ou moins vastes où les différences de pression sont faibles, où l’organisation est indécise. Un ensemble de termes ou expressions calquées sur les accidents de relief, la topographie.
En France, la pression a fluctué depuis le début des mesures continues (autour de 150 ans) entre 1050 hPa, le 6 février 1821, à Paris, et 947 hPa, le 25 décembre 1921, à Boulogne-sur-Mer.
Dans le monde, les records actuels appartiennent à Agata en Russie (261 m d'altitude) avec 1 083,8 hPa, le 31 décembre 1968, et au typhon Tip, au large des Philippines, le 12 octobre 1979 avec 870 hPa.

La neige brille : ainsi finit la chute Le vent
Le vent découle des différences de pression génératrices de courants d’air, elles-mêmes dépendantes de la répartition des températures à la surface du globe. On verra plus loin comment les contrastes de pression provoquent et organisent les flux atmosphériques. Dans ce chapitre, on passera en revue l’influence du relief sur les mouvements d’air en général, les situations générant des vents de vaste ampleur (synoptique), comme la bise et le mistral, puis celles provoquant des effets plus régionaux (fœhn, lombarde), enfin les particularités à l’échelle de la vallée, voire du microclimat (brises, déplacements d’air induits par les glaciers, les torrents).

Préalablement, quelques mots sur le vent en altitude. Le phénomène notable est l’existence en permanence des jet-streams, aux frontières entre air polaire et air tropical. Ils soulignent l’effet des perturbations au niveau de la haute troposphère (8000/12000 m). Ils se présentent comme de longs tubes de plusieurs milliers de kilomètres de longueur, d’environ deux kilomètres d’épaisseur, de quelques centaines de mètres de largeur. Au cœur, les vents y atteignent fréquemment les 300 km/h. Une vitesse de 529 km/h a même été observée au-dessus de Brest, vers 8000 m d’altitude, au passage de la tempête Martin du 27 décembre 1999. À ces niveaux, les mesures de vitesse ne proviennent pas d’anémomètres mais du résultat du suivi des ballons par GPS (pas moins de 5 satellites interviennent dans la triangulation qui permet la localisation extrêmement précise de l’appareil). Ces vents frappent directement les plus hautes altitudes de l’Himalaya. De toute façon, même sans être dans le jet lui-même, quand ils survolent un massif le vent y est tempétueux, le temps généralement très perturbé, les conditions le plus souvent particulièrement défavorables aux sorties.
Le vent est caractérisé par sa vitesse ou force et sa direction.
La vitesse est mesurée par les anémomètres en mètres par seconde, en kilomètres par heure, ou encore en nœuds
dans le monde de l’aéronautique ou celui des marins.
La direction d’où vient le vent est fournie par la girouette, graduée en degrés à partir du nord géographique
(0° pour le nord, 90° pour l’est, 180° pour le sud, 270° pour l’ouest, et tous les intermédiaires de 10 en 10°).
tableau de conversionLa vitesse est mesurée par les anémomètres en mètres par seconde, en kilomètres par heure, ou encore en nœuds
dans le monde de l’aéronautique ou celui des marins.
La direction d’où vient le vent est fournie par la girouette, graduée en degrés à partir du nord géographique
(0° pour le nord, 90° pour l’est, 180° pour le sud, 270° pour l’ouest, et tous les intermédiaires de 10 en 10°).
pour les
vitesses de vent
L’influence des reliefs sur le vent
L’accélération – effet Venturi
Accélération du vent par le relief (effet Venturi)
Le relief accélère le vent ;
- à gauche : dans les resserrements (un col est les deux à la fois)
- à droite : sur les crêtes ;
Le relief accélère le vent ;
- à gauche : dans les resserrements (un col est les deux à la fois)
- à droite : sur les crêtes ;

Les resserrements de vallée provoquent une survitesse du flux
On peut citer comme exemple : le mistral au défilé de Donzère, dans la vallée du Rhône, et la tramontane au seuil de Naurouze, entre Corbières d’une part, Montagne Noire et Cévennes de l’autre.
- Vue par-dessus : le flux est comprimé par le goulot d’étranglement, sa vitesse s’accroît.
- Vue de côté : l’air freiné subit un soulèvement à l’entrée du défilé plus étroit, ce qui a tendance à augmenter la pluviosité au vent (c’est l’inverse au sortir du couloir).
- Vue par-dessus : le flux est comprimé par le goulot d’étranglement, sa vitesse s’accroît.
- Vue de côté : l’air freiné subit un soulèvement à l’entrée du défilé plus étroit, ce qui a tendance à augmenter la pluviosité au vent (c’est l’inverse au sortir du couloir).

Les turbulences
Loin du sol, le vent général est laminaire (régulier) ; les aspérités du relief le rendent turbulent.
En altitude, les régimes laminaires sont plus fréquents en saison froide, les turbulences facilitées par l’instabilité atmosphérique de saison chaude, qui établit des connexions entre les couches basses et hautes par le jeu des ascendances.
En altitude, les régimes laminaires sont plus fréquents en saison froide, les turbulences facilitées par l’instabilité atmosphérique de saison chaude, qui établit des connexions entre les couches basses et hautes par le jeu des ascendances.

Influence d’une montagne isolée sur le vent
Une montagne isolée perturbe beaucoup moins le vent, qui la contourne et l’enveloppe plus facilement, avec bien moins de turbulences.
Une montagne isolée perturbe beaucoup moins le vent, qui la contourne et l’enveloppe plus facilement, avec bien moins de turbulences.
Influence d’une chaîne de montagnes sur le vent
Un flux aborde une chaîne de montagne étendue, qui oppose donc un vrai barrage à sa progression.
Selon la forme de la montagne et la vitesse du vent, l’écoulement sera :
A - laminaire (il épouse le relief) pour des vitesses faibles ou modérées, des versants en pente douce ;
B - accompagné de rotors amont et aval, quand le vent se renforce et si la pente du versant qu’il aborde dépasse une inclinaison de 40 ° ;
C - très agité sur les deux versants par vent fort.
Un flux aborde une chaîne de montagne étendue, qui oppose donc un vrai barrage à sa progression.
Selon la forme de la montagne et la vitesse du vent, l’écoulement sera :
A - laminaire (il épouse le relief) pour des vitesses faibles ou modérées, des versants en pente douce ;
B - accompagné de rotors amont et aval, quand le vent se renforce et si la pente du versant qu’il aborde dépasse une inclinaison de 40 ° ;
C - très agité sur les deux versants par vent fort.

Hauteur d’influence
Une chaîne de montagnes agit sur le flux en moyenne jusqu’à une hauteur supérieure à environ un tiers de la sienne (l’influence du mont Blanc dépasse alors les 6 000 m) ; quand le flux est puissant, la répercussion monte jusqu’à 4 ou 5 fois sa hauteur.
Une chaîne modeste peut même brasser l’ensemble de la troposphère.
Une chaîne de montagnes agit sur le flux en moyenne jusqu’à une hauteur supérieure à environ un tiers de la sienne (l’influence du mont Blanc dépasse alors les 6 000 m) ; quand le flux est puissant, la répercussion monte jusqu’à 4 ou 5 fois sa hauteur.
Une chaîne modeste peut même brasser l’ensemble de la troposphère.

Distance d’influence
L’air venant buter contre une chaîne de montagnes répercute la compression sur une grande distance (exemple : 70 km en amont pour une chaîne de 2 km d’altitude moyenne).
L’air venant buter contre une chaîne de montagnes répercute la compression sur une grande distance (exemple : 70 km en amont pour une chaîne de 2 km d’altitude moyenne).

Influence d’une vallée sur le vent
Un vent fort prend une vallée par le travers :
A - les turbulences brassent l’air de la vallée ;
B - mais si de l’air froid occupe le fond de la vallée, elles restent au-dessus, tant que le vent
n’est pas assez violent pour les faire pénétrer jusqu’en bas et disloquer la nappe froide.
NB : Les vents faibles à modérés ne brassent pas l’air de la vallée ; ils se contentent de le survoler.
Un vent fort prend une vallée par le travers :
A - les turbulences brassent l’air de la vallée ;
B - mais si de l’air froid occupe le fond de la vallée, elles restent au-dessus, tant que le vent
n’est pas assez violent pour les faire pénétrer jusqu’en bas et disloquer la nappe froide.
NB : Les vents faibles à modérés ne brassent pas l’air de la vallée ; ils se contentent de le survoler.

Les ondes de relief
Influence thermique
Un phénomène non exclusif au relief, que l’on rencontre dans les grandes vallées mais aussi en plaine. Souvent le vent tombe en soirée, après une journée agitée.
C’est surtout le cas si le ciel est dégagé. Le refroidissement nocturne parvient à créer une couche de 100 à 200 m d’épaisseur (inversion), qui se dissocie du flux général et où le vent se calme (le flux supérieur glisse sur la couche froide).
En matinée, l’échauffement du sol dissout la nappe froide et rétablit les connexions par l’intermédiaire des ascendances : le vent des basses couches est à nouveau entraîné.
Un phénomène non exclusif au relief, que l’on rencontre dans les grandes vallées mais aussi en plaine. Souvent le vent tombe en soirée, après une journée agitée.
C’est surtout le cas si le ciel est dégagé. Le refroidissement nocturne parvient à créer une couche de 100 à 200 m d’épaisseur (inversion), qui se dissocie du flux général et où le vent se calme (le flux supérieur glisse sur la couche froide).
En matinée, l’échauffement du sol dissout la nappe froide et rétablit les connexions par l’intermédiaire des ascendances : le vent des basses couches est à nouveau entraîné.

Le comportement atmosphérique est bien différent selon que les masses d’air sont stabilisées (automne et hiver, en général) ou rendues instables par les contrastes de températures sol/altitude (au printemps à cause des types de temps de nord-ouest, à giboulées ; en été par surchauffe continentale allant jusqu’aux situations orageuses).
L’air stable offre une élasticité qui fait que les mouvements verticaux sont adoucis, amortis, tandis qu’en air instable la priorité passe du côté des mouvements verticaux. Les conséquences des vents forts sont assez anarchiques, souvent très préjudiciables aux activités engagées (orages renforcés, voire complètement créés, par l’impact des courants contre les versants).
Effet ondulatoire
En régime laminaire, c’est-à-dire en atmosphère stable, le relief donne une impulsion vers le haut au flux qui l’aborde.
L’élasticité de l’atmosphère fait que des trains d’ondes se développent dans le sillage des sommets, l’air montant et descendant tout en poursuivant son mouvement horizontal.
Les sommets d’ondes sont séparés de 10 à 20km (longueur d’onde). Selon la hauteur de la chaîne, l’effet ondulatoire ne s’amortit qu’après une demi-douzaine d’ondulations, soit loin de la ligne de crêtes. La couche concernée (amplitude de l’onde) va de 1000 à 2000m en moyenne.
Sur les versants sous le vent se forment fréquemment des turbulences.
L’ensemble, bien agité, recommande la plus grande prudence pour la pratique des sports de montagne, notamment le vol libre.
En régime laminaire, c’est-à-dire en atmosphère stable, le relief donne une impulsion vers le haut au flux qui l’aborde.
L’élasticité de l’atmosphère fait que des trains d’ondes se développent dans le sillage des sommets, l’air montant et descendant tout en poursuivant son mouvement horizontal.
Les sommets d’ondes sont séparés de 10 à 20km (longueur d’onde). Selon la hauteur de la chaîne, l’effet ondulatoire ne s’amortit qu’après une demi-douzaine d’ondulations, soit loin de la ligne de crêtes. La couche concernée (amplitude de l’onde) va de 1000 à 2000m en moyenne.
Sur les versants sous le vent se forment fréquemment des turbulences.
L’ensemble, bien agité, recommande la plus grande prudence pour la pratique des sports de montagne, notamment le vol libre.

La bise, le mistral, la tramontane
La bise
La bise provient du secteur allant du nord à l’est. Elle souffle surtout dans la première moitié de l’année, avec un maximum de fréquence en avril et mai. Étant donné son origine géographique, c’est un vent généralement froid, mais en été elle peut véhiculer de l’air continental assez chaud, ce qui n’est pas toujours flagrant puisque la température ressentie est abaissée par la vitesse du vent et sa sécheresse.
En Suisse, elle est canalisée par la configuration géographique entre Alpes et Jura et provient donc essentiellement du nord-est. On retient surtout que c’est un vent mordant en hiver, notamment quand il est associé aux vagues de froid qui proviennent quelquefois de l’intérieur du continent.
Elle s’établit tranquillement et se termine de même, en relation avec l’installation puis l’extinction d’anticyclones sur le nord ou le centre de l’Europe, mais elle peut souffler plusieurs jours, avec toutefois des pauses nocturnes le plus souvent (22 jours en tout en février 1956 sur le plateau suisse !). Bien établie, sa vitesse se maintient vers 20 à 40 km/h. Elle provoque des tempêtes sévères sur le Léman lorsque, exceptionnellement heureusement, ses rafales dépassent les 80 km/h.

En plaine, après une phase de ciel gris et bas pendant laquelle s’évacue l’humidité de la dernière perturbation, le ciel s’éclaircit lorsque l’air continental progresse. La bise est donc plutôt associée à du beau temps, si l’on peut qualifier ainsi un temps ensoleillé en journée, dégagé la nuit, mais froid. De plus, le temps reste le plus souvent brumeux à cause d’une inversion de température qui maintient une relative humidité dans les 1000 à 1500 premiers mètres, et, en été surtout, toutes sortes de particules en suspension : pollens, poussières ou pollutions. Il est rare qu’il pleuve alors que la bise est établie, mais cela arrive sur les Alpes et le Jura quand des retours d’est apportent des nuages de Méditerranée ; on parle alors de "bise noire". La bise estivale, malgré le ressenti de fraîcheur, ne garantit pas l’absence d’évolution orageuse temporaire en fin de journée tant les flux de nord-est véhiculent parfois des plages d’instabilité en altitude.
En Suisse, elle est canalisée par la configuration géographique entre Alpes et Jura et provient donc essentiellement du nord-est. On retient surtout que c’est un vent mordant en hiver, notamment quand il est associé aux vagues de froid qui proviennent quelquefois de l’intérieur du continent.
Elle s’établit tranquillement et se termine de même, en relation avec l’installation puis l’extinction d’anticyclones sur le nord ou le centre de l’Europe, mais elle peut souffler plusieurs jours, avec toutefois des pauses nocturnes le plus souvent (22 jours en tout en février 1956 sur le plateau suisse !). Bien établie, sa vitesse se maintient vers 20 à 40 km/h. Elle provoque des tempêtes sévères sur le Léman lorsque, exceptionnellement heureusement, ses rafales dépassent les 80 km/h.
Sur le Léman, justement, par température négative, elle projette des embruns qui enrobent d’une gangue de glace spectaculaire l’accastillage des bateaux dans les ports, les rambardes, les branches des arbres, tout ce qui est à proximité. Dans un premier temps, elle s’installe en basses couches alors que le vent est de nord-ouest ou nord assez fort ou fort en altitude, ce qui entretient une abondante nébulosité sur les sommets alpins ("le remous" disent les Suisses).

En plaine, après une phase de ciel gris et bas pendant laquelle s’évacue l’humidité de la dernière perturbation, le ciel s’éclaircit lorsque l’air continental progresse. La bise est donc plutôt associée à du beau temps, si l’on peut qualifier ainsi un temps ensoleillé en journée, dégagé la nuit, mais froid. De plus, le temps reste le plus souvent brumeux à cause d’une inversion de température qui maintient une relative humidité dans les 1000 à 1500 premiers mètres, et, en été surtout, toutes sortes de particules en suspension : pollens, poussières ou pollutions. Il est rare qu’il pleuve alors que la bise est établie, mais cela arrive sur les Alpes et le Jura quand des retours d’est apportent des nuages de Méditerranée ; on parle alors de "bise noire". La bise estivale, malgré le ressenti de fraîcheur, ne garantit pas l’absence d’évolution orageuse temporaire en fin de journée tant les flux de nord-est véhiculent parfois des plages d’instabilité en altitude.
Le mistral et la tramontane
Mistral et tramontane sont des vents très puissants. Ils sont associés à des flux d’ouest à nord-est accélérés par les rétrécissements entre Alpes et Massif central d’une part, Massif central et Pyrénées d’autre part. Ils sont particulièrement intenses lorsque de l’air froid envahit la France par le nord, que la compression des masses d’air contre les massifs produit une surpression sur leur flanc exposé au vent tandis que des dépressions se creusent en Méditerranée dans les golfes du Lion et de Gênes.
Comme par ailleurs le survol de la Méditerranée, chaude, par de l’air froid génère des ascendances qui ont pour effet de diminuer encore plus la pression sur ce secteur, tout est en place pour que mistral et tramontane accélèrent dans les couloirs relativement étroits qu’ils doivent emprunter. De plus, un énorme flux bascule par-dessus le Massif central pour rejoindre les plaines de Provence et se joindre à la circulation qui emprunte l’axe du Rhône, et l’accélérer.
Ce sont des vents turbulents, dont la vitesse moyenne dépasse souvent les 50 km/h et les rafales les 100 km/h. Ils soufflent fréquemment en même temps. Leur zone d’influence s’étend loin en Méditerranée. L’un et l’autre ont l’inconvénient de souffler fort et durablement (fréquemment plusieurs jours de suite, avec parfois des accalmies nocturnes ; le record du nombre consécutif de jours de mistral appartient à février 1956, mois glacial s’il en fut : 20 jours !).
Ils sont en général froids ou frais selon la saison, d’autant qu’avec la vitesse, la température ressentie est encore plus fraîche. Ils ont l’immense avantage de nettoyer de tout nuage le ciel des régions allant des Pyrénées orientales aux Alpes du Sud, atout touristique incontestable pour le Midi. L’effet de fœhn asséchant qui les accompagne à grande échelle se traduit en effet par un ciel non seulement bleu mais lumineux.
Comme par ailleurs le survol de la Méditerranée, chaude, par de l’air froid génère des ascendances qui ont pour effet de diminuer encore plus la pression sur ce secteur, tout est en place pour que mistral et tramontane accélèrent dans les couloirs relativement étroits qu’ils doivent emprunter. De plus, un énorme flux bascule par-dessus le Massif central pour rejoindre les plaines de Provence et se joindre à la circulation qui emprunte l’axe du Rhône, et l’accélérer.
Ce sont des vents turbulents, dont la vitesse moyenne dépasse souvent les 50 km/h et les rafales les 100 km/h. Ils soufflent fréquemment en même temps. Leur zone d’influence s’étend loin en Méditerranée. L’un et l’autre ont l’inconvénient de souffler fort et durablement (fréquemment plusieurs jours de suite, avec parfois des accalmies nocturnes ; le record du nombre consécutif de jours de mistral appartient à février 1956, mois glacial s’il en fut : 20 jours !).
Ils sont en général froids ou frais selon la saison, d’autant qu’avec la vitesse, la température ressentie est encore plus fraîche. Ils ont l’immense avantage de nettoyer de tout nuage le ciel des régions allant des Pyrénées orientales aux Alpes du Sud, atout touristique incontestable pour le Midi. L’effet de fœhn asséchant qui les accompagne à grande échelle se traduit en effet par un ciel non seulement bleu mais lumineux.
Le foehn
Un terme à consonance germanique pour un vent de sud qui souffle sur la Suisse, l’Autriche, la Bavière, mais qui a une origine latine à la musique moins rugueuse : flavonius, vent doux. Venant du secteur sud, il franchit les cols des frontières italo-suisse ou italo-autrichienne pour déferler en tempêtes dont les rafales dépassent parfois les 100 km/h sur le Valais, les hautes vallées de l’Aar, de la Reuss, du Rhin, de l’Inn, le Tyrol, où elles peuvent causer de gros dégâts aux forêts, aux toitures des chalets...
Le fœhn souffle aussi en France tout au long de la frontière avec l’Italie. Mais l’orientation des vallées est plutôt est-ouest. On peut dès lors s’étonner qu’un vent de secteur sud puisse pénétrer avec autant de violence dans des vallées presque à contre-courant. En fait, l’arc alpin qui ferme le nord de l’Italie oppose un gigantesque barrage à la progression des flux de secteur sud. Les masses d’air s’accumulent contre les montagnes et leur pression augmente. Toutes les échancrures de la ligne de crêtes sont alors utilisées par l’air compressé pour s’échapper.
À Briançon, à Embrun, par vent général de sud-ouest en altitude, le débordement provenant d’Italie, par l’ouverture du Montgenèvre, suit la vallée de la Durance par le nord-est, en opposition totale de direction avec le flux général. Ce courant de vallée est d’ailleurs froid, du moins dans une première phase, contrairement au fœhn classique qui est chaud ; l’affrontement de ces deux flux opposés est souvent la cause de chutes de neige abondantes dans le secteur.
Les caractéristiques du fœhn
La célébrité pas toujours heureuse du fœhn en a fait un terme générique. On désigne par "fœhn", ou plutôt "effet de fœhn", toutes les conséquences typiques qui résultent de la confrontation d’un vent puissant en altitude avec un relief qu’il aborde de travers :
Le fœhn souffle aussi en France tout au long de la frontière avec l’Italie. Mais l’orientation des vallées est plutôt est-ouest. On peut dès lors s’étonner qu’un vent de secteur sud puisse pénétrer avec autant de violence dans des vallées presque à contre-courant. En fait, l’arc alpin qui ferme le nord de l’Italie oppose un gigantesque barrage à la progression des flux de secteur sud. Les masses d’air s’accumulent contre les montagnes et leur pression augmente. Toutes les échancrures de la ligne de crêtes sont alors utilisées par l’air compressé pour s’échapper.
À Briançon, à Embrun, par vent général de sud-ouest en altitude, le débordement provenant d’Italie, par l’ouverture du Montgenèvre, suit la vallée de la Durance par le nord-est, en opposition totale de direction avec le flux général. Ce courant de vallée est d’ailleurs froid, du moins dans une première phase, contrairement au fœhn classique qui est chaud ; l’affrontement de ces deux flux opposés est souvent la cause de chutes de neige abondantes dans le secteur.
Les caractéristiques du fœhn
La célébrité pas toujours heureuse du fœhn en a fait un terme générique. On désigne par "fœhn", ou plutôt "effet de fœhn", toutes les conséquences typiques qui résultent de la confrontation d’un vent puissant en altitude avec un relief qu’il aborde de travers :
• au vent :
– ascendance forcée
– détente/refroidissement
– condensation/aggravation
– dégagement de chaleur latente
– ascendance forcée
– détente/refroidissement
– condensation/aggravation
– dégagement de chaleur latente
• sous le vent :– descente
– compression/réchauffement
– évaporation/amélioration
– turbulences
En abordant le relief, le vent est contraint de l’escalader. Il en résulte une "détente" (décompression) de l’atmosphère entraînée vers des altitudes où la pression est de plus en plus faible. La détente produit du froid, ce qui provoque fréquemment une condensation de la vapeur contenue par l’air ascendant. Il se fabrique du nuage, des précipitations souvent.
Dans cette métamorphose, de la chaleur latente est dégagée par la condensation, raison pour laquelle, à l’intérieur de la masse nuageuse, la température baisse seulement de 0,5°C/100 m (alors qu’en air sec, elle baisse de 1°C/100 m).
La crête dépassée, le vent est attiré vers le bas car l’atmosphère veut retrouver l’équilibre antérieur, du moins quand elle est stable. On assiste alors aux processus inverses.
La descente entraîne l’air vers des altitudes où la pression est de plus en plus haute : il est comprimé, il se réchauffe. Un échauffement qui produit l’évaporation des goutte lettes, gouttes et flocons contenus dans le nuage. Le soleil revient. Le système est dissymétrique comme le montre le schéma. Pourquoi ? Parce que de l’eau liquide est restée sur la montagne.
La masse d’air a en quelque sorte été partiellement "essorée" en passant d’un versant à l’autre. Aussi retrouve-t-elle bien plus vite un état limpide : les nuages se dissipent rapidement sous le vent, peu après le franchissement des sommets, puisqu’il n’est plus besoin d’évaporer l’eau restée au sol. La transformation se solde par le gain de la chaleur latente non réutilisée pour évaporer l’eau perdue en route, chaleur qui se retrouve en plaine, au bout du parcours.
Turbulent par nature, le fœhn ne se lève pas mais fait irruption brutalement dans les vallées. Fréquemment, en vallée, s’organise préalablement un vent contraire au fœhn : le "contre-fœhn". Il se forme une dépression dans le sillage du relief (comme à l’arrière d’une voiture qui roule) ; elle est à l’origine de ce mouvement froid en sens contraire du vent général soufflant sur les sommets. La pénétration du fœhn jusqu’au fond de la vallée expulse l’air froid, renverse le vent, fait monter de plusieurs degrés la température, et fait notablement chuter l’humidité relative.
Une fois en place, les conditions sont très contrastées entre le versant au vent et celui sous le vent, pour peu que la chaîne ait de l’ampleur. Temps médiocre, frais, pluvieux, très brumeux et calme d’un côté (l’origine méridionale du flux rejette la neige assez haut la plupart du temps).
De l’autre, simultanément, souvent du soleil en journée, un vent assez fort (30/50 km/h en moyenne), tourbillonnant, ponctué de rafales (la plus forte mesurée à Bourg-Saint-Maurice : 120 km/h en avril 1963), une excellente visibilité, une ambiance très sèche, et une grande douceur, voire une forte chaleur en été (beaucoup de records des plus chaudes températures mensuelles sont à attribuer à l’effet de fœhn – le maximum absolu de Chamonix, 37,2°C, fin juillet 1983, est à mettre à son compte, mais pas seulement, car en cette période la canicule étouffait l’ouest de l’Europe).
Vu du côté sous le vent, un boursouflement nuageux compact noie la ligne de crêtes dans un énorme bourrelet sombre : le "mur de fœhn". L’éclaircie au-delà de la crête se limite soit à une plage de ciel pur dans un ciel voilé très haut au voisinage proche de la montagne ("lucarne de fœhn"), soit s’étend très loin. Et cet état dure plusieurs heures, voire plusieurs jours, avec des phases de pauses et de reprises.
Dans cette métamorphose, de la chaleur latente est dégagée par la condensation, raison pour laquelle, à l’intérieur de la masse nuageuse, la température baisse seulement de 0,5°C/100 m (alors qu’en air sec, elle baisse de 1°C/100 m).
La crête dépassée, le vent est attiré vers le bas car l’atmosphère veut retrouver l’équilibre antérieur, du moins quand elle est stable. On assiste alors aux processus inverses.
La descente entraîne l’air vers des altitudes où la pression est de plus en plus haute : il est comprimé, il se réchauffe. Un échauffement qui produit l’évaporation des goutte lettes, gouttes et flocons contenus dans le nuage. Le soleil revient. Le système est dissymétrique comme le montre le schéma. Pourquoi ? Parce que de l’eau liquide est restée sur la montagne.
La masse d’air a en quelque sorte été partiellement "essorée" en passant d’un versant à l’autre. Aussi retrouve-t-elle bien plus vite un état limpide : les nuages se dissipent rapidement sous le vent, peu après le franchissement des sommets, puisqu’il n’est plus besoin d’évaporer l’eau restée au sol. La transformation se solde par le gain de la chaleur latente non réutilisée pour évaporer l’eau perdue en route, chaleur qui se retrouve en plaine, au bout du parcours.
Turbulent par nature, le fœhn ne se lève pas mais fait irruption brutalement dans les vallées. Fréquemment, en vallée, s’organise préalablement un vent contraire au fœhn : le "contre-fœhn". Il se forme une dépression dans le sillage du relief (comme à l’arrière d’une voiture qui roule) ; elle est à l’origine de ce mouvement froid en sens contraire du vent général soufflant sur les sommets. La pénétration du fœhn jusqu’au fond de la vallée expulse l’air froid, renverse le vent, fait monter de plusieurs degrés la température, et fait notablement chuter l’humidité relative.
Une fois en place, les conditions sont très contrastées entre le versant au vent et celui sous le vent, pour peu que la chaîne ait de l’ampleur. Temps médiocre, frais, pluvieux, très brumeux et calme d’un côté (l’origine méridionale du flux rejette la neige assez haut la plupart du temps).
De l’autre, simultanément, souvent du soleil en journée, un vent assez fort (30/50 km/h en moyenne), tourbillonnant, ponctué de rafales (la plus forte mesurée à Bourg-Saint-Maurice : 120 km/h en avril 1963), une excellente visibilité, une ambiance très sèche, et une grande douceur, voire une forte chaleur en été (beaucoup de records des plus chaudes températures mensuelles sont à attribuer à l’effet de fœhn – le maximum absolu de Chamonix, 37,2°C, fin juillet 1983, est à mettre à son compte, mais pas seulement, car en cette période la canicule étouffait l’ouest de l’Europe).
Vu du côté sous le vent, un boursouflement nuageux compact noie la ligne de crêtes dans un énorme bourrelet sombre : le "mur de fœhn". L’éclaircie au-delà de la crête se limite soit à une plage de ciel pur dans un ciel voilé très haut au voisinage proche de la montagne ("lucarne de fœhn"), soit s’étend très loin. Et cet état dure plusieurs heures, voire plusieurs jours, avec des phases de pauses et de reprises.
Le faux-fœhn ou fœhn sec
On remarque en maintes occasions que des réchauffements remarquables sous le vent d’un relief se produisent aussi par temps certes venté, mais manifestement sans pluie sur le versant percuté directement par le flux. Cela arrive par flux rapide et sec en altitude, assez fort pour provoquer des turbulences qui l’entraînent jusque dans la vallée.
L’air subit alors une compression dans sa descente, avec également un réchauffement de 1°C/100 m ; processus proche de celui du fœhn mais moins accusé puisqu’il n’y a pas récupération de chaleur latente d’une précipitation abandonnée au relief. Le faux-fœhn donne donc un résultat comparable au fœhn mais sans pluie au vent.
On remarque en maintes occasions que des réchauffements remarquables sous le vent d’un relief se produisent aussi par temps certes venté, mais manifestement sans pluie sur le versant percuté directement par le flux. Cela arrive par flux rapide et sec en altitude, assez fort pour provoquer des turbulences qui l’entraînent jusque dans la vallée.
L’air subit alors une compression dans sa descente, avec également un réchauffement de 1°C/100 m ; processus proche de celui du fœhn mais moins accusé puisqu’il n’y a pas récupération de chaleur latente d’une précipitation abandonnée au relief. Le faux-fœhn donne donc un résultat comparable au fœhn mais sans pluie au vent.

La lombarde
C’est une variante du foehn bien connue dans les Alpes françaises, le long de la frontière italienne. Ce vent provient du bassin du Pô par les cols et par-dessus les crêtes. Il correspond à des régimes généraux de sud-ouest à est en altitude sur le Sud-Est de la France et le Nord de l’Italie. La lombarde se manifeste surtout de l’automne au printemps. Elle peut être très active quand les masses d’air transportent beaucoup d’humidité après avoir survolé la Méditerranée ou l’Adriatique, que le flux entre 1500 et 3000 m est assez fort pour basculer les nuages au-delà de la frontière. C’est alors que sur quelques kilomètres en territoire français elle déverse des cataractes de pluie dans les vallées, des monceaux considérables de neige en altitude, avec leur corollaires : inondations, éboulements de terrain et avalanches. Il n’est pas rare qu’il tombe autour de 100 mm d’eau en 24h, soit l’équivalent d’environ 1m de neige sur les pentes.
Parmi les hauts bassins les plus affectés, ceux des Contamines-Montjoie, de Val-d’Isère (où elle prend le nom de "galise"), la Haute-Maurienne, de Lans-Le-Bourg à Bonneval-sur-Arc, le haut Queyras vers Abriès et Ristolas, les secteurs du Montgenèvre, de Larche, de Tende…
Parmi les hauts bassins les plus affectés, ceux des Contamines-Montjoie, de Val-d’Isère (où elle prend le nom de "galise"), la Haute-Maurienne, de Lans-Le-Bourg à Bonneval-sur-Arc, le haut Queyras vers Abriès et Ristolas, les secteurs du Montgenèvre, de Larche, de Tende…
Les Horizons Gagnés Les vents locaux
Les reliefs sont enveloppés par le vent général, synoptique. Quand il est puissant, il pénètre, grâce aux turbulences, jusqu’au fond des vallées, même les plus protégées. Ainsi, le bassin de Bonneval-sur-Arc, très profondément enchâssé dans son écrin de sommets, reçoit-il les tempêtes de nord-ouest les plus intenses. Leur violence provoque même des dégâts.
Serre-Chevalier et ses satellites peuvent ainsi connaître de fortes chutes de neige propulsées par des vents de nord-ouest à travers le dédale pourtant assez tourmenté de la basse Maurienne, puis de la vallée de Valloire, avant de déboucher au Galibier et tomber sur la haute Guisane (situations exceptionnelles – les stations de ce secteur comptent bien davantage sur les régimes de sud-ouest pour consolider leur enneigement). Le mont Blanc lui-même n’empêche pas les flux intenses de déferler sur le versant protégé.
Le vent des rochasses, celui qui souffle à travers les rochers quand le vent d’est se déchaîne, enveloppe parfois le massif, en hiver, sur le versant de Chamonix, d’une sorte de brouillard de poudreuse, aérosol d’air et de glace. Soulevée, transportée par les tourbillons, la neige froide s’accumule dans les couloirs et peut provoquer des départs de coulées. Dans le Grésivaudan, des dégâts importants et très localisés ont déjà été observés à l’abri des 2 000 m de muraille de la Chartreuse.
Il semblerait, lorsque le vent est particulièrement fort, que des ondes se réfléchissent contre la tropopause puis tombent brutalement et assez ponctuellement jusque dans des vallées profondes.
Serre-Chevalier et ses satellites peuvent ainsi connaître de fortes chutes de neige propulsées par des vents de nord-ouest à travers le dédale pourtant assez tourmenté de la basse Maurienne, puis de la vallée de Valloire, avant de déboucher au Galibier et tomber sur la haute Guisane (situations exceptionnelles – les stations de ce secteur comptent bien davantage sur les régimes de sud-ouest pour consolider leur enneigement). Le mont Blanc lui-même n’empêche pas les flux intenses de déferler sur le versant protégé.
Le vent des rochasses, celui qui souffle à travers les rochers quand le vent d’est se déchaîne, enveloppe parfois le massif, en hiver, sur le versant de Chamonix, d’une sorte de brouillard de poudreuse, aérosol d’air et de glace. Soulevée, transportée par les tourbillons, la neige froide s’accumule dans les couloirs et peut provoquer des départs de coulées. Dans le Grésivaudan, des dégâts importants et très localisés ont déjà été observés à l’abri des 2 000 m de muraille de la Chartreuse.
Il semblerait, lorsque le vent est particulièrement fort, que des ondes se réfléchissent contre la tropopause puis tombent brutalement et assez ponctuellement jusque dans des vallées profondes.
CONDUCTION, CONVECTION, CHALEUR LATENTE
Les échanges de chaleur, en dehors des apports par rayonnement, se réalisent principalement de trois façons :
La conduction correspond aux partages de calories par contact entre des objets de températures différentes. Le corps le plus chaud donne des calories au plus froid jusqu’à ce que les deux soient à la même température. Le transfert est plus ou moins facile et rapide selon que les corps sont conducteurs ou isolants.
La convection suppose un déplacement de matière. Dans l’atmosphère, les zones chaudes tendent à se déplacer vers les zones froides et inversement. Un sol irradié par le soleil réchauffe l’air à son contact. La surchauffe allège l’air (comme une montgolfière) ce qui l’entraîne en altitude vers les couches froides. Le processus est à l’origine des ascendances locales, très nombreuses l’été.
En changeant d’état, les corps absorbent ou rejettent des calories. Pour fondre la glace on la chauffe, comme pour évaporer l’eau. Cette chaleur est restituée quand l’élément se transforme en se densifiant : la vapeur se condensant en eau liquide dégage des calories, l’eau fait de même en gelant. Par exemple, quand la vapeur condense en gouttelettes dans un brouillard ou un nuage, elle libère cette réserve de chaleur interne acquise lors de l’évaporation : c’est la chaleur latente, différente de la chaleur sensible car non accessible à nos sens.
Les échanges de chaleur, en dehors des apports par rayonnement, se réalisent principalement de trois façons :
La conduction correspond aux partages de calories par contact entre des objets de températures différentes. Le corps le plus chaud donne des calories au plus froid jusqu’à ce que les deux soient à la même température. Le transfert est plus ou moins facile et rapide selon que les corps sont conducteurs ou isolants.
La convection suppose un déplacement de matière. Dans l’atmosphère, les zones chaudes tendent à se déplacer vers les zones froides et inversement. Un sol irradié par le soleil réchauffe l’air à son contact. La surchauffe allège l’air (comme une montgolfière) ce qui l’entraîne en altitude vers les couches froides. Le processus est à l’origine des ascendances locales, très nombreuses l’été.
En changeant d’état, les corps absorbent ou rejettent des calories. Pour fondre la glace on la chauffe, comme pour évaporer l’eau. Cette chaleur est restituée quand l’élément se transforme en se densifiant : la vapeur se condensant en eau liquide dégage des calories, l’eau fait de même en gelant. Par exemple, quand la vapeur condense en gouttelettes dans un brouillard ou un nuage, elle libère cette réserve de chaleur interne acquise lors de l’évaporation : c’est la chaleur latente, différente de la chaleur sensible car non accessible à nos sens.
Les brises
En dehors de ces turbulences exceptionnelles, les vallées vivent le plus souvent au rythme apaisé des brises. Évidemment, en prenant de l’altitude, on retrouve le vent général, la versatilité de son origine, l’extrême éventail de ses vitesses, du calme à la tempête. On l’a vu, le relief en accentue même la célérité en s’opposant à sa libre circulation. En journée : brise aval ou brise montante Grâce aux rayons du Soleil, le sol des versants bien exposés s’échauffe. Cette chaleur se communique à l’air par contact et le réchauffe. Devenu de ce fait plus léger, il s’échappe vers le haut. Ce mouvement, généralisé à toute la surface des versants, développe un flux qui aspire l’air de la vallée et, au-delà, des plaines voisines : la brise aval ou brise montante.
Ce vent spécifique a plusieurs conséquences très importantes. Outre le fait qu’il introduit un brassage de grande ampleur dans l’ensemble du relief, il transporte aussi de l’humidité vers les sommets, ce qui explique, au fil des heures, la formation fréquente de nuages au-dessus des crêtes. Les averses orageuses ou non sont, en conséquence, plus nombreuses sur le relief, ce qui est loin de n’être qu’un inconvénient en situation de sécheresse et de forte chaleur durable (la montagne est toujours plus verte que la plaine environnante à qui elle pompe son humidité ; le rafraîchissement lié aux précipitations est souvent bien accueilli quand elles sont locales et très temporaires).
En journée : brise aval ou brise montante
La brise aval se lève vers 10h et retombe vers 17h. De vitesse modérée (15 à 20 km/h), sauf là où des resserrements l’accélèrent, elle est un élément de confort du climat montagnard car elle écarte les trop fortes chaleurs et donne la sensation qu’on y respire mieux.
Les profondes cluses qui donnent accès à l’intérieur des Alpes, vers Grenoble, Chambéry ou Annecy, sont régulièrement parcourues par de puissantes brises montantes qui se prolongent dans ces grands axes de pénétration que sont la vallée de l’Arve, la Tarentaise et la Maurienne (les cyclistes en savent quelque chose, contraints de pédaler même en descente lorsqu’ils prennent ces vents de face).
Tous les reliefs réagissent de même (la large et longue vallée de la Durance, les multiples vallées qui montent à l’assaut des sommets pyrénéens...).
La brise aval se lève vers 10h et retombe vers 17h. De vitesse modérée (15 à 20 km/h), sauf là où des resserrements l’accélèrent, elle est un élément de confort du climat montagnard car elle écarte les trop fortes chaleurs et donne la sensation qu’on y respire mieux.
Les profondes cluses qui donnent accès à l’intérieur des Alpes, vers Grenoble, Chambéry ou Annecy, sont régulièrement parcourues par de puissantes brises montantes qui se prolongent dans ces grands axes de pénétration que sont la vallée de l’Arve, la Tarentaise et la Maurienne (les cyclistes en savent quelque chose, contraints de pédaler même en descente lorsqu’ils prennent ces vents de face).
Tous les reliefs réagissent de même (la large et longue vallée de la Durance, les multiples vallées qui montent à l’assaut des sommets pyrénéens...).

La nuit : brise amont ou brise descendante
Quand le ciel est dégagé, le sol perd de la chaleur, sa température diminue en surface. À son contact, la température de l’air baisse aussi, ce qui en accroît la densité. Entraîné par la pente, cet air refroidi coule vers la vallée. C’est toute une nappe de quelques mètres d’épaisseur qui glisse ainsi : la brise descendante ou brise amont.
Elle s’installe dès que le soleil descend, d’abord sur les pentes orientées au nord, avant de se généraliser.
La plupart du temps, elle passe inaperçue, sauf dans certains resserrements où elle prend de la vitesse. Elle a l’avantage d’apporter de l’air "pur" de l’altitude, de la fraîcheur aux nuits d’été, et une relative sécheresse, surtout si elle prend naissance sur des versants enneigés qui captent par condensation une partie de sa vapeur (givre en surface).
Quand le ciel est dégagé, le sol perd de la chaleur, sa température diminue en surface. À son contact, la température de l’air baisse aussi, ce qui en accroît la densité. Entraîné par la pente, cet air refroidi coule vers la vallée. C’est toute une nappe de quelques mètres d’épaisseur qui glisse ainsi : la brise descendante ou brise amont.
Elle s’installe dès que le soleil descend, d’abord sur les pentes orientées au nord, avant de se généraliser.
La plupart du temps, elle passe inaperçue, sauf dans certains resserrements où elle prend de la vitesse. Elle a l’avantage d’apporter de l’air "pur" de l’altitude, de la fraîcheur aux nuits d’été, et une relative sécheresse, surtout si elle prend naissance sur des versants enneigés qui captent par condensation une partie de sa vapeur (givre en surface).

La variabilité des brises de montagne
L’intensité des brises, leur vitesse, dépend du temps qu’il fait, et tout spécialement de l’état du ciel. Puisqu’elles proviennent des rayonnements soit du Soleil, de jour, soit de la Terre, de nuit, elles s’organisent d’autant mieux que le ciel est dégagé. S’il est couvert, elles sont inexistantes faute de disparité de température au sol. La plus ou moins grande stabilité de l’atmosphère intervient également.
Le temps instable facilite les ascendances, la formation des nuages, mais avant tout l’appel d’air qui provoque la brise d’aval. En ces circonstances toutefois, le ciel se charge fréquemment au long du jour, ce qui ralentit la brise montante, voire la neutralise. Les meilleures brises, les plus régulières, accompagnent le beau temps, assez chaud et avec quelques nuages blancs épars dans le ciel, signatures des mouvements convectifs d’aspiration.
Le conflit de brises
Des brises descendues de deux versants opposés, dans une vallée étroite, peuvent se télescoper après glissade sur la surface supérieure d’une nappe froide où elles ne peuvent pénétrer ; il s’en suit des turbulences très locales, insolites par beau temps calme.
Singularité rapportée par des parapentistes aux pieds du versant nord de Lognan/l’aiguille Verte et du versant sud des Aiguilles-Rouges. Sûrement pas un cas unique.
Des brises descendues de deux versants opposés, dans une vallée étroite, peuvent se télescoper après glissade sur la surface supérieure d’une nappe froide où elles ne peuvent pénétrer ; il s’en suit des turbulences très locales, insolites par beau temps calme.
Singularité rapportée par des parapentistes aux pieds du versant nord de Lognan/l’aiguille Verte et du versant sud des Aiguilles-Rouges. Sûrement pas un cas unique.
Les brises amont opposées se bousculent au-dessus de l’inversionLes brises lacustres
Les grandes étendues d’eau introduisent des discontinuités thermiques avec les continents. C’est le cas de toutes les mers. Beaucoup de montagnes y plongent ; les contrastes sont alors bien plus accusés entre sol et eau, en rapport avec l’intensité de l’opposition topographique.
Les lacs produisent des effets comparables même s’ils sont en général moins puissants qu’avec des étendues d’eau plus vastes.
En journée, au soleil, le sol entourant un lac se réchauffe plus vite et plus intensément que lui. Des ascendances se développent au-dessus, surtout s’il s’agit des premières pentes d’un relief.
L’ascension de l’air crée un appel en basse couche que l’air frais surmontant le lac compense en se dirigeant vers la rive. Lorsque le temps est calme, il s’établit un circuit fermé.
La brise provenant de l’eau est chargée de vapeur ; elle contribue à alimenter les nuages qui se développent éventuellement sur Terre, à proximité de la côte, surtout s’il s’agit de pentes bien exposées. La végétation bénéficie de ces apports et de la pluviosité qui en découle.
De nuit, inversement, le sol se refroidit plus vite (inertie de la masse d’eau). Un circuit opposé s’installe.

La variabilité des brises lacustres
Comme pour les brises associées aux contrastes plaine/pente, les brises provenant de l’opposition sol/eau s’organisent d’autant mieux que les différences de températures sont accusées, ce qui est le cas par beau temps, au printemps et en été surtout. Un soleil généreux accentue les écarts. Comme les mers, les lacs sont des régulateurs qui modèrent les excès du climat.
Lorsque des rives en pente procurent à la fois une bonne exposition au soleil et un abri contre les rigueurs des vents froids (rives nord escarpées ou lacs ouverts au sud, bien enchâssés dans le relief alentour), le climat local s’en trouve très différent de celui des régions proches moins favorisées. Ainsi les rives des grands lacs du nord de l’Italie, ou la région de Vevey/Montreux sur le lac Léman, connaissent des climats favorables à la vigne et à une flore subtropicale insolite à cette latitude et dans un contexte continental.
L’habitat en bord de lac est soumis à ce cycle d’échanges entre l’eau et la terre. En journée, humidité et relative fraîcheur montent du lac. La nuit, la fraîcheur l’emporte encore, mais sèche cette fois.
Le vent du glacier et le vent des torrents
Les glaciers sont généralement plus froids que l’air dans nos régions (leur température ne dépasse pas 0°C en toutes saisons ; en hiver, la neige les recouvre, rendant la répartition des températures homogène). L’écart entre la surface à 0°C du glacier et les températures estivales de l’air dépasse souvent les 10°C vers 2000 m, bien plus encore au niveau de la langue terminale d’un glacier comme les Bossons (vers 1300 m, dans le massif du Mont-Blanc).
L’air refroidi au contact de la glace étant plus dense que l’air ambiant, il tombe vers la vallée, donnant un souffle frais et humide, bien perceptible en aval proche du front glaciaire.
De même, au-dessus des torrents descendus des neiges éternelles, dont l’eau voisine les 5°C, circule un courant frais chargé de vapeur ; invisible d’ordinaire, il se condense, lorsqu’il fait assez froid et/ou humide (après la pluie notamment), en volutes de brouillard à proximité de la surface.
L’air refroidi au contact de la glace étant plus dense que l’air ambiant, il tombe vers la vallée, donnant un souffle frais et humide, bien perceptible en aval proche du front glaciaire.
De même, au-dessus des torrents descendus des neiges éternelles, dont l’eau voisine les 5°C, circule un courant frais chargé de vapeur ; invisible d’ordinaire, il se condense, lorsqu’il fait assez froid et/ou humide (après la pluie notamment), en volutes de brouillard à proximité de la surface.

L’influence du vent sur le temps
En situation d’inversion, la présence ou non de vent a une répercussion sur l’état du ciel. Quand le vent est nul ou faible dans les couches inférieures, l’écoulement n’est pas turbulent, il n’y a pas brassage, chaque couche garde ses caractéristiques de température et d’humidité qui contribuent à maintenir un ciel clair.
En revanche, dans les mêmes conditions, si le vent est plus fort, qu’il agite l’air par turbulence, il provoque une nouvelle répartition des paramètres atmosphériques par homogénéisation. Le résultat est le suivant : la température monte au sol mais baisse au sommet de l’inversion ; l’humidité relative diminue au niveau du sol mais augmente dans la partie supérieure de l’inversion ; l’ensemble favorise l’apparition de nappes de nuages étendues, réparties horizontalement puisqu’elles ne peuvent se développer verticalement.
Souvent, dans une telle configuration, quand le vent se lève en début de matinée, la journée qui s’annonçait belle hérite en quelques instants d’un ciel qui restera couvert jusqu’au soir (le phénomène inverse pouvant redonner une nuit étoilée après retour à un vent apaisé).
Souvent, dans une telle configuration, quand le vent se lève en début de matinée, la journée qui s’annonçait belle hérite en quelques instants d’un ciel qui restera couvert jusqu’au soir (le phénomène inverse pouvant redonner une nuit étoilée après retour à un vent apaisé).
La levée du vent fait se couvrir le ciel en basse coucheL’impact du vent sur la répartition de la pression
Le vent sur le relief modifie la répartition de la pression
A - Le flux (flèche rouge), en heurtant une chaîne de montagnes, est soumis à une compression. L’accumulation d’air crée un mini-anticyclone (a). L’inverse se produit sous le vent. La mini dépression (d) est un facteur d’appel d’air en basse couche,
éventuellement perpendiculaire au vent général. On obtient les mêmes déformations dissymétriques avec un véhicule en mouvement.
B - Appliqué au site de Grenoble, le vent de sud-ouest franchissant le Vercors suscite un appel d’air à travers la cluse de Voreppe. L’exemple est valable partout, selon la topographie locale.
A - Le flux (flèche rouge), en heurtant une chaîne de montagnes, est soumis à une compression. L’accumulation d’air crée un mini-anticyclone (a). L’inverse se produit sous le vent. La mini dépression (d) est un facteur d’appel d’air en basse couche,
éventuellement perpendiculaire au vent général. On obtient les mêmes déformations dissymétriques avec un véhicule en mouvement.
B - Appliqué au site de Grenoble, le vent de sud-ouest franchissant le Vercors suscite un appel d’air à travers la cluse de Voreppe. L’exemple est valable partout, selon la topographie locale.

Le genou alpin et la dépression du golfe de Gênes
- La compression provoquée par l’opposition de l’arc alpin aux flux de nord-ouest à nord-est déforme les isobares
en créant une dorsale, qui divise les flux en 2 branches d’intensités plus ou moins inégales selon la direction générale :
une vers l’est, l’autre vers le sud par la vallée du Rhône.
- Creusement d’une dépression dynamique sous l’abri de l’arc
(il s’y ajoute souvent un surcreusement d’origine thermique à cause de la mer chaude).
- La compression provoquée par l’opposition de l’arc alpin aux flux de nord-ouest à nord-est déforme les isobares
en créant une dorsale, qui divise les flux en 2 branches d’intensités plus ou moins inégales selon la direction générale :
une vers l’est, l’autre vers le sud par la vallée du Rhône.
- Creusement d’une dépression dynamique sous l’abri de l’arc
(il s’y ajoute souvent un surcreusement d’origine thermique à cause de la mer chaude).

Le vent d’est peut favoriser des orages en été
- Il fait beau au nord de la Loire par régime anticyclonique accompagné d’un vent d’est.
- À cause des Alpes et du Massif central, un marais barométrique faiblement dépressionnaire s’installe sous le vent. Il en résulte un appel d’air chaud et humide par la vallée du Rhône, le seuil de Naurouze, une providence pour les foyers orageux.
- Une limite de masse d’air quasi stationnaire sépare les deux types de temps. Cette répartition dure souvent plusieurs jours.
- Il fait beau au nord de la Loire par régime anticyclonique accompagné d’un vent d’est.
- À cause des Alpes et du Massif central, un marais barométrique faiblement dépressionnaire s’installe sous le vent. Il en résulte un appel d’air chaud et humide par la vallée du Rhône, le seuil de Naurouze, une providence pour les foyers orageux.
- Une limite de masse d’air quasi stationnaire sépare les deux types de temps. Cette répartition dure souvent plusieurs jours.

Comment les Pyrénées transforment les vents
- Les Pyrénées s’opposent aux flux de nord-ouest à nord-est. La compression et le mini-anticyclone au pied nord du massif n’empêchent pas l’accumulation d’un gros mauvais temps lorsque le flux est perturbé (non représenté ici).
- Elles agissent puissamment sur les flux de sud-ouest : compression et dorsale au vent (côté espagnol), déficit et talweg sous le vent (côté français). Un appel d’air humide et frais ("la galerne") envahit alors les plaines du Sud-Ouest et les vallées des Pyrénées, jusqu’aux Pyrénées ariégeoises dans les cas les plus accusés. Il les recouvre de nuages bas uniformes et gris, se déchirant parfois en journée, se maintenant éventuellement plusieurs jours. À son arrivée, la température chute subitement de 30 à 22°C par exemple en été.
Au-dessus de la mer de nuages (sommet vers 400 à 600 m si peu épaisse, 2000 à 2500 m quand plus massive), le fœhn entretient ciel lumineux et chaleur. Une évolution classique à l’approche des perturbations océaniques.
- Elles agissent puissamment sur les flux de sud-ouest : compression et dorsale au vent (côté espagnol), déficit et talweg sous le vent (côté français). Un appel d’air humide et frais ("la galerne") envahit alors les plaines du Sud-Ouest et les vallées des Pyrénées, jusqu’aux Pyrénées ariégeoises dans les cas les plus accusés. Il les recouvre de nuages bas uniformes et gris, se déchirant parfois en journée, se maintenant éventuellement plusieurs jours. À son arrivée, la température chute subitement de 30 à 22°C par exemple en été.
Au-dessus de la mer de nuages (sommet vers 400 à 600 m si peu épaisse, 2000 à 2500 m quand plus massive), le fœhn entretient ciel lumineux et chaleur. Une évolution classique à l’approche des perturbations océaniques.

LES DANGERS LIÉS AU VENT
Le vent fort agit mécaniquement par sa poussée (un facteur carré de la vitesse – une vitesse double repousse quatre fois plus vigoureusement). Il peut déstabiliser une personne dans les passages délicats. Sa force peut varier considérablement selon qu’on en est protégé par un versant, un promontoire ou bien qu’on sorte d’un abri naturel. Les cols, les crêtes sont particulièrement ventés.
Il peut faire chuter des pierres. Il transporte les neiges fraîches, crée des accumulations, des plaques à vent, des corniches, dangers imminents ou potentiels plus ou moins retardés selon les fluctuations de la température... ou l’imprudence des pratiquants.
Il multiplie les effets préjudiciables du froid sur les organismes. Il dope les nuages, les perturbations, les systèmes orageux lorsqu’ils abordent le relief porté par un flux puissant.
Le vent fort agit mécaniquement par sa poussée (un facteur carré de la vitesse – une vitesse double repousse quatre fois plus vigoureusement). Il peut déstabiliser une personne dans les passages délicats. Sa force peut varier considérablement selon qu’on en est protégé par un versant, un promontoire ou bien qu’on sorte d’un abri naturel. Les cols, les crêtes sont particulièrement ventés.
Il peut faire chuter des pierres. Il transporte les neiges fraîches, crée des accumulations, des plaques à vent, des corniches, dangers imminents ou potentiels plus ou moins retardés selon les fluctuations de la température... ou l’imprudence des pratiquants.
Il multiplie les effets préjudiciables du froid sur les organismes. Il dope les nuages, les perturbations, les systèmes orageux lorsqu’ils abordent le relief porté par un flux puissant.
Partie 2 - Les phénomènes
Brume et brouillard
La vapeur d’eau est un gaz invisible. Il est impropre d’appeler vapeur la "buée" que la bouche exhale par temps froid ou que les cocotes-minute laissent échapper dans les cuisines : les deux sont des mini brouillards produits par la condensation très rapide du surplus de vapeur qui s’introduit dans le volume d’air ambiant. Les gaz air et vapeur cohabitent, s’interpénètrent. La quantité de vapeur supportée par l’air dépend de sa température. Plus il est chaud, plus ses propres molécules sont éloignées les unes des autres, plus il accepte les molécules de vapeur. C’est l’inverse lorsque la température baisse : il y a moins de place disponible dans l’air pour la vapeur. En dessous du point de rosée, l’air condense le surplus de vapeur en eau liquide. Et l’on tient ainsi le "mystère" qui fait qu’apparaissent, de rien apparemment, "brouillard" et "nuage", qui sont de même origine, de même nature, ne différant que par l’altitude.
Lorsque, en plaine, dans un fond de vallée, la température diminue, dans la nuit le plus souvent, la température de l’air atteint celle du point de rosée ce qui conduit à un état de "saturation" (humidité relative = 100%). Il faut que tout un volume proche du sol soit concerné, de quelques mètres ou dizaines de mètres d’épaisseur, ce qui suppose un minimum de vent pour répartir le refroidissement. Des gouttelettes de très petites dimensions (diamètre voisin de 20µ -> 1µ = 0,001mm) apparaissent alors. Elles ne peuvent tomber jusqu’au sol, soutenues par les petites turbulences ; elle restent donc en suspension, formant une émulsion air/eau liquide La poursuite du refroidissement fait que ces micro sphères d’eau liquide se multiplient jusqu’à troubler la visibilité : la "brume" puis le "brouillard". Les codes météo précisent que la brume correspond à une visibilité horizontale comprise entre 1 et 5km ; le brouillard est signalé lorsque la visibilité est inférieure à 1km.
Si le vent souffle plus fort, il y a de grandes chances pour que le brouillard se disperse dans le brassage d’une couche d’air plus épaisse ou bien qu’il vienne se coller en nappe de nuages bas sous une inversion.
Lorsque, en plaine, dans un fond de vallée, la température diminue, dans la nuit le plus souvent, la température de l’air atteint celle du point de rosée ce qui conduit à un état de "saturation" (humidité relative = 100%). Il faut que tout un volume proche du sol soit concerné, de quelques mètres ou dizaines de mètres d’épaisseur, ce qui suppose un minimum de vent pour répartir le refroidissement. Des gouttelettes de très petites dimensions (diamètre voisin de 20µ -> 1µ = 0,001mm) apparaissent alors. Elles ne peuvent tomber jusqu’au sol, soutenues par les petites turbulences ; elle restent donc en suspension, formant une émulsion air/eau liquide La poursuite du refroidissement fait que ces micro sphères d’eau liquide se multiplient jusqu’à troubler la visibilité : la "brume" puis le "brouillard". Les codes météo précisent que la brume correspond à une visibilité horizontale comprise entre 1 et 5km ; le brouillard est signalé lorsque la visibilité est inférieure à 1km.
Si le vent souffle plus fort, il y a de grandes chances pour que le brouillard se disperse dans le brassage d’une couche d’air plus épaisse ou bien qu’il vienne se coller en nappe de nuages bas sous une inversion.
L’eau dans l’atmosphère :
a) Sur la double flèche horizontale, partant d’un air limpide, à droite du graphique, où l’humidité relative est inférieure à 100%, après une baisse de l’ordre de 12 °C, l’air atteint la saturation (100%) sur la courbe ; la température continuant à baisser on entre dans la zone de fabrication des gouttelettes de brouillard ou nuage.
b) La température 0°C sépare les zones où, selon saturation ou pas, l’air contient seulement de la vapeur ou en plus de l'eau liquide (gouttelettes) ou bien seulement de la vapeur ou en plus de l’eau liquide (gouttelettes) et des cristaux de glace.
b) La température 0°C sépare les zones où, selon saturation ou pas, l’air contient seulement de la vapeur ou en plus de l'eau liquide (gouttelettes) ou bien seulement de la vapeur ou en plus de l’eau liquide (gouttelettes) et des cristaux de glace.
Courbe de saturation de l’atmosphère en eau en fonction de la température Les dépôts liés au brouillard
Quand le brouillard devient très dense, beaucoup de gouttelettes tombent au sol : on dit qu’il est "mouillant". Par température négative, il devient "givrant".
Quand la température du brouillard descend sous 0°C, ses gouttelettes ne se transforment pas immédiatement en glace. Ce retard correspond à un état de "surfusion", qui existe aussi dans les nuages, jusque vers -5 à -8°C. Un état instable qui cesse dès qu’elles entrent en contact avec un objet : "congélation" immédiate. Par temps calme, des cristaux de glace blancs, très légers et fragiles enrobent les petites branches, les aiguilles des sapins, les feuilles s’il en reste, composant des paysages féeriques quand les bancs de brouillard se déchirent, se recomposent, jouent avec ombres et lumières ouatées… ("givre").
Un peu en dessous de 0°C et quand le brouillard précipite, les gouttes s’étalent en glace compacte et transparente ("givre dur").
En dessous de -10°C, on assiste parfois à des chutes lentes de cristaux épars, miroitant dans le soleil, le "poudrin". Le ciel est bleu, bien dégagé, bien visible à travers un trouble peu épais de très basse couche ; à l’horizontale par contre, la visibilité est médiocre.
Quand la température du brouillard descend sous 0°C, ses gouttelettes ne se transforment pas immédiatement en glace. Ce retard correspond à un état de "surfusion", qui existe aussi dans les nuages, jusque vers -5 à -8°C. Un état instable qui cesse dès qu’elles entrent en contact avec un objet : "congélation" immédiate. Par temps calme, des cristaux de glace blancs, très légers et fragiles enrobent les petites branches, les aiguilles des sapins, les feuilles s’il en reste, composant des paysages féeriques quand les bancs de brouillard se déchirent, se recomposent, jouent avec ombres et lumières ouatées… ("givre").
Si l’air est en mouvement, l’accumulation se focalise au vent des obstacles, donnant un givre friable à cause des micro bulles d’air incluses ("givre mou"). Une concrétion qui peut atteindre, au bout de quelques jours une épaisseur de plusieurs centimètres, voire plusieurs dizaines de centimètres, ciselant d’étonnants oriflammes glacés dans les endroits les plus exposés, proches des sommets où le vent est plus fort (superstructures des téléphériques, pylônes de remontées mécaniques, mais aussi les aiguilles rocheuses…).

En dessous de -10°C, on assiste parfois à des chutes lentes de cristaux épars, miroitant dans le soleil, le "poudrin". Le ciel est bleu, bien dégagé, bien visible à travers un trouble peu épais de très basse couche ; à l’horizontale par contre, la visibilité est médiocre.
Roger Frison-Roche et les ouadis du tassili du Hoggar Les variantes du brouillard selon le mode de formation
Le brouillard de rayonnement
C’est un brouillard formé au contact du sol froid, en toute saison, mais surtout en saison froide quand les nuits sont longues, le temps calme, le ciel dégagé, l’humidité assez forte (température et point de rosée assez proches en soirée), que le refroidissement se prolonge plusieurs heures.
Le brouillard d’advection
Portée par le vent, une couche d’air humide qui parvient au contact d’une surface assez froide peut voir sa température descendre jusqu’au point de rosée avant de s’emplir de brouillard.
Le mélange
Quand deux masses d’air limpides, proches de la saturation, se mélangent à pression constante, il arrive que la masse d’air résultante soit saturée. Cela provient des caractéristiques physiques de l’air que la concavité de la courbe de saturation permet d’expliciter. Ce cas peut se présenter par exemple lors du mélange d’une brise amont et de l’air du fond de vallée. On l’a vu plus haut, quand, sous inversion, une basse couche atmosphérique est libre de nuages au petit matin, le lever et la montée du vent entraînent assez souvent, surtout en fin d’hiver et au printemps, la formation de vastes nappes nuageuses par brassage turbulent. Le mélange turbulent des températures et humidités de cette couche inférieure aboutit à sa métamorphose.
C’est un brouillard formé au contact du sol froid, en toute saison, mais surtout en saison froide quand les nuits sont longues, le temps calme, le ciel dégagé, l’humidité assez forte (température et point de rosée assez proches en soirée), que le refroidissement se prolonge plusieurs heures.
Le brouillard d’advection
Portée par le vent, une couche d’air humide qui parvient au contact d’une surface assez froide peut voir sa température descendre jusqu’au point de rosée avant de s’emplir de brouillard.
Le mélange
Quand deux masses d’air limpides, proches de la saturation, se mélangent à pression constante, il arrive que la masse d’air résultante soit saturée. Cela provient des caractéristiques physiques de l’air que la concavité de la courbe de saturation permet d’expliciter. Ce cas peut se présenter par exemple lors du mélange d’une brise amont et de l’air du fond de vallée. On l’a vu plus haut, quand, sous inversion, une basse couche atmosphérique est libre de nuages au petit matin, le lever et la montée du vent entraînent assez souvent, surtout en fin d’hiver et au printemps, la formation de vastes nappes nuageuses par brassage turbulent. Le mélange turbulent des températures et humidités de cette couche inférieure aboutit à sa métamorphose.
Le brouillard d’évaporation
L’air reçoit de la vapeur des sols, de la végétation, des océans et des lacs. L’échange est nettement accru lorsque la surface humide est plus chaude que l’air (les toits qui "fument" après la pluie). C’est souvent le cas en automne quand les masses d’air se refroidissent plus vite que les volumes d’eau.
Les bords de lacs de grandes dimensions, volants d’inertie thermique, connaissent bien ces inconvénients en saison froide.
L’air reçoit de la vapeur des sols, de la végétation, des océans et des lacs. L’échange est nettement accru lorsque la surface humide est plus chaude que l’air (les toits qui "fument" après la pluie). C’est souvent le cas en automne quand les masses d’air se refroidissent plus vite que les volumes d’eau.
Les bords de lacs de grandes dimensions, volants d’inertie thermique, connaissent bien ces inconvénients en saison froide.

Les dépôts au sol par ciel dégagé
Par temps calme, le refroidissement nocturne est le plus marqué au sol (plusieurs degrés d’écart entre la température au sol et la température sous abri).
La rosée et la rosée blanche
Il y a verglas et verglas
On appelle communément verglas les surfaces glissantes qui peuvent apparaître sur les chaussées aux endroits les plus humides (bois, proximité d’étangs, de rivières…) ou encore les plaques de glace qui se forment lorsque la neige regèle après avoir fondu au soleil ou sous un vent doux. En fait, le verglas, tel qu’il est défini par les météorologues, correspond à un autre processus, lié aux précipitations.
La rosée et la rosée blanche
La condensation s’opère directement, au contact entre l’air et les objets les plus froids (le phénomène est identique à celui qui se produit en hiver sur les vitres, à l’intérieur d’une maison : la vapeur invisible contenue dans la pièce condense sur ces surfaces refroidies par l’extérieur).
La rosée apparaît sur les surfaces imperméables (les autres l’absorbent au fur et à mesure). À l’inverse, dès que revient le soleil, elle s’évapore : l’eau liquide redevient gaz et réincorpore l’air intimement. Il arrive qu’après un dépôt de rosée, la poursuite du refroidissement nocturne congèle les gouttes formées : la rosée blanche.
La rosée apparaît sur les surfaces imperméables (les autres l’absorbent au fur et à mesure). À l’inverse, dès que revient le soleil, elle s’évapore : l’eau liquide redevient gaz et réincorpore l’air intimement. Il arrive qu’après un dépôt de rosée, la poursuite du refroidissement nocturne congèle les gouttes formées : la rosée blanche.

La gelée blanche
À température négative, l’humidité se dépose directement sous forme de gelée blanche (condensation solide, sans passer par l’étape liquide) sur l’herbe, les feuilles des arbustes, les fils de fer des clôtures, les toits...
Sur les pare-brise ou les vitres, le gel compose de très élégantes figures, volutes finement découpées : les fleurs de gel.
À température négative, l’humidité se dépose directement sous forme de gelée blanche (condensation solide, sans passer par l’étape liquide) sur l’herbe, les feuilles des arbustes, les fils de fer des clôtures, les toits...
Sur les pare-brise ou les vitres, le gel compose de très élégantes figures, volutes finement découpées : les fleurs de gel.

Il y a verglas et verglas
On appelle communément verglas les surfaces glissantes qui peuvent apparaître sur les chaussées aux endroits les plus humides (bois, proximité d’étangs, de rivières…) ou encore les plaques de glace qui se forment lorsque la neige regèle après avoir fondu au soleil ou sous un vent doux.
En fait, le verglas, tel qu’il est défini par les météorologues, correspond à un autre processus, lié aux précipitations.
On appelle communément verglas les surfaces glissantes qui peuvent apparaître sur les chaussées aux endroits les plus humides (bois, proximité d’étangs, de rivières…) ou encore les plaques de glace qui se forment lorsque la neige regèle après avoir fondu au soleil ou sous un vent doux.
En fait, le verglas, tel qu’il est défini par les météorologues, correspond à un autre processus, lié aux précipitations.
Les nuages
Les nuages se forment eux aussi selon un processus de condensation qui transforme la vapeur en gouttelettes ou en cristaux de glace, là où les températures sont négatives. Une grande différence entre le brouillard et les nuages réside dans l’altitude : le brouillard rampe au sol (celui des plaines, des fonds de vallée, des mers et des lacs), le nuage vole, sans attaches, sans frontières.
Une autre différence, plus physique, est liée aux processus respectifs de formation : le brouillard apparaît à un niveau donné, à une pression donnée ; le nuage provient, pour sa part, et presque toujours, d’une diminution de la pression (détente) qui fabrique du froid et conduit à la condensation. Le caractère éminemment changeant et impalpable des nuages ne permet pas de les mesurer ou de les peser. Jusqu’à présent il revient à l’observateur météo d’en évaluer subjectivement l’importance. Pour éviter toute interprétation trop personnelle, un code fixe le protocole à respecter.
Nuage formé par convection (cause thermique), au-dessus d’un sol chaud :
• Un sol hétérogène induit des discontinuités de température, avec des endroits favorables à la convection, d’autres non.
• On a là le schéma correspondant à une cellule convective.
Luke Howard, pharmacien anglais du xixe siècle, est à l’origine de la classification internationale des nuages. En 1803, il répertoria les nuages en différentes catégories et leur donna des noms latins, comme il était d’usage à l’époque chez les naturalistes. Goethe lui-même adopta avec enthousiasme cette classification et en devint un propagateur ardent. La classification la plus récente est celle de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), elle date de 1956. Les nuages sont classés en 10 genres avec des sous-catégories (espèces et variétés).
Les grandes catégories de nuages
Les nuages d’altitude élevée
Les cirrus (Ci) (cheveu, filament) :
Nuages séparés, en forme de filaments, de bancs, ou de bandes étroites, blancs ou en majeure partie blancs. Ces nuages ont un aspect fibreux (chevelu) ou un éclat soyeux, ou les deux.
Les cirrostratus (Cs) (nappe étendue de cirrus, voile) :
Voile nuageux transparent et blanchâtre, d’aspect fibreux (chevelu) ou lisse, couvrant entièrement ou partiellement le ciel, et donnant généralement lieu à des phénomènes de halo.


Les cirrocumulus (Cc) (petits amas fibreux, granules) :
Nappe ou couche mince de nuages blancs sans ombres propres, composés de très petits éléments en forme de granules, de rides... soudés ou non et disposés plus ou moins régulièrement ; la plupart des éléments ont une largeur apparente inférieure à un degré, ce qui correspond approximativement à la largeur apparente sous laquelle on voit le bout du petit doigt, le bras tendu.
Les nuages de moyenne altitude
Les altocumulus (Ac)) (galets, dalles, rouleaux) :
Banc, nappe ou couche de nuages blancs ou gris, ou à la fois blancs et gris, ayant généralement des ombres propres, composés de lamelles, galets, rouleaux... d’aspect parfois partiellement fibreux ou diffus, soudés ou non ; la plupart des petits éléments disposés régulièrement ont une largeur apparente comprise entre 1 et 5°. Cette largeur apparente est approximativement la même que celle sous laquelle on voit plus que le bout du petit doigt et jusqu’à trois doigts, le bras tendu.
L’altocumulus est un nuage un peu ambigu. Il peut donner des plages plus ou moins étendues, plus ou moins lumineuses ou sombres, plus ou moins lacunaires, ponctuées d’éclaircies. Son observation doit s’accompagner de celle de la pression. Si la pression varie peu, c’est que les altocumulus appartiennent vraisemblablement à la bordure d’une perturbation circulant à distance, sans menace précise tant que le baromètre tient.

Les altostratus (As) (nappe fibreuse, étendue, grise, plus ou moins dense) :
Nappe ou couche nuageuse grisâtre ou bleuâtre, d’aspect strié, fibreux ou uniforme, couvrant entièrement ou partiellement le ciel et présentant des parties suffisamment minces pour laisser voir ou apercevoir le Soleil, comme au travers d’un verre dépoli. L’altostratus ne présente pas de phénomène de halo.

Les nimbostratus (Ns) (informe, sombre) :
Couche nuageuse grise, souvent sombre, dont l’aspect est rendu flou par des chutes plus ou moins continues de pluie ou de neige qui, dans la plupart des cas, atteignent le sol. L’épaisseur de cette couche est partout suffisante pour masquer complètement le Soleil. Il existe fréquemment, au-dessous de la couche, des nuages bas déchiquetés, soudés ou non avec elle.

Les nuages d’altitude inférieure
Les stratus (St) (sorte de brouillard au-dessus du sol, base uniforme grise, sommet horizontal) :
Couche nuageuse généralement grise, à base assez uniforme, pouvant donner lieu à de la bruine, des prismes de glace ou de la neige en grains.

Les stratocumulus (Sc) :
Banc, nappe ou couche de nuages gris ou blanchâtres ou à la fois gris et blanchâtres, ayant presque toujours des parties sombres, composés de dalles, galets, rouleaux... d’aspect non fibreux, soudés ou non ; la plupart des petits éléments disposés régulièrement ont une largeur apparente supérieure à 5° (largeur apparente supérieure à celle de trois doigts le bras tendu). Pour un observateur en montagne, au-dessus de 1000 à 1500 m, ce nuage donne les mers de nuage en vallée. Surface supérieure irrégulière et moutonnée.

Les cumulus (Cu) (amas blanc, éclatant au soleil) :
Nuages séparés, généralement denses et à contours bien délimités, se développant verticalement en forme de mamelons, de dômes ou de tours, dont la région supérieure bourgeonnante ressemble souvent à un chou-fleur. Les parties de ces nuages éclairées par le soleil sont, le plus souvent, d’un blanc éclatant ; leur base, relativement sombre, est sensiblement horizontale. Les cumulus sont parfois déchiquetés.

Les cumulonimbus (Cb) (énorme amas, base sombre, sommet fibreux d’un blanc éclatant) :
Nuage dense et puissant, à extension verticale considérable, en forme de montagne ou d’énormes tours. Une partie au moins de sa région supérieure est généralement lisse, fibreuse ou striée, et presque toujours aplatie. Cette partie s’étale souvent en forme d’enclume ou de vaste panache.
Au-dessous de la base de ce nuage, souvent très sombre, il existe fréquemment des nuages bas déchiquetés, soudés ou non avec elle, et des précipitations parfois sous forme de virgas. Ce nuage est associé à des phénomènes violents : les éclairs, le tonnerre, la grêle, les rafales ou les trombes, lorsqu’ils se produisent, sont toujours dus au cumulonimbus.

Une autre différence, plus physique, est liée aux processus respectifs de formation : le brouillard apparaît à un niveau donné, à une pression donnée ; le nuage provient, pour sa part, et presque toujours, d’une diminution de la pression (détente) qui fabrique du froid et conduit à la condensation. Le caractère éminemment changeant et impalpable des nuages ne permet pas de les mesurer ou de les peser. Jusqu’à présent il revient à l’observateur météo d’en évaluer subjectivement l’importance. Pour éviter toute interprétation trop personnelle, un code fixe le protocole à respecter.
Nuage formé par convection
Nuage formé par convection (cause thermique), au-dessus d’un sol chaud :
• Un sol hétérogène induit des discontinuités de température,
avec des endroits favorables à la convection, d’autres non.
• On a là le schéma correspondant à une cellule convective.
• Un sol hétérogène induit des discontinuités de température,
avec des endroits favorables à la convection, d’autres non.
• On a là le schéma correspondant à une cellule convective.

Nuage formé par ascendance
Nuage formé par convection (cause thermique), au-dessus d’un sol chaud :
• Un sol hétérogène induit des discontinuités de température, avec des endroits favorables à la convection, d’autres non.
• On a là le schéma correspondant à une cellule convective.

La classification internationale
Luke Howard, pharmacien anglais du xixe siècle, est à l’origine de la classification internationale des nuages. En 1803, il répertoria les nuages en différentes catégories et leur donna des noms latins, comme il était d’usage à l’époque chez les naturalistes. Goethe lui-même adopta avec enthousiasme cette classification et en devint un propagateur ardent. La classification la plus récente est celle de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), elle date de 1956. Les nuages sont classés en 10 genres avec des sous-catégories (espèces et variétés).
Des critères de forme, d’altitude, des processus ayant conduit à leur formation, de nature des précipitations associées permettent de définir les grandes lignes de la classification. En premier lieu, les nuages sont répartis en deux grandes catégories d’apparence :
– les nuages en couche ou stratiformes (stratus), essentiellement développés en strates horizontales. Ces nuages stratiformes sont le plus souvent générés par des transformations de grande étendue accompagnées de mouvements ascendants plutôt lents (les perturbations en air stable, les vastes mers nuageuses sous inversion) ;
– les nuages en amas (cumulus) structurés, eux, selon la verticale. Ces nuages, résultant d’un bouillonnement, sont fréquemment le siège d’ascendances rapides, liées à des évolutions convectives locales.
La texture, la densité, la couleur permettent de distinguer les nuages apparaissant comme consistants de ceux d’allure très mince. Ainsi apparaît le genre des nuées effilochées, très blanches, très ténues, comme des cheveux (cirrus). On distingue aussi les nuages qui délivrent systématiquement des précipitations (nimbus).
– les nuages en couche ou stratiformes (stratus), essentiellement développés en strates horizontales. Ces nuages stratiformes sont le plus souvent générés par des transformations de grande étendue accompagnées de mouvements ascendants plutôt lents (les perturbations en air stable, les vastes mers nuageuses sous inversion) ;
– les nuages en amas (cumulus) structurés, eux, selon la verticale. Ces nuages, résultant d’un bouillonnement, sont fréquemment le siège d’ascendances rapides, liées à des évolutions convectives locales.
La texture, la densité, la couleur permettent de distinguer les nuages apparaissant comme consistants de ceux d’allure très mince. Ainsi apparaît le genre des nuées effilochées, très blanches, très ténues, comme des cheveux (cirrus). On distingue aussi les nuages qui délivrent systématiquement des précipitations (nimbus).
Les grandes catégories de nuages
On classe également les nuages selon leur altitude en trois étages :
• bas (low cloud en anglais ou CL),
• moyen (mean cloud, préfixe alto ou CM),
• élevé ou supérieur (high cloud ou CH).
• bas (low cloud en anglais ou CL),
• moyen (mean cloud, préfixe alto ou CM),
• élevé ou supérieur (high cloud ou CH).

Les cirrus (Ci) (cheveu, filament) :
Nuages séparés, en forme de filaments, de bancs, ou de bandes étroites, blancs ou en majeure partie blancs. Ces nuages ont un aspect fibreux (chevelu) ou un éclat soyeux, ou les deux.
• Altitude moyenne de la base : entre 5 et 13 km
• Épaisseur : très mince
• Composition : cristaux de glace
• Localisation principale : à l’approche des
perturbations
• Précipitations : non
• Épaisseur : très mince
• Composition : cristaux de glace
• Localisation principale : à l’approche des
perturbations
• Précipitations : non

Les cirrostratus (Cs) (nappe étendue de cirrus, voile) :
Voile nuageux transparent et blanchâtre, d’aspect fibreux (chevelu) ou lisse, couvrant entièrement ou partiellement le ciel, et donnant généralement lieu à des phénomènes de halo.
• Altitude moyenne de la base : entre 5 et 13 km
• Épaisseur : très mince
• Composition : cristaux de glace
• Localisation principale : lorsque l’approche des
perturbations se confirme
• Précipitations : non
• Épaisseur : très mince
• Composition : cristaux de glace
• Localisation principale : lorsque l’approche des
perturbations se confirme
• Précipitations : non

HALO, PARHÉLIES, COURONNE
Le halo (voir photo de Cs ci-dessus) souligne la présence de cirrostratus, parfois à peine visibles par ailleurs ; un cercle pâle de 22° de diamètre, faiblement irisé, entourant le Soleil ou la Lune. Le bras tendu, la paume placée sur l’astre, on le trouve au bout des doigts écartés.
De temps à autre, des petites taches lumineuses colorées l’accompagnent, à droite et à gauche : les parhélies. Ce sont des phénomènes lumineux dus à la réfraction et à la diffraction de la lumière du Soleil ou de la Lune quand elle traverse les cristaux de glace des nuages très élevés. Seul le cirrostratus, par sa vaste extension, les révèle.
La couronne est un anneau plus ou moins coloré qui entoure quelquefois le Soleil ou la Lune, issu lui aussi d’une décomposition de la lumière, cette fois par un mélange de gouttelettes et de cristaux très petits. Dans certaines régions, on dit : "la Lune boit" quand de telles irisations se produisent.
Ces phénomènes surviennent généralement peu avant l’arrivée d’une perturbation.
Le halo (voir photo de Cs ci-dessus) souligne la présence de cirrostratus, parfois à peine visibles par ailleurs ; un cercle pâle de 22° de diamètre, faiblement irisé, entourant le Soleil ou la Lune. Le bras tendu, la paume placée sur l’astre, on le trouve au bout des doigts écartés.
De temps à autre, des petites taches lumineuses colorées l’accompagnent, à droite et à gauche : les parhélies. Ce sont des phénomènes lumineux dus à la réfraction et à la diffraction de la lumière du Soleil ou de la Lune quand elle traverse les cristaux de glace des nuages très élevés. Seul le cirrostratus, par sa vaste extension, les révèle.
La couronne est un anneau plus ou moins coloré qui entoure quelquefois le Soleil ou la Lune, issu lui aussi d’une décomposition de la lumière, cette fois par un mélange de gouttelettes et de cristaux très petits. Dans certaines régions, on dit : "la Lune boit" quand de telles irisations se produisent.
Ces phénomènes surviennent généralement peu avant l’arrivée d’une perturbation.

Les cirrocumulus (Cc) (petits amas fibreux, granules) :
Nappe ou couche mince de nuages blancs sans ombres propres, composés de très petits éléments en forme de granules, de rides... soudés ou non et disposés plus ou moins régulièrement ; la plupart des éléments ont une largeur apparente inférieure à un degré, ce qui correspond approximativement à la largeur apparente sous laquelle on voit le bout du petit doigt, le bras tendu.
• Altitude moyenne de la base : entre 5 et 13 km
• Épaisseur : mince
• Composition : cristaux de glace
• Localisation principale : approche de
perturbations à caractère instable
• Épaisseur : mince
• Composition : cristaux de glace
• Localisation principale : approche de
perturbations à caractère instable

Les nuages de moyenne altitude
Les altocumulus (Ac)) (galets, dalles, rouleaux) :
Banc, nappe ou couche de nuages blancs ou gris, ou à la fois blancs et gris, ayant généralement des ombres propres, composés de lamelles, galets, rouleaux... d’aspect parfois partiellement fibreux ou diffus, soudés ou non ; la plupart des petits éléments disposés régulièrement ont une largeur apparente comprise entre 1 et 5°. Cette largeur apparente est approximativement la même que celle sous laquelle on voit plus que le bout du petit doigt et jusqu’à trois doigts, le bras tendu.
L’altocumulus est un nuage un peu ambigu. Il peut donner des plages plus ou moins étendues, plus ou moins lumineuses ou sombres, plus ou moins lacunaires, ponctuées d’éclaircies. Son observation doit s’accompagner de celle de la pression. Si la pression varie peu, c’est que les altocumulus appartiennent vraisemblablement à la bordure d’une perturbation circulant à distance, sans menace précise tant que le baromètre tient.
• Altitude moyenne de la base : entre 2 et 7 km
• Épaisseur : 1500 m
• Composition : cristaux de glace et gouttelettes
• Localisation principale : à l’approche de
perturbations ou à leur marge
• Précipitations : non
• Épaisseur : 1500 m
• Composition : cristaux de glace et gouttelettes
• Localisation principale : à l’approche de
perturbations ou à leur marge
• Précipitations : non

Les altostratus (As) (nappe fibreuse, étendue, grise, plus ou moins dense) :
Nappe ou couche nuageuse grisâtre ou bleuâtre, d’aspect strié, fibreux ou uniforme, couvrant entièrement ou partiellement le ciel et présentant des parties suffisamment minces pour laisser voir ou apercevoir le Soleil, comme au travers d’un verre dépoli. L’altostratus ne présente pas de phénomène de halo.
• Altitude moyenne de la base : entre 2 et 7 km
• Épaisseur : 2000 m
• Composition : cristaux de glace et gouttelettes
• Localisation principale : à proximité des zones
de pluie continue
• Précipitations : non ou pluie, neige,
granules de glace
• Signe particulier : verre dépoli avec le Soleil
• Épaisseur : 2000 m
• Composition : cristaux de glace et gouttelettes
• Localisation principale : à proximité des zones
de pluie continue
• Précipitations : non ou pluie, neige,
granules de glace
• Signe particulier : verre dépoli avec le Soleil

Les nimbostratus (Ns) (informe, sombre) :
Couche nuageuse grise, souvent sombre, dont l’aspect est rendu flou par des chutes plus ou moins continues de pluie ou de neige qui, dans la plupart des cas, atteignent le sol. L’épaisseur de cette couche est partout suffisante pour masquer complètement le Soleil. Il existe fréquemment, au-dessous de la couche, des nuages bas déchiquetés, soudés ou non avec elle.
• Altitude moyenne de la base : vers 2 km, mais beaucoup
de nuages en dessous
• Épaisseur : 3 000 m
• Composition : cristaux de glace et gouttelettes
• Localisation principale : au cœur du système perturbé
• Précipitations : pluie, neige, granules de glace
• Signes particuliers : pluie, enveloppe l’ensemble du relief
de nuages en dessous
• Épaisseur : 3 000 m
• Composition : cristaux de glace et gouttelettes
• Localisation principale : au cœur du système perturbé
• Précipitations : pluie, neige, granules de glace
• Signes particuliers : pluie, enveloppe l’ensemble du relief

Les nuages d’altitude inférieure
Les stratus (St) (sorte de brouillard au-dessus du sol, base uniforme grise, sommet horizontal) :
Couche nuageuse généralement grise, à base assez uniforme, pouvant donner lieu à de la bruine, des prismes de glace ou de la neige en grains.
• Altitude moyenne de la base : voisinage sol à 1200 m
• Épaisseur : 300m
• Composition : eau
• Localisation principale : dans les anticyclones
• Précipitations : non ou faibles bruines, neige en grains
• Signes particuliers : monotone et immobile ;
mers de nuage sous inversions
• Épaisseur : 300m
• Composition : eau
• Localisation principale : dans les anticyclones
• Précipitations : non ou faibles bruines, neige en grains
• Signes particuliers : monotone et immobile ;
mers de nuage sous inversions

Les stratocumulus (Sc) :
Banc, nappe ou couche de nuages gris ou blanchâtres ou à la fois gris et blanchâtres, ayant presque toujours des parties sombres, composés de dalles, galets, rouleaux... d’aspect non fibreux, soudés ou non ; la plupart des petits éléments disposés régulièrement ont une largeur apparente supérieure à 5° (largeur apparente supérieure à celle de trois doigts le bras tendu). Pour un observateur en montagne, au-dessus de 1000 à 1500 m, ce nuage donne les mers de nuage en vallée. Surface supérieure irrégulière et moutonnée.
• Altitude moyenne de la base : 1000 à 1500m
• Épaisseur : 500m
• Composition : eau
• Localisation principale : à l’arrière des perturbations
• Précipitations : non ou parfois pluie, neige, neige roulée
• Signe particulier : mers de nuage sous inversions
• Épaisseur : 500m
• Composition : eau
• Localisation principale : à l’arrière des perturbations
• Précipitations : non ou parfois pluie, neige, neige roulée
• Signe particulier : mers de nuage sous inversions

Les cumulus (Cu) (amas blanc, éclatant au soleil) :
Nuages séparés, généralement denses et à contours bien délimités, se développant verticalement en forme de mamelons, de dômes ou de tours, dont la région supérieure bourgeonnante ressemble souvent à un chou-fleur. Les parties de ces nuages éclairées par le soleil sont, le plus souvent, d’un blanc éclatant ; leur base, relativement sombre, est sensiblement horizontale. Les cumulus sont parfois déchiquetés.
• Altitude moyenne de la base : 800 à 1200m en hiver,
2000 à 3000m en été
• Épaisseur : 100 à 3000m
• Composition : eau ou
cristaux de glace si le nuage est développé
• Localisation principale : la perturbation s’éloigne,
évolution locale sur relief
• Précipitations : non ou averses de pluie, neige,
neige roulée
2000 à 3000m en été
• Épaisseur : 100 à 3000m
• Composition : eau ou
cristaux de glace si le nuage est développé
• Localisation principale : la perturbation s’éloigne,
évolution locale sur relief
• Précipitations : non ou averses de pluie, neige,
neige roulée

Les cumulonimbus (Cb) (énorme amas, base sombre, sommet fibreux d’un blanc éclatant) :
Nuage dense et puissant, à extension verticale considérable, en forme de montagne ou d’énormes tours. Une partie au moins de sa région supérieure est généralement lisse, fibreuse ou striée, et presque toujours aplatie. Cette partie s’étale souvent en forme d’enclume ou de vaste panache.
Au-dessous de la base de ce nuage, souvent très sombre, il existe fréquemment des nuages bas déchiquetés, soudés ou non avec elle, et des précipitations parfois sous forme de virgas. Ce nuage est associé à des phénomènes violents : les éclairs, le tonnerre, la grêle, les rafales ou les trombes, lorsqu’ils se produisent, sont toujours dus au cumulonimbus.
• Altitude moyenne de la base : 1000 à 1500m
• Épaisseur : 7000m
• Composition : eau, cristaux de glace, grésil, grêle
• Localisation principale : sur les fronts froids, à
l’arrière des perturbations actives, systèmes orageux,
évolution locale sur relief
• Précipitations : averses de pluie, neige, neige roulée,
grésil, grêle
• Signes particuliers : enclume, rafales, orage
• Épaisseur : 7000m
• Composition : eau, cristaux de glace, grésil, grêle
• Localisation principale : sur les fronts froids, à
l’arrière des perturbations actives, systèmes orageux,
évolution locale sur relief
• Précipitations : averses de pluie, neige, neige roulée,
grésil, grêle
• Signes particuliers : enclume, rafales, orage

La famille cumulus
Les cumulus forment en fait toute une famille de nuages ayant sensiblement la même apparence d’amoncellement blanc avec une base blanche ou sombre. Comme ils sont tous issus de la convection, leur différence essentielle réside dans leurs dimensions. Selon la puissance des ascendances, l’humidité disponible, leur développement s’étage du plus humble au plus majestueux et menaçant (cumulus humilis, cumulus médiocris, cumulus congestus, cumulonimbus). Une autre conséquence est aussi une activité très diversifiée, depuis la seule présence décorative jusqu’au déchaînement de l’orage. La turbulence interne de ces véritables montagnes nuageuses est telle qu’elle maintient en suspension plusieurs centaines de milliers de tonnes d’eau (gouttes ou cristaux).
Un cumulonimbus se développe plus ou moins rapidement. Les premières traces de cumulus peuvent apparaître en fin de matinée pour aboutir à un nuage orageux en fin d’après-midi, ce qui est le cas le plus fréquent par beau temps estival modérément instable. Il arrive aussi, plus rarement, que ce nuage explose en une demi-heure, partant de rien pour aboutir à un orage. La durée de vie d’un cumulonimbus provoqué par la poussée d’un front ou celle du vent contre un flanc de montagne est de l’ordre de la demi-heure. On assiste alors à un véritable bouillonnement où les cellules convectives se renouvellent à un rythme rapide, la dernière formée prenant le relais de la précédente.
Le cycle du cumulonimbus
A - Stade de formation : les ascendances fabriquent du nuage, le poussent vers le haut, déplaçant les isothermes en provoquant un dégagement de chaleur latente.
B - Stade de maturité : le cumulonimbus s’écrase en enclume contre la tropopause ; les ascendances le portent encore mais déjà des mouvements descendants s’organisent, provoquant des précipitations et entraînant de l’air froid dans leur chute.
C - Stade de dissipation : le nuage orageux s’effondre sur lui-même et restitue beaucoup d’eau.
A - Stade de formation : les ascendances fabriquent du nuage, le poussent vers le haut, déplaçant les isothermes en provoquant un dégagement de chaleur latente.
B - Stade de maturité : le cumulonimbus s’écrase en enclume contre la tropopause ; les ascendances le portent encore mais déjà des mouvements descendants s’organisent, provoquant des précipitations et entraînant de l’air froid dans leur chute.
C - Stade de dissipation : le nuage orageux s’effondre sur lui-même et restitue beaucoup d’eau.

Le front de rafale
Le brassage interne des orages est fait de mouvements de compensation : aux ascendances intenses, qui peuvent dépasser les 100 km/h, répondent, au stade de maturité, des mouvements descendants également puissants, accélérés par les précipitations qui les entraînent dans leur chute, transportant de l’air froid. Ces vents catabatiques, ou fronts de rafale, représentent un danger sournois par les coups de vent inopinés qu’ils provoquent.
Les crêtes du pourtour des grands lacs, comme ceux du Léman ou d’Annecy, sont équipées de dispositifs de détection. L’alerte est répercutée sur les côtes par des feux clignotants prévenant des déferlements de ces coups de vent violents et soudains (joran, vaudaire, bornan...). Ils peuvent être la cause de chavirements alors que la navigation était paisible l’instant d’avant.
Les crêtes du pourtour des grands lacs, comme ceux du Léman ou d’Annecy, sont équipées de dispositifs de détection. L’alerte est répercutée sur les côtes par des feux clignotants prévenant des déferlements de ces coups de vent violents et soudains (joran, vaudaire, bornan...). Ils peuvent être la cause de chavirements alors que la navigation était paisible l’instant d’avant.
Une poche d’air froid tombe de l’orage et file vers la vallée Les précurseurs
Les lenticulaires
Les vents forts en altitude provoquent des ondulations de l’atmosphère, tout particulièrement lorsqu’ils butent contre des reliefs. Dans les sommets d’onde, sièges d’ascendances rapides, il se forme des plages de nuages caractéristiques, en forme d’amande, de lentille, de soucoupe, d’os de seiche : les altocumulus lenticularis (Ac len), ou lenticulaires.

L’été, à l’avant des systèmes orageux, fronts ou plages d’organisation mal définie, l’atmosphère est instable à plusieurs niveaux, en particulier à l’étage moyen, vers les 3 000/5 000 m. On observe alors des fragments de nuages maltraités par les turbulences. Ils montrent des sortes de balles déchiquetées, plus ou moins isolées, plus ou moins organisées en nappes d’étendue variable : les altocumulus floccus (Ac flo). D’autres fois, ils forment des bancs horizontaux, de faible extension, montrant des sortes de tourelles, créneaux : les altocumulus castellanus (Ac cas). Au levant et au couchant, ces nuées tourmentées, parfois même assez sombres et menaçantes donnent des ciels somptueux.

Les merveilleux nuages…
- Eau liquide ou glace ? L’iso 0 sépare grosso modo le volume des nuages qui contient à la fois vapeur, cristaux et gouttelettes au-dessus, de celui qui ne contient plus que vapeur et gouttelettes au-dessous (la restriction vient du fait que la neige ne font pas immédiatement en traversant la ligne du 0°C)
Le grésil et la grêle, formés dans les zones froides, traversent les chaudes souvent jusqu’au sol à cause de leur masse de glace qui résiste à la fonte.
- Neige roulée, la perturbation est passée
La neige roulée se forme dans les cumulus, voire les stratocumulus, à cause des turbulences qui les agitent. Des cristaux, brassés, subissent un givrage qui les enrobe et les transforme en grains de 2 à 5 mm de diamètre, friables, ressemblant à des fleurs de mimosas. Quand ils apparaissent au cours de chutes de neige régulières et durables, cela signifie que la perturbation s’achève, qu’après les masses nuageuses compactes et de grande extension arrivent les premiers nuages instables qui marquent le début d’une autre période, d’une amélioration souvent, d’un rafraîchissement toujours.
Ces petites billes de neige ne sont pas anodines car, accumulées sur une petite épaisseur, elles peuvent former des surfaces de glissement pour les couches de neige qui les recouvrent éventuellement plus tard.
- Plus un nuage est épais plus il est sombre, plus il assourdit les bruits aussi
Les cristaux et gouttelettes entravent le passage de la lumière. Plus le nuage est épais, plus ils sont nombreux, plus la lumière a du mal à se frayer un chemin. L’ombre des volumes supérieurs se projette sur la base qui du sombre peut virer au noir avec les cumulonimbus.
Quand il fait noir, le soir, plus au calme, on entend à nouveau les réacteurs des longs courriers quand une masse nuageuse volumineuse s’éloigne ne laissant plus que des nuages dans les couches inférieures. De visu, on ne distingue pas forcément d’amélioration au dehors, mais le retour des sons venant du ciel traduit une évolution dans l’épaisseur des nuées, ce qui n’est pas en soi l’indication que le beau temps est de retour si le baromètre ne confirme pas.
- La base horizontale des cumulus
Tant qu’ils ne donnent pas de précipitations les cumulus montrent une base horizontale. Cette dernière souligne le niveau où l’air, porté par les ascendances, atteint le point de condensation. Dans une masse d’air homogène, il est le même partout.
- La convection transgresse les clivages d’altitude
Les nuages de type cumulus, rangés dans les "nuages bas", sont susceptibles de grimper au niveau moyen puis au niveau élevé, lors des journées orageuses où ces nuées se développent comme de gigantesques champignons.
- Eau liquide ou glace ? L’iso 0 sépare grosso modo le volume des nuages qui contient à la fois vapeur, cristaux et gouttelettes au-dessus, de celui qui ne contient plus que vapeur et gouttelettes au-dessous (la restriction vient du fait que la neige ne font pas immédiatement en traversant la ligne du 0°C)
Le grésil et la grêle, formés dans les zones froides, traversent les chaudes souvent jusqu’au sol à cause de leur masse de glace qui résiste à la fonte.
- Neige roulée, la perturbation est passée
La neige roulée se forme dans les cumulus, voire les stratocumulus, à cause des turbulences qui les agitent. Des cristaux, brassés, subissent un givrage qui les enrobe et les transforme en grains de 2 à 5 mm de diamètre, friables, ressemblant à des fleurs de mimosas. Quand ils apparaissent au cours de chutes de neige régulières et durables, cela signifie que la perturbation s’achève, qu’après les masses nuageuses compactes et de grande extension arrivent les premiers nuages instables qui marquent le début d’une autre période, d’une amélioration souvent, d’un rafraîchissement toujours.
Ces petites billes de neige ne sont pas anodines car, accumulées sur une petite épaisseur, elles peuvent former des surfaces de glissement pour les couches de neige qui les recouvrent éventuellement plus tard.
- Plus un nuage est épais plus il est sombre, plus il assourdit les bruits aussi
Les cristaux et gouttelettes entravent le passage de la lumière. Plus le nuage est épais, plus ils sont nombreux, plus la lumière a du mal à se frayer un chemin. L’ombre des volumes supérieurs se projette sur la base qui du sombre peut virer au noir avec les cumulonimbus.
Quand il fait noir, le soir, plus au calme, on entend à nouveau les réacteurs des longs courriers quand une masse nuageuse volumineuse s’éloigne ne laissant plus que des nuages dans les couches inférieures. De visu, on ne distingue pas forcément d’amélioration au dehors, mais le retour des sons venant du ciel traduit une évolution dans l’épaisseur des nuées, ce qui n’est pas en soi l’indication que le beau temps est de retour si le baromètre ne confirme pas.
- La base horizontale des cumulus
Tant qu’ils ne donnent pas de précipitations les cumulus montrent une base horizontale. Cette dernière souligne le niveau où l’air, porté par les ascendances, atteint le point de condensation. Dans une masse d’air homogène, il est le même partout.
- La convection transgresse les clivages d’altitude
Les nuages de type cumulus, rangés dans les "nuages bas", sont susceptibles de grimper au niveau moyen puis au niveau élevé, lors des journées orageuses où ces nuées se développent comme de gigantesques champignons.
Les virgas
Assez souvent, surtout en régime instable (ciel d’averses, tendance orageuse), on distingue des traînées tombant des nuages et s’effaçant avant d’arriver jusqu’au sol. Il s’agit de précipitations qui pénètrent dans une atmosphère trop sèche où elles s’évaporent. Fréquemment, elles s’incurvent à cause de la différence des vitesses du vent dans les couches qu’elles traversent. D’où leur nom de virga (virgule).
Lorsqu’elles proviennent de nuages d’altitude élevée, comme des altocumulus instables en été, vers 5 000/6 000 m, elles apparaissent blanches car constituées de cristaux de neige. Sous des nuages plus bas, elles sont en général plus sombres, mais cela dépend de leur nature (pluie en été, neige en hiver) et aussi de leur éclairage par le Soleil. Elles sont particulièrement visibles et spectaculaires à contre-jour.
Lorsqu’elles proviennent de nuages d’altitude élevée, comme des altocumulus instables en été, vers 5 000/6 000 m, elles apparaissent blanches car constituées de cristaux de neige. Sous des nuages plus bas, elles sont en général plus sombres, mais cela dépend de leur nature (pluie en été, neige en hiver) et aussi de leur éclairage par le Soleil. Elles sont particulièrement visibles et spectaculaires à contre-jour.

À LA FOIS TRÈS RAPIDE ET IMMOBILE
Les nuages d’ondes sont paradoxaux et trompeurs. Ils sont immobiles dans le ciel alors que le vent souffle fort. En réalité, leur permanence est illusoire : il n’y a guère plus éphémère qu’eux. Ils apparaissent puis disparaissent continuellement.
Les molécules de vapeur se condensent sur leur bord antérieur, restent nuageuses le bref temps de leur traversée, puis s’évaporent sur leur bord arrière, avant, éventuellement, d’aller fabriquer tout aussi brièvement une autre lentille plus loin. Ces configurations aident les planeurs ou libéristes à parcourir les longues distances, d’onde en onde.
Les nuages d’ondes sont paradoxaux et trompeurs. Ils sont immobiles dans le ciel alors que le vent souffle fort. En réalité, leur permanence est illusoire : il n’y a guère plus éphémère qu’eux. Ils apparaissent puis disparaissent continuellement.
Les molécules de vapeur se condensent sur leur bord antérieur, restent nuageuses le bref temps de leur traversée, puis s’évaporent sur leur bord arrière, avant, éventuellement, d’aller fabriquer tout aussi brièvement une autre lentille plus loin. Ces configurations aident les planeurs ou libéristes à parcourir les longues distances, d’onde en onde.
Suspense… Les nuages spécifiques à la montagne
Les panaches
Le principe physique est valable pour tout relief, mais c’est avec les montagnes isolées (Cervin, Aiguille Verte/Drus...) qu’il est le plus spectaculaire. La dépression de sillage sous le vent refroidit l’air et peut le conduire à la saturation si l’humidité est suffisante. C’est le cas lorsqu’une perturbation vient de passer, et souvent pendant plusieurs heures. Fréquemment, dans nos régions, le vent tourne alors au nord-ouest. On verra plus loin que cela correspond à un positionnement de l’anticyclone à l’ouest des massifs de notre pays (donc d’une amélioration). À Chamonix, par exemple, on dit que "la Verte fume". Et pour tous les résidents c’est bon signe, souvent à juste titre (mais prudence... car la météo ignore les certitudes).
Le panache sous le vent
Compression au vent, dépression sous le vent (comme pour un véhicule).
La détente d’une particule qui contourne le sommet isolé la refroidit et fabrique du nuage si l’ambiance est assez humide.
Compression au vent, dépression sous le vent (comme pour un véhicule).
La détente d’une particule qui contourne le sommet isolé la refroidit et fabrique du nuage si l’ambiance est assez humide.

Par vent fort, il se forme des coiffes d’origine dynamique au-dessus des reliefs. Soucoupes renversées, lisses et blanches dans leur partie supérieure, présentant des bords amincis, leur aspect est très caractéristique. Dans un premier temps, elles survolent les plus hauts sommets, plutôt décalées sous le vent. Si elles gagnent des altitudes inférieures jusqu’à les envelopper, une aggravation est sans doute en cours. Une seule certitude toutefois : la forme de ces nuages signe la présence de vents tempétueux à haute altitude (tandis que le calme peut régner dans les vallées plusieurs heures encore).
À Chamonix, le mont Blanc est le premier sommet à être coiffé ainsi lorsque de l’humidité gagne en altitude (dans la grande majorité des cas, une perturbation se manifeste d’abord tout en haut de la troposphère avant de gagner dans les heures qui suivent les couches moyennes, au niveau des hauts sommets).
Dans la vallée, les anciens l’ont baptisé "l’âne". Et ils ajoutaient : "Si Verte ne veut, mont Blanc ne peut." Autrement dit, si l’humidité des couches supérieures ne descend pas progressivement des 5000 vers les 4000, et plus bas encore, l’alerte ne sera pas confirmée.
Remarque très pertinente. Une aggravation temporaire s’évanouit si la perturbation passe à quelque distance puis s’éloigne.
Coiffe associée à des vents forts en haute montagne
A - Survolant le massif
B - Descendant jusqu’à le coiffer ("âne" du mont Blanc)
A - Survolant le massif
B - Descendant jusqu’à le coiffer ("âne" du mont Blanc)

Les piles d’assiettes
La stratification de l’atmosphère en couches d’humidité relative différente conduit à créer des discontinuités dans les nuages ondulatoires. Aussi observe-t-on parfois des empilements insolites de soucoupes : les piles d’assiettes.
Colorées par le soleil levant ou couchant, elles offrent un spectacle extraordinaire. Les reliefs corses sont particulièrement gâtés, associant les effets ondulatoires et la magnificence des teintes orangées offertes par des rayons traversant les couches riches en vapeur surmontant les mers chaudes.
Colorées par le soleil levant ou couchant, elles offrent un spectacle extraordinaire. Les reliefs corses sont particulièrement gâtés, associant les effets ondulatoires et la magnificence des teintes orangées offertes par des rayons traversant les couches riches en vapeur surmontant les mers chaudes.

Les rouleaux turbulents
Par régime ouest ou sud-ouest estival et instable, des turbulences roulent des nuages de formes arrondies sur les hauts reliefs. Ils sont toujours transportés très rapidement. Leur présence est doublement peu appréciée des alpinistes. Ils entretiennent d’abord une nébulosité très changeante sur les sommets, peu rassurante, avec des rafales chargées de grésil, voire un coup de foudre au passage d’un grain éphémère, un peu n’importe quand, de nuit comme de jour, même si, à distance des plus hautes cimes, le ciel est plutôt engageant ; et puis le vent souffle fort là-haut ! Ils annoncent une très probable aggravation orageuse, mais par sud-ouest, ces conditions peuvent se maintenir plusieurs jours, entretenant l’incertitude.
Il est plus prudent de repousser les courses longues et exposées ; les alpinistes avertis le savent bien, se limitant à des sorties secondaires.
Il est plus prudent de repousser les courses longues et exposées ; les alpinistes avertis le savent bien, se limitant à des sorties secondaires.

Nuages d’ondes
En régime ondulatoire, outre les nuages condensés au vent du relief, il s’en forme d’autres au sommet des ondes, là où l’air monte. Ils s’évanouissent quand l’air redescend.
Plusieurs altocumulus lenticulaires sont parfois visibles dans le sillage des chaînes par grand vent en altitude, se réduisant à mesure que le train d’ondes s’amortit. Proche du relief, sous le vent, un nuage dangereux pour le vol accompagne les turbulences du rotor.
En régime ondulatoire, outre les nuages condensés au vent du relief, il s’en forme d’autres au sommet des ondes, là où l’air monte. Ils s’évanouissent quand l’air redescend.
Plusieurs altocumulus lenticulaires sont parfois visibles dans le sillage des chaînes par grand vent en altitude, se réduisant à mesure que le train d’ondes s’amortit. Proche du relief, sous le vent, un nuage dangereux pour le vol accompagne les turbulences du rotor.

Le pileus
Pileus veut dire "chapeau" en latin. C’est une coiffe qui surmonte certains cumulus bien développés, au-delà de 5000 m. Dans sa poussée, le nuage rencontre une surface d’inversion élevée. Il la soulève tandis qu’une partie de l’humidité s’échappe sur les côtés et forme un capuchon blanc, fibreux (cristaux de glace), ténu le plus souvent.
Une formation accessoire fugitive, car le nuage, poursuivant son expansion, perfore l’inversion et achève sa croissance quelques instants plus tard en cumulonimbus qui étale alors son enclume sous la tropopause, inversion infranchissable celle-là (mais néanmoins soulevée par les plus puissantes ascendances).
Une formation accessoire fugitive, car le nuage, poursuivant son expansion, perfore l’inversion et achève sa croissance quelques instants plus tard en cumulonimbus qui étale alors son enclume sous la tropopause, inversion infranchissable celle-là (mais néanmoins soulevée par les plus puissantes ascendances).

Quand la convection s’écrase sous une inversion
Les inversions de température ne sont pas réservées aux situations hivernales de très basse couche ; on peut en rencontrer à toute altitude, illustration de cette stratification qui caractérise la troposphère. Il est très fréquent qu’une masse d’air soit surmontée par une autre plus chaude (au sens météo, thermodynamique) qui oppose alors un obstacle aux transferts verticaux. Un nuage formé dans la couche inférieure bute et s’étale contre l’inversion d’altitude si elle résiste à sa poussée.
RECONNAÎTRE LES NUAGES
C’est un exercice assez difficile, surtout en montagne. Dans les vallées, on manque de recul. En altitude, on n’en voit pas toujours bien les contours et les particularités. C’est depuis les vastes plaines qu’on les reconnaît le plus facilement, alors qu’ils s’organisent et se déploient dans tout l’espace. Leur description officielle correspond d’ailleurs à une vision depuis la plaine. En montagne, ils sont inévitablement contraints.
Les amas convectifs (cumulus) se rassemblent plutôt sur les crêtes, plus ou moins déformés, lissés par les vents des hauteurs ; les nuages en nappe n’offrent à la vue qu’une fraction, si bien que les différences sont fréquemment gommées. Souvent, faute de recul, on complète l’identification par l’observation des phénomènes associés : un stratus ne donne ni pluie ni foudre, ou alors c’est qu’elles proviennent d’un nuage au-dessus de lui... L’évolution de la pression, de la température, la nature et l’intensité des précipitations sont autant d’indices complémentaires. Au demeurant, la plupart restent bien identifiables : les cirrus, cirrostratus (halo), cirrocumulus, altocumulus, altostratus (verre dépoli), nimbostratus (pluie ou neige), cumulus et leur allure joufflue, cumulonimbus (tonnerre et foudre)...
C’est un exercice assez difficile, surtout en montagne. Dans les vallées, on manque de recul. En altitude, on n’en voit pas toujours bien les contours et les particularités. C’est depuis les vastes plaines qu’on les reconnaît le plus facilement, alors qu’ils s’organisent et se déploient dans tout l’espace. Leur description officielle correspond d’ailleurs à une vision depuis la plaine. En montagne, ils sont inévitablement contraints.
Les amas convectifs (cumulus) se rassemblent plutôt sur les crêtes, plus ou moins déformés, lissés par les vents des hauteurs ; les nuages en nappe n’offrent à la vue qu’une fraction, si bien que les différences sont fréquemment gommées. Souvent, faute de recul, on complète l’identification par l’observation des phénomènes associés : un stratus ne donne ni pluie ni foudre, ou alors c’est qu’elles proviennent d’un nuage au-dessus de lui... L’évolution de la pression, de la température, la nature et l’intensité des précipitations sont autant d’indices complémentaires. Au demeurant, la plupart restent bien identifiables : les cirrus, cirrostratus (halo), cirrocumulus, altocumulus, altostratus (verre dépoli), nimbostratus (pluie ou neige), cumulus et leur allure joufflue, cumulonimbus (tonnerre et foudre)...
Fréquemment, quand un anticyclone s’installe, de telles inversions apparaissent vers 2000/2500 m d’abord, prémices d’une amélioration plus solide. Les cumulus formés dans la couche inférieure, encore instable et humide, se transforment en stratocumulus sous ce type d’inversions.
En montagne, facilités par les ascendances sur les versants au soleil, ils redistribuent alors l’humidité en nappe horizontale. Dans les grandes vallées comme la combe de Savoie, le Grésivaudan, le bassin de la Durance, les formations nuageuses se cantonnent souvent à proximité des sommets. En revanche, dans les vallées étroites, ce couvercle de nuages les recouvre tout entières. Situations fréquentes au printemps, quand la montagne est encore très humide des neiges fondantes.
L’appel thermique des cimes
Quand l’air est modérément stable et que l’inversion cède assez facilement, les mers de nuage se trouent puis se dispersent plus vite en pays de relief. Les sommets émergents deviennent au soleil des pôles chauds d’appel de l’humidité : la répartition horizontale des nuages devient plus facilement verticale qu’au-dessus des plaines.
Quand l’air est modérément stable et que l’inversion cède assez facilement, les mers de nuage se trouent puis se dispersent plus vite en pays de relief. Les sommets émergents deviennent au soleil des pôles chauds d’appel de l’humidité : la répartition horizontale des nuages devient plus facilement verticale qu’au-dessus des plaines.

Les précipitations
La condensation ne contribue pas seulement à la formation de nuages emplis de gouttelettes et de cristaux. Des processus physicochimiques de transfert de matière entrent en action quand les conditions s’y prêtent. Les éléments microscopiques grossissent jusqu’à prendre assez de volume pour échapper aux ascendances en tombant par gravité.
Les gouttelettes d’un nuage sont microscopiques mais nombreuses (environ 500 par cm3), ce qui représente plusieurs centaines de tonnes d’eau dans un petit cumulus d’été. Le rassemblement des molécules d’eau est facilité par la présence de noyaux de condensation, impuretés de toutes sortes, naturelles (pollens, sel des embruns...), ou issues des pollutions d’origine humaine.
Le diamètre de ces minuscules sphères est de l’ordre de 20µ (0,02 mm). À ce stade, elles flottent dans l’air, portées par la plus infime ascendance. Pour tomber en bruine (diamètre environ 0,1 mm) ou en pluie (diamètre au moins 0,5 mm), elles doivent impérativement s’associer.
Tor Bergeron, météorologiste norvégien, décrit en 1935 le processus qui porte son nom. Les gouttelettes restent, pour beaucoup d’entre elles, sous la forme liquide jusque vers –5 à –8°C, à cause de leurs très petites dimensions et d’une assez grande pureté (eau distillée). Ces caractéristiques s’opposent à la congélation habituelle à 0 °C.
En laboratoire, on a même constaté que des gouttelettes très pures ne congèlent qu’à –39°C, mais instantanément. Grâce aux noyaux glaçogènes – des impuretés en suspension dans l’atmosphère –, l’apparition de cristaux de glace intervient à des températures légèrement négatives. Ces cristaux ont la propriété de se nourrir en quelque sorte des gouttelettes qui les entourent : ils captent plus facilement qu’elles la vapeur ambiante, les contraignant ainsi à s’évaporer et à entrer dans ce cycle mortel.
Les cristaux initiaux se ramifient en forme d’étoiles, aiguilles, plaquettes... selon la température ambiante dans le nuage ; formes délicates et tellement belles qui se retrouvent au sol au cours des chutes de neige. En fait, l’effet Bergeron ne peut expliquer à lui seul toutes les précipitations, notamment les averses ou orages qui déversent des gouttes de 2 à 5 mm de diamètre ; il lui faudrait beaucoup trop de temps pour fabriquer d’aussi gros éléments.
givre
Les gouttelettes d’un nuage sont microscopiques mais nombreuses (environ 500 par cm3), ce qui représente plusieurs centaines de tonnes d’eau dans un petit cumulus d’été. Le rassemblement des molécules d’eau est facilité par la présence de noyaux de condensation, impuretés de toutes sortes, naturelles (pollens, sel des embruns...), ou issues des pollutions d’origine humaine.
Le diamètre de ces minuscules sphères est de l’ordre de 20µ (0,02 mm). À ce stade, elles flottent dans l’air, portées par la plus infime ascendance. Pour tomber en bruine (diamètre environ 0,1 mm) ou en pluie (diamètre au moins 0,5 mm), elles doivent impérativement s’associer.
Le cycle de l’eau
Processus de base intervenant dans la fabrication des précipitations
Ces évolutions sont en relation avec les apports ou retraits de chaleur :
fonte, évaporation, condensation, givrage (condensation solide).
Processus de base intervenant dans la fabrication des précipitations
Ces évolutions sont en relation avec les apports ou retraits de chaleur :
fonte, évaporation, condensation, givrage (condensation solide).

L’effet Bergeron
Tor Bergeron, météorologiste norvégien, décrit en 1935 le processus qui porte son nom. Les gouttelettes restent, pour beaucoup d’entre elles, sous la forme liquide jusque vers –5 à –8°C, à cause de leurs très petites dimensions et d’une assez grande pureté (eau distillée). Ces caractéristiques s’opposent à la congélation habituelle à 0 °C.
En laboratoire, on a même constaté que des gouttelettes très pures ne congèlent qu’à –39°C, mais instantanément. Grâce aux noyaux glaçogènes – des impuretés en suspension dans l’atmosphère –, l’apparition de cristaux de glace intervient à des températures légèrement négatives. Ces cristaux ont la propriété de se nourrir en quelque sorte des gouttelettes qui les entourent : ils captent plus facilement qu’elles la vapeur ambiante, les contraignant ainsi à s’évaporer et à entrer dans ce cycle mortel.
Les cristaux initiaux se ramifient en forme d’étoiles, aiguilles, plaquettes... selon la température ambiante dans le nuage ; formes délicates et tellement belles qui se retrouvent au sol au cours des chutes de neige. En fait, l’effet Bergeron ne peut expliquer à lui seul toutes les précipitations, notamment les averses ou orages qui déversent des gouttes de 2 à 5 mm de diamètre ; il lui faudrait beaucoup trop de temps pour fabriquer d’aussi gros éléments.
L’effet Bergeron
Les nuages de type cirrus, complètement constitués de particules glacées,
ne peuvent enclencher ces transferts : ils ne produisent jamais de précipitations.
Les nuages de type cirrus, complètement constitués de particules glacées,
ne peuvent enclencher ces transferts : ils ne produisent jamais de précipitations.
La coalescence
Au cours de leur chute, les cristaux les plus lourds capturent d’autres éléments qui flottent, quasiment immobiles, et grossissent : c’est la coalescence. Ils croissent d’autant plus que les nuages sont denses et épais, ce qui est le cas du nimbostratus et de beaucoup de cumulus où le brassage interne multiplie les opportunités de collisions. En revanche, les stratus, nuages minces, ne produisent jamais que de la bruine, des cristaux de très petites dimensions ou de la neige en grains.
La coalescence existe aussi avec les gouttes, lorsque, dans leur chute ou dans les turbulences, elles captent des gouttelettes ou d’autres gouttes. Dans les régions tempérées, seuls les nuages dont la partie supérieure se trouve au-dessus de l’iso 0 peuvent donner des précipitations. En quelque sorte, il y a presque toujours de la neige à l’origine des précipitations de nos contrées. Sous les tropiques, dans les nuages chauds dont le sommet ne dépasse pas toujours l’iso 0, les turbulences suffisent à enclencher l’indispensable coalescence qui fabrique les grosses gouttes des averses.
Les cristaux se déplaçant dans un air très froid sont très rigides, ils s’agglomèrent peu à d’autres ; beaucoup parviennent individualisés au sol si, dans leur chute, le froid vif se maintient. En revanche, à des températures proches de 0 °C, les branches des cristaux sont plus molles, ce qui facilite les associations en flocons.
La coalescence existe aussi avec les gouttes, lorsque, dans leur chute ou dans les turbulences, elles captent des gouttelettes ou d’autres gouttes. Dans les régions tempérées, seuls les nuages dont la partie supérieure se trouve au-dessus de l’iso 0 peuvent donner des précipitations. En quelque sorte, il y a presque toujours de la neige à l’origine des précipitations de nos contrées. Sous les tropiques, dans les nuages chauds dont le sommet ne dépasse pas toujours l’iso 0, les turbulences suffisent à enclencher l’indispensable coalescence qui fabrique les grosses gouttes des averses.
Les cristaux se déplaçant dans un air très froid sont très rigides, ils s’agglomèrent peu à d’autres ; beaucoup parviennent individualisés au sol si, dans leur chute, le froid vif se maintient. En revanche, à des températures proches de 0 °C, les branches des cristaux sont plus molles, ce qui facilite les associations en flocons.
givreLa neige, la pluie, le verglas
Les températures rencontrées au cours de la chute des cristaux ou flocons déterminent le type de précipitation.
Les grandes catégories de précipitations
A - La température reste négative jusqu’au sol : la neige.
B - Le flocon traverse une couche d’air assez épaisse à température positive ; il fond : la pluie.
C - Une nappe froide se maintient près du sol. La goutte qui y parvient a le temps de revenir à une température inférieure à 0 °C sans se congeler ; elle est alors en surfusion.
En frappant le sol ou les objets alentour, elle gèle instantanément : le verglas
Les grandes catégories de précipitations
A - La température reste négative jusqu’au sol : la neige.
B - Le flocon traverse une couche d’air assez épaisse à température positive ; il fond : la pluie.
C - Une nappe froide se maintient près du sol. La goutte qui y parvient a le temps de revenir à une température inférieure à 0 °C sans se congeler ; elle est alors en surfusion.
En frappant le sol ou les objets alentour, elle gèle instantanément : le verglas

La grêle et le grésil
Les intenses ascendances soutiennent des éléments très gros dans les cumulonimbus, comme une balle légère qui danse au-dessus d’un jet d’eau. Il leur arrive d’être pris dans des mouvements verticaux qui les font remonter, parfois plusieurs fois, avant qu’ils ne retombent... Des gros éléments parviennent ainsi à se fabriquer, alternant des phases de dégel et regel, captant des gouttes ou des cristaux selon l’endroit du nuage : la grêle. Elle finit par frapper le sol et peut provoquer des dégâts sur les cultures, voire les carrosseries, les toits, les hommes, les troupeaux....
La grêle dévoile, à sa découpe par le travers, des cercles concentriques, plus ou moins translucides, signatures de son périple. Les plus gros grêlons observés à travers le monde (dans les plaines à tornades des États-Unis notamment) dépassent le... kilo ! Les chutes de grêle les plus importantes se produisent en saison chaude quand l’air est riche en eau.
En hiver, les cumulonimbus des invasions polaires, beaucoup moins développés, bien moins puissants, relativement pauvres en réserve d’eau, libèrent du grésil, agglomérat de granules de glace, de cristaux, de flocons, de bien plus petites dimensions (diamètre de 1 à 5 mm seulement alors que la grêle atteint ou dépasse nettement le centimètre).
Processus de fabrication de la grêle
Le cumulonimbus fabrique parfois de la grêle lorsque des cristaux sont emportés dans une série de cycles accumulant des couches de glace successives.
1. Le cristal de glace est entraîné vers le bas.
2. Il fond partiellement et s’entoure d’une pellicule épaissie par les captures de gouttes et gouttelettes.
3. Regel.
4. Chute du grêlon.
1. Le cristal de glace est entraîné vers le bas.
2. Il fond partiellement et s’entoure d’une pellicule épaissie par les captures de gouttes et gouttelettes.
3. Regel.
4. Chute du grêlon.

La neige collante
À des températures proches de 0°C, les flocons sont humides, perdent toute rigidité. Ils s’agglomèrent facilement entre eux donnant parfois de très gros amas floconneux qui chutent lourdement et s’écrasent au sol.
Mais c’est vers –1 à –2°C que la neige est la plus collante, qu’elle adhère aux petites branches des arbres, aux fils électriques et téléphoniques, pour former des manchons qui pèsent très lourds et peuvent provoquer de très gros dégâts.
La pluie artificielle
L’idée est de reproduire l’effet Bergeron d’agglomération des gouttelettes pour parvenir à la pluie. Ce serait évidemment très utile de pouvoir faire pleuvoir à volonté, là où c’est indispensable. Pour ce faire, des avions ou des fusées dispersent dans les nuages de l’iodure d’argent, sel dont la structure cristalline se rapproche de celle des cristaux de glace.
Mais le gros problème est qu’il faut d’abord une matière première : la vapeur. Aussi ces tentatives ne sont guère concluantes. Même résultat extrêmement discutable quand on cherche à multiplier les noyaux glaçogènes pour diminuer la taille des grêlons en augmentant leur nombre. Principe sans reproche, résultat restant à démontrer.
QUAND LA NEIGE SE FRAYE UN CHEMIN LOIN SOUS L’ISO 0
Les perturbations habituelles, accompagnées de vent, d’un brassage des couches, donnent de la neige au sol 400 m environ sous le niveau de l’iso 0. Tout simplement parce que la neige ne fond pas immédiatement à une température très voisine de 0 °C, parce que l’iso 0 elle-même est déplacée vers le bas par le froid que la précipitation entraîne avec elle et... fabrique même (la fonte de la neige a besoin de froid, pris à l’air ambiant).
Il arrive que la neige tombe largement plus bas que ces 400 m courants. Jusqu’à 800 à 1 200 m sous l’iso 0 ! Le phénomène se rencontre lorsque l’air est bien calme (la progression du refroidissement lié à la précipitation n’est pas dispersée par le vent), lorsque la pluie tombe plusieurs heures, assez intensément.
Les perturbations habituelles, accompagnées de vent, d’un brassage des couches, donnent de la neige au sol 400 m environ sous le niveau de l’iso 0. Tout simplement parce que la neige ne fond pas immédiatement à une température très voisine de 0 °C, parce que l’iso 0 elle-même est déplacée vers le bas par le froid que la précipitation entraîne avec elle et... fabrique même (la fonte de la neige a besoin de froid, pris à l’air ambiant).
Il arrive que la neige tombe largement plus bas que ces 400 m courants. Jusqu’à 800 à 1 200 m sous l’iso 0 ! Le phénomène se rencontre lorsque l’air est bien calme (la progression du refroidissement lié à la précipitation n’est pas dispersée par le vent), lorsque la pluie tombe plusieurs heures, assez intensément.
Le cycle de l'eau
Du nuage aux pluies et neiges, nous avons reconnus les agents décisifs de la redistribution de l'eau sur les continents à partir des océans. Un cycle vital qui non seulement représente le grand arrosage planétaire mais qui le fait avec de l'eau recyclée, pas toujours bien "saine" en rejoignant la mer, mais de bonne qualité à la source des nuages, après une distillation salutaire (évaporation + condensation).
Notons aussi le rôle "tampon" des neiges et glaces restituant avec un différé de plusieurs semaines, mois ou bien davantage les stocks accumulés en saison froide.

Partie 3 - La circulation planétaire et ses perturbations
Les masses d’air et le front polaire
L’inégalité d’éclairage par le Soleil des régions de la Terre, le cycle des saisons déterminent une répartition d’énergie d’une grande variabilité et, par voie de conséquence, des températures qui changent énormément entre les pôles très froids et les régions les plus chaudes des tropiques et de l’équateur. Cette première distribution est fortement modulée par la nature du sol : mer ou continent. Les grandes surfaces d’eau apportent leurs réserves de vapeur et l’inertie thermique, l’intérieur des continents est sec mais réagit par contre très vite aux fluctuations des rayonnements reçus (Soleil) ou perdus (émission terrestre vers l’espace).
Ces grandes influences mettent en place le patchwork des "masses d’air". On en retient les principales : polaires continentales et polaires maritimes, tempérées continentales et tempérées maritimes, tropicales continentales et tropicales maritimes. Une masse d’air c’est un volume à l’intérieur duquel les paramètres atmosphériques (température, humidité) sont homogènes, niveau par niveau bien sûr.
Ces grandes influences mettent en place le patchwork des "masses d’air". On en retient les principales : polaires continentales et polaires maritimes, tempérées continentales et tempérées maritimes, tropicales continentales et tropicales maritimes. Une masse d’air c’est un volume à l’intérieur duquel les paramètres atmosphériques (température, humidité) sont homogènes, niveau par niveau bien sûr.
Origine des principales masses d’air balayant l’Europe occidentale La nature ne peut supporter qu’un excédent de froid se renforce perpétuellement aux pôles (bilan radiatif très négatif), pas plus qu’un excèdent de chaleur ne s’accumule indéfiniment dans les régions tropicales (bilan radiatif très positif) : elle organise des échanges entre ces deux "sources" opposées de la "machine thermique" terrestre. Nous sommes là au cœur de l’origine des vents, de l’origine du temps qu’il fait. Voilà la raison pour laquelle un jour il fait froid, un autre chaud, selon que nous sommes concernés par un transfert venant des pôles ou bien des régions chaudes. Et comme la répartition ne se fait pas sans heurts, l’affrontement des masses d’air fabrique en plus des nuages, des précipitations, des orages… qui accompagnent tous ces grands mouvements : la vie au quotidien de l’atmosphère. L’ambition de la science météorologique est de la comprendre pour mieux l’anticiper, en prévenir les désordres et leurs conséquences.
Pour schématiser à l’extrême, deux grandes masses d’air s’affrontent : "masses froides polaires", et "masses chaudes tropicales". La frontière entre elles s’appelle le "front polaire". Il ondule au gré des avancées de l’un ou l’autre des protagonistes. Il ne faut pourtant pas le voir comme une ligne concrète faisant le tour de la planète : le long de certains segments de quelques milliers de kilomètres, l’opposition chaud/froid est très marquée, accompagnée de manifestations bien accusées (mauvais temps), ailleurs elle est très diffuse, quasiment imperceptible. Les zones tempérées sont dans la zone de conflit habituel, de mélange, là où, le plus souvent, on échappe aux excès de froid ou de chaleur, là où, en tout cas, ils ne sont pas permanents.
Répartition caricaturale des deux grandes masses d’air qui se partagent l’atmosphère terrestre ; à leur limite de séparation, le front polaireTOUTE THÉORIE A SES LIMITES
La théorie norvégienne des fronts, élaborée au début du xxe siècle, fut une formidable avancée pour comprendre les grands mouvements de l’atmosphère. Mais elle n’explique pas tout.
Aujourd’hui, aidé par la simulation numérique, l’enseignement de la météorologie fait beaucoup plus appel aux courants aériens d’altitude, notamment les jet-streams, pour expliquer la circulation générale de l’atmosphère. Accélérations, ralentissements, ondulations du jet-stream, vagues et tourbillons qui le parcourent, interagissent avec les dépressions au sol, favorisant ou non leur développement.
Néanmoins, malgré ses limites, la théorie norvégienne des fronts reste un excellent outil pédagogique pour aborder un aspect complexe de la météorologie.
La théorie norvégienne des fronts, élaborée au début du xxe siècle, fut une formidable avancée pour comprendre les grands mouvements de l’atmosphère. Mais elle n’explique pas tout.
Aujourd’hui, aidé par la simulation numérique, l’enseignement de la météorologie fait beaucoup plus appel aux courants aériens d’altitude, notamment les jet-streams, pour expliquer la circulation générale de l’atmosphère. Accélérations, ralentissements, ondulations du jet-stream, vagues et tourbillons qui le parcourent, interagissent avec les dépressions au sol, favorisant ou non leur développement.
Néanmoins, malgré ses limites, la théorie norvégienne des fronts reste un excellent outil pédagogique pour aborder un aspect complexe de la météorologie.
Les dépressions et les anticyclones
Les masses d’air sont de densités différentes, elles n’appuient donc pas de la même façon sur la Terre : la pression change d’une région à l’autre. C’est ainsi que l’on peut distinguer les anticyclones où la pression est plus forte, et les dépressions où elle est plus faible.
L'anticyclone
Vaste zone de plusieurs milliers de kilomètres d’extension horizontale, le plus souvent de forme arrondie, ou plutôt ellipsoïdale, un anticyclone est repéré sur les cartes météo par des isobares qui s’emboîtent, indiquant que la pression atmosphérique augmente, depuis la périphérie jusqu’au centre. Si la pression est plus forte qu’ailleurs dans l’anticyclone, c’est qu’il existe à cet endroit une surcharge d’air. Elle provient d’une poussée des couches supérieures de l’atmosphère. Dans un anticyclone l’air descend, ce qui a pour effet de créer un poids supplémentaire à tous ses étages, en particulier celui de la mer, niveau de référence utilisé pour comparer les pressions mesurées d’un lieu à un autre quelles que soient leurs altitudes. Comme la nature est perpétuellement à la recherche de l’équilibre parfait, l’anticyclone rejette continuellement de l’air pour en réduire l’excédent.
La descente d’air qui habite l’anticyclone a pour conséquence décisive le réchauffement et l’assèchement de l’air par compression : création de beau temps donc, par réduction importante, souvent totale, des nuages. Pourtant, il ne fait pas toujours aussi beau qu’on le souhaiterait sous son influence. En saison froide surtout, il se constitue – justement parce que le ciel est dégagé – des nappes d’air froid à sa base, avec des inversions de températures qui emprisonnent des brouillards ou des nuages bas. Ainsi, dans ses 1 000 à 1 500 premiers mètres, le temps est souvent très "tristounet", alors qu’il est radieux au-dessus.
À l’origine de la poussée vers le bas interne aux anticyclones, il y a la présence d’air chaud en altitude (liée aux grands échanges planétaires). Cela s’explique par le phénomène suivant : la conjugaison de l’écoulement de l’air froid des pôles vers l’équateur et de la montée par convection de l’air chaud dans les régions équatoriales. Comme un gigantesque jet d’air, cette montée arrose les autres régions via les hautes couches de la troposphère, remplaçant notamment le déficit d’air aux pôles qui expulsent leur air froid vers les basses latitudes.

Exemples de types d’anticyclones et de dépressions
La descente d’air qui habite l’anticyclone a pour conséquence décisive le réchauffement et l’assèchement de l’air par compression : création de beau temps donc, par réduction importante, souvent totale, des nuages. Pourtant, il ne fait pas toujours aussi beau qu’on le souhaiterait sous son influence. En saison froide surtout, il se constitue – justement parce que le ciel est dégagé – des nappes d’air froid à sa base, avec des inversions de températures qui emprisonnent des brouillards ou des nuages bas. Ainsi, dans ses 1 000 à 1 500 premiers mètres, le temps est souvent très "tristounet", alors qu’il est radieux au-dessus.
À l’origine de la poussée vers le bas interne aux anticyclones, il y a la présence d’air chaud en altitude (liée aux grands échanges planétaires). Cela s’explique par le phénomène suivant : la conjugaison de l’écoulement de l’air froid des pôles vers l’équateur et de la montée par convection de l’air chaud dans les régions équatoriales. Comme un gigantesque jet d’air, cette montée arrose les autres régions via les hautes couches de la troposphère, remplaçant notamment le déficit d’air aux pôles qui expulsent leur air froid vers les basses latitudes.
Organisation des transferts dans le plan vertical
• Cellule de Hadley (jaillissement de chaleur à l’équateur,
se répartissant au-dessus des tropiques ; retour par les alizés).
• La rotation de la Terre crée une série de cellules d’échanges
à cause de la force de Coriolis.
• Cellule de Hadley (jaillissement de chaleur à l’équateur,
se répartissant au-dessus des tropiques ; retour par les alizés).
• La rotation de la Terre crée une série de cellules d’échanges
à cause de la force de Coriolis.

Exemples de types d’anticyclones et de dépressions
• Anticyclone des Açores : chaud dans toute l’épaisseur de la troposphère ; soumis à une descente de l’air.
• Anticyclone chaud, type "Açores", renforcé par une nappe froide infiltrée à la base (plus lourde que celle d’air chaud antérieure) ; les forts anticyclones continentaux, comme celui de Sibérie, lorsqu’ils associent chaud en altitude et très froid à la base, atteignent des pressions records au sol.
• Anticyclone chaud, type "Açores", renforcé par une nappe froide infiltrée à la base (plus lourde que celle d’air chaud antérieure) ; les forts anticyclones continentaux, comme celui de Sibérie, lorsqu’ils associent chaud en altitude et très froid à la base, atteignent des pressions records au sol.

• Anticyclone type "Sahara": surchauffé dans les basses couches, donc allégé au point de créer une dépression relative au niveau du sol.

• Dépression d’Islande : froide dans toute son épaisseur, réchauffée par la base par l’influence océanique ; soumise à une ascendance de l’air.
• Anticyclone polaire : limité aux couches inférieures, jusque vers 1500/2000m, froides ou très froides, surmonté d’air froid siège d’une dépression accusée où, cas très particulier, l’air descend au lieu de monter. Tout cet air froid s’échappe à la périphérie.
• Anticyclone polaire : limité aux couches inférieures, jusque vers 1500/2000m, froides ou très froides, surmonté d’air froid siège d’une dépression accusée où, cas très particulier, l’air descend au lieu de monter. Tout cet air froid s’échappe à la périphérie.

Un poids léger bien lourd
L’atmosphère organise un rééquilibrage des températures entre les pôles et l’équateur par l’intermédiaire d’engrenages, qui, sur les cartes sont identifiés comme “anticyclones” (hautes pressions) et “dépressions” (basses pressions). L’objet de la démonstration qui suit est de préciser, très caricaturalement, le rôle de chacun, leurs interactions.
On pourrait croire que, l’air chaud étant "léger", il ne peut être à l’origine de surpression au niveau de la mer. Voici une explication du paradoxe apparent.
L’atmosphère organise un rééquilibrage des températures entre les pôles et l’équateur par l’intermédiaire d’engrenages, qui, sur les cartes sont identifiés comme “anticyclones” (hautes pressions) et “dépressions” (basses pressions). L’objet de la démonstration qui suit est de préciser, très caricaturalement, le rôle de chacun, leurs interactions.
On pourrait croire que, l’air chaud étant "léger", il ne peut être à l’origine de surpression au niveau de la mer. Voici une explication du paradoxe apparent.
Partageons une troposphère virtuelle en trois énormes colonnes identiques, de la surface de la Terre jusqu’à la tropopause. À ce stade, elles ont toutes trois la même masse, donc elles pèsent sur le sol avec la même pression. Apportons une même quantité de chaleur dans chacune des colonnes extérieures. Échange qui se fait très naturellement et constamment à partir du sol, au-dessus d’une mer ou d’un sol chaud. Les trois colonnes gardent le même poids et la pression au niveau de la mer n’a pas changé. Deux “chaudes” (rouge), une “froide”. Montons maintenant dans chacune.
Dans l’air froid, bien compact, bien serré, on perd vite de la matière, donc de la pression, niveau par niveau.
Dans l’air chaud, aux molécules plus espacées, c’est le contraire. Si on fait le point à 3 km d’altitude, par exemple, on découvre que la pression est inférieure dans le volume froid à celles des volumes chauds à un même niveau. On constate qu’à ce niveau 3 km, on a donc, très caricaturalement, un anticyclone dans les colonnes chaudes, une dépression dans la froide. S’organisent alors des transferts d’air horizontaux du chaud vers le froid pour réduire les surpressions.
Dans l’air froid, bien compact, bien serré, on perd vite de la matière, donc de la pression, niveau par niveau.
Dans l’air chaud, aux molécules plus espacées, c’est le contraire. Si on fait le point à 3 km d’altitude, par exemple, on découvre que la pression est inférieure dans le volume froid à celles des volumes chauds à un même niveau. On constate qu’à ce niveau 3 km, on a donc, très caricaturalement, un anticyclone dans les colonnes chaudes, une dépression dans la froide. S’organisent alors des transferts d’air horizontaux du chaud vers le froid pour réduire les surpressions.

Ainsi, on peut considérer que les deux colonnes chaudes évacuent de l’air vers la froide, ce qui a pour effet d’organiser un mouvement descendant dans toute leur épaisseur, une dynamique qui, au bout du processus, appuie à la surface du sol et augmente la pression à ce niveau aussi. Pourquoi descente et pas ascendance ? Parce qu’un anticyclone est stable dans l’étagement de ses couches (on utilise souvent aujourd’hui l’expression de “dôme chaud”, protecteur donc), les mouvements vers le haut sont bloqués, ce qui explique la rareté des nuages.
Dans la réalité, les choses se passent sensiblement pareillement. Évolution inverse dans l’air froid, évolution motrice même, liée aux ascendances qui se déclenchent lorsque de l’air froid voyage sur un sol plus chaud (l’air froid venu des pôles survole forcément des mers ou continents qui en réchauffent la base, transférant des calories dans toute sa masse par convection, mettant en branle un mouvement ascendant d’ensemble qui génère une dépression au niveau de la mer : la force de pression d’origine étant réduite par la force contraire montante). Il résulte de ces évolutions deux anticyclones encadrant une dépression, conséquences des apports d'énergie différenciés. Et l’on voit ainsi que tout se boucle, que la descente dans l’anticyclone (subsidence) répond à la montée dans la dépression (ascendance).
La subsidence réchauffe et assèche l’air (beau temps anticyclonique), tandis que les ascendances refroidissent le milieu… et condensent très souvent des nuages. On comprend mieux ainsi, les caractéristiques opposées entre anticyclones et dépressions.
Le schéma illustre la dynamique interne de l’un de ces multiples engrenages dont le rôle est de répartir l’énergie à travers la planète, mouvements qui s’accompagnent de plein d’autres conséquences qui fabriquent le temps qu’il fait.
Dans la réalité, les choses se passent sensiblement pareillement. Évolution inverse dans l’air froid, évolution motrice même, liée aux ascendances qui se déclenchent lorsque de l’air froid voyage sur un sol plus chaud (l’air froid venu des pôles survole forcément des mers ou continents qui en réchauffent la base, transférant des calories dans toute sa masse par convection, mettant en branle un mouvement ascendant d’ensemble qui génère une dépression au niveau de la mer : la force de pression d’origine étant réduite par la force contraire montante). Il résulte de ces évolutions deux anticyclones encadrant une dépression, conséquences des apports d'énergie différenciés. Et l’on voit ainsi que tout se boucle, que la descente dans l’anticyclone (subsidence) répond à la montée dans la dépression (ascendance).
La subsidence réchauffe et assèche l’air (beau temps anticyclonique), tandis que les ascendances refroidissent le milieu… et condensent très souvent des nuages. On comprend mieux ainsi, les caractéristiques opposées entre anticyclones et dépressions.
Le schéma illustre la dynamique interne de l’un de ces multiples engrenages dont le rôle est de répartir l’énergie à travers la planète, mouvements qui s’accompagnent de plein d’autres conséquences qui fabriquent le temps qu’il fait.
Comment un volume chauffé se transforme en anticyclone et déclenche l’organisation de mouvements horizontaux et verticaux La dépression
La dépression est une figure inversée de l’anticyclone. Les isobares qui la représentent au niveau de la mer montrent une décroissance de la pression de la périphérie vers le centre : l’air entre dans la dépression.
En contrepartie, il s’en échappe par le haut : elle induit un mouvement ascendant d’ensemble, qui refroidit son air, fabrique des nuages et globalement du mauvais temps. Quand le baromètre baisse, il informe qu’une dépression approche, avec ses conditions la plupart du temps défavorables. La hausse du baromètre indique son éloignement, donc une amélioration.
Le playboy élégant
On imagine volontiers que le surplus d’air de l’anticyclone se projette directement dans le déficit de la dépression, comme un banal courant d’air. Il n’en est rien, à cause de la force de Coriolis, induite par la rotation de la Terre sur elle-même.
Dans la réalité, le vent sort bien des anticyclones mais en tournant autour ; le vent entre bien dans les dépressions mais en tournant autour. Selon les règles de Buys-Ballot (météorologiste hollandais du XIXe siècle), le vent tourne autour des anticyclones dans le sens des aiguilles d’une montre, autour des dépressions dans le sens contraire (mouvements inversés dans l’hémisphère Sud).
Par ailleurs, logiquement, le vent est d’autant plus fort que le contraste est grand entre l’anticyclone et la dépression.
Sur les cartes, les isobares sont rapprochées lorsque la différence de pression (le gradient est égal à la variation de pression sur 100 km par exemple) est grande sur un secteur donné ; elles sont distendues autrement.
Dans les configurations où la pression varie très peu sur de grandes surfaces, on utilise l’expression de marais barométrique.
En contrepartie, il s’en échappe par le haut : elle induit un mouvement ascendant d’ensemble, qui refroidit son air, fabrique des nuages et globalement du mauvais temps. Quand le baromètre baisse, il informe qu’une dépression approche, avec ses conditions la plupart du temps défavorables. La hausse du baromètre indique son éloignement, donc une amélioration.
Le playboy élégant
Les dépressions et anticyclones font du vent
On imagine volontiers que le surplus d’air de l’anticyclone se projette directement dans le déficit de la dépression, comme un banal courant d’air. Il n’en est rien, à cause de la force de Coriolis, induite par la rotation de la Terre sur elle-même.
Dans la réalité, le vent sort bien des anticyclones mais en tournant autour ; le vent entre bien dans les dépressions mais en tournant autour. Selon les règles de Buys-Ballot (météorologiste hollandais du XIXe siècle), le vent tourne autour des anticyclones dans le sens des aiguilles d’une montre, autour des dépressions dans le sens contraire (mouvements inversés dans l’hémisphère Sud).
Par ailleurs, logiquement, le vent est d’autant plus fort que le contraste est grand entre l’anticyclone et la dépression.
Sur les cartes, les isobares sont rapprochées lorsque la différence de pression (le gradient est égal à la variation de pression sur 100 km par exemple) est grande sur un secteur donné ; elles sont distendues autrement.
Dans les configurations où la pression varie très peu sur de grandes surfaces, on utilise l’expression de marais barométrique.
Échanges d’air entre anticyclones et dépressions dans l’hémisphère Nord
Fp = Force de pression, Fc = Force de Coriolis, Ff = Force de frottement.
A - Le vent virtuel sur une Terre qui serait immobile.
B - Le vent réel tel que la force de Coriolis l’organise sur la Terre en rotation.
C - Détail de la trajectoire d’un volume d’air élémentaire et des forces en jeu.
Fp = Force de pression, Fc = Force de Coriolis, Ff = Force de frottement.
A - Le vent virtuel sur une Terre qui serait immobile.
B - Le vent réel tel que la force de Coriolis l’organise sur la Terre en rotation.
C - Détail de la trajectoire d’un volume d’air élémentaire et des forces en jeu.

ASTUCES
• On peut sans instrument déduire la distribution des pressions grâce au vent. Il suffit de se placer de telle façon que le vent souffle de face, on a l’anticyclone à sa gauche et la dépression à sa droite (ex. : avec un vent de nord, l’anticyclone est à l’ouest, la dépression à l’est, ce qui, compte tenu du déplacement ouest-est habituel, correspond à une probable amélioration).
On peut résumer le tout dans la règle des 3D : Devant, Dépression, Droite.
• On peut sans instrument déduire la distribution des pressions grâce au vent. Il suffit de se placer de telle façon que le vent souffle de face, on a l’anticyclone à sa gauche et la dépression à sa droite (ex. : avec un vent de nord, l’anticyclone est à l’ouest, la dépression à l’est, ce qui, compte tenu du déplacement ouest-est habituel, correspond à une probable amélioration).
On peut résumer le tout dans la règle des 3D : Devant, Dépression, Droite.

• Pour connaître le sens du vent, on mouille un doigt, on tend le bras ; on ressent le froid dû à l’évaporation accélérée sur la face exposée au flux. Mais il conviendra tout de même de s’assurer qu’on est placé dans un endroit où souffle le vent général, ce qui est souvent le cas en plaine, dans les espaces ouverts, en montagne, sur un sommet.
En revanche, dans les vallées, sur les versants, on est forcément soumis à un vent purement local, piloté par la topographie. Dans tous les cas, l’idéal est de pouvoir repérer le vent synoptique en sachant lire le mouvement des nuages. Quand le nuage court dans le vent, c’est assez facile. S’il se développe au-dessus d’un versant, il peut rester immobile, attaché à son ascendance ; il n’est pas alors d’une grande utilité.
Généralement, les sommets de nuages montent jusqu’au niveau où il y a du vent et ils s’incurvent dans son sens : un indice intéressant, même si les effets de perspective rendent assez souvent l’appréciation peu précise.
En revanche, dans les vallées, sur les versants, on est forcément soumis à un vent purement local, piloté par la topographie. Dans tous les cas, l’idéal est de pouvoir repérer le vent synoptique en sachant lire le mouvement des nuages. Quand le nuage court dans le vent, c’est assez facile. S’il se développe au-dessus d’un versant, il peut rester immobile, attaché à son ascendance ; il n’est pas alors d’une grande utilité.
Généralement, les sommets de nuages montent jusqu’au niveau où il y a du vent et ils s’incurvent dans son sens : un indice intéressant, même si les effets de perspective rendent assez souvent l’appréciation peu précise.
La force de Coriolis
La force de Coriolis est fictive, en ce sens qu’elle ne correspond pas à une force classique : on la qualifie de force d’inertie. Une masse soumise à une vitesse dans le vide la conserve indéfiniment par inertie. La force centrifuge qui déporte un véhicule dans un virage en est une aussi (la masse en mouvement a envie d’aller tout droit ; il faut forcer sur le volant pour l’obliger à prendre le virage). De même, si on saute du train avant l’arrêt, on garde en grande partie la vitesse du train et on a quelques soucis à garder l’équilibre lors du contact avec le sol : il faut courir pour lisser le contraste.
Pour l’atmosphère, la force de Coriolis se manifeste en déviant vers la droite toutes les particules en mouvement. La Terre tourne sur elle-même en 24 heures.
La force de Coriolis s’applique à tout ce qui bouge sur Terre. C’est elle qui fait, par exemple, que les trains usent plus l’intérieur du rail droit que l’autre. Elle n’est vraiment importante que pour l’atmosphère où l’organisation des vents en est très influencée. À noter que si notre volume d’air se déplaçait dans le vide (purement intellectuel !), il garderait la vitesse initiale à son point de départ. En réalité, il progresse baigné dans l’atmosphère, ce qui crée des frottements et des pertes d’énergie cinétique. Cependant, il lui en reste assez pour que cela se traduise par une déviation de la trajectoire qu’il aurait prise sans la rotation et la géométrie terrestres (pratiquement pas de déviation sur 15° de part et d’autre de l’équateur où la Terre est quasiment cylindrique : les alizés y soufflent en ligne droite, les cyclones, tornades ou trombes s’y forment bien plus difficilement faute de recevoir le soutien déterminant de la force de Coriolis, malgré les conditions de chaleur par ailleurs favorables).
À l’instar de la force centrifuge (plus une voiture va vite dans un virage, plus il faut forcer sur le volant pour tenir la trajectoire), la force de Coriolis augmente avec la vitesse du mobile concerné. Elle s’applique également perpendiculairement au mouvement.
Si les volumes partaient dans une autre direction, on aurait des résultats équivalents car le sens de la déviation due à la rotation de la sphère Terre est identique quel que soit le mouvement.
Pour l’atmosphère, la force de Coriolis se manifeste en déviant vers la droite toutes les particules en mouvement. La Terre tourne sur elle-même en 24 heures.
Tous ses points ont forcément la même vitesse angulaire (360°/24 h), mais ils n’ont pas tous la même vitesse de rotation tangentielle : les deux qui sont placés aux pôles ont une vitesse de 0 km/h, ils ne font que tourner sur eux-mêmes ; ceux alignés le long de l’équateur sont les plus rapides car ils sont les plus éloignés de l’axe de rotation : 1674,38 km/h. Un volume d’air part de P1 sous l’influence du vent. À cause de l’inertie, il conserve de point en point la dernière vitesse d’entraînement terrestre acquise, ce qui, à tout instant, le fait aller un peu plus vite vers l’est que les points de la Terre qu’il survole.
Entre l’instant t0 où le volume est parti et celui t1 où il arrive, le point A du sol tourne jusqu’en A’ ; le volume d’air atteint P2, il a été dévié vers la droite de sa propre trajectoire de la distance d1. Si un volume part vers B depuis le pôle, toujours à cause du vent, là où la vitesse d’entraînement terrestre est de 0 km/h, il sera en revanche toujours en handicap par rapport aux points du sol qu’il survole : il arrive en P4 avec retard sur B, arrivé en B’ ; sa déviation d2 est dirigée également vers la droite de son propre mouvement.
Entre l’instant t0 où le volume est parti et celui t1 où il arrive, le point A du sol tourne jusqu’en A’ ; le volume d’air atteint P2, il a été dévié vers la droite de sa propre trajectoire de la distance d1. Si un volume part vers B depuis le pôle, toujours à cause du vent, là où la vitesse d’entraînement terrestre est de 0 km/h, il sera en revanche toujours en handicap par rapport aux points du sol qu’il survole : il arrive en P4 avec retard sur B, arrivé en B’ ; sa déviation d2 est dirigée également vers la droite de son propre mouvement.

À l’instar de la force centrifuge (plus une voiture va vite dans un virage, plus il faut forcer sur le volant pour tenir la trajectoire), la force de Coriolis augmente avec la vitesse du mobile concerné. Elle s’applique également perpendiculairement au mouvement.
Si les volumes partaient dans une autre direction, on aurait des résultats équivalents car le sens de la déviation due à la rotation de la sphère Terre est identique quel que soit le mouvement.
Le vent géostrophique et le vent réel
En altitude le vent est sensiblement parallèle aux isobares. Il est très proche du vent géostrophique, vent théorique qui correspond à l’équilibre entre la force de pression (Fp), celle qui est la conséquence de la différence de pression locale, et la force de Coriolis (Fc).
Compte tenu de l’attraction de la dépression, le vent a tendance à partir perpendiculairement aux isobares. La force déviante de Coriolis le rabat immédiatement vers la droite. En plus, elle augmente en même temps que la vitesse du vent. Le vent monte en vitesse jusqu’à ce qu’un équilibre s’établisse : le vent géostrophique, régime de croisière des vents en atmosphère libre, au-dessus de 1 500 à 2 000 m, là où l’atmosphère se dégage des frottements induits par la rugosité du globe. Le vent réel, dans les très basses couches, tient compte des frottements (Ft). Un autre compromis s’instaure à ces niveaux, dans la recherche permanente d’un équilibre entre les trois forces. Le vent est moins rapide qu’en atmosphère libre, il fait un angle de l’ordre de 30° avec les isobares sur terre, d’environ 15° sur mer, où, moins freiné, il tend à se rapprocher du vent géostrophique.
Compte tenu de l’attraction de la dépression, le vent a tendance à partir perpendiculairement aux isobares. La force déviante de Coriolis le rabat immédiatement vers la droite. En plus, elle augmente en même temps que la vitesse du vent. Le vent monte en vitesse jusqu’à ce qu’un équilibre s’établisse : le vent géostrophique, régime de croisière des vents en atmosphère libre, au-dessus de 1 500 à 2 000 m, là où l’atmosphère se dégage des frottements induits par la rugosité du globe. Le vent réel, dans les très basses couches, tient compte des frottements (Ft). Un autre compromis s’instaure à ces niveaux, dans la recherche permanente d’un équilibre entre les trois forces. Le vent est moins rapide qu’en atmosphère libre, il fait un angle de l’ordre de 30° avec les isobares sur terre, d’environ 15° sur mer, où, moins freiné, il tend à se rapprocher du vent géostrophique.
Vent quasi géostrophique en altitude et vent dans les basses couches, freiné par la rugosité du solLa circulation associée aux cellules anticycloniques et dépressionnaires
La sortie du vent des anticyclones est compensée par un renouvellement d’air par les couches supérieures : l’anticyclone est parcouru par des mouvements descendants. On a vu qu’ils expliquent le beau temps qui les accompagne, sauf éventuellement en basses couches. On dit que l’anticyclone est soumis à une divergence accompagnée d’une subsidence interne. C’est l’inverse pour les dépressions où l’air entre et dont l’épaisseur est le siège d’ascendances génératrices en général de mauvaises conditions. La dépression est soumise à la convergence.
Anticyclone et divergence. Dépression et convergenceFronts
Le terme de front est approprié, il s’agit bien d’une opposition, d’un conflit entre les masses d’air chaud et les masses d’air froid. Les Norvégiens ont mis en relief une zone frontale polaire, qui nous concerne tout particulièrement, mais aussi une zone de front arctique, délimitant les masses d’air les plus froides des pôles, le front intertropical (FIT), séparant les alizés de l’hémisphère Nord de ceux de l’hémisphère Sud.
Le front polaire en coupe verticale
Une zone habituelle de naissance des perturbations de nos régions au large des Bermudes
Les masses d’air à températures contrastées, du fait de leurs densités bien différentes, ont du mal à se mélanger. Elles peuvent rester juxtaposées plusieurs heures, voire plusieurs jours, sans mélanger leurs propriétés.
La frontière qui les sépare, mince surface profonde de quelques kilomètres, a l’épaisseur d’une ligne à l’échelle des cartes météo. L’air chaud plus léger surmonte l’air froid, introduit en coin dans la masse chaude.
La frontière qui les sépare, mince surface profonde de quelques kilomètres, a l’épaisseur d’une ligne à l’échelle des cartes météo. L’air chaud plus léger surmonte l’air froid, introduit en coin dans la masse chaude.
Le front polaire en coupe verticale
Le front polaire est soumis à des influences qui amorcent ses ondulations. Le plus souvent, le facteur déclenchant provient de coulées plus froides de grandes dimensions ("gouttes froides" dans le jargon météo), qui, comme des icebergs, se détachent de la calotte atmosphérique polaire à intervalles de l’ordre de la semaine. En survolant les contrées plus chaudes dans leur trajectoire vers le sud, les gouttes froides se réchauffent et s’animent de mouvements tourbillonnaires de très grande envergure, en rapport avec la création d’un vaste volume dépressionnaire en leur sein.
Une zone habituelle de naissance des perturbations de nos régions au large des Bermudes
Cette faiblesse de pression donne l’impulsion d’attraction. Alors, une sorte de vague naît sur la limite frontale, s’amplifie, tout en se déplaçant, portée par le vent général. Très vite, le secteur proche du sommet de l’onde s’est animé d’une rotation poussant l’air chaud vers le nord, l’air froid postérieur vers le sud. En quelques heures, l’ondulation ressemble au schéma ci-dessous où un coin d’air chaud inséré dans l’air froid progresse dans le sens du flux (de secteur ouest, donc vers l’est, le plus souvent dans nos régions). À son bord avant, une limite de forme convexe correspondant à une poussée de l’air chaud : le front chaud (en rouge), dont l’arrivée fait passer dans une masse d’air plus chaude. Le front chaud est orné de demi-cercles, symboles de douceur.
Au bord arrière de l’ondulation, une seconde limite, convexe elle aussi, qui représente, elle, le bord antérieur d’une invasion d’air polaire : le front froid (en bleu), orné de petites dents illustrant la morsure, fait passer dans une masse d’air plus froide. Entre ces deux fronts, le secteur chaud.
Au bord arrière de l’ondulation, une seconde limite, convexe elle aussi, qui représente, elle, le bord antérieur d’une invasion d’air polaire : le front froid (en bleu), orné de petites dents illustrant la morsure, fait passer dans une masse d’air plus froide. Entre ces deux fronts, le secteur chaud.
Un coin d’air chaud précédé de son front chaud, fermé par son front froid
Sa progression vers l’est (ici) fait que le point P, en air froid à 6 heures, se retrouve dans l’air chaud à 12 heures, tandis qu’à 18 heures il est revenu dans de l’air froid.
Sa progression vers l’est (ici) fait que le point P, en air froid à 6 heures, se retrouve dans l’air chaud à 12 heures, tandis qu’à 18 heures il est revenu dans de l’air froid.

Perturbations
L’ondulation, ses fronts et son secteur chaud constituent une perturbation. Contrairement à ce que l’on pourrait croire à ce stade de l’explication, la perturbation n’est pas symétrique ; l’air froid, avant et après, a rarement les mêmes propriétés. L’air postérieur provient de plus en plus directement du nord à mesure que le système prend de la vigueur : il est généralement plus froid, voire bien plus froid que la masse d’air froid antérieure.
En même temps, il est plus dynamique, si bien qu’il impose un peu son tempo à l’ensemble. Le front chaud ayant quelque mal à repousser l’air froid antérieur, le front froid va plus vite, rétrécit le secteur chaud. Mais, comme en même temps l’ensemble est aspiré par la dépression proche, une sorte de vallée chaude prolonge en altitude le secteur chaud : l’occlusion.
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Coupe verticale à travers le secteur chaud d’une perturbation (axe A-B)
Parfois, en hiver, la masse d’air froid antérieure continentalisée est plus froide que la nouvelle. Elle résiste et oblige alors, au moins temporairement, l’air froid nouveau à la surmonter (ce qui ne change rien au niveau du secteur chaud soulevé).
Pour comprendre comment une perturbation modifie le champ de pression alentour, il faut garder à l’esprit qu’elle est travaillée par plusieurs mouvements : une translation accompagnant le flux porteur (vers l’est le plus souvent dans la zone tempérée), mais aussi, simultanément, une attraction par le centre d’action (la goutte froide) qui l’a créée et la maîtrise, plus les propulsions vers le haut associées à la prise en tenaille de l’air chaud par les deux masses froides.
L’ensemble de ces influences soulève le secteur chaud, surtout au sommet de l’onde (le point triple quand elle est occluse) et sur les surfaces frontales elles-mêmes. Il en résulte un allégement relatif de tout le système (l’ascendance joue en sens inverse du poids de l’air, donc le réduit) : la perturbation est accompagnée d’une dépression dont le centre est positionné vers son sommet (maximum d’ascendance).

Répartition de la pression dans la perturbation
Pour comprendre comment une perturbation modifie le champ de pression alentour, il faut garder à l’esprit qu’elle est travaillée par plusieurs mouvements : une translation accompagnant le flux porteur (vers l’Est le plus souvent dans la zone tempérée), mais simultanément une attraction par le centre d’action qui l’a créée et la maîtrise et les propulsions vers le haut associées à la prise en tenaille de l’air chaud par les deux masses froides. L’ensemble de ces influences soulèvent le secteur chaud, surtout au sommet de l’onde (le point triple quand elle est occluse) et sur les surfaces frontales elles-mêmes. Il en résulte un allègement relatif de tout le système (l’ascendance joue en sens inverse du poids de l’air, ce qui le réduit en apparence) : la perturbation est accompagnée d’une dépression, dont le centre est positionné vers son sommet (maximum d’ascendance).
Une dépression se creuse au sommet de l’onde, voyage avec en prenant de l’ampleur.
En fin d’évolution, le secteur chaud n’est plus qu’une limite coupée de l’occlusion
Le tourbillon de vent induit par la perturbation
Les surfaces frontales se comportent comme des reliefs pour l’air en mouvement : elles le contraignent à monter.
Cycle classique : ascendance, refroidissement, nuage si l’air est assez humide, précipitation si l’ascendance est puissante et l’air assez riche en eau. La perturbation n’est pas symétrique. À la pente douce du front chaud répond celle plus abrupte du front froid. Les ascendances sont plus brutales et rapides sur le second que sur le premier : la nature des nuages formés et l’intensité des précipitations sont bien différentes.
Système perturbé complet
• La traîne, ensemble de nuages instables qui suit le front froid. Des cumulus (Cu) d’abord modestes dans un ciel bien bleu, lavé et rafraîchi, puis de plus en plus développés, jusqu’à donner des averses (Cb) à mesure que s’épaissit l’air froid, voire de l’orage lors des invasions froides océaniques vigoureuses (giboulées).
• Évolutions de la pression et de la direction du vent au cours de ces phases.
Enroulement du corps en coquille d'escargot autour de la dépression d'accompagnement ou secondaire (par rapport au centre d'action dépressionnaire souvent dissocié et moteur principal)
Hormis les phénomènes purement locaux, les perturbations se déplacent dans les courants porteurs déterminés par les centres d’actions, au long du front polaire. À la latitude de la France, les régimes sont d’ouest dominant. Un flux approximativement orienté ouest-est sur plusieurs milliers de kilomètres (l’Atlantique) est dit "zonal".
À force de s’étirer, les poussées chaudes se coupent de leurs racines, séparant de vastes plages de chaleur que les météos nomment "bulles chaudes". Isolées, elles peuvent se maintenir plusieurs jours en vivant sur leurs réserves, qui sur le Groenland, qui sur le nord de l’Europe. De même pour l’air froid qui se détache en "gouttes froides". Ne pas oublier toutefois que l’échelle est de l’ordre du millier de kilomètres...
Une image très parlante est celle des lampes de salon où, dans un tube transparent fermé, coexistent deux fluides de densités différentes. Par le jeu des températures, l’un d’eux, allégé, forme des protubérances qui montent, puis se scindent, comme ces vastes volumes atmosphériques qui conquièrent leur liberté. Pour bien déceler ces lignes de force de la circulation générale, il faut consulter des cartes météo d’altitude, à partir de 3000 m, en atmosphère libre, qui échappe au parasitage induit par les effets de sol, dont la multiplicité brouillonne masque l’essentiel.
Déjà, on comprend bien que tout se tient à la surface de la Terre, qu’un mouvement dans un sens quelque part se répercute par un effet opposé dans le voisinage, par réaction, par compensation. Tous ces engrenages, tous ces échanges très cohérents constituent la circulation globale. On ne sera pas surpris d’apprendre que, pour en prévoir les évolutions, il faille rassembler des données venues de l’ensemble de la planète.
Tout prend en montagne une dimension différente. La progression des perturbations y rencontre des obstacles plus ou moins étendus, plus ou moins hauts. Elles doivent contourner, si possible (relief isolé, de peu d’ampleur), ou surmonter. Ce faisant elles s’en trouvent amplifiées, aggravées. Leurs nuages deviennent plus denses, souvent plus vastes, dans presque tous les cas, plus prodigues en précipitations. La montagne est terre de contrastes : le beau temps y est plus franc, plus pur, le mauvais temps y est plus intense. L’approche d’une perturbation classique ne doit en principe pas surprendre un observateur un tant soit peu expérimenté.
L’arrivée des cirrus, souvent suivis ou accompagnés par l’allongement et l’extension des traînées d’avion (plus les hautes couches de l’atmosphère deviennent humides, plus les rejets de vapeur des réacteurs signent leur passage par le surcroît d’eau qu’ils éjectent – a contrario, les traînées courtes et fugaces indiquent clairement que l’air est sec : un vrai bon signe), se produit loin devant le corps pluvieux. Un œil sur le ciel, l’autre sur l’altimètre éventuellement, permet de suivre la progression de l’aggravation, qui, la plupart du temps, prend au moins une demi-journée.
Le mauvais temps installé, le mieux à faire est d’attendre... le retour du soleil généreux. L’instabilité de la traîne, malgré ses éclaircies, n’autorise pas des projets d’envergure. Elle est même assez perverse car elle offre parfois des améliorations spectaculaires de plusieurs heures, mais trompeuses, en particulier à l’approche des fronts froids secondaires. Le passage de ces répliques est souvent rapide, brutal, accompagné d’intempéries brèves mais intenses (lignes de grains) et, en plus, d’une nouvelle chute des températures. Même en été où, en l’espace de 24 à 48 heures, il arrive que l’iso 0 chute de 4 500 m à 2 500 m (soit 12 à 15 °C de baisse du thermomètre), avec de la neige aux environs de 2 000 m, voire plus bas encore. La haute montagne, mouillée par les premières pluies chaudes, est alors prise, quelques heures plus tard, dans une gangue de neige et de glace.
Retour de l’hiver en plein été, piège mortel pour qui s’y laisse prendre. Les aggravations intenses et durables (de l’ordre de la semaine) sont toujours accompagnées d’une approche ou même du passage d’un jet-stream dans la haute troposphère. Il se répercute en vents tempétueux en haute montagne, de l’ordre de 100 km/h ou davantage. La progression y est quasiment impossible, le froid redoublé (température ressentie).
Après les fortes perturbations estivales, il convient d’attendre 2 à 3 jours que la chaleur revenue tasse les récentes neiges, purge les pentes et couloirs des amoncellements, rende la montagne saine à la pratique des sports engagés.
C’est le cas avec le front chaud dont l’activité se prolonge contre le relief, alors que le système perturbé poursuit son chemin au-delà de la chaîne. L’effet de blocage produit par des chaînes de montagnes très étendues, comme les Vosges, le Jura, les Alpes ou les Pyrénées, entraîne la création de poches de froid résiduelles au fond des vallées. Leur persistance prolonge, assez fréquemment en hiver, les chutes de neige de plusieurs heures dans les vallées bien fermées comme celles de l’Arve, de la Tarentaise, de la Maurienne, où les vents océaniques s’opposent à l’évacuation de l’air froid des basses couches.
Cette intensification et ce prolongement de l’activité des perturbations au contact du relief, lorsqu’ils sont accompagnés de vents assez forts pour les soulever efficacement, sont appelés "effet orographique". Les Suisses évoquent le "remous alpin", vaste et dense bouillonnement des nuages contre les versants de l’arc montagneux.
Sous le vent, l’air froid tapi au sol par densité, à l’abri des chaînes étendues, ne s’évacue pas tant que des turbulences ne le chassent pas. On trouve ce contexte dans la plaine d’Alsace, dans le bassin du Pô, où le renouvellement des masses d’air est difficile, de même qu’au pied français des Pyrénées par régime doux provenant de la péninsule Ibérique. Fréquemment, les redoux survolent l’air froid sans l’entamer ; il peut dès lors accueillir des chutes de neige ou favoriser des situations à verglas étendu.
La traîne est plus ou moins chargée d’averses. En montagne, elle prend assez souvent des proportions bien plus conséquentes qu’en plaine (jusqu’à des rapports de l’ordre de 1 à 50 : 1mm à Genève, 50mm à Morzine au cours d’un même épisode océanique).
En effet, le flux percute les pentes et y bouillonne, parce qu’il est instable, la plupart du temps bien chargé en eau au survol des océans. Et cela peut durer des heures. Dans le même temps la perturbation s’éloigne sous le vent, où de larges éclaircies de fœhn se sont déjà installées. Ces contrastes sont visibles lorsqu’on traverse une chaîne par ses tunnels : d’un côté le temps bouché, des précipitations intenses, de pluie ou de neige selon la saison, de l’autre un soleil radieux, une température bien plus agréable.
Seul le mur de fœhn sur les crêtes signale que, tout près, les conditions sont radicalement différentes. De telles situations actives et persistantes vont jusqu’à déposer de 50 à 100 cm de neige poudreuse sur le relief hivernal, avec pour conséquence de sérieux risques d’avalanches.
On distingue les cas où l’air humide précédant le front froid est "stable" : il est soulevé, épuise son eau en pluie ou en neige, mais tranquillement (précipitations continues) ; et les situations, estivales surtout, où l’air humide précédant le front froid est "instable" : les ascendances stimulées sont bien plus intenses, elles s’accompagnent alors d’averses ou d’orages, avec les risques d’excès dont ils sont souvent capables.
Air "instable" expulsé par le resserrement de son volume. Ce phénomène déclenche averses et orages.
Quand la nappe polaire suivant le front froid est moins épaisse que la hauteur moyenne de la chaîne, elle vient butter contre les versants, après avoir expulsé l’air chaud antérieur en l’essorant éventuellement d’une partie de son humidité (précipitations). Elle se stabilise là sans jamais passer de l’autre côté, sous le vent. Ainsi, des refroidissements qui affectent les versants français des Alpes ou des Pyrénées ne parviennent jamais ni en Italie ni en Espagne.
Une masse d’air froid bascule par-dessus les Alpes et surmonte conflictuellement l’air chaud du Piémont

Les nappes froides qui occupent plaines et basses vallées en saison froide sont fréquemment survolées par des fronts chauds qui ne parviennent pas à les bousculer : la température grimpe en altitude, mais reste stationnaire en bas. De plus, certains fronts froids un peu mous manquent de puissance pour chahuter l’air froid des basses couches, d’autant que, venus de l’Océan, leur "froid" est moins froid que celui accumulé sous les inversions : plus légers, ils le surmontent.
Ces fronts, pas forcément actifs mais bien réels en montagne par les fluctuations des températures d’un jour à l’autre (de 5 à 10°C en plus ou en moins), passent inaperçus pour les habitants des basses altitudes. Ce n’est qu’à l’occasion de perturbations vigoureuses, portées par des vents suffisamment turbulents, que la chape de froid inférieure est disloquée. On peut dès lors s’étonner que le front, dit "froid", réchauffe en fait l’ambiance en remplaçant l’air très froid, continentalisé, par une masse d’air moins froide parce que d’origine maritime.
Front froid turbulent chassant la petite nappe très froide en vallée.La température baisse en montagne mais... monte dans la cuvette
En même temps, il est plus dynamique, si bien qu’il impose un peu son tempo à l’ensemble. Le front chaud ayant quelque mal à repousser l’air froid antérieur, le front froid va plus vite, rétrécit le secteur chaud. Mais, comme en même temps l’ensemble est aspiré par la dépression proche, une sorte de vallée chaude prolonge en altitude le secteur chaud : l’occlusion.
L’ondulation, ses fronts et son secteur chaud constituent une perturbation
L’air froid arrière est plus froid que l’air antérieur ; il est plus rapide, il ferme le secteur chaud, d’abord par le sommet de l’onde :
A - Encore seulement deux limites bien identifiables à ce stade ;
B - Une troisième apparaît : l’occlusion.
L’air froid arrière est plus froid que l’air antérieur ; il est plus rapide, il ferme le secteur chaud, d’abord par le sommet de l’onde :
A - Encore seulement deux limites bien identifiables à ce stade ;
B - Une troisième apparaît : l’occlusion.

La perturbation à l’état adulte
Vue en perspective et vue par-dessus
Deux plans de coupe :
A-B traverse le secteur chaud et
C-D traverse l’occlusion.
Deux plans de coupe :
A-B traverse le secteur chaud et
C-D traverse l’occlusion.
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Une coupe verticale suivant A-B montre le secteur chaud encadré par les deux masses d’air froid, celle qui suit la perturbation ayant la température la plus basse. On note les différences d’inclinaison des deux fronts (particularités très importantes). La surface frontale chaude est en pente douce de 1/200 environ ; elle correspond à un glissement de l’air chaud au-dessus de la masse froide antérieure relativement peu mobile, glissement qui s’accompagne d’un lent soulèvement.
La pente de la surface frontale froide est bien plus raide, bien plus brutale, de l’ordre de 1/50 ; on comprend qu’il s’agit bien là du véritable écoulement d’un fluide dense, freiné à sa base par la rugosité du sol, ce qui lui donne un profil convexe, au contact duquel les mouvements ascendants sont exacerbés.
La pente de la surface frontale froide est bien plus raide, bien plus brutale, de l’ordre de 1/50 ; on comprend qu’il s’agit bien là du véritable écoulement d’un fluide dense, freiné à sa base par la rugosité du sol, ce qui lui donne un profil convexe, au contact duquel les mouvements ascendants sont exacerbés.

Coupe verticale à travers l’occlusion (axe C-D)
Une coupe verticale suivant C-D montre la masse d’air froid postérieure ayant rattrapé la précédente, puis la soulevant, puisqu’elle est la moins dense, propulsant dans le même mouvement ce qui reste du secteur chaud, occlus, transformé en vallée d’altitude.

La répartition de la pression dans la perturbation et à sa périphérie
Pour comprendre comment une perturbation modifie le champ de pression alentour, il faut garder à l’esprit qu’elle est travaillée par plusieurs mouvements : une translation accompagnant le flux porteur (vers l’est le plus souvent dans la zone tempérée), mais aussi, simultanément, une attraction par le centre d’action (la goutte froide) qui l’a créée et la maîtrise, plus les propulsions vers le haut associées à la prise en tenaille de l’air chaud par les deux masses froides.
L’ensemble de ces influences soulève le secteur chaud, surtout au sommet de l’onde (le point triple quand elle est occluse) et sur les surfaces frontales elles-mêmes. Il en résulte un allégement relatif de tout le système (l’ascendance joue en sens inverse du poids de l’air, donc le réduit) : la perturbation est accompagnée d’une dépression dont le centre est positionné vers son sommet (maximum d’ascendance).

BP = "Basses Pressions", motrices, au cœur de l'air froid polaire, "centre d'action".
Le centre d'action correspond à la "goutte froide", associée à un système dépressionnaire du sol à la tropopause.
Il "aspire" le "front polaire" - et les masses d'air qui l'enveloppent de part et d'autre -, le contraignant à onduler.
L'air chaud repousse l'air froid et, plus léger, il le surmonte.
Cette ascendance forcée agit en soustraction du poids de l'air chaud, créant la dépression "d", secondaire.
Le centre d'action correspond à la "goutte froide", associée à un système dépressionnaire du sol à la tropopause.
Il "aspire" le "front polaire" - et les masses d'air qui l'enveloppent de part et d'autre -, le contraignant à onduler.
L'air chaud repousse l'air froid et, plus léger, il le surmonte.
Cette ascendance forcée agit en soustraction du poids de l'air chaud, créant la dépression "d", secondaire.
Répartition de la pression dans la perturbation
Pour comprendre comment une perturbation modifie le champ de pression alentour, il faut garder à l’esprit qu’elle est travaillée par plusieurs mouvements : une translation accompagnant le flux porteur (vers l’Est le plus souvent dans la zone tempérée), mais simultanément une attraction par le centre d’action qui l’a créée et la maîtrise et les propulsions vers le haut associées à la prise en tenaille de l’air chaud par les deux masses froides. L’ensemble de ces influences soulèvent le secteur chaud, surtout au sommet de l’onde (le point triple quand elle est occluse) et sur les surfaces frontales elles-mêmes. Il en résulte un allègement relatif de tout le système (l’ascendance joue en sens inverse du poids de l’air, ce qui le réduit en apparence) : la perturbation est accompagnée d’une dépression, dont le centre est positionné vers son sommet (maximum d’ascendance).
Une dépression se creuse au sommet de l’onde, voyage avec en prenant de l’ampleur. En fin d’évolution, le secteur chaud n’est plus qu’une limite coupée de l’occlusion
Comment la perturbation organise le vent
Un tourbillon accompagne la perturbation. À son approche, le vent tourne au secteur sud. Il reste de sud dans le secteur chaud. Après le front froid, on peut avoir persistance de cette direction à proximité du centre de la dépression, lorsqu’elle est très creuse, comme sur le schéma. Le plus souvent, on verra qu’il tourne au nord-ouest. On remarque l’imbrication des deux masses d’air froid de densités différentes dans le mouvement de rotation qui entraîne aussi l’occlusion en spirale vers le centre du creux.
Le tourbillon de vent induit par la perturbationLes nuages et les précipitations associés à la perturbation
Les surfaces frontales se comportent comme des reliefs pour l’air en mouvement : elles le contraignent à monter.
Cycle classique : ascendance, refroidissement, nuage si l’air est assez humide, précipitation si l’ascendance est puissante et l’air assez riche en eau. La perturbation n’est pas symétrique. À la pente douce du front chaud répond celle plus abrupte du front froid. Les ascendances sont plus brutales et rapides sur le second que sur le premier : la nature des nuages formés et l’intensité des précipitations sont bien différentes.
Système perturbé complet
Système tel qu’il se présente en général :
• Le front chaud où se succèdent sur plusieurs centaines de kilomètres des nuages paisibles. Premiers signes, loin devant le front : les cirrus (Ci). Le voile (Cs) s’étend, s’épaissit (As), pour aboutir au nimbostratus (Ns) et à ses précipitations tranquilles, continues et durables (neige en montagne, pluie en plaine).
• Le secteur chaud encore bien humide. Accalmie chargée de nuées plus ou moins continues ou fragmentées, à plusieurs niveaux (plus un secteur chaud est vaste plus l’amélioration est en principe marquée ; celle d’un secteur chaud très étroit passe presque inaperçue). • Le front froid et sa violence qui génère des nuages puissants, cumulus (Cu) ou cumulonimbus (Cb) noyés souvent dans des nuages denses en couche (Ns), porteurs d’averses, d’orages aussi (en été surtout).
• Le front chaud où se succèdent sur plusieurs centaines de kilomètres des nuages paisibles. Premiers signes, loin devant le front : les cirrus (Ci). Le voile (Cs) s’étend, s’épaissit (As), pour aboutir au nimbostratus (Ns) et à ses précipitations tranquilles, continues et durables (neige en montagne, pluie en plaine).
• Le secteur chaud encore bien humide. Accalmie chargée de nuées plus ou moins continues ou fragmentées, à plusieurs niveaux (plus un secteur chaud est vaste plus l’amélioration est en principe marquée ; celle d’un secteur chaud très étroit passe presque inaperçue). • Le front froid et sa violence qui génère des nuages puissants, cumulus (Cu) ou cumulonimbus (Cb) noyés souvent dans des nuages denses en couche (Ns), porteurs d’averses, d’orages aussi (en été surtout).

• Évolutions de la pression et de la direction du vent au cours de ces phases.
Un assemblage plus ramassé et mixte quand passe une occlusion

Les trois grands ensembles de la perturbation
La perturbation est constituée de trois grands ensembles qui regroupent des nuages d’allure et activité comparables :
• la tête contient les nuages de l’étage élevé, inoffensifs, précurseurs (Ci, Cs, Cc) ;
• le corps, pluvieux et/ou neigeux, rassemble les nuages denses (très nuageux à couvert le plus souvent), actifs, distribuant des précipitations (As, Ns, Cu, Cb) ;
• la traîne réunit les nuages d’instabilité qui se développent dans l’air froid qui suit la perturbation (Cu de toutes dimensions, jusqu’à produire des averses, Cb).
• la tête contient les nuages de l’étage élevé, inoffensifs, précurseurs (Ci, Cs, Cc) ;
• le corps, pluvieux et/ou neigeux, rassemble les nuages denses (très nuageux à couvert le plus souvent), actifs, distribuant des précipitations (As, Ns, Cu, Cb) ;
• la traîne réunit les nuages d’instabilité qui se développent dans l’air froid qui suit la perturbation (Cu de toutes dimensions, jusqu’à produire des averses, Cb).

Les fronts froids secondaires
Pulsations d’air polaire supplémentaires, plus froides encore, car plus directes, qui s’engouffrent dans les flux de nord-ouest à nord, le plus souvent, derrière la perturbation.
À approche, les fronts froids secondaires "cassent" la traîne : les cumulus s’affaissent, se résorbent, le ciel prend une belle couleur bleue, bien propre, bien lavé par les récentes précipitations.
Entre les deux, une embellie souvent spectaculaire et pourtant assez difficile à prévoir, provisoire, même si elle peut durer plusieurs heures, trop belle pour être honnête...
À approche, les fronts froids secondaires "cassent" la traîne : les cumulus s’affaissent, se résorbent, le ciel prend une belle couleur bleue, bien propre, bien lavé par les récentes précipitations.
Entre les deux, une embellie souvent spectaculaire et pourtant assez difficile à prévoir, provisoire, même si elle peut durer plusieurs heures, trop belle pour être honnête...

La famille de perturbations
La persistance d’un centre d’action sensiblement stationnaire (anticyclone des Açores, dépression d’Islande ; deux moteurs conjugués en général) fait que le front polaire se voit animé d’ondulations successives, fabriquées selon les mêmes processus : la famille de perturbations. Elles se suivent à la cadence de 24 heures à 36 heures pour les flux les plus rapides.
Elles sont séparées par des embellies éphémères, peuvent accumuler en quelques jours des précipitations intenses, sur les reliefs exposés en particulier. Situations à inondations, avalanches, éboulements des terrains saturés d’eau.
Elles sont séparées par des embellies éphémères, peuvent accumuler en quelques jours des précipitations intenses, sur les reliefs exposés en particulier. Situations à inondations, avalanches, éboulements des terrains saturés d’eau.

La circulation zonale et la circulation méridienne
Hormis les phénomènes purement locaux, les perturbations se déplacent dans les courants porteurs déterminés par les centres d’actions, au long du front polaire. À la latitude de la France, les régimes sont d’ouest dominant. Un flux approximativement orienté ouest-est sur plusieurs milliers de kilomètres (l’Atlantique) est dit "zonal".
Très fréquemment cependant, les courants perturbés, et les jet-streams qui balisent le front polaire dans la haute troposphère, dessinent de vastes ondulations sur un hémisphère, de plusieurs milliers de kilomètres d’amplitude, alternant des branches où le vent vient du sud-ouest avec d’autres où il vient du nord-ouest. Entre deux branches successives, la distance est de l’ordre de 3000 à 4000 km, au point que, fréquemment, à une branche nord-ouest qui donne une vague de froid sur l’Europe occidentale en hiver correspond une équivalente, à une longueur d’onde plus loin (soit environ 8000 km), qui distribue de l’air arctique sur les vastes plaines du nord de l’Amérique, ou inversement pour des vagues de chaleur l’été. C’est la circulation méridienne.
La circulation zonale se maintient quelques jours, bloquant les transferts de froid et de chaleur entre pôle et tropiques. Mais le flux reprend ses méandres, de telle sorte qu’à une poussée d’air chaud du sud vers le nord correspondent, de chaque côté, des descentes d’air froid globalement du nord vers le sud.
Les perturbations des régions tempérées empruntent ces grands rails de circulation (zonaux ou méridiens), ce qui les conduit à aborder les pays par l’ouest, le sud-ouest, ou le nord-ouest, directions dominantes qui représentent sensiblement les deux tiers des flux qui survolent la France. L’autre tiers rassemble les régimes couvrant le secteur du nord au sud par l’est.
La circulation zonale se maintient quelques jours, bloquant les transferts de froid et de chaleur entre pôle et tropiques. Mais le flux reprend ses méandres, de telle sorte qu’à une poussée d’air chaud du sud vers le nord correspondent, de chaque côté, des descentes d’air froid globalement du nord vers le sud.
Les perturbations des régions tempérées empruntent ces grands rails de circulation (zonaux ou méridiens), ce qui les conduit à aborder les pays par l’ouest, le sud-ouest, ou le nord-ouest, directions dominantes qui représentent sensiblement les deux tiers des flux qui survolent la France. L’autre tiers rassemble les régimes couvrant le secteur du nord au sud par l’est.

Une image très parlante est celle des lampes de salon où, dans un tube transparent fermé, coexistent deux fluides de densités différentes. Par le jeu des températures, l’un d’eux, allégé, forme des protubérances qui montent, puis se scindent, comme ces vastes volumes atmosphériques qui conquièrent leur liberté. Pour bien déceler ces lignes de force de la circulation générale, il faut consulter des cartes météo d’altitude, à partir de 3000 m, en atmosphère libre, qui échappe au parasitage induit par les effets de sol, dont la multiplicité brouillonne masque l’essentiel.
Déjà, on comprend bien que tout se tient à la surface de la Terre, qu’un mouvement dans un sens quelque part se répercute par un effet opposé dans le voisinage, par réaction, par compensation. Tous ces engrenages, tous ces échanges très cohérents constituent la circulation globale. On ne sera pas surpris d’apprendre que, pour en prévoir les évolutions, il faille rassembler des données venues de l’ensemble de la planète.
La spécificité de la montagne
Tout prend en montagne une dimension différente. La progression des perturbations y rencontre des obstacles plus ou moins étendus, plus ou moins hauts. Elles doivent contourner, si possible (relief isolé, de peu d’ampleur), ou surmonter. Ce faisant elles s’en trouvent amplifiées, aggravées. Leurs nuages deviennent plus denses, souvent plus vastes, dans presque tous les cas, plus prodigues en précipitations. La montagne est terre de contrastes : le beau temps y est plus franc, plus pur, le mauvais temps y est plus intense. L’approche d’une perturbation classique ne doit en principe pas surprendre un observateur un tant soit peu expérimenté.
L’arrivée des cirrus, souvent suivis ou accompagnés par l’allongement et l’extension des traînées d’avion (plus les hautes couches de l’atmosphère deviennent humides, plus les rejets de vapeur des réacteurs signent leur passage par le surcroît d’eau qu’ils éjectent – a contrario, les traînées courtes et fugaces indiquent clairement que l’air est sec : un vrai bon signe), se produit loin devant le corps pluvieux. Un œil sur le ciel, l’autre sur l’altimètre éventuellement, permet de suivre la progression de l’aggravation, qui, la plupart du temps, prend au moins une demi-journée.
Le mauvais temps installé, le mieux à faire est d’attendre... le retour du soleil généreux. L’instabilité de la traîne, malgré ses éclaircies, n’autorise pas des projets d’envergure. Elle est même assez perverse car elle offre parfois des améliorations spectaculaires de plusieurs heures, mais trompeuses, en particulier à l’approche des fronts froids secondaires. Le passage de ces répliques est souvent rapide, brutal, accompagné d’intempéries brèves mais intenses (lignes de grains) et, en plus, d’une nouvelle chute des températures. Même en été où, en l’espace de 24 à 48 heures, il arrive que l’iso 0 chute de 4 500 m à 2 500 m (soit 12 à 15 °C de baisse du thermomètre), avec de la neige aux environs de 2 000 m, voire plus bas encore. La haute montagne, mouillée par les premières pluies chaudes, est alors prise, quelques heures plus tard, dans une gangue de neige et de glace.
Retour de l’hiver en plein été, piège mortel pour qui s’y laisse prendre. Les aggravations intenses et durables (de l’ordre de la semaine) sont toujours accompagnées d’une approche ou même du passage d’un jet-stream dans la haute troposphère. Il se répercute en vents tempétueux en haute montagne, de l’ordre de 100 km/h ou davantage. La progression y est quasiment impossible, le froid redoublé (température ressentie).
Après les fortes perturbations estivales, il convient d’attendre 2 à 3 jours que la chaleur revenue tasse les récentes neiges, purge les pentes et couloirs des amoncellements, rende la montagne saine à la pratique des sports engagés.
La montagne anticipe les précipitations
En plaine, les précipitations commencent avec le corps pluvieux.
En montagne, le soulèvement fait que des nuages jusque-là inactifs s’épaississent jusqu’à donner des précipitations préfrontales.
Précipitations préfrontales
• Épaississement au vent des nuages de tête du front chaud ; précipitations éventuelles.
• Activité normale à proximité du front au sol.
En montagne, le soulèvement fait que des nuages jusque-là inactifs s’épaississent jusqu’à donner des précipitations préfrontales.
Précipitations préfrontales
• Épaississement au vent des nuages de tête du front chaud ; précipitations éventuelles.
• Activité normale à proximité du front au sol.

La montagne retient les perturbations
C’est le cas avec le front chaud dont l’activité se prolonge contre le relief, alors que le système perturbé poursuit son chemin au-delà de la chaîne. L’effet de blocage produit par des chaînes de montagnes très étendues, comme les Vosges, le Jura, les Alpes ou les Pyrénées, entraîne la création de poches de froid résiduelles au fond des vallées. Leur persistance prolonge, assez fréquemment en hiver, les chutes de neige de plusieurs heures dans les vallées bien fermées comme celles de l’Arve, de la Tarentaise, de la Maurienne, où les vents océaniques s’opposent à l’évacuation de l’air froid des basses couches.
Cette intensification et ce prolongement de l’activité des perturbations au contact du relief, lorsqu’ils sont accompagnés de vents assez forts pour les soulever efficacement, sont appelés "effet orographique". Les Suisses évoquent le "remous alpin", vaste et dense bouillonnement des nuages contre les versants de l’arc montagneux.
Sous le vent, l’air froid tapi au sol par densité, à l’abri des chaînes étendues, ne s’évacue pas tant que des turbulences ne le chassent pas. On trouve ce contexte dans la plaine d’Alsace, dans le bassin du Pô, où le renouvellement des masses d’air est difficile, de même qu’au pied français des Pyrénées par régime doux provenant de la péninsule Ibérique. Fréquemment, les redoux survolent l’air froid sans l’entamer ; il peut dès lors accueillir des chutes de neige ou favoriser des situations à verglas étendu.
Dédoublement du front chaud
• Le corps pluvieux épaissi et intensifié s’accroche au relief.
• Des culots d’air froid restent coincés dans les vallées reculées où ils prolongent souvent durablement les chutes de neige en hiver. • Sous le vent, le fœhn ouvre la perturbation et produit une embellie.
• Le corps pluvieux principal reconstitué court avec le vent. La montagne prolonge les précipitations.
• Le corps pluvieux épaissi et intensifié s’accroche au relief.
• Des culots d’air froid restent coincés dans les vallées reculées où ils prolongent souvent durablement les chutes de neige en hiver. • Sous le vent, le fœhn ouvre la perturbation et produit une embellie.
• Le corps pluvieux principal reconstitué court avec le vent. La montagne prolonge les précipitations.

La traîne est plus ou moins chargée d’averses. En montagne, elle prend assez souvent des proportions bien plus conséquentes qu’en plaine (jusqu’à des rapports de l’ordre de 1 à 50 : 1mm à Genève, 50mm à Morzine au cours d’un même épisode océanique).
En effet, le flux percute les pentes et y bouillonne, parce qu’il est instable, la plupart du temps bien chargé en eau au survol des océans. Et cela peut durer des heures. Dans le même temps la perturbation s’éloigne sous le vent, où de larges éclaircies de fœhn se sont déjà installées. Ces contrastes sont visibles lorsqu’on traverse une chaîne par ses tunnels : d’un côté le temps bouché, des précipitations intenses, de pluie ou de neige selon la saison, de l’autre un soleil radieux, une température bien plus agréable.
Seul le mur de fœhn sur les crêtes signale que, tout près, les conditions sont radicalement différentes. De telles situations actives et persistantes vont jusqu’à déposer de 50 à 100 cm de neige poudreuse sur le relief hivernal, avec pour conséquence de sérieux risques d’avalanches.
Quand front froid et relief font tenailles
On distingue les cas où l’air humide précédant le front froid est "stable" : il est soulevé, épuise son eau en pluie ou en neige, mais tranquillement (précipitations continues) ; et les situations, estivales surtout, où l’air humide précédant le front froid est "instable" : les ascendances stimulées sont bien plus intenses, elles s’accompagnent alors d’averses ou d’orages, avec les risques d’excès dont ils sont souvent capables.
Air "stable" coincé entre front froid et montagne
L’air "stable" est contraint de monter, mais en douceur.
L’air "stable" est contraint de monter, mais en douceur.
Air "instable" expulsé par le resserrement de son volume. Ce phénomène déclenche averses et orages.Selon que le front froid domine la montagne ou non
Quand la nappe polaire suivant le front froid est moins épaisse que la hauteur moyenne de la chaîne, elle vient butter contre les versants, après avoir expulsé l’air chaud antérieur en l’essorant éventuellement d’une partie de son humidité (précipitations). Elle se stabilise là sans jamais passer de l’autre côté, sous le vent. Ainsi, des refroidissements qui affectent les versants français des Alpes ou des Pyrénées ne parviennent jamais ni en Italie ni en Espagne.
En revanche, si la masse d’air polaire est très épaisse, elle bascule par-dessus les crêtes, ce qui l’amène à dominer l’air chaud qui stagne de l’autre côté. Cette répartition verticale (chaud en bas/froid au-dessus) est particulièrement instable ; elle déclenche en été de violents orages accompagnés de grêle. C’est le cas pour le Val d’Aoste, la plaine du Pô, chauds et moites en été. Ou encore pour les Alpes-Maritimes par régimes de nord-ouest à nord-est apportant du froid en altitude tandis que la côte baigne dans la douce humidité méditerranéenne. Toutefois, ces évolutions réclament un vent faible au niveau des sommets, sinon l’effet de fœhn associé aux vents rapides réchauffe et assèche l’air froid en bascule, lui retirant toute possibilité de créer la répartition verticale instable.
Une masse d’air froid bascule par-dessus les Alpes et surmonte conflictuellement l’air chaud du PiémontLe front froid isolé
L’été surtout, parce que les parties actives des perturbations océaniques passent plus au nord, que le front chaud est dilué par la chaleur des sols, les perturbations ne conservent plus que leur front froid au niveau des reliefs de la moitié sud de la France.
Il n’en est que plus redoutable car la plupart des signes précurseurs s’en trouvent gommés. Par ailleurs, ils sont généralement orageux.
Il n’en est que plus redoutable car la plupart des signes précurseurs s’en trouvent gommés. Par ailleurs, ils sont généralement orageux.


Les fronts masqués
Les nappes froides qui occupent plaines et basses vallées en saison froide sont fréquemment survolées par des fronts chauds qui ne parviennent pas à les bousculer : la température grimpe en altitude, mais reste stationnaire en bas. De plus, certains fronts froids un peu mous manquent de puissance pour chahuter l’air froid des basses couches, d’autant que, venus de l’Océan, leur "froid" est moins froid que celui accumulé sous les inversions : plus légers, ils le surmontent.
Ces fronts, pas forcément actifs mais bien réels en montagne par les fluctuations des températures d’un jour à l’autre (de 5 à 10°C en plus ou en moins), passent inaperçus pour les habitants des basses altitudes. Ce n’est qu’à l’occasion de perturbations vigoureuses, portées par des vents suffisamment turbulents, que la chape de froid inférieure est disloquée. On peut dès lors s’étonner que le front, dit "froid", réchauffe en fait l’ambiance en remplaçant l’air très froid, continentalisé, par une masse d’air moins froide parce que d’origine maritime.
Front chaud survolant la couche humide
La température monte en altitude, reste la même dans la vallée.
La température monte en altitude, reste la même dans la vallée.
Front froid turbulent chassant la petite nappe très froide en vallée.La température baisse en montagne mais... monte dans la cuvetteOrages
La stabilité et l’instabilité
L’atmosphère est constamment à la recherche de la stabilité en tentant de rétablir les équilibres détruits, inévitablement, puisque la Terre est une boule qui interdit une répartition homogène de l’énergie reçue du Soleil par l’intermédiaire de la lumière. On a vu que l’activation et le "carburant" de la machine à fabriquer le temps qu’il fait, résident dans cet état de déséquilibre perpétuel entre pôles et équateur, froid et chaud.
Une masse d’air est dite également "stable" ou "instable", selon l’état d’équilibre solide ou pas de ce feuilleté des couches d’air qui la constituent.
Du stable à l’instable
• Stabilité absolue [SA] : la bille est au plus bas ; tout déplacement provoque un retour à la position d’origine.
• Instabilité absolue [IA] : aucun état d’équilibre ; tout déplacement s’amplifie et écarte irrémédiablement du point de départ.
• Instabilité conditionnelle [IC] : la bille est stable si l’impulsion qu’on lui donne ne la conduit pas à dépasser le dernier point d’équilibre, au-delà duquel la chute définitive est enclenchée, sans retour possible à la position de départ.
• Stabilité absolue [SA] : la bille est au plus bas ; tout déplacement provoque un retour à la position d’origine.
• Instabilité absolue [IA] : aucun état d’équilibre ; tout déplacement s’amplifie et écarte irrémédiablement du point de départ.
• Instabilité conditionnelle [IC] : la bille est stable si l’impulsion qu’on lui donne ne la conduit pas à dépasser le dernier point d’équilibre, au-delà duquel la chute définitive est enclenchée, sans retour possible à la position de départ.

L’équilibre atmosphérique vertical des masses d’air
Il provient essentiellement de la répartition du chaud et du froid à la verticale. Un équilibre toujours précaire puisque tout bouge tout le temps. Les vents d’altitude apportent constamment qui un peu plus de chaud, qui un peu plus de froid.
Par ailleurs, l’influence du sol déclenche ou non des transferts de chaleur vers les hauteurs, ou bien procure du froid à la base. La stabilité résulte d’un étagement : froid en dessous, chaud au-dessus, puisque la position d’équilibre du froid, plus lourd, est obligatoirement au plus bas, à cause de la force de gravité terrestre qui l’attire davantage.
L’instabilité provient d’une répartition inversée. Et il existe de nombreux cas où l’équilibre est fragile, soumis aux influences extérieures soit thermiques (surchauffe au sol par exemple), soit dynamiques (impact de la poussée d’un front, du soulèvement par un relief par exemple). On passe en revue ici les états fondamentaux qui régissent la solidité ou la fragilité de l’édifice troposphère :
Critères de stabilité : froid en bas
Les critères de stabilité sont corrélés à une position basse du froid, ce qui s’obtient par...
A1 - Rayonnement nocturne.
A2 - Un apport froid à la base par le vent.
A3 - Le refroidissement de la masse d’air à la base en circulant sur un sol froid.
A4 - Un apport d’air chaud en altitude, la couche inférieure conservant sa température.
Les critères de stabilité sont corrélés à une position basse du froid, ce qui s’obtient par...
A1 - Rayonnement nocturne.
A2 - Un apport froid à la base par le vent.
A3 - Le refroidissement de la masse d’air à la base en circulant sur un sol froid.
A4 - Un apport d’air chaud en altitude, la couche inférieure conservant sa température.

Critères d’instabilité : chaud en bas
Les critères d’"instabilité" sont corrélés à une position basse du chaud, ce qui arrive si...
B1 - Surchauffe par rayonnement solaire.
B2 - Un apport d’air chaud à la base par le vent.
B3 - Le réchauffement de la masse d’air à la base en circulant sur une surface chaude (terrain ou eau).
B4 - Un apport d’air froid en altitude, la couche inférieure conservant sa température.
Les critères d’"instabilité" sont corrélés à une position basse du chaud, ce qui arrive si...
B1 - Surchauffe par rayonnement solaire.
B2 - Un apport d’air chaud à la base par le vent.
B3 - Le réchauffement de la masse d’air à la base en circulant sur une surface chaude (terrain ou eau).
B4 - Un apport d’air froid en altitude, la couche inférieure conservant sa température.

Un énorme condensateur
Électriquement, le cumulonimbus n’est rien d’autre qu’un énorme condensateur développé entre la proximité du sol et la tropopause, vers 10 000 m d’altitude en hiver dans nos contrées, vers 12000 à 13000 m en été. Sa croissance imposante et généralement rapide est le résultat d’une instabilité très accusée dans l’ensemble de la troposphère, même s’il existe quelques minces tranches stables, vite transpercées, oubliées par le nuage en cours d’ascension. Un résultat spectaculaire, parmi d’autres, est l’électrisation du nuage provoquée par l’éclatement des gouttes, les fractures de cristaux, les frottements de tous ces éléments entre eux, les processus très rapides de congélation des microsphères liquides...
Les éléments les plus petits et légers se chargent positivement et, propulsés au niveau de l’enclume, donnent au cumulonimbus une tête chargée positivement. Les éléments plus lourds sont plutôt chargés négativement, et se rassemblent majoritairement à la base du nuage.
Par réaction, le sol se charge positivement, et c’est au niveau de ses aspérités (cheminées, clochers, arbres, sommets...) que les charges "+" sont relativement les plus concentrées tout en se rapprochant des charges opposées, ce qui augmente la différence de voltage au centimètre ("effet de pointe"). Ces aspérités sont les cibles les plus fréquentes de la foudre : transfert de charges entre nuage et sol ou sol et nuage.
Les orages rétablissent l’équilibre des charges électriques entre les plaques d’un condensateur encore bien plus gigantesque : la surface de la Terre (négative) et la couche supérieure électrisée de l’ionosphère, où se déploient les tentures aux formes et nuances irréelles des aurores polaires, entre 85 et 500 km (positive).
Deux mille orages à chaque instant sur la Terre compensent les courants de fuite traversant l’atmosphère, isolant non parfait, qui finiraient par réduire à néant la différence de potentiel Terre/ionosphère.
Étapes de la vie d’une cellule orageuse
La durée de vie est de 20 à 30 minutes, jusqu’à 1 heure maximum. Les mouvements descendants qui accompagnent le début des pluies signent l’état de maturité du cumulonimbus.
Bientôt ils l’emportent sur les ascendances : la cellule meurt faute de renfort de vapeur. Dans un système orageux étendu, les cellules se renouvellent constamment.
La durée de vie est de 20 à 30 minutes, jusqu’à 1 heure maximum. Les mouvements descendants qui accompagnent le début des pluies signent l’état de maturité du cumulonimbus.
Bientôt ils l’emportent sur les ascendances : la cellule meurt faute de renfort de vapeur. Dans un système orageux étendu, les cellules se renouvellent constamment.

L’éclair, le tonnerre
La différence de potentiel entre le sol et la base du nuage atteint le million de volts ; elle peut aller parfois jusqu’à 100 millions de volts. Même si l’air est isolant, sa résistance a des limites face à une contrainte aussi forte.
Quand ces limites sont dépassées, un traceur part de la zone la plus chargée du nuage (base en général) : un effluve qui se fraie le premier chemin, qui avance en hésitant, par bonds successifs. Parvenu à quelque 200 à 300 m du sol, un autre traceur part à sa rencontre, depuis une pointe à proximité.
La rencontre des deux achève de frayer un canal ionisé par où se précipitent une ou plusieurs grosses décharges (0,1 milliseconde pour une impulsion, jusqu’à 2 s pour plusieurs) : l’éclair proprement dit. Des intensités qui vont jusqu’à 200000 ampères, une température de 30000°C, l’éclair est une étincelle de très forte puissance qui détruit, incendie et tue (une vingtaine de victimes par an en France).
Éclairs frappant le Vercors, vus depuis Meylan (Isère)
Il suffit de si peu… Plusieurs sortes d’éclairs
Environ 80 % des éclairs partent des nuages, quelques-uns montent du sol, notamment des sommets en forme d’aiguille ou de piton. Généralement leur charge est négative. Mais il existe des poches de charges positives à la base des cumulonimbus ; elles produisent des coups de foudre plus intenses que les autres.
Les coups positifs peuvent aussi tomber de la partie supérieure du nuage. On connaît aussi les éclairs intra-nuages, issus des échanges entre les secteurs chargés différemment d’un même nuage, les inter-nuages d’un nuage à l’autre, à l’horizontale, sur des distances de plusieurs kilomètres parfois.
Les coups positifs peuvent aussi tomber de la partie supérieure du nuage. On connaît aussi les éclairs intra-nuages, issus des échanges entre les secteurs chargés différemment d’un même nuage, les inter-nuages d’un nuage à l’autre, à l’horizontale, sur des distances de plusieurs kilomètres parfois.


Les abeilles
La littérature (Premier de cordée de Roger Frison-Roche, notamment) a largement contribué à faire connaître cette grande peur des alpinistes en haute montagne, quand le ciel menace. Le grésillement, le bourdonnement soudain de l’air, les cheveux hérissés par une attraction insolite et terrifiante, l’odeur âcre d’ozone qui se propage, tous ces signes d’un excès d’électricité statique annoncent un coup de foudre imminent. Tout ce qui est métallique (piolet, crampons, mousquetons...) doit être sans délais mis à l’écart, tandis que le grimpeur cherche vite un endroit moins exposé, s’il en existe. Le mieux, évidemment, reste... la prévention, pour éviter ces situations très dangereuses.
Ces effluves s’apparentent au feu Saint-Elme des marins, crépitement qui accompagne des lueurs violettes au sommet des mâts, lorsque le champ électrique commence à "fissurer" l’isolant air, juste avant que la foudre n’emprunte ces amorces de cheminements pour frapper.
Quelles précautions faut-il prendre ?
Chez soi, quand l’orage claque tout près, il faut fermer les fenêtres pour empêcher les courants d’air, éviter de toucher des appareils électriques, les tuyaux métalliques et les radiateurs du chauffage central, ne pas téléphoner avec des combinés filaires, ne pas prendre de bain...
Dans une voiture fermée, on est bien protégé par l’effet Faraday (le courant circule autour du véhicule avant de s’évacuer au sol). Cette protection est la même dans une cabine de téléphérique et dans les refuges recouverts de plaques métalliques.
En pleine nature, il ne faut pas s’abriter sous un arbre isolé à cause de la pointe, ni même à la lisière d’une forêt ou sous un arbre qui dépasserait nettement les autres ; mais la forêt homogène est un bon abri, à distance des troncs. Il ne faut pas s’adosser à une paroi en montagne, car les courants de terre sont susceptibles de la parcourir, surtout si elle est mouillée. L’entrée immédiate d’une grotte n’est pas un endroit sûr non plus : les courants de terre peuvent sauter d’un bord à l’autre.
En montagne, pendant un orage : les endroits relativement épargnés et ceux à fuir absolument
Surpris par l’orage en terrain découvert, il convient de se débarrasser de toute ferraille, de se mettre accroupi, si possible assis sur un objet isolant (corde), dans un creux de chemin ou de rocher (minimiser la pointe), de joindre les pieds (plus ils sont écartés plus le courant dérivé du sol à travers le corps est intense – les ruminants ont un handicap supplémentaire : les courants leur traversent le cœur, d’une patte arrière à une patte avant !).
Surpris par l’orage en terrain découvert, il convient de se débarrasser de toute ferraille, de se mettre accroupi, si possible assis sur un objet isolant (corde), dans un creux de chemin ou de rocher (minimiser la pointe), de joindre les pieds (plus ils sont écartés plus le courant dérivé du sol à travers le corps est intense – les ruminants ont un handicap supplémentaire : les courants leur traversent le cœur, d’une patte arrière à une patte avant !).

Les moyens de détection par les services météo
Les radars détectent les précipitations, et tout spécialement les averses intenses délivrées par les cumulonimbus. La France en compte 33 radars en France métropolitaine (réseau Aramis) et 7 en outre-mer. Leur usage est d’abord tourné vers la sécurité (transports, routes, agriculture, annonce et suivi des crues...).
Les orages sont fort bien repérés par les satellites. Les enclumes, même ponctuelles, y apparaissent particulièrement blanches (éclat des cristaux de glace).
Les systèmes orageux observés vont du local à des surfaces couvrant plusieurs départements, très blanches, denses, réparties en taches globulaires, comme des têtes de rosés des prés. Le rafraîchissement des images tous les quarts d’heure permet un suivi précis de leur apparition, évolution, trajectoire, vitesse de déplacement. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui naissent et meurent sur place, poussés sur les versants ensoleillés, éteints par l’arrivée de la nuit.
L’éclair signale son passage par des perturbations du champ électromagnétique (les mêmes qui faisaient crachouiller les radios d’antan). Elles sont détectées en France par le
LES ÉCLAIRS DE CHALEUR
Certaines belles nuits étoilées d’été sont parfois traversées de lueurs très brèves, à partir d‘un horizon incertain. Aucun bruit ne les accompagne. Le tonnerre ne portant pas au-delà de 20 km, la lumière à 200 km, ces éclairs égarés sont simplement ceux d’orages lointains. Lueurs d’alerte, si le vent provient aussi de leur direction, car, dans les heures à venir, les foyers orageux seront ici, plus forcément actifs (car la nuit les calme souvent), mais sans doute prêts à reprendre une nouvelle vigueur en journée, au retour de la chaleur.
À Chamonix, où le ciel des nuits claires estivales est très pur, des éclairs de chaleur luisent parfois fugitivement au-dessus des Aiguilles. À coup sûr, ils proviennent du Val d’Aoste ou de plus loin encore, du bassin du Pô, humide et chaud, fermé et sans vent.
Certaines belles nuits étoilées d’été sont parfois traversées de lueurs très brèves, à partir d‘un horizon incertain. Aucun bruit ne les accompagne. Le tonnerre ne portant pas au-delà de 20 km, la lumière à 200 km, ces éclairs égarés sont simplement ceux d’orages lointains. Lueurs d’alerte, si le vent provient aussi de leur direction, car, dans les heures à venir, les foyers orageux seront ici, plus forcément actifs (car la nuit les calme souvent), mais sans doute prêts à reprendre une nouvelle vigueur en journée, au retour de la chaleur.
À Chamonix, où le ciel des nuits claires estivales est très pur, des éclairs de chaleur luisent parfois fugitivement au-dessus des Aiguilles. À coup sûr, ils proviennent du Val d’Aoste ou de plus loin encore, du bassin du Pô, humide et chaud, fermé et sans vent.
À QUELLE DISTANCE EST L’ORAGE ?
La lumière se propage à 300000 km/s ; du quasi instantané. Le son est largement à la traîne avec un petit 330 m/s, soit 1 km en 3 secondes. Il suffit donc de compter les secondes entre l’éclat et le son, puis de diviser ce nombre par 3, pour évaluer la distance en kilomètres du foyer actif le plus proche. C’est une façon de savoir si le danger s’approche ou s’éloigne, sans oublier que, si la plupart des cellules orageuses voyagent avec le vent, d’autres sont strictement stationnaires, encalminées dans des marais barométriques, sans autres mouvements que ceux qui les habitent et les rafales qu’elles décochent elles-mêmes.
La lumière se propage à 300000 km/s ; du quasi instantané. Le son est largement à la traîne avec un petit 330 m/s, soit 1 km en 3 secondes. Il suffit donc de compter les secondes entre l’éclat et le son, puis de diviser ce nombre par 3, pour évaluer la distance en kilomètres du foyer actif le plus proche. C’est une façon de savoir si le danger s’approche ou s’éloigne, sans oublier que, si la plupart des cellules orageuses voyagent avec le vent, d’autres sont strictement stationnaires, encalminées dans des marais barométriques, sans autres mouvements que ceux qui les habitent et les rafales qu’elles décochent elles-mêmes.
La répartition géographique et la fréquence
Les météorologistes décomptent comme jour d’orage un jour où ils ont entendu le tonnerre au moins une fois. Compte tenu de cette définition, on observe en moyenne en France plus de 30 jours d’orage au sud d’une ligne qui va de Bordeaux à Strasbourg, hormis une zone proche des côtes méditerranéennes, du Roussillon au Languedoc, à la Provence et au Var, dans la zone d’influence du mistral. Un noyau à plus de 40 jours recouvre l’arrière-pays des Alpes-Maritimes et l’est des Alpes-de-Haute-Provence. Le long de la frontière italienne, l’influence chaude et humide du bassin du Pô alimente une nébulosité au quotidien en été (la nebbia, entretenue par les brises), favorisant aussi une activité orageuse plus fréquente. Un pôle à plus de 35 jours va des Pyrénées-Atlantiques jusqu’à la Gironde, où se combinent la chaleur méridionale et les apports d’humidité maritime.
Répartition des
impacts de foudre
(moyenne 1997-2014)Les reliefs se taillent la part belle au palmarès, surtout s’ils ajoutent à leur influence propice l’humidité d’une mer proche, véhiculée aux heures chaudes par les brises aval. À l’inverse, la Bretagne ne compte que 12 jours d’orage par an dans l’intérieur, et encore moins sur son littoral. On dénombre 1 à 2 jours d’orage par an sur le Groenland, mais 320 à Java. Au total, ce sont 16 millions d’orages par an sur Terre, soit environ 45 000 par jour, alors qu’un cumulonimbus ordinaire contient une énergie équivalente à 10 bombes atomiques de type Hiroshima !
Les orages liés à la convection locale se répartissent d’avril à octobre. Ils sont retardés dans l’intérieur des massifs par la fraîcheur entretenue au début du printemps par la fonte des neiges et l’évaporation de l’eau qui ruisselle. Si les grands massifs connaissent un pic de fréquence orageuse en juillet et août, pour les plaines périphériques ce pic se situe plutôt en juin (à lui seul ce mois représente 35 % de l’activité électrique annuelle que la société Météorage évalue à 520 000 éclairs nuage-sol en moyenne pour la France). Les Pyrénées-Atlantiques et centrales et leur piémont français connaissent une plus grande activité orageuse synchronisée en juin et juillet, à cause des vents d’ouest et nord-ouest qui leur apportent l’humidité de l’océan Atlantique. Ces mêmes vents réduisent au contraire la nébulosité en cette période pour les Pyrénées-Orientales (effet de fœhn de la tramontane).
Quant aux orages provoqués par les perturbations qui traversent l’Hexagone, ils se produisent n’importe quand dans l’année, plus nombreux et violents en été où la chaleur les dope, atténués en saison froide au passage des fronts froids les plus musclés, ou portés par les traînes polaires à giboulées de nord-ouest.
Les grandes catégories dans nos régions
Plusieurs types d’orages se présentent, dans des situations totalement différentes, allant du beau temps à des situations très perturbées. La dangerosité – plus ou moins grande selon le contexte – que les orages représentent pour le montagnard est toujours une réalité.
L’orage isolé de beau temps
Il peut sembler paradoxal d’associer orage et beau temps. Et pourtant, l’orage de fin de journée, en été, n’est pas exceptionnel et n’est pas une catastrophe en soi.
En montagne, il est préférable, pour l’état de la neige, la stabilité des pierres, pour éviter la grosse chaleur, d’avoir terminé les courses exposées avant midi, et un petit épisode de pluie vespéral, même ponctué de quelques coups de tonnerre, n’entraîne pas de sérieuses conséquences, sauf pour les attardés imprudents ou malchanceux, ou ceux qui sont engagés dans des ascensions de plusieurs jours, ce qui est devenu peu fréquent dans nos pays.
Ce type d’orage s’inscrit dans une sorte de cycle, mais absolument pas régulier.
Suite au passage d’une perturbation, la masse d’air est renouvelée. Une "purge" s’est faite, évacuant la masse d’air précédente usée, ses poussières, ses pollutions. L’air polaire apporté par la traîne est propre, frais, vivifiant. Pendant 2 à 3 jours en moyenne, il offre de très belles journées de ciel bleu décoré de quelques cumulus modestes, apparus au fil des heures au-dessus des sommets, effacés le soir ; ils en relèvent la pureté et la couleur. Les courses de neige sont rassurantes, stabilisées par un bon regel nocturne. L’expression "grand beau" est bien appropriée. Mais ces conditions idéales évoluent vers un beau temps moins franc, un ciel vaguement brumeux, des pollens et poussières redistribués par les ascendances dans les premiers 4000 m. Et puis, la température grimpant de jour en jour, les cumulus prennent plus d’ampleur, s’attardent davantage en début de nuit. Le temps devient plus lourd, les nuits moins froides en haute montagne où la neige est moins porteuse au petit matin. D’ailleurs le vent en altitude est revenu au sud-ouest, faiblement mais transportant chaleur des terres arides et humidité des mers lointaines. La masse d’air a vieilli, elle est devenue franchement instable, mûre pour l’orage de chaleur en fin d’après-midi. Cet orage est local, préférant la montagne où les versants aspirent la chaleur et l’humidité des vallées et plaines alentour (brises d’aval).
Un jour ici, un autre ailleurs. Imprévisible dans sa localisation précise ! Tout au moins peut-on dire que les grands appareils glaciaires, sources de fraîcheur, sont en général moins touchés, quand il n’y a pas de vent pour déplacer les foyers instables. Dès que le vent est modéré en altitude, il a plutôt tendance à réduire le risque orageux en atténuant les surchauffes locales, en cisaillant les ascendances, en dispersant les nuées qui peuvent moins facilement s’accumuler en masses volumineuses. Local mais pas forcément faible, bien au contraire, car l’endroit où l’atmosphère cède sert de soupape à l’excédent de chaleur accumulé au fil des jours pour tout un secteur, un peu comme la brèche du barrage où le flot s’engouffre tumultueux.

En général, au bout d’une semaine arrive un front froid par l’ouest. C’est une aggravation d’ampleur générale qui emporte tout et termine le cycle.
L’orage de plage orageuse
Fréquemment, des résidus de descentes polaires (gouttes froides) se perdent dans des marais barométriques entre Açores et Canaries. Elles "mijotent" sur place une semaine, deux semaines, méandres oubliés de la circulation générale, se gavant d’humidité et de calories. Recyclées par des courants de sud-ouest, elles remontent sur l’Europe de l’Ouest, donnant une vigueur supplémentaire à certaines perturbations qui vont pomper très au sud des forces nouvelles. En été, elles survolent les vastes plateaux espagnols très chauds, s’y renforçant encore. Elles parviennent sur la France en plages très instables plus ou moins vastes, où l’orage est susceptible d’éclater n’importe quand, de jour... comme de nuit.
Leur extension, leur progression vers le nord-est plutôt assez lente, une relative modération de leur activité orageuse font qu’elles sont bien prévisibles, repérées de loin. C’est souvent en matinée que les conditions sont les meilleures. Après des nuits chargées et lourdes (on note fréquemment un regain d’activité orageuse en deuxième partie de nuit), le ciel est très encombré au réveil. On s’étonne que la nappe nuageuse se fractionne, ouvrant l’espace à quelques heures de temps assez beau, de chaleur piquante qui excite taons et mouches. Dans l’après-midi, la hausse des températures multiplie les cumulonimbus et les foyers d’orage. Des conditions qui parfois durent plusieurs jours, soit que la plage orageuse stationne mollement sur une partie du pays, soit qu’en régime de sud-ouest établi, des pulsations instables se succèdent dans le flux.
Ayant survolé des pays arides, ces masses d’air transportent assez souvent des limons qui troublent l’atmosphère, rendent la chaleur plus pénible en été, et qui se déposent au sol, sur la neige, sur les objets en minces pellicules ocre à l’occasion de faibles averses (les plus conséquentes en contiennent aussi mais le ruissellement évacue tout).
L’orage de front froid
Une masse d’air froid balayant une contrée, c’est un rouleau compresseur en marche, à ceci près qu’elle n’écrase pas mais propulse en hauteur l’air en place. Mouvement brutal, souvent puissant, qui conduit à former des nuages très denses, répartis de façon continue le long de la surface frontale, mur d’intempéries accusées étiré sur des centaines de kilomètres ou davantage. Même en hiver, un front froid peut donner de l’orage, surtout lorsqu’il se conjugue au relief pour contraindre les masses d’air en place au soulèvement rapide.
En été, ce type d’aggravation présente un réel danger pour la pratique des sports de montagne car l’activité orageuse y est soutenue, parfois même intense, assez soudaine fréquemment (front froid isolé), surtout pour qui n’a pas de vue étendue vers l’ouest, secteur de provenance prépondérant. Rafales, averses intenses, souvent de grésil en haute montagne, de grêle parfois...
D’une température estivale, on passe, en quelques instants, à une ambiance quasi hivernale (iso 0 de 4 500 à 3 500 m, quelquefois moins, si un front froid secondaire suit de près ; neige jusque vers 3 000 m, voire plus bas, quand à l’arrière déboule une goutte froide bien marquée).
L’orage de traîne
Dans la masse froide qui suit le front froid, un bouillonnement s’organise assez vite lorsque la traîne est active, après une éventuelle accalmie qui peut durer une bonne demi-journée en régime de sud-ouest (bien moins en général par ouest ou nord-ouest). L’activité orageuse, sauf au passage éventuel de limites secondaires accompagnées de lignes de grains, est plutôt faible, car dissipée sur une très vaste surface.
D’ailleurs, le conflit majeur s’est produit au passage du front froid, là où le contraste entre masses d’air est le plus accusé : la bombe est pour l’essentiel épuisée. Les cumulonimbus d’été y donnent du grésil en moyenne et en haute montagne, de la neige roulée l’hiver, jusqu’en plaine. L’inconvénient majeur de ce type de temps est la durée des intempéries par effet orographique (remous alpin lié à la conjugaison du vent et de l’instabilité) à laquelle se superpose le froid. Ce sont des conditions à éviter absolument pour l’exercice de sports de montagne exposés.
Les trombes et les tornades
Les trombes et les tornades sont des phénomènes tourbillonnaires intenses qui se forment sous des cumulonimbus très puissants. Dans un premier temps, l’intense aspiration qui part de la base du nuage n’est pas visible ; elle se matérialise cependant par un tourbillon de poussières ou de petits débris sur terre, d’embruns arrachés à la surface agitée de la mer ou des lacs : le buisson.
En général, le déplacement est plutôt lent, mais il peut parfois être rapide puisqu’il dépend de la vitesse du flux général emportant le nuage ; la durée de vie est courte, de l’ordre d’une dizaine de minutes ; le cheminement est assez rectiligne, de quelques centaines de mètres au plus. Mais les dégâts sont souvent importants : toits arrachés par l’aspiration, arbres brisés, cultures saccagées par la rotation violente du vent.

C’est alors que part de la base du nuage une sorte de cône renversé et effilé : le tuba, prolongement du nuage de 10 à 100 m de diamètre ; condensation due à la brutale détente de l’air alentour aspiré par la dépression de succion interne.
Il descend en direction du buisson, le rejoint ou non selon les cas. Le tuba est proche de la verticale si le cumulonimbus est immobile ; sinon il se déforme, en prenant une allure sinueuse selon les différentes directions du vent dans la couche concernée.
Un déplacement plutôt lent en général, mais qui peut aussi être rapide puisqu’il dépend de celle du flux général emportant le nuage. Une durée de vie courte, de l’ordre d’une dizaine de minutes. Un cheminement assez rectiligne de quelques centaines de mètres au plus. Mais des dégâts qui sont souvent importants: toits arrachés par l’aspiration, arbres brisés, cultures saccagées par la rotation violente du vent.
Il descend en direction du buisson, le rejoint ou non selon les cas. Le tuba est proche de la verticale si le cumulonimbus est immobile ; sinon il se déforme, en prenant une allure sinueuse selon les différentes directions du vent dans la couche concernée.
Un déplacement plutôt lent en général, mais qui peut aussi être rapide puisqu’il dépend de celle du flux général emportant le nuage. Une durée de vie courte, de l’ordre d’une dizaine de minutes. Un cheminement assez rectiligne de quelques centaines de mètres au plus. Mais des dégâts qui sont souvent importants: toits arrachés par l’aspiration, arbres brisés, cultures saccagées par la rotation violente du vent.

Peu fréquentes en France (305 ont été recensées entre 1680 et 1999 par J. Dessens), elles se répartissent assez bien, sauf du sud du Massif central à Rhône-Alpes où elles sont rares, tandis que leur occurrence est plus marquée des pays de Loire au nord, dans la vallée de l’Aude et le Jura. Elles se produisent, de nuit comme de jour, surtout au voisinage de fronts froids vigoureux, dans des régimes rapides de sud-ouest ou ouest.
Les tornades sont de nature identique mais de dimension et d’impact bien supérieurs. Elles sont particulièrement fréquentes aux États-Unis, là où s’affrontent des masses d’air très contrastées, les polaires coulant du nord appuyées contre le flanc est des Rocheuses, et les tropicales venues du Golfe du Mexique, gavées de chaleur latente pompée aux eaux tropicales, excitées par la surchauffe des terres sèches de l’été.
Les tornades sont de nature identique mais de dimension et d’impact bien supérieurs. Elles sont particulièrement fréquentes aux États-Unis, là où s’affrontent des masses d’air très contrastées, les polaires coulant du nord appuyées contre le flanc est des Rocheuses, et les tropicales venues du Golfe du Mexique, gavées de chaleur latente pompée aux eaux tropicales, excitées par la surchauffe des terres sèches de l’été.

L'échelle Fujita (conçue en 1971 par le météorologue japonais Tetsuya Fujita) sert à classer les tornades par ordre de gravité,
en fonction des dégâts causés. Depuis 2007, on utilise l'échelle "Fujita améliorée" afin de réduire les incertitudes
associées à la force des vents en prenant mieux en compte la réalité des constructions. Elle possède également six niveaux
de EF0 à EF5 ; EF pour Enhanced Fujita (Fujita améliorée).
en fonction des dégâts causés. Depuis 2007, on utilise l'échelle "Fujita améliorée" afin de réduire les incertitudes
associées à la force des vents en prenant mieux en compte la réalité des constructions. Elle possède également six niveaux
de EF0 à EF5 ; EF pour Enhanced Fujita (Fujita améliorée).

Partie 4 - Les types de temps
L’origine du vent commande le temps qu’il fait, d’autant plus en Europe occidentale que nous sommes à un carrefour d’influences, entre océan humide et continent sec, froid du Nord et chaleur tempérée de la Méditerranée ou, plus musclée, du Nord de l’Afrique, Sahara compris.
Régime d’ouest
18 janvier 2007 à 12h UTC :
Régime d'ouest frappant l'Europe occidentale. Les isobares sont serrées, résultat de la juxtaposition d'un solide anticyclone, centré près du Maroc, et d'un vaste domaine dépressionnaire sur le nord de l'Océan et de l'Europe. Système nuageux étendu véhiculé par ce puissant flux océanique. Les nuages les plus blancs (France, Allemagne...) sont les plus épais, ceux qui donnent des précipitations soutenues.
Les flèches rouges indiquent la direction du vent doux vers 5000 m.
Régime d'ouest frappant l'Europe occidentale. Les isobares sont serrées, résultat de la juxtaposition d'un solide anticyclone, centré près du Maroc, et d'un vaste domaine dépressionnaire sur le nord de l'Océan et de l'Europe. Système nuageux étendu véhiculé par ce puissant flux océanique. Les nuages les plus blancs (France, Allemagne...) sont les plus épais, ceux qui donnent des précipitations soutenues.
Les flèches rouges indiquent la direction du vent doux vers 5000 m.
Le plus fréquent dans notre pays situé à mi chemin entre équateur et pôle, dans cette circulation tempérée organisée par le couple de centres d’actions quasi permanents que sont l’anticyclone des Açores, et la dépression d’Islande. En réalité, ces deux individus bariques (de pression, donc), bougent et changent d’intensité systématiquement, cycliquement, en liaison avec le déplacement saisonnier du Soleil. Mais en plus ils ont une vie autonome – sous contrôle tout de même de la circulation générale dont ils ne peuvent en aucun cas s’extraire – gonflant ou se creusant en fonction des approvisionnements en chaleur (anticyclone) ou en froid (dépression) que l’environnement leur fournit.
Le "lit perturbé" se positionne plus ou moins haut.
En hiver, il est grosso modo au niveau de la Manche : les perturbations océaniques frappent notre pays de plein fouet, apportant douceur (influence du Gulf Stream) et précipitations. Établi, les perturbations s’y succèdent en famille, à la cadence d’une toute les 24 h (rare) ou, plus généralement, de 24 à 48 h, secteurs de mauvais temps entrecoupés des améliorations de quelques heures associées aux traînes qui s’ "affaissent" à l’approche de l’air chaud du système suivant. Pour les massifs, l’influence de l’ouest change selon la latitude du courant actif.
Les Pyrénées et les Alpes sont particulièrement servies par les régimes calés sur le 45ème voire plus bas, ce qui n’est pas fréquent. Plus le lit monte au nord, moins il les concerne.
En été, il est rejeté au niveau de l’Écosse, épargnant donc nos régions, en principe. La fraîcheur relative des flux océaniques fait qu’en outre ce type de temps ne favorise pas les orages.
Outre le calage en latitude de l’axe perturbé, intervient très efficacement la rapidité du flux. On rappelle ici l’extrême importance de l’ "effet orographique" qui stimule considérablement les perturbations franchissant un relief (le fameux "remous"), au point que certaines ne donnent guère qu’un crachin en plaine alors qu’elles s’essorent en précipitations abondantes à l’impact montagnard.
Un cas type, peu fréquent mais banal cependant, correspond à ces régimes d’ouest très rapides qui se mettent en place pour plusieurs jours en hiver, bousculant en général soit un anticyclone "froid" et maussade au sol, doux et très beau en altitude, installé depuis quelque temps, soit une masse froide beaucoup plus compacte, développée en épaisseur associée à ce que l’on appelle un "talweg" (figure isobarique dépressionnaire ouverte au nord). Leur front chaud est très actif, d’autant plus qu’il repousse un air froid plus accusé et de grande inertie. Tombent alors d’importantes précipitations, neigeuses jusqu’à basse altitude, prolongées dans les fonds de vallée par des "culots d’air froid" captifs, à la fois de la configuration et de leur densité.
En montagne, de telles vigoureuses intempéries donnent jusqu’à 1m de neige en 24 h. Ce pourrait être une bénédiction pour les stations – avalanches de poudreuse mises à part, quand les surcharges vont à l’excès ! – mais l’arrivée de masses d’air de plus en plus douces transforme la neige en pluie soutenue, jusqu’à 2000, 2500 m parfois. La neige se tasse, se gorge d’eau, part en coulées de "lourde" dans les couloirs, formant ces "champs de patates" de boules jaunâtres des Chamoniards.
Au-delà, de ces turbulences fâcheuses, il est fréquent que s’installe… une période de beau temps de plusieurs jours, le lit perturbé ayant été rejeté à distance de la France par la puissante poussée anticyclonique à l’origine de cette rupture ayant, in fine, radicalement transformé le paysage météo d’hivernal froid en grande douceur paisible (iso 0 vers 3000 m dans le nouvel anticyclone !). Le paradoxe de ces situations vient de ce que tout au long de l’accumulation du mauvais temps... la pression monte vers des valeurs élevées, de 1025 à 1030 hPa. Un des rares cas où le baromètre ment effrontément.
Les régimes d'ouest hivernaux très productifs en précipitations, dont le lit principal est placé de telle sorte que se succèdent sur un relief, à cadence de 24/36h, des redoux (secteurs chauds) et des refroidissements (traîne) donnent assez étonnamment des cumuls de neige très importants sans que des avalanches catastrophiques ne se déclenchent. Cela vient de ce que le manteau neigeux est très travaillé par les fortes fluctuations de températures, tassé et humidifié puis regelé ; accumulation de strates finalement stabilisées, bien soudées entre elles.
Autre particularité : il est assez fréquent qu’après plusieurs jours de régime d’ouest rapide, à flux tendu, une grosse invasion froide de nord-ouest termine l’épisode par le retour d'un régime "méridien" (à forte composantes nord-sud et sud-nord ; "zonal", pour un flux aligné comme les "parallèles").
On en revient à cette remarque qu’il est nécessaire qu’un jour ou l’autre les échanges d’énergie entre le Sud et le Nord se rétablissent.
La montée vers le Nord du Soleil renforce les réserves d’air chaud de l’hémisphère Nord : l’anticyclone des Açores gonfle, ce qui lui permet d’affirmer son influence sur l’Europe de l’Ouest en été, en déplaçant le lit des perturbations plus au Nord. La dépression d’Islande vit à l’inverse, mieux alimentée en air froid l’hiver, anémique en été. Schéma moyen, "normal", qui n’évite pas les mauvaises surprises de ces "étés pourris" qui affectent nos régions lorsque notre anticyclone préféré est malmené par une dépression islandaise trop vigoureuse pour la saison. Le contraste entre nos centres d’action (différences de températures, donc de pressions) est à son maximum en hiver : il en résulte des vents plus forts en cette saison, des tempêtes plus fréquentes et dynamiques.

En hiver, il est grosso modo au niveau de la Manche : les perturbations océaniques frappent notre pays de plein fouet, apportant douceur (influence du Gulf Stream) et précipitations. Établi, les perturbations s’y succèdent en famille, à la cadence d’une toute les 24 h (rare) ou, plus généralement, de 24 à 48 h, secteurs de mauvais temps entrecoupés des améliorations de quelques heures associées aux traînes qui s’ "affaissent" à l’approche de l’air chaud du système suivant. Pour les massifs, l’influence de l’ouest change selon la latitude du courant actif.
Les Pyrénées et les Alpes sont particulièrement servies par les régimes calés sur le 45ème voire plus bas, ce qui n’est pas fréquent. Plus le lit monte au nord, moins il les concerne.
En été, il est rejeté au niveau de l’Écosse, épargnant donc nos régions, en principe. La fraîcheur relative des flux océaniques fait qu’en outre ce type de temps ne favorise pas les orages.
Outre le calage en latitude de l’axe perturbé, intervient très efficacement la rapidité du flux. On rappelle ici l’extrême importance de l’ "effet orographique" qui stimule considérablement les perturbations franchissant un relief (le fameux "remous"), au point que certaines ne donnent guère qu’un crachin en plaine alors qu’elles s’essorent en précipitations abondantes à l’impact montagnard.
Un cas type, peu fréquent mais banal cependant, correspond à ces régimes d’ouest très rapides qui se mettent en place pour plusieurs jours en hiver, bousculant en général soit un anticyclone "froid" et maussade au sol, doux et très beau en altitude, installé depuis quelque temps, soit une masse froide beaucoup plus compacte, développée en épaisseur associée à ce que l’on appelle un "talweg" (figure isobarique dépressionnaire ouverte au nord). Leur front chaud est très actif, d’autant plus qu’il repousse un air froid plus accusé et de grande inertie. Tombent alors d’importantes précipitations, neigeuses jusqu’à basse altitude, prolongées dans les fonds de vallée par des "culots d’air froid" captifs, à la fois de la configuration et de leur densité.
En montagne, de telles vigoureuses intempéries donnent jusqu’à 1m de neige en 24 h. Ce pourrait être une bénédiction pour les stations – avalanches de poudreuse mises à part, quand les surcharges vont à l’excès ! – mais l’arrivée de masses d’air de plus en plus douces transforme la neige en pluie soutenue, jusqu’à 2000, 2500 m parfois. La neige se tasse, se gorge d’eau, part en coulées de "lourde" dans les couloirs, formant ces "champs de patates" de boules jaunâtres des Chamoniards.
Au-delà, de ces turbulences fâcheuses, il est fréquent que s’installe… une période de beau temps de plusieurs jours, le lit perturbé ayant été rejeté à distance de la France par la puissante poussée anticyclonique à l’origine de cette rupture ayant, in fine, radicalement transformé le paysage météo d’hivernal froid en grande douceur paisible (iso 0 vers 3000 m dans le nouvel anticyclone !). Le paradoxe de ces situations vient de ce que tout au long de l’accumulation du mauvais temps... la pression monte vers des valeurs élevées, de 1025 à 1030 hPa. Un des rares cas où le baromètre ment effrontément.
Les régimes d'ouest hivernaux très productifs en précipitations, dont le lit principal est placé de telle sorte que se succèdent sur un relief, à cadence de 24/36h, des redoux (secteurs chauds) et des refroidissements (traîne) donnent assez étonnamment des cumuls de neige très importants sans que des avalanches catastrophiques ne se déclenchent. Cela vient de ce que le manteau neigeux est très travaillé par les fortes fluctuations de températures, tassé et humidifié puis regelé ; accumulation de strates finalement stabilisées, bien soudées entre elles.
Autre particularité : il est assez fréquent qu’après plusieurs jours de régime d’ouest rapide, à flux tendu, une grosse invasion froide de nord-ouest termine l’épisode par le retour d'un régime "méridien" (à forte composantes nord-sud et sud-nord ; "zonal", pour un flux aligné comme les "parallèles").
On en revient à cette remarque qu’il est nécessaire qu’un jour ou l’autre les échanges d’énergie entre le Sud et le Nord se rétablissent.
Régime de nord-ouest
13 février 2005 à 12h UTC :
Situation à giboulées.
Un front froid secondaire traverse le Bassin parisien, en provenance du nord-ouest. L'invasion polaire est déjà bien installée, le front froid principal s'enroule autour de la dépression centrée sur la Baltique ;
on peut, mentalement, le prolonger pour qu'il rejoigne le front chaud du Nord Atlantique délimitant une vaste poche froide.
Multiples cellules convectives (cumulus) au large des côtes atlantiques.
La flèche bleue souligne la direction du flux froid vers 5000 m.
Un front froid secondaire traverse le Bassin parisien, en provenance du nord-ouest. L'invasion polaire est déjà bien installée, le front froid principal s'enroule autour de la dépression centrée sur la Baltique ;
on peut, mentalement, le prolonger pour qu'il rejoigne le front chaud du Nord Atlantique délimitant une vaste poche froide.
Multiples cellules convectives (cumulus) au large des côtes atlantiques.
La flèche bleue souligne la direction du flux froid vers 5000 m.
Le temps des "giboulées". Un classique du début de printemps, tandis que les régions polaires bradent leurs dernières réserves de froid hivernal. Mais ce n’est pas que cela.

L’activité instable des traînes dépend en fait de deux critères principaux : l’épaisseur de l’air froid, en montagne, la vitesse du vent qui le propulse. De fait, plus il est épais, plus il se situe au cœur le plus froid de la "descente polaire", plus il devient instable en survolant des contrées de plus en plus chaudes à mesure qu’il gagne le Sud. Plus il frappe le relief avec force, plus est efficace l’ "effet orographique". En régime de nord-ouest, les Pyrénées françaises sont concernées par ce forcage, long barrage en travers du flux, tandis que, les versants espagnols restent ensoleillés.
Vosges, Jura et Alpes du Nord prennent de plein fouet ces intempéries ; les Alpes du Sud sont fréquemment épargnées par des perturbations "essorées". La Corse accueille des masses froides à nouveau plus instables et humides au contact de la mer, poussées par des vents forts ; ses massifs sont alors soumis à des conditions météo d’une grande rudesse, très dangereuses pour les imprudents.
Les chutes de neige prolongées dans les traînes d’hiver, surtout, de printemps aussi, quelquefois, donnent de grosses accumulations de poudreuse ou neige froide, inconsistante, aux cristaux mal soudés, parce que trop rigides pour se tasser et s’imbriquer très vite. Fort danger d’avalanche lorsque les cumuls dépassent les 50 cm. Et si le froid s’installe, le frein qu’il apporte au tassement maintient le risque de départs spontanés plusieurs jours après la chute. Même en été, il faut attendre que la neige soit stabilisée, la montagne "purgée" pour s’aventurer hors des pistes et traverser les espaces de neige récente.
Le cœur de l’hiver, de la mi-janvier à la mi-février est souvent relativement calme, de solides anticyclones continentaux s’opposant aux incursions des masses d’air océaniques (sans les exclure, chaque hiver ayant sa personnalité). Au-delà commencent à se mettre en place des régimes de nord-ouest avec giboulées, séparant des périodes de beau temps, déjà assez chaud, de l’ordre d’une semaine, quelquefois davantage (excellent mars 1994, p.ex.). Dès la mi-mars, elles se terminent fréquemment par des orages, les premiers. Ce sont des fronts froids qui descendent du Nord, vigoureux. Les sols sont déjà plus chauds, le contraste est grand avec l’air froid ; c’est même au printemps que l’atmosphère est le plus instable dans ses 3000 premiers mètres.
Tard dans la saison, ces flux frais caractérisent l’extrême variabilité du printemps, ponctuée de maximes bien senties ("en avril ne te découvre pas d’un fil… "), ou de dictons sur les gelées tardives (la Lune rousse, les saints de Glace, peu avant la mi-mai). En montagne, le printemps est assez décevant, car outre cette versatilité intrinsèque de la période (que de prévisions ratées pour tous ces grands week-ends et "ponts", à cause des caprices du ciel plus nombreux à ce moment-là !), l’humidité ambiante entretenue par la fonte des neiges favorise une nébulosité souvent abondante les après-midi.
L’été n’est pas à l’abri de ces excès lors de "coulées polaires" intempestives. La neige descend parfois très bas, comme en cet été 1969 où, après une chute de neige vers la mi-juillet, jusqu’au Tour (1500m) selon certains témoins, un autre épisode neigeux de plusieurs jours a recouvert les massifs de Haute-Savoie vers 1800m, au 15 août et après.
Quand l’anticyclone des Açores pousse une "dorsale" en direction du Nord de l’Atlantique, le flux d’ouest s’infléchit au nord-ouest. Les perturbations océaniques empruntent donc cette trajectoire. Rien de bien spécial pour ces dernières, sinon que, la plupart du temps, elles se présentent "occluses "(secteur chaud fermé) en abordant nos côtes, après un voyage plus long que par le plein ouest. L’essentiel est plutôt dans la "traîne". L’air froid qui la compose vient plus directement du nord, il est donc encore plein de vitalité, ayant conservé une bonne part de ses propriétés initiales polaires.

L’activité instable des traînes dépend en fait de deux critères principaux : l’épaisseur de l’air froid, en montagne, la vitesse du vent qui le propulse. De fait, plus il est épais, plus il se situe au cœur le plus froid de la "descente polaire", plus il devient instable en survolant des contrées de plus en plus chaudes à mesure qu’il gagne le Sud. Plus il frappe le relief avec force, plus est efficace l’ "effet orographique". En régime de nord-ouest, les Pyrénées françaises sont concernées par ce forcage, long barrage en travers du flux, tandis que, les versants espagnols restent ensoleillés.
Vosges, Jura et Alpes du Nord prennent de plein fouet ces intempéries ; les Alpes du Sud sont fréquemment épargnées par des perturbations "essorées". La Corse accueille des masses froides à nouveau plus instables et humides au contact de la mer, poussées par des vents forts ; ses massifs sont alors soumis à des conditions météo d’une grande rudesse, très dangereuses pour les imprudents.
Les chutes de neige prolongées dans les traînes d’hiver, surtout, de printemps aussi, quelquefois, donnent de grosses accumulations de poudreuse ou neige froide, inconsistante, aux cristaux mal soudés, parce que trop rigides pour se tasser et s’imbriquer très vite. Fort danger d’avalanche lorsque les cumuls dépassent les 50 cm. Et si le froid s’installe, le frein qu’il apporte au tassement maintient le risque de départs spontanés plusieurs jours après la chute. Même en été, il faut attendre que la neige soit stabilisée, la montagne "purgée" pour s’aventurer hors des pistes et traverser les espaces de neige récente.
Le cœur de l’hiver, de la mi-janvier à la mi-février est souvent relativement calme, de solides anticyclones continentaux s’opposant aux incursions des masses d’air océaniques (sans les exclure, chaque hiver ayant sa personnalité). Au-delà commencent à se mettre en place des régimes de nord-ouest avec giboulées, séparant des périodes de beau temps, déjà assez chaud, de l’ordre d’une semaine, quelquefois davantage (excellent mars 1994, p.ex.). Dès la mi-mars, elles se terminent fréquemment par des orages, les premiers. Ce sont des fronts froids qui descendent du Nord, vigoureux. Les sols sont déjà plus chauds, le contraste est grand avec l’air froid ; c’est même au printemps que l’atmosphère est le plus instable dans ses 3000 premiers mètres.
Tard dans la saison, ces flux frais caractérisent l’extrême variabilité du printemps, ponctuée de maximes bien senties ("en avril ne te découvre pas d’un fil… "), ou de dictons sur les gelées tardives (la Lune rousse, les saints de Glace, peu avant la mi-mai). En montagne, le printemps est assez décevant, car outre cette versatilité intrinsèque de la période (que de prévisions ratées pour tous ces grands week-ends et "ponts", à cause des caprices du ciel plus nombreux à ce moment-là !), l’humidité ambiante entretenue par la fonte des neiges favorise une nébulosité souvent abondante les après-midi.
L’été n’est pas à l’abri de ces excès lors de "coulées polaires" intempestives. La neige descend parfois très bas, comme en cet été 1969 où, après une chute de neige vers la mi-juillet, jusqu’au Tour (1500m) selon certains témoins, un autre épisode neigeux de plusieurs jours a recouvert les massifs de Haute-Savoie vers 1800m, au 15 août et après.
Régime de sud-ouest
11 janvier 2008 à 12h UTC :
Très longue ondulation d'un front froid du Portugal à la Scandinavie, ourlée d'abondants nuages pluvieux.
A l'approche de la vaste poche froide qui a plongé jusqu'au niveau des Açores, le flux, tant au sol qu'en altitude (flèche rouge), s'est organisé au sud-ouest, déclenchant le Foehn sur les Pyrénées et les Alpes.
Très longue ondulation d'un front froid du Portugal à la Scandinavie, ourlée d'abondants nuages pluvieux.
A l'approche de la vaste poche froide qui a plongé jusqu'au niveau des Açores, le flux, tant au sol qu'en altitude (flèche rouge), s'est organisé au sud-ouest, déclenchant le Foehn sur les Pyrénées et les Alpes.
Un des 3 grands régimes perturbés (chacun des 3 premiers représentant autour d’1/3 du total). Le plus vicieux sans doute, un casse-tête du prévisionniste tant il est habile en contre-pieds, autant pour la chronologie que pour l'intensité des phénomènes. Il faut y voir beaucoup l’influence de la chaleur qui remonte de régions lointaines (au large du Maroc, du Sahara, de la Péninsule ibérique...), accompagnée d’humidité océanique, donc d’un fort potentiel d’instabilité.
Une situation qui peut s’établir à tout moment de l’année quand des descentes froides conséquentes creusent des dépressions ou des talwegs sur le Proche Océan, ce qui conduit, par réaction, à l’établissement d’anticyclones sur l’Europe Centrale, à des dorsales d’altitude s’étirant du Nord de l’Afrique jusqu’à la Scandinavie (d’où les limons que les pluies ou neiges de ces situations déposent assez souvent lorsqu’elles débutent).
Les talwegs (plus que des dépressions dans ce type de temps) progressent vers l’Est, précédés de fronts froids. Un déplacement souvent assez lent du système, qui se ralentit encore en abordant la vallée du Rhône où toute la géographie locale (couloir rhodanien, Alpes, golfes du Lion et de Gênes…) concourt à l’animer d’ondulations qui, non seulement en freinent la progression, mais lui donnent en plus, par saccades, des bouffées d’activité intense fournies par la Méditerranée. En réalité, le mouvement de cette perturbation se décompose nettement en deux très différents : la progression de l’ensemble, de l’Océan vers l’intérieur du continent, à allure ralentie (30 km/h souvent, fréquemment un blocage au niveau de la vallée du Rhône), simultanément le flux rapide à très rapide de sud-ouest (60 à 100 km/h au-dessus de 3000m), qui propulse l’air chaud et très humide du corps nuageux réparti de part et d’autre du front.
Un classique de l’automne où les épisodes cévenols sont particulièrement fréquents et productifs en fortes pluies d’orages (la mer est au plus chaud, les perturbations en sont très nourries de chaleur latente (potentiel de productivité précipitante, lié à la fois à la chaleur et au contenu dense en vapeur), la configuration fait que les premiers reliefs du pourtour méditerranéen sont tout particulièrement exposés à cause du soulèvement qu’ils imposent aux masses d’air provenant du large).
Ces fortes intempéries s'épuisent évidemment, après avoir déversé des cataractes sur les premiers contreforts des reliefs (très souvent des averses orageuses intenses), et donc, notamment, les Cévennes, l'Ardèche, mais aussi les Maures, l'Estérel et au-delà (on a tous en tête des souvenirs d'inondations brutales rompant les mois de sécheresse estivale, déferlant vers la côte en multipliant les dégâts). En second rideau, les Alpes du Sud sont bien desservies aussi, un ton en dessous. Les versants ouest des Préalpes des Alpes du Nord, surtout, puis le Jura, les Vosges... n'échappent pas à la distribution, car le flux humide emprunte l'axe ouvert Rhône/Saône pour se propager vers le nord. L’approche de ces fronts alignés dans des flux de sud-ouest vigoureux déclenche systématiquement le Foehn, excepté en été où il se fait plus discret et moins fréquent.
Front froid de sud-ouest ondulant , très ralenti par une ondulation induite par la complexité de la géographie locale
Autre singularité spectaculaire qui nous vient du Sud : le sable saharien (observation et prévision de ce phénomène -> le site météo barcelonais...
L'année 2022 a sans doute battu des records en la matière avec 10 épisodes ou plus, comme rythmés par un cycle. Il existe des variantes, bien sûr, pour arracher des limons au Sahara, toutes associées à des vents d'altitude qui partent vers le nord.
S'il pleut un peu, les voitures sont souillées par des dépôts rouges caractéristiques. S'il neige, elle s'ensanglante. Certes amusant à photographier, mais le sable s'installe pour le reste de l'hiver dans le manteau neigeux, où il fait des ravages. Minéral, il capte les rayons du soleil, s'échauffe... et accélère la fonte de la neige en la pourrissant de l'intérieur.
C'est aussi un "horizon" qui fracture la cohésion du manteau, qui facilite des départs de "plaques" avalancheuses. Les remontées de sable épargnent en principe l'été... sauf en 2022.
Une situation qui peut s’établir à tout moment de l’année quand des descentes froides conséquentes creusent des dépressions ou des talwegs sur le Proche Océan, ce qui conduit, par réaction, à l’établissement d’anticyclones sur l’Europe Centrale, à des dorsales d’altitude s’étirant du Nord de l’Afrique jusqu’à la Scandinavie (d’où les limons que les pluies ou neiges de ces situations déposent assez souvent lorsqu’elles débutent).
Les talwegs (plus que des dépressions dans ce type de temps) progressent vers l’Est, précédés de fronts froids. Un déplacement souvent assez lent du système, qui se ralentit encore en abordant la vallée du Rhône où toute la géographie locale (couloir rhodanien, Alpes, golfes du Lion et de Gênes…) concourt à l’animer d’ondulations qui, non seulement en freinent la progression, mais lui donnent en plus, par saccades, des bouffées d’activité intense fournies par la Méditerranée. En réalité, le mouvement de cette perturbation se décompose nettement en deux très différents : la progression de l’ensemble, de l’Océan vers l’intérieur du continent, à allure ralentie (30 km/h souvent, fréquemment un blocage au niveau de la vallée du Rhône), simultanément le flux rapide à très rapide de sud-ouest (60 à 100 km/h au-dessus de 3000m), qui propulse l’air chaud et très humide du corps nuageux réparti de part et d’autre du front.
Un classique de l’automne où les épisodes cévenols sont particulièrement fréquents et productifs en fortes pluies d’orages (la mer est au plus chaud, les perturbations en sont très nourries de chaleur latente (potentiel de productivité précipitante, lié à la fois à la chaleur et au contenu dense en vapeur), la configuration fait que les premiers reliefs du pourtour méditerranéen sont tout particulièrement exposés à cause du soulèvement qu’ils imposent aux masses d’air provenant du large).
Ces fortes intempéries s'épuisent évidemment, après avoir déversé des cataractes sur les premiers contreforts des reliefs (très souvent des averses orageuses intenses), et donc, notamment, les Cévennes, l'Ardèche, mais aussi les Maures, l'Estérel et au-delà (on a tous en tête des souvenirs d'inondations brutales rompant les mois de sécheresse estivale, déferlant vers la côte en multipliant les dégâts). En second rideau, les Alpes du Sud sont bien desservies aussi, un ton en dessous. Les versants ouest des Préalpes des Alpes du Nord, surtout, puis le Jura, les Vosges... n'échappent pas à la distribution, car le flux humide emprunte l'axe ouvert Rhône/Saône pour se propager vers le nord. L’approche de ces fronts alignés dans des flux de sud-ouest vigoureux déclenche systématiquement le Foehn, excepté en été où il se fait plus discret et moins fréquent.
En hiver, certains forts redoux arrivant sur les Alpes dans un régime sud-ouest proche du régime d’ouest (ouest-sud-ouest) [Eh oui, on est dans la nuance, mais la montagne est un domaine où des différences infimes peuvent avoir de grandes conséquences ; ce n’est pas le cas en plaine où les variations sont plus linéaires, moins soumises à des effets de seuils, de filtres…] déversent de grosses pluies jusqu’à 2000/2500 m du côté français, alors qu’il neige bas et fort au pied des versants italiens. Une sorte de Lombarde à l’envers. Le phénomène se produit notamment sur le Val d’Aoste, soumis parfois à de très intenses intempéries neigeuses qui créent de grosses difficultés de circulation.
L’examen de cartes en relief montre comment de tels flux très humides, traversant la chaîne dans des passages privilégiés (col de la Seigne, p.ex.), viennent percuter la face Sud du Mont Blanc, bouillonnent, abandonnent d’énormes quantités de neige dans l’air froid tapi au fond de la vallée, abrité des vents océaniques.
Front froid de sud-ouest ondulant , très ralenti par une ondulation induite par la complexité de la géographie localeAutre singularité spectaculaire qui nous vient du Sud : le sable saharien (observation et prévision de ce phénomène -> le site météo barcelonais...
L'année 2022 a sans doute battu des records en la matière avec 10 épisodes ou plus, comme rythmés par un cycle. Il existe des variantes, bien sûr, pour arracher des limons au Sahara, toutes associées à des vents d'altitude qui partent vers le nord.
En 2022, une dépression s'est à chaque fois creusée dans les parages des Canaries/Maroc, suite à des injections d'air polaire sous l'influence de l'anticyclone des Açores, particulièrement puissant ("Réchauffement" ???). Au Sahara, la surchauffe au sol provoque, naturellement, des ascendances thermiques chargées de ces poussières. Quand le vent des couches moyennes s'organise au sud au voisinage du Maroc, cas donc répété en 2022, il récupère ces aérosols et les distribue sur l'Espagne, la France, éventuellement jusqu'au nord de la Scandinavie. A leur passage, le ciel bleu vire au gris métallique, prend des teintes jaune orangé au coucher du soleil. La chaleur du sol ne peut s'évacuer vers l'espace, elle est réfléchie comme par un miroir par cette pollution en suspension : le temps est "lourd".

C'est aussi un "horizon" qui fracture la cohésion du manteau, qui facilite des départs de "plaques" avalancheuses. Les remontées de sable épargnent en principe l'été... sauf en 2022.
Régime de nord
20 mars 2007 à 12h UTC :
L'anticyclone des Açores, très puissant, se prolonge par une dorsale en direction de la Mer de Norvège.
Il lui répond une dépression sur le Golfe de Gênes, autour de laquelle s'enroule d'épaisses masses nuageuses.
Vigoureuse descente polaire au sol (isobares serrées) comme en altitude (flèche bleue du flux vers 5000 m) : Bise, Mistral et Tramontane
Il lui répond une dépression sur le Golfe de Gênes, autour de laquelle s'enroule d'épaisses masses nuageuses.
Vigoureuse descente polaire au sol (isobares serrées) comme en altitude (flèche bleue du flux vers 5000 m) : Bise, Mistral et Tramontane
Rien de bien spécial à ajouter par rapport aux régimes de nord-ouest, sinon qu’ils mettent notre pays en prise directe avec le pôle et qu’ainsi les masses d’air sont plus rudes, moins riches en vapeur, n’ayant survolé que des eaux froides. Pas de grosses précipitations à attendre en général de ces vents, pas plus que d’orages. Soit des ciels bas de stratus en plein hiver, ou des giboulées fréquentes mais sans grande consistance, un peu plus tard, des stratocumulus en été. Régimes assez peu fréquents, ne durant pas, évoluant vers du nord-est et de la bise.

En altitude, on peut avoir des vents plein nord, très forts et très froids (jet-stream), quand une descente polaire vigoureuse s’affronte à un anticyclone des Açores musclé. Cela peut durer 2 ou 3 jours, ce qui bloque toute progression de l’air océanique et de ses perturbations venant buter contre le bouclier froid, où le ciel est alors dégagé à cause de la relative sécheresse des masses d’air polaires qui s’engouffrent et de la turbulence qui brasse l'atmosphère jusqu’en surface, dispersant toute velléité d’inversion et de nuages bas. La bise souffle.
Régime d'est et de nord-est
12 décembre 2007 à 12h UTC :
Anticyclone très étiré, du Portugal à la Finlande, fermant la porte aux perturbations atlantiques.
Un flux de nord-est coule depuis la Russie jusque vers la Méditerranée, peu intense ici.
Il véhicule des nuages bas (couleur grisâtre) sur la majeure partie de l'Europe.
Les Alpes enneigées émergent des grisailles ; les Pyrénées, blanchies aussi, sont en ciel clair.
La flèche bleue montre que le flux de nord-est froid est également établi vers 5000 m.
Un flux de nord-est coule depuis la Russie jusque vers la Méditerranée, peu intense ici.
Il véhicule des nuages bas (couleur grisâtre) sur la majeure partie de l'Europe.
Les Alpes enneigées émergent des grisailles ; les Pyrénées, blanchies aussi, sont en ciel clair.
La flèche bleue montre que le flux de nord-est froid est également établi vers 5000 m.
Pas très fréquent. Il s’établit lorsqu’un anticyclone se constitue sur le Nord de l’Europe. Il arrive de temps à autre, en hiver, qu’il entre en connexion avec l’anticyclone continental russo-sibérien. Assez rare mais "ça fait mal", car les températures chutent en 48 h de beaucoup beaucoup de degrés (autour de 20, du 31 janvier au 1er février 1956, cas extrême, heureusement !). Et quand le froid s’installe de cette façon pendant l’hiver, il y reste en général un bon moment, car c’est un vrai bouclier contre les redoux océaniques qui se met en place, s’auto-entretenant par rayonnement. Comme ces vagues de froid s’accompagnent habituellement de chutes de neige jusqu’en plaine, de faible épaisseur mais très tenaces, le rayonnement des nuits claires s’en trouve accentué. Des minimales entre -15 et -20°C deviennent alors banales dans les plaines enneigées. Il n’y a guère que les côtes qui échappent en partie à cette rigueur.

L’hiver, ce sont des régimes qui entretiennent la bise, assez souvent mordante au début, avec des rebonds si des pulsations glaciales successives renouvellent le stock de froid tous les 5 à 7 jours. Dans un premier temps, elle charrie des frimas, des nuages bas, balayés depuis le centre de l’Europe : temps gris, petites chutes de neige sur certaines régions, sous stratocumulus (quand il fait bien froid, il neige peu mais il suffit d’une source de vapeur – un lac, une mer [le Cotentin, la côte Nord de la Bretagne par vent de nord-est…], une cheminée d'usine… pour conduire l’air à saturation et distribution de chutes de neiges locales plus ou moins importantes selon les réserves de vapeur disponibles (importantes en bordure de mer). Quand le régime d’est se confirme, au bout de 2 à 3 jours, le ciel s’éclaircit et le gel devient très sévère.
Cas piégeux : Dans le flux de nord-est se glisse parfois de l'air froid de grande épaisseur (5000 m et davantage). On a alors affaire à une "goutte froide" (forme arrondie de l'incursion d'origine polaire ayant contourné l'anticyclone). Tant qu'elle survole les plaines, pauvres en humidité, elle se démarque peu d'une situation de bise classique. Mais si elle progresse jusque sur le Massif-Central, voire pénètre en Méditerranée, elle est en position pour aspirer à sa périphérie de l'air maritime. Chargé de vapeur, ce dernier repousse l'air froid (glacial en février 1956). Le mélange produit sur les côtes et dans leur voisinage d'inattendues et spectaculaires chutes de neige pour ces régions (jusqu'à 1 m). Certaines infrastructures locales (serres pour les fleurs, p.ex.) ne sont pas dimensionnées pour de telles surcharges et s'en trouvent ravagées (février 1956). Fin décembre 1970, ce sont les routes, et même l'autoroute, qui furent impraticables plusieurs jours durant, du côté de Bourg-Saint-Andéol/Montélimar ; le plan ORSEC fut déclenché). Des minimales de -27°C à Grenoble et Vichy, de -26 °C à Saint-Étienne, attestent que l'invasion arctique fut alors particulièrement vigoureuse.
Début avril 1975, dans le prolongement d'un épisode hivernal à partir du 19 mars (début du printemps !... : 9 cm de neige à Metz, 10 cm à Mâcon, 20 cm à Paris...), alors que l'hiver avait été plutôt doux (après un démarrage en trombe... en septembre 1974), une "goutte froide" d'origine arctique, de belle ampleur en surface et en intensité, s'est infiltrée par le nord-est, début avril. Elle a distribué beaucoup de neige sur la France. Se prolongeant en talweg vers l'Espagne, elle a pompé de l'air humide en Méditerranée qui s'est heurté à l'air très froid généralisé sur le pays. Chutes de neige importantes (flocons à Nice, pour une neige parmi les plus tardives, 18 cm à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, aéroport de Grenoble, dans la Bièvre). Neige lourde, qui fit beaucoup de dégâts au pied Ouest de la Chartreuse par rupture de branches d'arbres, déjà chargés de feuilles.
Les grandes vallées du Nord des Alpes accueillent facilement, en toutes saisons, des nappes de stratus ou stratocumulus, durables en hiver et au printemps surtout. Par vent de nord-ouest à est, l’humidité est drainée depuis les vastes plaines de France, d’Allemagne, butte contre l’arc alpin, et coule naturellement vers l’entonnoir de la vallée du Rhône, - où ça bouchonne - s'y cantonnant parfois longuement, quand le reste du pays s’est débarrassé de cette couverture grise et triste. C’est du plateau suisse vers Grenoble, voire jusqu’au Trièves, si la couche est assez haute, via les cluses d’Annecy et de Chambéry, le Grésivaudan, que s'insinuent ces plages de nuages tenaces sous inversions.
En été, le nord-est véhicule toujours une certaine fraîcheur qui, d’ailleurs, entretient une inversion vers 1500 à 2000 m, sous laquelle s’accumulent de la brume sèche, faite de pollens, poussières et autres polluants... pas toujours naturels. Certaines années ces types de temps se répètent nous privant trop longtemps de ciel bien bleu en plaine et dans les vallées. Conditions en général excellentes pour la montagne où il ne fait pas trop chaud, où le temps est stable, le bleu du ciel plus franc à mesure que l’on prend de la hauteur.
Tout cela est vrai quand l’anticyclone s’étale jusqu’au Sud de la France. Par contre, s’il est plus calé sur la Scandinavie, des plages instables d’altitude venues du Nord par la Finlande, la Russie, le contournent par l’Europe Centrale, atteignent le Jura et les Alpes, les Vosges éventuellement, apportant d’insolites orages malgré la fraîcheur ambiante. Au moins, ils sont rarement intenses et se résorbent vite le soir. Un marais barométrique se constitue rapidement sur la moitié Sud de la France, si bien, que Vosges exceptées, tous les massifs sont soumis à cette instabilité sinon violente du moins dérangeante par la nébulosité qu’elle entretient dès la mi-journée, fréquemment ponctuée de quelques coups de tonnerre en fin d’après-midi.
Régime de sud-est
3 janvier 2008 à 12h UTC :
48 heures de chutes de neige exceptionnelles sur le Nord de l’Italie avec cette configuration. Solide anticyclone sur l'est de l'Europe.
Dépression bien constituée au large immédiat de la Bretagne. Poche froide sur Péninsule ibérique et son Océan proche (structure en "nid d'abeille" de la traîne très chargée en cumulus).
Elle provoque un flux de sud-est devant elle, de la Méditerranée à l'Italie, France, Bénélux...
Des perturbations s'empilent sur l'Italie.
Le flux doux (flèche rouge du vent vers 5000 m), très humide, survole la Plaine du Pô où l'air froid de basse couche était piégé
48 heures de chutes de neige exceptionnelles sur le Nord de l’Italie avec cette configuration. Solide anticyclone sur l'est de l'Europe.
Dépression bien constituée au large immédiat de la Bretagne. Poche froide sur Péninsule ibérique et son Océan proche (structure en "nid d'abeille" de la traîne très chargée en cumulus).
Elle provoque un flux de sud-est devant elle, de la Méditerranée à l'Italie, France, Bénélux...
Des perturbations s'empilent sur l'Italie.
Le flux doux (flèche rouge du vent vers 5000 m), très humide, survole la Plaine du Pô où l'air froid de basse couche était piégé
La Lombarde est le cas type des perturbations provenant de cet horizon.
Autre configuration intéressante, où on retrouve la puissance d’influence de l’environnement géographique si particulier du Nord de l’Italie. En hiver, le bassin du Pô, fermé à tous les vents de basse couche, sauf ceux d'est venus d’Adriatique, conserve durablement l’air froid de rayonnement, celui apporté par les brises descendues des versants alpins proches, ou les masses d’air continentales lui arrivant à travers les Balkans. Lorsque des perturbations actives s’organisent à partir de Méditerranée, par le sud-est notamment, elles charrient leurs nuages et redoux par-dessus le froid bien calé à proximité du sol. Ce qui permet des chutes de neige importantes si le phénomène se prolonge plusieurs heures, une caractéristique plus fréquente qu’avec les régimes plus classiques venant de l’Océan dans lesquels les perturbations circulent.
La Lombarde est dirigée par une dépression à l'est des Alpes, voire sur le Golfe de Gênes. Dépression associée à une "goutte froide". Si celle-ci remonte en direction des Alpes, elle favorise le déclenchement de nombreux orages. En fait, en été, ce type de temps est rare, plutôt réservé à l'automne (éventuellement associé aux épisodes cévenols), à l'hiver, à la première moitié du printemps.
Autre configuration intéressante, où on retrouve la puissance d’influence de l’environnement géographique si particulier du Nord de l’Italie. En hiver, le bassin du Pô, fermé à tous les vents de basse couche, sauf ceux d'est venus d’Adriatique, conserve durablement l’air froid de rayonnement, celui apporté par les brises descendues des versants alpins proches, ou les masses d’air continentales lui arrivant à travers les Balkans. Lorsque des perturbations actives s’organisent à partir de Méditerranée, par le sud-est notamment, elles charrient leurs nuages et redoux par-dessus le froid bien calé à proximité du sol. Ce qui permet des chutes de neige importantes si le phénomène se prolonge plusieurs heures, une caractéristique plus fréquente qu’avec les régimes plus classiques venant de l’Océan dans lesquels les perturbations circulent.
Côté français, lors des Lombardes très actives (quelques fois par hiver), plusieurs secteurs permettent - à travers des cols notamment - le passage des nuages formés sur les versants italiens, où ils déversent des précipitations intenses (effet barrage). Portées par le vent d'est, ces masses nuageuses basculent au-delà de la crête, sur peu de kilomètres, poursuivant leur distribution soutenue. Comme les hauts bassins français conservent leur air froid plaqué dans les basses couches, la neige descend bien plus bas que sur les pentes transalpines.
Ce régime dure fréquemment plusieurs heures, jusqu'à deux jours ; il produit alors des accumulations de neige particulièrement conséquentes (facilement 1 m ou davantage), qu'on ne retrouve pas avec les perturbations océaniques classiques, puisque ces endroits sont alors "abrités" par les massifs en amont dans le flux.
Parmi les sites concernés, le haut Val Montjoie, à proximité du col du Bonhomme, Val-d'Isère près du col de la Galise, le haut bassin de la Tarentaise, celui de la Haute Maurienne, le haut Queyras (très apprécié des "fondus" de poudreuse), Montgenèvre, le secteur du col de Tende... Par contre, la vallée de Chamonix ne reçoit rien de la Lombarde, trop à l'écart de la frontière. Au contraire, par vent de secteur est, elle est soumise au Foehn, sec, ensoleillé, doux.
Ce régime dure fréquemment plusieurs heures, jusqu'à deux jours ; il produit alors des accumulations de neige particulièrement conséquentes (facilement 1 m ou davantage), qu'on ne retrouve pas avec les perturbations océaniques classiques, puisque ces endroits sont alors "abrités" par les massifs en amont dans le flux.
Parmi les sites concernés, le haut Val Montjoie, à proximité du col du Bonhomme, Val-d'Isère près du col de la Galise, le haut bassin de la Tarentaise, celui de la Haute Maurienne, le haut Queyras (très apprécié des "fondus" de poudreuse), Montgenèvre, le secteur du col de Tende... Par contre, la vallée de Chamonix ne reçoit rien de la Lombarde, trop à l'écart de la frontière. Au contraire, par vent de secteur est, elle est soumise au Foehn, sec, ensoleillé, doux.
La Lombarde est dirigée par une dépression à l'est des Alpes, voire sur le Golfe de Gênes. Dépression associée à une "goutte froide". Si celle-ci remonte en direction des Alpes, elle favorise le déclenchement de nombreux orages. En fait, en été, ce type de temps est rare, plutôt réservé à l'automne (éventuellement associé aux épisodes cévenols), à l'hiver, à la première moitié du printemps.
Régime de sud
14 juillet 2003 à 12h UTC :
Au coeur de la "canicule" de l'"été meurtrier".
Vaste champ anticyclonique caractéristique durable de la période ("anomalie"), sur l'Europe du Nord et de l'Est, sur l'Océan.
Marais barométrique sur l'Espagne et la France, donc associé à des vents faibles, inorganisés, favorisant la surchauffe.
La flèche rouge montre le vent chaud saharien vers 5000 m (transport de sable possible, quoique non perceptible sur l'image satellitaire)...
L'image satellite affiche une perturbation anémique aux larges des côtes atlantiques, un ciel dégagé sur l'Europe de l'Ouest
Vaste champ anticyclonique caractéristique durable de la période ("anomalie"), sur l'Europe du Nord et de l'Est, sur l'Océan.
Marais barométrique sur l'Espagne et la France, donc associé à des vents faibles, inorganisés, favorisant la surchauffe.
La flèche rouge montre le vent chaud saharien vers 5000 m (transport de sable possible, quoique non perceptible sur l'image satellitaire)...
L'image satellite affiche une perturbation anémique aux larges des côtes atlantiques, un ciel dégagé sur l'Europe de l'Ouest
Souvent beaucoup de similitude avec les régimes de sud-ouest (variabilité, difficile à appréhender, chaleur, Foehn…). Tout dépend de la distance à laquelle on se trouve du lit perturbé délimitant la frontière entre air chaud à l’Est et air froid à l’Ouest (sur le proche Océan, dans l'exemple ci-dessus). Dans le lit même, c’est du très mauvais temps orageux. Sur une bande de 2 à 300 km de large à l’Est du front actif, on se trouve dans une marge instable où alternent rapidement éclaircies et brèves averses, voire orages. Encore plus à l’Est, très beau.
Mais si le flux de sud persiste et se renforce, l’origine saharienne des masses d’air qui s’installent progressivement conduit à de la très forte chaleur en été (sirocco), dans une ambiance de plus en plus sèche, sous un ciel bleu très lumineux.
Un régime assez rare toutefois. Par contre, il peut amorcer une période de beau temps durable, dans la mesure où l’injection prolongée de telles masses d’air est le meilleur moyen de construire un anticyclone solide sur l’Europe continentale, prolongement par une dorsale de l’anticyclone subtropical du Sahara, permanent en altitude.
Quelques mots sur le foehn, dont les mécanismes sont plus précisément décrits dans l'exemple grenoblois ci-dessous : Le mot, germanique (Suisse, Autriche...), vient du latin Favonius, dieu romain des vents doux et chauds (Zéphyr en Grèce). On appelle "effet de foehn" (un des aspects majeurs, universels, de l'influence orographique), chaque fois qu'un flux frappant un relief se trouve soulevé sur le versant "au vent", puis tente de rejoindre son niveau initial après avoir franchi la crête.
En principe, aggravation au vent par condensation de nuage, voire de neige/pluie, si l'air contient assez de vapeur d'eau ; amélioration "sous le vent", et donc net réchauffement, après la purge d'eau et en étant soumis à la compression de perte d'altitude. L'effet de foehn s'applique donc, par exemple, aux Vosges, alors que les régimes dominants d'ouest accumulent les pluies sur les versants lorrains, tandis que ceux d'Alsace sont plus secs (vignes). De même, la région des grands lacs italiens bénéficie d'une protection pour tous les vents d'ouest à nord-est. Son climat est quasiment subtropical.
Les régimes de Sud sont les plus favorables au foehn dans nos Alpes. Comme souvent, ils s'installent pour plusieurs jours, avec des moments de fléchissement (en principe la nuit) et de reprise, l'effet sur le système nerveux n'est pas négligeable : bruit continu, rafales, "surchauffe", grande sécheresse de l'air... au point qu'en Autriche le foehn était, dit-on, une circonstance atténuante en cas de crime, qu'en d'autres endroits les chirurgiens déprogrammaient leurs interventions.... Enfin, ce vent trop doux et durable est l'ennemi du manteau neigeux : Schneefresser, "le dévoreur de neige", tout est dit.
Un régime assez rare toutefois. Par contre, il peut amorcer une période de beau temps durable, dans la mesure où l’injection prolongée de telles masses d’air est le meilleur moyen de construire un anticyclone solide sur l’Europe continentale, prolongement par une dorsale de l’anticyclone subtropical du Sahara, permanent en altitude.
Quelques mots sur le foehn, dont les mécanismes sont plus précisément décrits dans l'exemple grenoblois ci-dessous : Le mot, germanique (Suisse, Autriche...), vient du latin Favonius, dieu romain des vents doux et chauds (Zéphyr en Grèce). On appelle "effet de foehn" (un des aspects majeurs, universels, de l'influence orographique), chaque fois qu'un flux frappant un relief se trouve soulevé sur le versant "au vent", puis tente de rejoindre son niveau initial après avoir franchi la crête.
En principe, aggravation au vent par condensation de nuage, voire de neige/pluie, si l'air contient assez de vapeur d'eau ; amélioration "sous le vent", et donc net réchauffement, après la purge d'eau et en étant soumis à la compression de perte d'altitude. L'effet de foehn s'applique donc, par exemple, aux Vosges, alors que les régimes dominants d'ouest accumulent les pluies sur les versants lorrains, tandis que ceux d'Alsace sont plus secs (vignes). De même, la région des grands lacs italiens bénéficie d'une protection pour tous les vents d'ouest à nord-est. Son climat est quasiment subtropical.
Les régimes de Sud sont les plus favorables au foehn dans nos Alpes. Comme souvent, ils s'installent pour plusieurs jours, avec des moments de fléchissement (en principe la nuit) et de reprise, l'effet sur le système nerveux n'est pas négligeable : bruit continu, rafales, "surchauffe", grande sécheresse de l'air... au point qu'en Autriche le foehn était, dit-on, une circonstance atténuante en cas de crime, qu'en d'autres endroits les chirurgiens déprogrammaient leurs interventions.... Enfin, ce vent trop doux et durable est l'ennemi du manteau neigeux : Schneefresser, "le dévoreur de neige", tout est dit.
Les autres régimes
Retours d’est
28 septembre 2007 à 12h UTC :
"Inversion du champ de pression" habituel :
- anticyclone sur l'Europe du Nord,
- dépression sur l'Europe Centrale et... à la place de l'anticyclone des Açores.
La flèche rouge indique l'origine des masses d'air chaud vers le niveau 5000m.
Nébulosité importante au coeur de l'Europe.
Une occlusion s'étire longuement du Sud de la Scandinavie, à l'Angleterre et au Jura : retour humide, doux et pluvieux dirigé par la toupie dépressionnaire
"Inversion du champ de pression" habituel :
- anticyclone sur l'Europe du Nord,
- dépression sur l'Europe Centrale et... à la place de l'anticyclone des Açores.
La flèche rouge indique l'origine des masses d'air chaud vers le niveau 5000m.
Nébulosité importante au coeur de l'Europe.
Une occlusion s'étire longuement du Sud de la Scandinavie, à l'Angleterre et au Jura : retour humide, doux et pluvieux dirigé par la toupie dépressionnaire
Extensions des régimes de Lombarde, on qualifie ainsi des perturbations originaires de Méditerranée, contournant des dépressions centrées soit sur l’Italie, soit sur les Balkans, l’Europe centrale.
Elles abordent la France par nos frontières de l’Est dans des flux qui vont de l’est au nord, selon la localisation du système dépressionnaire qui les pilote. Bien alimentées en vapeur, persistant durablement sur les mêmes axes d’activité, elles parviennent, de l’automne au printemps, malgré un très long parcours, à donner des précipitations parfois importantes, surtout en montagne.
Toutes les régions, tous les massifs peuvent être concernés, mais pas en même temps en principe, car le corps actif est celui d’une occlusion, étiré mais pas très large (par exemple : ou bien Vosges, Jura, et Alpes, ou bien Massif Central et Pyrénées…).
Naguère, des spéléos furent surpris un mois d’avril, dans le Vercors, par un de ces retours exceptionnellement long et actif, qui arrivait sur l’Isère dans un flux de nord rapide en altitude moyenne. Il fallut mobiliser de grands moyens pour les secourir. L’effet orographique avait une fois de plus frappé. A savoir que le relief accentue ou non les perturbations selon que le flux frappe les pentes (effet barrage, associé à une aggravation) ou s'en éloignent après avoir franchi les crêtes (effet de Fœhn, associé à une amélioration).
Elles abordent la France par nos frontières de l’Est dans des flux qui vont de l’est au nord, selon la localisation du système dépressionnaire qui les pilote. Bien alimentées en vapeur, persistant durablement sur les mêmes axes d’activité, elles parviennent, de l’automne au printemps, malgré un très long parcours, à donner des précipitations parfois importantes, surtout en montagne.
Toutes les régions, tous les massifs peuvent être concernés, mais pas en même temps en principe, car le corps actif est celui d’une occlusion, étiré mais pas très large (par exemple : ou bien Vosges, Jura, et Alpes, ou bien Massif Central et Pyrénées…).
Naguère, des spéléos furent surpris un mois d’avril, dans le Vercors, par un de ces retours exceptionnellement long et actif, qui arrivait sur l’Isère dans un flux de nord rapide en altitude moyenne. Il fallut mobiliser de grands moyens pour les secourir. L’effet orographique avait une fois de plus frappé. A savoir que le relief accentue ou non les perturbations selon que le flux frappe les pentes (effet barrage, associé à une aggravation) ou s'en éloignent après avoir franchi les crêtes (effet de Fœhn, associé à une amélioration).
Situation anticyclonique d'Hiver
25 janvier 2008 à 12h UTC :
Puissant anticyclone centré sur la France.
Peu de nuages épais, susceptibles de fournir des précipitations (en blanc), mais beaucoup de nuages bas ou brouillards (jaune ou gris).
Ces images ne sont d'ailleurs pas les meilleures pour identifier les brouillards, fussent-ils étendus, à cause d'une difficulté à faire le tri entre les températures du sol et celle des phénomènes condensés peu épais.
En hiver, l'anticyclone est souvent synonyme de grisaille dans les basses couches (inversion), d'excellentes conditions en altitude, au-dessus de 1000 à 1500 m, selon l'épaisseur de la nappe froide de rayonnement. Un anticyclone solide correspond à un type de temps durable sur plusieurs jours, parfois bien davantage.
C'est de la mi-janvier à la mi-février qu'on les rencontre le plus souvent. Mais il y a aussi fréquemment de longues périodes de beau temps dans la première moitié de l'automne. Beau temps qui peut tourner au sinistre en plaine quand brouillard ou stratus s'incrustent à n'en plus finir...
Schématiquement, on peut admettre que tant que le centre de l'anticyclone est positionné à l'ouest de la longitude de Paris, il distribue sur la France de l'air froid, le plus souvent accompagné de frimas (brouillards, nuages bas, fraîcheur ou plus ou moins grand froid, selon l'origine maritime ou continentale des masses d'air qui le contournent dans le sens des aiguilles d'une montre).
Au fur et à mesure que le centre se déplace plus à l'est (évolution classique), le vent s'oriente au sud-est puis au sud, apportant à la fois des températures adoucies, un air plus sec, qui efface peu à peu l'humidité des toutes basses couches pour éclairer le ciel de bleu. L'intensité des gelées nocturnes, habituelles dans ce contexte, dépend bien sûr de l'origine (maritime ou continentale) de l'air qui recouvre les plaines, des éclaircies qui s'y développent ou pas et de leur durée dans la nuit, de la présence ou non de neige au sol (de nuit, la neige rayonne fort par ciel clair, ce qui accentue la chute de la température).
Les conditions dans les vallées de montagne peuvent être bien différentes. Accumulant l'air froid et sec porté par les "brises de pentes", elles obtiennent l'opportunité de se débarrasser plus vite de l'humidité de basse couche. Tous ces équilibres subtils sont à anticiper avec les prévisions, qui flirtent ici avec leurs limites de fiabilité.
C'est de la mi-janvier à la mi-février qu'on les rencontre le plus souvent. Mais il y a aussi fréquemment de longues périodes de beau temps dans la première moitié de l'automne. Beau temps qui peut tourner au sinistre en plaine quand brouillard ou stratus s'incrustent à n'en plus finir...
Schématiquement, on peut admettre que tant que le centre de l'anticyclone est positionné à l'ouest de la longitude de Paris, il distribue sur la France de l'air froid, le plus souvent accompagné de frimas (brouillards, nuages bas, fraîcheur ou plus ou moins grand froid, selon l'origine maritime ou continentale des masses d'air qui le contournent dans le sens des aiguilles d'une montre).
Au fur et à mesure que le centre se déplace plus à l'est (évolution classique), le vent s'oriente au sud-est puis au sud, apportant à la fois des températures adoucies, un air plus sec, qui efface peu à peu l'humidité des toutes basses couches pour éclairer le ciel de bleu. L'intensité des gelées nocturnes, habituelles dans ce contexte, dépend bien sûr de l'origine (maritime ou continentale) de l'air qui recouvre les plaines, des éclaircies qui s'y développent ou pas et de leur durée dans la nuit, de la présence ou non de neige au sol (de nuit, la neige rayonne fort par ciel clair, ce qui accentue la chute de la température).
Les conditions dans les vallées de montagne peuvent être bien différentes. Accumulant l'air froid et sec porté par les "brises de pentes", elles obtiennent l'opportunité de se débarrasser plus vite de l'humidité de basse couche. Tous ces équilibres subtils sont à anticiper avec les prévisions, qui flirtent ici avec leurs limites de fiabilité.
Situation anticyclonique d'été
15 juillet 2006 à 12h UTC :
Les hautes pressions ont suivi le Soleil dans sa montée vers le tropique ; elles occupent ici des espaces immenses, ne laissant qu'une portion congrue à des dépressions anémiées sur le Nord Atlantique.
Faiblesse toutefois ("marais") sur l'Espagne, le Sud de la France...
Un effet de la surchauffe des sols et des couches atmosphériques inférieures.
Au reste, en milieu de journée, des nuages épars sur l'Espagne, d'autres déjà nombreux sur les crêtes pyrénéennes et alpines laissent présager une fin d'après-midi... bruyante. A noter la différence des couleurs entre les deux exemples d'anticyclones : celui d'hiver montre des nuances brumeuses et métalliques, celui d'été des teintes fruitées, reflets, notamment, de la grande amplitude entre les températures au sol
Faiblesse toutefois ("marais") sur l'Espagne, le Sud de la France...
Un effet de la surchauffe des sols et des couches atmosphériques inférieures.
Au reste, en milieu de journée, des nuages épars sur l'Espagne, d'autres déjà nombreux sur les crêtes pyrénéennes et alpines laissent présager une fin d'après-midi... bruyante. A noter la différence des couleurs entre les deux exemples d'anticyclones : celui d'hiver montre des nuances brumeuses et métalliques, celui d'été des teintes fruitées, reflets, notamment, de la grande amplitude entre les températures au sol
En été, les anticyclones d'été n'atteignent pas les valeurs au centre, au "niveau de la mer", de ceux d'hiver, pour la simple raison qu'ils sont chauds à la base (le pied froid d'un anticyclone lui donne un surcroît de pression). Par contre en altitude, ceux d'été n'ont rien à envier à ceux d'hiver, bien au contraire.
Les anticyclones se développent souvent après le passage d'un front froid : une cellule d'altitude "chaude" confortée par la fraîcheur des basses couches. Très vite, la surchauffe du sol lui fait perdre de sa superbe : la pression baisse sous l'effet des ascendances qui prennent de plus en plus d'ampleur, ce qui conduit fréquemment à des situations de type "marais".
Mais en cette saison, anticyclone rime avec beau (fini les inversions et leurs tristes frimas!).
Ce qui n'exclut pas des possibilités d'orages locaux, en montagne surtout, lorsque la masse d'air usée commence à céder face à l'extension verticale des "thermiques".
Les anticyclones se développent souvent après le passage d'un front froid : une cellule d'altitude "chaude" confortée par la fraîcheur des basses couches. Très vite, la surchauffe du sol lui fait perdre de sa superbe : la pression baisse sous l'effet des ascendances qui prennent de plus en plus d'ampleur, ce qui conduit fréquemment à des situations de type "marais".
Mais en cette saison, anticyclone rime avec beau (fini les inversions et leurs tristes frimas!).
Ce qui n'exclut pas des possibilités d'orages locaux, en montagne surtout, lorsque la masse d'air usée commence à céder face à l'extension verticale des "thermiques".
Marais barométrique
6 juin 2007 à 12h UTC :
Aucun "centre d'action" prépondérant ; une pression molle sur des millions de km².
En dehors de la Péninsule ibérique, où le beau temps l'emporte largement en mi-journée, l'Europe est sous l'influence de masses d'air nébuleuses, quasi immobiles, qui ne vont pas manquer d'alimenter des foyers orageux multiples dans les heures à venir, en particulier sur les reliefs.
En dehors de la Péninsule ibérique, où le beau temps l'emporte largement en mi-journée, l'Europe est sous l'influence de masses d'air nébuleuses, quasi immobiles, qui ne vont pas manquer d'alimenter des foyers orageux multiples dans les heures à venir, en particulier sur les reliefs.
L’expression vient d’une analogie avec les paysages marécageux qui sont sans reliefs, humides, souvent malsains à cause d’eaux croupissantes rarement renouvelées.
Dans le marais barométrique, tout stagne à cause d’une pression uniforme sur de très grandes étendues : le vent ne brasse rien, le froid ou la chaleur s’y accumulent, humides et désagréables. En saison chaude – où les marais barométriques sont plus fréquents –, ces configurations atones sont autant de marmites à orages.
Dans le marais barométrique, tout stagne à cause d’une pression uniforme sur de très grandes étendues : le vent ne brasse rien, le froid ou la chaleur s’y accumulent, humides et désagréables. En saison chaude – où les marais barométriques sont plus fréquents –, ces configurations atones sont autant de marmites à orages.
Situations à neige
La neige est difficile à prévoir car elle dépend de nombreux paramètres et d’une contrainte, celle du 0°C. Cela se joue souvent à quelques dixièmes dans nos régions !
Quand il pleut, c’est qu’il neige presque à coup sûr plus haut, (la fameuse limite pluie/neige). À peu de choses près, elle parvient au sol ou cesse à 100 m au-dessus (la limite est franche, bien visible sur les pentes quand cessent les précipitations).
Quand il pleut, c’est qu’il neige presque à coup sûr plus haut, (la fameuse limite pluie/neige). À peu de choses près, elle parvient au sol ou cesse à 100 m au-dessus (la limite est franche, bien visible sur les pentes quand cessent les précipitations).
limite pluie/neigeCe sont les fronts chauds, les "redoux," qui sont les plus susceptibles de produire des chutes abondantes, du moins en plaine. L’importance de la chute dépend de l’épaisseur de froid qui s’oppose à l’avancée du front chaud et du contraste entre les deux masses d’air. Il est indispensable, évidemment, que l’air froid le soit assez pour que la neige tienne au sol. Avec un sol gelé, il n’y a pas de pertes : la neige tient immédiatement. Mais, quand la chute est dense, la neige parvient à tenir au sol même si elle fondait tout au début ; il peut même se construire de jolies couches sur une base de neige fondante.
On croît parfois, à l’arrivée de nuages, que la neige va bien tenir parce qu’il fait froid depuis plusieurs jours. On est souvent déçu. Le froid n’existait qu’en basse couche. Le front chaud rencontre peu d’opposition d’une nappe froide de quelques centaines de mètres seulement : tout juste bon à donner du "verglas" (pluie traversant la petite épaisseur très froide et se prenant en glace au contact du sol gelé).
Par contre, quand arrive une perturbation active, bien approvisionnée en humidité, qu’elle vient percuter une masse froide épaisse (invasion polaire récente d’ampleur), le conflit est sévère, les précipitations qui en découlent abondantes.
Deux situations à neige :
- à gauche : faible (peu d’air froid résiste à la progression du front chaud) ; forts risques de verglas.
- à droite : forte (un conflit marqué oppose deux masses d’air très contrastées et toutes deux épaisses).
- à gauche : faible (peu d’air froid résiste à la progression du front chaud) ; forts risques de verglas.
- à droite : forte (un conflit marqué oppose deux masses d’air très contrastées et toutes deux épaisses).

Quand le beau temps devient suspect
La vie de l’atmosphère résulte de la confrontation et des échanges entre influences opposées, à la recherche d’un équilibre toujours remis en cause. Il se maintient parfois quelques jours, quelques semaines, voire quelques mois (anomalies persistantes) ; il finit toujours par basculer vers une autre organisation.
Cela est vrai à toutes les échelles : un anticyclone fonctionne toujours en duo avec une dépression, un cumulus est le siège d’ascendances compensées par des mouvements descendants à sa périphérie (en réalité l’équilibre est plutôt celui d’un ensemble d’ "engrenages" où chacun influence ceux de son voisinage en étant influencé par eux en retour).
C’est en ayant à l’esprit les "vases communicants" (qui touche à l’un, touche à l’autre…) qu’il faut se méfier, à l’échelle de la journée, des améliorations trop soudaines, trop spectaculaires et inattendues, car elles ont pour pendant… des aggravations de même importance.
L’approche d’un cumulonimbus isolé et puissant se répercute par des mouvements d’affaissement de l’atmosphère à sa périphérie, donc d’assèchement et d’amélioration. Si on se trouve sur un versant qui masque l’horizon sombre, on peut croire à un retour du beau temps dans un contexte jusque-là instable. En été, des fronts froids très orageux "écrasent" les nuages à leur approche. Durant plusieurs heures le ciel est superbe, lumineux. Méfiance ! Les traînes s’affaissent dès qu’un peu d’air chaud revient en altitude à l’avant d’un front secondaire. Améliorations franches, surprenantes, pas toujours bien anticipées par les bulletins officiels (tout simplement parce qu’elles tiennent à trois fois rien).
En somme, toujours garder le contexte en tête (on l’obtient par mille moyens : répondeurs, Internet, TV …). Toute amélioration trop belle pour être honnête doit faire l’objet d’une vraie défiance (pour qui en dispose, un coup d’œil à l’altimètre peut lever une partie du doute : s’il baisse, ne pas abaisser sa garde !). Quand on le peut, il faut essayer de savoir quelle est l’étendue de cette embellie (Internet est un outil merveilleux pour cela). Si elle s’étale sur des centaines de kilomètres à l’avant d’une perturbation, cela donne quelques bonnes heures à exploiter. Le mieux est de rechercher l’avis du spécialiste, car "la prévision est un métier".
Cela est vrai à toutes les échelles : un anticyclone fonctionne toujours en duo avec une dépression, un cumulus est le siège d’ascendances compensées par des mouvements descendants à sa périphérie (en réalité l’équilibre est plutôt celui d’un ensemble d’ "engrenages" où chacun influence ceux de son voisinage en étant influencé par eux en retour).
C’est en ayant à l’esprit les "vases communicants" (qui touche à l’un, touche à l’autre…) qu’il faut se méfier, à l’échelle de la journée, des améliorations trop soudaines, trop spectaculaires et inattendues, car elles ont pour pendant… des aggravations de même importance.
L’approche d’un cumulonimbus isolé et puissant se répercute par des mouvements d’affaissement de l’atmosphère à sa périphérie, donc d’assèchement et d’amélioration. Si on se trouve sur un versant qui masque l’horizon sombre, on peut croire à un retour du beau temps dans un contexte jusque-là instable. En été, des fronts froids très orageux "écrasent" les nuages à leur approche. Durant plusieurs heures le ciel est superbe, lumineux. Méfiance ! Les traînes s’affaissent dès qu’un peu d’air chaud revient en altitude à l’avant d’un front secondaire. Améliorations franches, surprenantes, pas toujours bien anticipées par les bulletins officiels (tout simplement parce qu’elles tiennent à trois fois rien).
En somme, toujours garder le contexte en tête (on l’obtient par mille moyens : répondeurs, Internet, TV …). Toute amélioration trop belle pour être honnête doit faire l’objet d’une vraie défiance (pour qui en dispose, un coup d’œil à l’altimètre peut lever une partie du doute : s’il baisse, ne pas abaisser sa garde !). Quand on le peut, il faut essayer de savoir quelle est l’étendue de cette embellie (Internet est un outil merveilleux pour cela). Si elle s’étale sur des centaines de kilomètres à l’avant d’une perturbation, cela donne quelques bonnes heures à exploiter. Le mieux est de rechercher l’avis du spécialiste, car "la prévision est un métier".
La goutte froide
L'expression provient de la forme fermée et arrondie de ces structures correspondant à des plus ou moins vastes plages d'air froid qui s'isolent en se coupant de toute attache avec la fameuse calotte froide polaire qui les a longtemps portées. Sur les cartes d'altitudes coloriées, elles font des taches bleues, au milieu du rouge des masses d'air chaud. Cet air froid devenu autonome met souvent plusieurs jours, jusqu'à 2 semaines, parcoure des milliers de kilomètres pour finir par se mélanger avec son environnement. Il prend un chemin parfois étrange, non exempte de retours sur ses pas.
Ces "gouttes froides" s'enfoncent très loin, voyagent même jusqu'à l'équateur, participant aux grands échanges planétaires.
Deux exemples :
- En hiver, il en arrive du Grand Nord, à travers la Finlande, la Russie... contournant les grands anticyclones d'altitude. On en retrouve sur la France, sans qu'elle ne soient vraiment perceptibles au sol, tant qu'elles ne s'approchent pas d'une mer. Dans ce cas, la dépression d'altitude qu'elles transportent crée un appel d'humidité. Pour peu que l'air soit très froid sur le continent, ces remontées humides impromptues peuvent donner de grosses chutes sur les côtes méditerranéennes, les reliefs proches, remonter par la Vallée du Rhône et mettre la panique dans le trafic automobile.
- En été, il s'en isole fréquemment dans les parages des Canaries où les ascendances (instabilité du froid atmosphérique au-dessus de la mer chaude) les emplissent d'humidité. Aspirées par des perturbations circulant aux latitudes tempérées, elles remontent dans les flux de sud-ouest, apportant des aggravations orageuses assez sournoises.
Ces "gouttes froides" s'enfoncent très loin, voyagent même jusqu'à l'équateur, participant aux grands échanges planétaires.
Deux exemples :
- En hiver, il en arrive du Grand Nord, à travers la Finlande, la Russie... contournant les grands anticyclones d'altitude. On en retrouve sur la France, sans qu'elle ne soient vraiment perceptibles au sol, tant qu'elles ne s'approchent pas d'une mer. Dans ce cas, la dépression d'altitude qu'elles transportent crée un appel d'humidité. Pour peu que l'air soit très froid sur le continent, ces remontées humides impromptues peuvent donner de grosses chutes sur les côtes méditerranéennes, les reliefs proches, remonter par la Vallée du Rhône et mettre la panique dans le trafic automobile.
- En été, il s'en isole fréquemment dans les parages des Canaries où les ascendances (instabilité du froid atmosphérique au-dessus de la mer chaude) les emplissent d'humidité. Aspirées par des perturbations circulant aux latitudes tempérées, elles remontent dans les flux de sud-ouest, apportant des aggravations orageuses assez sournoises.
Les temps de traîne
Retour rapide sur les temps de traîne pour signaler que le météo en distingue trois catégories , en rapport avec l’épaisseur et l’intensité du dôme d’air froid qui suit le front.
Traîne faible :
cumulus humilis et mediocris
Traîne modérée :
cumulus congestus
Traîne chargée :
cumulonimbus
De la traîne au beau temps
A l’arrière du front froid, le schéma d’évolution est classique. Soit la traîne est limitée et l’amélioration s’installe vite. Soit elle est plus chargée et on a les phases suivantes. Juste derrière le front froid, une embellie de quelques instants : la perturbation s’éloigne, le sol n’a pas eu le temps de chauffer, les cumulus sont très restreints. Vite, tout cela évolue. Ce qui dépend, on vient de le voir, de la vigueur de l’invasion froide.
Averse de traîne se dirigeant sur Grenoble
Fin des averses, mais l'étalement des nuages à gommé les éclaircies : on hérite alors d’une couche soudée, qui, au printemps notamment, et tout particulièrement au pied de l’arc alpin, de Bâle ou Zurich jusqu’à Grenoble, dure parfois plusieurs jours. Le cycle s’achève par la fragmentation puis la dissipation des stratocumulus et le retour du beau temps. Une succession d’étapes qui prend aussi bien 24 h que parfois 8 jours !...
Traîne faible :
Peu d’air froid. La convection ne produit que des petits cumulus (humilis et mediocris), de ceux qu’on appelle de "beau temps". L’air froid s’affaisse vite, forme un anticyclone : il fait beau. Un ciel à photos car l’air est propre, lavé de ses impuretés pour quelques heures. En été, ce beau temps peut durer plusieurs jours ; en hiver, il est à craindre que la nuit suivante n’apporte des brouillards de rayonnement qui, d’abord localisés, s'étendront à d’autres régions si la situation se stabilise (mais "grand beau" en montagne).
cumulus humilis et mediocrisTraîne modérée :
Injection d’air froid plus conséquente. La température est bien rafraîchie. En plaine, des éclaircies alternent avec des passages nuageux temporairement denses. Les cumulus vont jusqu’à prendre des volumes menaçants et donner quelques averses éparses.
La montagne est dans les nuages et il y fait froid dans un vent vif. C’est l’affaire d’une journée ou deux, avant le retour du beau temps, à moins que ça ne soit celui d’une autre perturbation.
La montagne est dans les nuages et il y fait froid dans un vent vif. C’est l’affaire d’une journée ou deux, avant le retour du beau temps, à moins que ça ne soit celui d’une autre perturbation.
cumulus congestusTraîne chargée :
Cette fois, l’invasion polaire est vigoureuse. L’instabilité fabrique des quantités de cumulus qui évoluent vite en journée en nuages menaçants (cumulus congestus, cumulonimbus) distribuant de nombreuses averses de pluie, de neige, de grésil, localement accompagnées de quelques coups de tonnerre. C’est le temps typique des giboulées. Le vent est soutenu, froid, l’humidité transperce. La montagne est prise des heures durant, sans connaître les répits observés en plaine. Les images satellitaires montrent de très belles distributions nuageuses à l’occasion de ces coulées polaires : des vastes plages arrondies dans leur partie méridionale, constellées des taches blanches des cumulus et cumulonimbus, séparés par des espaces de ciel dégagé, comme un pavage ou encore des "nids d’abeilles".
cumulonimbusDe la traîne au beau temps
A l’arrière du front froid, le schéma d’évolution est classique. Soit la traîne est limitée et l’amélioration s’installe vite. Soit elle est plus chargée et on a les phases suivantes. Juste derrière le front froid, une embellie de quelques instants : la perturbation s’éloigne, le sol n’a pas eu le temps de chauffer, les cumulus sont très restreints. Vite, tout cela évolue. Ce qui dépend, on vient de le voir, de la vigueur de l’invasion froide.
Avec les traînes modérées à chargées, le ciel se peuple rapidement en journée de cumulus plus ou moins nombreux, nés des ascendances parties du sol plus chaud que la masse d’air. La densité nuageuse et sa capacité à donner plus ou moins de précipitations sont en relation avec le contraste de température sol/air et l’humidité atmosphérique. On est dans la phase active. Au bout de quelques heures, voire de 48 h, l’éloignement du coeur le plus froid se traduit par un affaiblissement de la traîne. Le baromètre est à la hausse, un anticyclone remplace la configuration dépressionnaire, au moins en altitude ; il assèche la masse d’air, mais d’abord au-dessus de 2 000 m. Les têtes de cumulus butent contre cette inversion et s’étalent : on passe d’une organisation nuageuse verticale à une horizontale, à savoir des cumulus au stratocumulus.
Averse de traîne se dirigeant sur GrenoblePartie 5 - La prévision
De l’empirique au numérique
Durant des siècles, Météorologiques, le traité d’Aristote, fut la référence en matière de prévisions. Au xvii siècle, Descartes, avec son ouvrage Les Météores, fit entrer la météorologie dans le domaine des sciences physiques.
À cette même époque, l’invention du thermomètre, du pluviomètre, du baromètre et de l’anémomètre, ainsi que l’apparition des premiers réseaux d’observations locaux permirent de découvrir les relations entre les vents et le temps. La météo se détachait de l’emprise des astrologues pour devenir une science à part entière.
Les dictons
"Matin rouge fait pluie / Soir rouge beau temps"
Ainsi en est-il de ces aphorismes un peu flous, échos des temps anciens, sur la couleur des cieux matinaux ou vespéraux et leurs présages : au Pays basque, par exemple, un œil vers les Pyrénées, on l’exprime sous cette forme : "Matin rouge fait pluie / Soir rouge beau temps." Les couleurs rougeâtres éclairant la base des nuages alors que le Soleil émerge à l’est prouvent que le ciel est dégagé dans cette direction, tandis qu’il se charge à l’ouest, secteur d’où viennent le plus souvent les vents porteurs de pluie. Pareil le soir, mais en inversant les rôles.
Pareil le soir, mais en inversant les rôles. Si le Soleil disparaît à l’ouest en enflammant les nuages, c’est que le ciel se dégage dans la bonne direction.
On le retrouve ailleurs sous d’autres formulations comme : "Rouge le soir, espoir / Rouge le matin, la pluie est en chemin". Ce qui fait immédiatement penser au célèbre "La pluie du matin n’arrête pas le pèlerin". Globalement, il n’y a pas de données statistiques permettant d’étayer cette assertion, les précipitations arrivant en fin de nuit n’ayant pas, a priori, de raison de moins durer que les autres. Pourtant, on constate fréquemment à la bonne saison des rebonds de l’activité orageuse en fin de nuit ; ils se traduisent par des averses locales ou pour le moins des ciels lourds de menaces au réveil.
On le retrouve ailleurs sous d’autres formulations comme : "Rouge le soir, espoir / Rouge le matin, la pluie est en chemin". Ce qui fait immédiatement penser au célèbre "La pluie du matin n’arrête pas le pèlerin". Globalement, il n’y a pas de données statistiques permettant d’étayer cette assertion, les précipitations arrivant en fin de nuit n’ayant pas, a priori, de raison de moins durer que les autres. Pourtant, on constate fréquemment à la bonne saison des rebonds de l’activité orageuse en fin de nuit ; ils se traduisent par des averses locales ou pour le moins des ciels lourds de menaces au réveil.
Nuages rouges au coucher du Soleil à Chamonix"S’il pleut à la Saint-Médard, il pleut 40 jours plus tard"
Il ne faut pas prendre ces sentences strictement à la lettre (bon nombre paraissent farfelues ou bien ont perdu leur sens, caché dans leur traduction du patois au français, hors du contexte de l’époque et des particularités géographiques locales), car la prétention de leur auteur n’était sans doute pas d’en faire une recette universelle en quelques mots mais se limitait à proposer un pense-bête. Celui se rapportant aux ciels rouges nous donne un bon exemple de détournement de sens possible. Si on l’utilise extensivement, alors que seuls quelques nuages sont présents, on n’en tire pas une information très fiable. En revanche, si les nuages sont ceux d’une nappe étendue, compacte, assombrie vers l’horizon, les deux observations sont très pertinentes, surtout celle du soir.
À Chamonix, quand au bout d’une longue journée de pluie d’été, un pinceau de lumière, courant sous la nappe ténébreuse des nuages encore accrochés au massif, vient illuminer le front du glacier des Bossons, les guides disent avec raison que l’amélioration est en cours puisque le ciel s’ouvre à l’ouest.
Autre vedette : "S’il pleut à la Saint-Médard (8 juin), il pleut quarante jours plus tard." Cela signifie-t-il qu’il pleut le quarantième jour après la SaintMédard, ce qui serait sans intérêt et parfaitement sans fondement, ou plutôt que le mauvais temps amorcé début juin risque de durer longtemps, trop longtemps en cette période de fenaison et de début de moisson ? Intéressant dans la mesure où juin, charnière entre printemps et été, est un mois très contrasté d’une année sur l’autre : aussi bien carrément estival (comme en 2003) que d’une médiocrité affligeante. Il est même assez fréquent que le vrai beau temps ne s’installe qu’après le 10 juillet. La mondialisation, avec cette facilité désormais inouïe des échanges qui réduit les distances, va jusqu’à faire adopter chez nous un dicton d’outre-Atlantique : le fameux "été indien", devenu populaire grâce à une chanson de Joe Dassin. La greffe a d’autant mieux pris qu’effectivement, ici comme là-bas, le début d’automne, autre période charnière, offre fréquemment de longues semaines de beau temps flamboyant des mille couleurs chaudes des feuillages que les frimas emporteront bientôt.
Les dictons fondés sur l’observation du comportement des plantes et des animaux méritent certainement beaucoup d’attention, tant la nature est un tout. Si les oignons accumulent des peaux, ne serait-ce pas à cause d’une anomalie climatique subie, dont on peut imaginer le prolongement ? Si les hirondelles volent haut ou bas, c’est à la poursuite des insectes, transportés par des ascendances plus ou moins hautes, selon l’état atmosphérique de basse couche, lui-même dépendant d’un contexte météo. Il faut donc savoir trier parmi les dictons...
LE COUCHER DE SOLEIL SUR LE MONT BLANC
Il est à Chamonix un témoin prestigieux de l’état du ciel à distance, un géant qui porte son regard à des centaines de kilomètres, avantage indéniable alors que dans la vallée les versants limitent justement la visibilité à quelques centaines de mètres : Sa Majesté le mont Blanc !
Chaque coucher de soleil y est observé très attentivement. S’il est propre, s’il passe imperceptiblement du blanc éclatant des glaciers à des nuances plus chaudes puis roses, vraiment roses, jusqu’à la dernière seconde avant qu’elles ne laissent place au blafard des neiges crépusculaires, c’est que le Soleil s’est couché dans un ciel pur. Mais, si le rose vire brusquement au grisâtre, nul doute qu’à l’horizon le Soleil a terminé sa course dans une bande nuageuse importune. Illustre exemple de ce qu’a pu apporter l’observation minutieuse de l’environnement aux anciens, lorsque paysan, marin, berger, guide... il fallait bien se débrouiller avec les moyens du bord.
Il est à Chamonix un témoin prestigieux de l’état du ciel à distance, un géant qui porte son regard à des centaines de kilomètres, avantage indéniable alors que dans la vallée les versants limitent justement la visibilité à quelques centaines de mètres : Sa Majesté le mont Blanc !
Chaque coucher de soleil y est observé très attentivement. S’il est propre, s’il passe imperceptiblement du blanc éclatant des glaciers à des nuances plus chaudes puis roses, vraiment roses, jusqu’à la dernière seconde avant qu’elles ne laissent place au blafard des neiges crépusculaires, c’est que le Soleil s’est couché dans un ciel pur. Mais, si le rose vire brusquement au grisâtre, nul doute qu’à l’horizon le Soleil a terminé sa course dans une bande nuageuse importune. Illustre exemple de ce qu’a pu apporter l’observation minutieuse de l’environnement aux anciens, lorsque paysan, marin, berger, guide... il fallait bien se débrouiller avec les moyens du bord.
"Noël au balcon, Pâques aux tisons"
D’autres réclament certainement une interprétation psycho-climatologique, comme le fameux "Noël au balcon, Pâques aux tisons." Noël est un bon exemple de décalage entre ce qu’on attend de lui – la vision de carte postale de la petite maison sous sa neige épaisse et trois sapins blancs alentour – et la réalité. La réalité, c’est que nous sommes, à cette date, au début de l’hiver seulement, que l’inertie thermique des mers épuise ses dernières réserves de calories estivales et que, en général, il ne fait pas souvent aussi froid – et neigeux – qu’on le souhaiterait ou que l’image d’Épinal le véhicule. À Pâques, c’est l’inverse. Fatigués des frimas, des jours courts, des arbres sans feuilles, on s’est inventé une image idyllique de douceur, de ciel bleu pour les cloches, de petites robes fraîches et pimpantes. Ce n’est pas souvent le cas : le pôle, les mers encore froides nous injectent la plupart du temps des bons régimes de giboulées qui nous tiennent plus devant le feu de cheminée qu’en short et tee-shirt sur les sentiers.
En quatre mots, ce dicton fait donc un remarquable constat de la réalité des saisons.
Au demeurant, notre civilisation des loisirs attend beaucoup du printemps, des week-ends, des vacances en général (l’idéal serait qu’il pleuve la nuit, qu’il fasse beau le jour !). Le printemps est rarement à la hauteur de nos rêves, surtout en montagne, pour les raisons expliquées plus haut.
Une antenne qui fait la trace… À l’époque du numérique
Nourris des données accumulées dans l’instant grâce aux observateurs, aux stations automatiques (température, humidité, pression, direction et force du vent...), aux satellites (nuages, profils verticaux de température, d’humidité, répartition des vents, de l’activité des éclairs...), aux radars (position et intensité des précipitations), véhiculées par des transmissions sophistiquées, rapides et denses, des stations de mesure à un centre national de collecte, puis échangées entre nations, les supercalculateurs des grands pays riches, aux capacités de calcul désormais vertigineuses, analysent, traitent, anticipent l’évolution sur plusieurs jours : la prévision est bien loin désormais des prédictions des chamans ou autres sorciers des âges obscurs. Elle n’a rien à voir avec l’anecdotique : c’est du sérieux, du solide... mais pour autant ce n’est pas garanti 100 %.
D’ailleurs, si ça l’était, tout le monde le saurait, et puis, ayant calculé du certain pour dans dix jours, l’ordinateur saurait repartir de cette base sans faille pour prolonger de dix jours en dix jours jusqu’à l’infini. Nous sommes encore très éloignés de ce schéma, et c’est tant mieux : la variabilité, le mystère total du ciel au-delà de quelques jours n’est-il pas un piment de la vie ?
La prévision assistée par ordinateur
L’informatique a ses mérites, son efficacité exponentielle est stupéfiante. Que de progrès depuis qu’elle a fait irruption dans l’opérationnel il n’y a guère plus de trente ans ! Entre l’époque où le prévisionniste n’avait pour outils que son crayon, sa gomme, son expérience, son intuition (la météo de papa était en somme celle de grand-papa, soumise aux mêmes insuffisances, aux mêmes limites et doutes : difficile de dépasser 48 heures dans de telles conditions...) et l’ère de la prévision numérique, que d’évolutions !
Il serait injuste de ne pas rendre hommage à tous les chercheurs qui ont développé les théories, programmé, amélioré de jour en jour, que ce soit dans la stricte science de l’atmosphère (sans oublier les disciplines connexes comme les incontournables océanographie, astronomie...) ou dans celle de l’informatique.
On dispose désormais de prévisions d’une grande qualité à court terme (72 heures), de tendances très utiles à moyen terme (de 4 à 7 jours), d’indications intéressantes jusqu’à 14 jours, limite vraisemblable de l’approche déterministe (calculable en application des lois de la thermodynamique). Au-delà, des résultats encourageants proviennent de pronostics statistiques, fondés sur les téléconnexions, ces relations flagrantes que l’on découvre entre des régions séparées par des milliers de kilomètres. Le premier et plus spectaculaire exemple est celui des répercussions sur l’ensemble de la planète d’El Niño : il apparaît vers Noël, provoquant des pluies intenses, catastrophiques sur les pentes instables des Andes, un bouleversement de l’économie de la pêche par la raréfaction des poissons... C’est une vaste migration vers le Pérou et le Chili d’eau chaude provenant de l’ouest du Pacifique équatorial qui est en cause. Le dernier épisode très puissant, celui de 1997-1998 (du niveau de celui de 1982-1983), et ses conséquences, souvent dommageables un peu partout, furent anticipés plusieurs mois à l’avance, ce qui est très prometteur pour l’avenir de cette méthode.
LA PRÉVISION À DISTANCE
Le domaine de compétence du prévisionniste s’étend en fonction des cartes dont il dispose. Les mécanismes météo sont les mêmes sous toutes les latitudes, il suffit de réfléchir un peu pour les appliquer à un nouveau terrain. Toutefois, pour faire la meilleure prévision possible à distance, il est très important de disposer de retours sur place pour bien prendre en compte la "signature locale".
À partir de l’été 1969, les alpinistes qui venaient me consulter à Chamonix cherchaient à échapper aux longues périodes de mauvais temps en me demandant ce que je pensais des conditions dans les Alpes du Sud, les Calanques, les Dolomites, le Piz Badile au sud de l’Engadine, un mur cher à Gaston Rébuffat. Il suffisait de jouer avec les oppositions caractérisées, selon le régime des vents. Quand l’ouest ou le nord-ouest accablent les massifs qui s’opposent à leur mouvement, il dégage le ciel des contrées sous le vent : mauvais sur le nord des Alpes signifie souvent beau ou plutôt beau au sud, en Italie.
De nos jours, Internet a complètement bouleversé le paysage météo, l’étendant à tous les recoins de la planète. Yannick Giezendanner, du Centre météo départemental de Chamonix, l’a vite compris. Ayant toujours cultivé la relation amicale avec les alpinistes, c’est tout naturellement qu’ils lui demandèrent, à la fin des années 1990, de leur fournir des prévisions par téléphone satellite, aussi bien pour l’Himalaya que la Patagonie ou la Géorgie du Sud... Les cartes d’analyses et de prévision de Météo-France couvrant l’ensemble de la planète, ainsi que les images satellitaires du CMS (Centre de météorologie spatiale) de Météo-France à Lannion, complétées par les observations sur place des grimpeurs, autorisent maintenant une assistance sans frontières.
Désormais Yann est pour beaucoup, le "routeur des cimes".
Le domaine de compétence du prévisionniste s’étend en fonction des cartes dont il dispose. Les mécanismes météo sont les mêmes sous toutes les latitudes, il suffit de réfléchir un peu pour les appliquer à un nouveau terrain. Toutefois, pour faire la meilleure prévision possible à distance, il est très important de disposer de retours sur place pour bien prendre en compte la "signature locale".
À partir de l’été 1969, les alpinistes qui venaient me consulter à Chamonix cherchaient à échapper aux longues périodes de mauvais temps en me demandant ce que je pensais des conditions dans les Alpes du Sud, les Calanques, les Dolomites, le Piz Badile au sud de l’Engadine, un mur cher à Gaston Rébuffat. Il suffisait de jouer avec les oppositions caractérisées, selon le régime des vents. Quand l’ouest ou le nord-ouest accablent les massifs qui s’opposent à leur mouvement, il dégage le ciel des contrées sous le vent : mauvais sur le nord des Alpes signifie souvent beau ou plutôt beau au sud, en Italie.
De nos jours, Internet a complètement bouleversé le paysage météo, l’étendant à tous les recoins de la planète. Yannick Giezendanner, du Centre météo départemental de Chamonix, l’a vite compris. Ayant toujours cultivé la relation amicale avec les alpinistes, c’est tout naturellement qu’ils lui demandèrent, à la fin des années 1990, de leur fournir des prévisions par téléphone satellite, aussi bien pour l’Himalaya que la Patagonie ou la Géorgie du Sud... Les cartes d’analyses et de prévision de Météo-France couvrant l’ensemble de la planète, ainsi que les images satellitaires du CMS (Centre de météorologie spatiale) de Météo-France à Lannion, complétées par les observations sur place des grimpeurs, autorisent maintenant une assistance sans frontières.
Désormais Yann est pour beaucoup, le "routeur des cimes".
La modélisation
Les supercalculateurs utilisent les données du monde entier pour réaliser les prévisions (observations au sol, bouées ou navires sur mer, avions, télédétections satellitaires...). La performance est d’autant plus exceptionnelle qu’ils travaillent sur plusieurs niveaux (60 pour le modèle Arpège de Météo-France), répartis du voisinage de la surface mer jusque vers 50 km d’altitude. Chaque niveau est organisé en grille, à la maille plus ou moins serrée.
Tous les paramètres des observations, répartis un peu au hasard à la surface de la Terre (la position des stations de mesures, à proximité des grandes villes, souvent sur les aérodromes), sont d’abord ordonnés, par interpolation aux nœuds des mailles, aux sommets des cubes contigus que les grilles superposées dessinent. Cette première organisation rigoureuse en réseaux à trois dimensions s’appelle l’analyse. Vient ensuite la prévision qui, en appliquant les équations de la thermodynamique et de la mécanique des fluides, fait évoluer, petit pas par petit pas (autour de 10 minutes), tous les paramètres des sommets de cubes.
Un travail colossal, qui demande deux à trois heures selon les modèles, et répété aux heures principales de mesures (réseaux de 00, 06, 12, 18 utc) pour ajuster les résultats aux toutes dernières évolutions détectées (recalage constant du modèle par assimilation en continu des informations qui arrivent hors réseaux).
La maille, dans les années 1980, était de l’ordre de 120 km (exemple : un nœud sur Lyon, un autre sur Albertville, un troisième vers Ivrea dans le Val d’Aoste) ; le profil fictif résultant de cet échantillonnage très discret n’attribuait alors aux Alpes guère plus que le standing d’une colline !
Tableau récapitulatif des résolutions horizontales pour les trois modèles de référence de Météo-France en 2026.

Pourquoi ces différences ?
L'enjeu est de trouver l'équilibre entre la précision et le temps de calcul :
AROME nécessite une puissance de calcul colossale car il traite des équations complexes (non-hydrostatiques) sur une grille très serrée. On ne peut donc pas le faire tourner sur la planète entière.
ARPEGE utilise une astuce mathématique appelée "le facteur de tassement" : la grille est étirée au-dessus de la France pour être très précise (5 km) et relâchée de l'autre côté du globe pour économiser des ressources.
L'imbrication : ARPEGE donne la tendance générale (le flux d'air global), et AROME "zoome" à l'intérieur de ce flux pour voir ce qui se passe entre deux montagnes ou sur une côte.
Des mailles de l’ordre du kilomètre sont utilisées pour des études sur des bassins versants par exemple. Car plus elle est réduite plus elle épouse le relief (un peu comme l’échelle d’une carte), plus elle exige de la puissance et du temps de calcul. Cette acuité de résolution est particulièrement importante pour les régions montagneuses où l’extrême découpe du terrain justifie qu’on le restitue fidèlement, précisément. Grâce à ces considérables et exaltants progrès, l’amélioration continue de la prévision des champs de valeurs fait que le pronostic à 3 jours est aujourd’hui meilleur que celui à 24 h d’il y a 25 ans. Météo-France est l’un des services météorologiques leader au monde pour la simulation numérique. Dans le partage des tâches recommandé par l’OMM et la logique économique, elle concentre ses efforts sur les 4 jours à venir, le relais étant pris au-delà par le CEPMMT (Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme) à Reading (Angleterre), organisme communautaire auquel la France apporte une contribution majeure en crédits et en spécialistes.
Le prévisionniste local affine les résultats numériques en les adaptant à l’échelle et aux besoins de la zone qu’il couvre. Il traduit l’information technique en langage courant. Cette expertise humaine est, bien sûr, particulièrement appréciée en pays de montagne, d’autant que les activités qui s’y exercent engagent, davantage encore qu’en plaine, la sécurité de ceux qui s’y adonnent.
L’INDICE DE CONFIANCE
L’inconvénient du chaos s’est vu récemment détourné et transformé en outil d’aide à la prise de décision. Les centres de prévisions numériques font "tourner" le modèle un grand nombre de fois (51 en France), en apportant à chaque fois de petites modifications vraisemblables, selon les critères les plus pertinents. Le calculateur produit autant de solutions différentes. Une méthode a été mise au point pour quantifier la dispersion des solutions : l’indice de confiance. C’est une échelle à 5 niveaux utilisée pour les prévisions du 4e au 7e jour.
Plus la prévision est sûre, plus le chiffre est élevé : l’indice 4, par exemple, indique un niveau de fiabilité déjà solide, en haut de l’échelle (attention, il ne signifie pas 80 % de réussite !). Bien avant cette méthode officielle et scientifique, dans les années 1980, des usagers avaient inventé, empiriquement, une formule très voisine dans son principe. Ayant accès dans les Alpes du Nord à 4 répondeurs météo, ils les consultaient tous et se faisaient leur propre opinion à partir de la dispersion des solutions. Une tactique subtile pour tester la plus ou moins grande cohérence des prévisionnistes face à telle ou telle situation. La difficulté de prévoir fluctue beaucoup selon le type de temps : en plein anticyclone, le doute est pratiquement effacé dans le court terme, en situation de secteur sud en revanche, la méfiance reste toujours de rigueur.
Mais les temps ont changé : la solution numérique devient tellement crédible que bien fou serait le prévisionniste qui la bouderait.
L’inconvénient du chaos s’est vu récemment détourné et transformé en outil d’aide à la prise de décision. Les centres de prévisions numériques font "tourner" le modèle un grand nombre de fois (51 en France), en apportant à chaque fois de petites modifications vraisemblables, selon les critères les plus pertinents. Le calculateur produit autant de solutions différentes. Une méthode a été mise au point pour quantifier la dispersion des solutions : l’indice de confiance. C’est une échelle à 5 niveaux utilisée pour les prévisions du 4e au 7e jour.
Plus la prévision est sûre, plus le chiffre est élevé : l’indice 4, par exemple, indique un niveau de fiabilité déjà solide, en haut de l’échelle (attention, il ne signifie pas 80 % de réussite !). Bien avant cette méthode officielle et scientifique, dans les années 1980, des usagers avaient inventé, empiriquement, une formule très voisine dans son principe. Ayant accès dans les Alpes du Nord à 4 répondeurs météo, ils les consultaient tous et se faisaient leur propre opinion à partir de la dispersion des solutions. Une tactique subtile pour tester la plus ou moins grande cohérence des prévisionnistes face à telle ou telle situation. La difficulté de prévoir fluctue beaucoup selon le type de temps : en plein anticyclone, le doute est pratiquement effacé dans le court terme, en situation de secteur sud en revanche, la méfiance reste toujours de rigueur.
Mais les temps ont changé : la solution numérique devient tellement crédible que bien fou serait le prévisionniste qui la bouderait.
Contraintes
Un milieu chaotique
La difficulté de prévision des phénomènes atmosphériques vient de ce que l’atmosphère est un fluide turbulent, influencé par les continents et, bien davantage encore – à cause de leur ampleur, de leur grande inertie thermique – par les océans, excité depuis quelques décennies par l’homme et ses pollutions (le "réchauffement climatique"). Nous sommes dans un milieu "chaotique" chahuté par plein d’influences.
En 1972, le météorologue américain Edward Norton Lorenz soumit cette question à ses collègues lors d’une conférence : "le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?"… C’est dire à quel point il estimait qu’il suffit d’un rien pour impulser une nouvelle transformation, un changement de direction, une évolution d’intensité inattendue. Autant il est assez facile de prévoir la trajectoire sur une assez grande distance d’un objet flottant sur un "long fleuve tranquille" de plaine, autant il est impossible de réussir la même anticipation pour un torrent où, de rocher en tourbillon, l’eau s’affole sans cohérence apparente.
Certes les prévisions sont loin d’être parfaites malgré leurs immenses progrès, mais il faut bien garder à l’esprit leur caractère extrêmement complexe… et tirer son chapeau à tous ces chercheurs qui les ont tant fait progresser en si peu d’années.
Les affres du prévisionniste…
Un problème d’échelles
La difficulté de prévoir n’est pas la même selon la dimension du phénomène auquel on s’intéresse et la plus ou moins grande proximité de l’échéance : plus un phénomène est vaste, plus s’allonge la période de fiabilité correcte de sa prévision. On distingue, principalement :
- l’échelle aérologique (1 à 10 km), celle des averses, des orages ;
- la méso-échelle (10 à 100 km), celle des vents régionaux comme les brises, le foehn, le mistral ;
- l’échelle synoptique (100 à 1 000 km), celle des perturbations ;
- l’échelle planétaire de la circulation générale.
Il est impossible de prévoir correctement l’arrivée d’un orage ponctuel sur un site plus de 1 à 2 h à l’avance (orage isolé, pas celui qui dépend d’une structure plus grande comme un front, une plage instable). Les vents régionaux, les perturbations ne pas sont annoncés avec une bonne précision au-delà de 3 à 4 jours. A l’échéance d’une semaine, seuls les types de temps se dégagent valablement (régimes d’ouest, de nord, de sud…), ce qui représente en soi déjà une très belle performance et rend de grands services. Les "anomalies" de la circulation générale commencent à être anticipés plusieurs mois, voire une année avant (El Niño).
La difficulté de prévision des phénomènes atmosphériques vient de ce que l’atmosphère est un fluide turbulent, influencé par les continents et, bien davantage encore – à cause de leur ampleur, de leur grande inertie thermique – par les océans, excité depuis quelques décennies par l’homme et ses pollutions (le "réchauffement climatique"). Nous sommes dans un milieu "chaotique" chahuté par plein d’influences.
En 1972, le météorologue américain Edward Norton Lorenz soumit cette question à ses collègues lors d’une conférence : "le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?"… C’est dire à quel point il estimait qu’il suffit d’un rien pour impulser une nouvelle transformation, un changement de direction, une évolution d’intensité inattendue. Autant il est assez facile de prévoir la trajectoire sur une assez grande distance d’un objet flottant sur un "long fleuve tranquille" de plaine, autant il est impossible de réussir la même anticipation pour un torrent où, de rocher en tourbillon, l’eau s’affole sans cohérence apparente.
Certes les prévisions sont loin d’être parfaites malgré leurs immenses progrès, mais il faut bien garder à l’esprit leur caractère extrêmement complexe… et tirer son chapeau à tous ces chercheurs qui les ont tant fait progresser en si peu d’années.
Faire du chaos un allié…
L’inconvénient du chaos s’est vu récemment détourné, transformé en outil d’aide à la prise de décision. Les centres de prévisions numériques font "tourner" le modèle un grand nombre de fois (51, en France), en apportant à chaque fois de petites modifications vraisemblables, selon les critères les plus pertinents. En application de la formule du "papillon" (une image !), le calculateur produit autant de solutions différentes. Une méthode a été mise au point pour quantifier la "dispersion" des solutions : l’ "indice de confiance".
Une échelle à 5 niveaux, utilisée à partir du 4ème jour d’échéance jusqu’au 7ème ("moyenne échéance"). Bien se souvenir que l’indice 4 ne signifie pas du tout 80% de chance de réussite, mais simplement un niveau de fiabilité déjà solide, en haut de l’échelle (un hôtel 4* n’atteint pas 80 % de la perfection, qui n’est pas mesurable). Bien avant cette méthode officielle et scientifique, dans les "années 80", des usagers avaient inventé, empiriquement, une formule très voisine dans son principe.
Comme, dans les Alpes du Nord, ils avaient déjà accès à plusieurs répondeurs (4), ils les consultaient tous. Et se faisaient une opinion de crédibilité à partir… de la dispersion des solutions, justement. Une tactique subtile pour "sentir le vent", surtout tester la plus ou moins grande cohérence des prévisionnistes face à telle ou telle situation, tant il est vrai que la difficulté de prévoir fluctue beaucoup selon le "type de temps" : en plein anticyclone, le doute est pratiquement effacé dans le court terme, en situation de secteur sud par contre, la méfiance reste toujours de rigueur (même l’ordinateur transpire !...).
Mais les choses ont changé : la solution numérique devient tellement crédible que bien fol serait le prévisionniste qui la bouderait. On comprendra aisément la notion d’inévitable accentuation de la dispersion avec le temps par l’image suivante : au tir à la carabine, un angle infime au départ se traduit par un écart minime sur une cible proche, mais de plus en plus grand à mesure que la cible s’éloigne.
L’inconvénient du chaos s’est vu récemment détourné, transformé en outil d’aide à la prise de décision. Les centres de prévisions numériques font "tourner" le modèle un grand nombre de fois (51, en France), en apportant à chaque fois de petites modifications vraisemblables, selon les critères les plus pertinents. En application de la formule du "papillon" (une image !), le calculateur produit autant de solutions différentes. Une méthode a été mise au point pour quantifier la "dispersion" des solutions : l’ "indice de confiance".
Une échelle à 5 niveaux, utilisée à partir du 4ème jour d’échéance jusqu’au 7ème ("moyenne échéance"). Bien se souvenir que l’indice 4 ne signifie pas du tout 80% de chance de réussite, mais simplement un niveau de fiabilité déjà solide, en haut de l’échelle (un hôtel 4* n’atteint pas 80 % de la perfection, qui n’est pas mesurable). Bien avant cette méthode officielle et scientifique, dans les "années 80", des usagers avaient inventé, empiriquement, une formule très voisine dans son principe.
Comme, dans les Alpes du Nord, ils avaient déjà accès à plusieurs répondeurs (4), ils les consultaient tous. Et se faisaient une opinion de crédibilité à partir… de la dispersion des solutions, justement. Une tactique subtile pour "sentir le vent", surtout tester la plus ou moins grande cohérence des prévisionnistes face à telle ou telle situation, tant il est vrai que la difficulté de prévoir fluctue beaucoup selon le "type de temps" : en plein anticyclone, le doute est pratiquement effacé dans le court terme, en situation de secteur sud par contre, la méfiance reste toujours de rigueur (même l’ordinateur transpire !...).
Mais les choses ont changé : la solution numérique devient tellement crédible que bien fol serait le prévisionniste qui la bouderait. On comprendra aisément la notion d’inévitable accentuation de la dispersion avec le temps par l’image suivante : au tir à la carabine, un angle infime au départ se traduit par un écart minime sur une cible proche, mais de plus en plus grand à mesure que la cible s’éloigne.
Les affres du prévisionniste…
Un problème d’échelles
La difficulté de prévoir n’est pas la même selon la dimension du phénomène auquel on s’intéresse et la plus ou moins grande proximité de l’échéance : plus un phénomène est vaste, plus s’allonge la période de fiabilité correcte de sa prévision. On distingue, principalement :
- l’échelle aérologique (1 à 10 km), celle des averses, des orages ;
- la méso-échelle (10 à 100 km), celle des vents régionaux comme les brises, le foehn, le mistral ;
- l’échelle synoptique (100 à 1 000 km), celle des perturbations ;
- l’échelle planétaire de la circulation générale.
Il est impossible de prévoir correctement l’arrivée d’un orage ponctuel sur un site plus de 1 à 2 h à l’avance (orage isolé, pas celui qui dépend d’une structure plus grande comme un front, une plage instable). Les vents régionaux, les perturbations ne pas sont annoncés avec une bonne précision au-delà de 3 à 4 jours. A l’échéance d’une semaine, seuls les types de temps se dégagent valablement (régimes d’ouest, de nord, de sud…), ce qui représente en soi déjà une très belle performance et rend de grands services. Les "anomalies" de la circulation générale commencent à être anticipés plusieurs mois, voire une année avant (El Niño).
Quand la Nature donne des pistes…
Combien de fois ai-je entendu les gens me demander : pour faire les prévisions vous utilisez les données du passé ? Eh bien, jusqu’il y a peu, non. La prévision saisonnière commence à utiliser l’apport statistique, mais les prévisions pour les deux semaines à venir sont strictement "déterministes", ou très peu s’en faut, seuls fruits des calculs des superordinateurs.
Les théoriciens considèrent d’ailleurs que cette approche très ambitieuse et noble ne peut aller au-delà. Pourtant, depuis longtemps des prévisionnistes se sont essayé à trouver des "analogues", situations les plus proches possibles de celle du jour, considérant qu’il y avait des enseignements à retirer de la similitude.
Le gros problème était celui de la classification, tant il y a de paramètres en jeu, puis ensuite du tri rapide. Beaucoup s’y sont cassé les dents, ce qui ne remettait pas en cause le principe. Personnellement, j’ai toujours été séduit par cette formule, sans avoir jamais pu la mettre vraiment en pratique car c’est quasi surhumain.
Avec l’appui de l’informatique, c’est devenu possible. EDF l’a montré dans sa division de gestion des ressources hydrauliques des barrages. Un directeur de ce service expliquait : pour savoir ce qui sort d’un bassin versant après la pluie on peut essayer de tout modéliser (infiltration, rétention par le terrain, la végétation…), c’est extrêmement compliqué ; ou bien, pris par la nécessité d’aller vite, on cherche des corrélations entre des pluviomètres dans le site et le débit à l’exutoire. Méthode bien moins noble mais qui, dans l’urgence, s’appuie sur le comportement naturel du filtre dans son ensemble. On essaiera de comprendre plus tard…
Le Centre d’Études de la Neige de Grenoble a mis au point depuis une bonne quinzaine d’années un outil de tri des situations qui permet de trouver dans le passé les plus proches de celles prévues à 24 et 48 h. Et c’est très utile, dans la mesure où deux perturbations de caractéristiques proches (impératif de ne pas mélanger des cas d’hiver et des cas d’été, évidemment), confrontées aux mêmes massifs – et pour cause ! - distribuent, par exemple, les pluies ou neige selon une répartition voisine, en fonction de la différence topographique entre les versants exposés et ceux qui sont à l’abri compte tenu du vent prévu.
Bien sûr, la méthode ne peut-être qu’un complément à la "royale" déterministe, s’appuyer dessus, servir tout simplement de "pense-bête" pour mettre en relief tel ou tel comportement possible, puisque déjà rencontré. L’expérience du prévisionniste se forge par l’analyse et la mémorisation des cas vécus. Les modèles sont bien aussi calés sur la réalité des choses à chaque instant de leur élaboration (aller retour entre hypothèse et observation). Au reste, plus généralement, l’expérience humaine ne se construit-elle pas à force de négocier des épreuves qui se répètent avec plus ou moins de proximité ? Et chacun de se trouver désemparé face à l’inconnu intégral…Comme lors de ces tempêtes inouïes de fin décembre 1999 !
Combien de fois ai-je entendu les gens me demander : pour faire les prévisions vous utilisez les données du passé ? Eh bien, jusqu’il y a peu, non. La prévision saisonnière commence à utiliser l’apport statistique, mais les prévisions pour les deux semaines à venir sont strictement "déterministes", ou très peu s’en faut, seuls fruits des calculs des superordinateurs.
Les théoriciens considèrent d’ailleurs que cette approche très ambitieuse et noble ne peut aller au-delà. Pourtant, depuis longtemps des prévisionnistes se sont essayé à trouver des "analogues", situations les plus proches possibles de celle du jour, considérant qu’il y avait des enseignements à retirer de la similitude.
Le gros problème était celui de la classification, tant il y a de paramètres en jeu, puis ensuite du tri rapide. Beaucoup s’y sont cassé les dents, ce qui ne remettait pas en cause le principe. Personnellement, j’ai toujours été séduit par cette formule, sans avoir jamais pu la mettre vraiment en pratique car c’est quasi surhumain.
Avec l’appui de l’informatique, c’est devenu possible. EDF l’a montré dans sa division de gestion des ressources hydrauliques des barrages. Un directeur de ce service expliquait : pour savoir ce qui sort d’un bassin versant après la pluie on peut essayer de tout modéliser (infiltration, rétention par le terrain, la végétation…), c’est extrêmement compliqué ; ou bien, pris par la nécessité d’aller vite, on cherche des corrélations entre des pluviomètres dans le site et le débit à l’exutoire. Méthode bien moins noble mais qui, dans l’urgence, s’appuie sur le comportement naturel du filtre dans son ensemble. On essaiera de comprendre plus tard…
Le Centre d’Études de la Neige de Grenoble a mis au point depuis une bonne quinzaine d’années un outil de tri des situations qui permet de trouver dans le passé les plus proches de celles prévues à 24 et 48 h. Et c’est très utile, dans la mesure où deux perturbations de caractéristiques proches (impératif de ne pas mélanger des cas d’hiver et des cas d’été, évidemment), confrontées aux mêmes massifs – et pour cause ! - distribuent, par exemple, les pluies ou neige selon une répartition voisine, en fonction de la différence topographique entre les versants exposés et ceux qui sont à l’abri compte tenu du vent prévu.
Bien sûr, la méthode ne peut-être qu’un complément à la "royale" déterministe, s’appuyer dessus, servir tout simplement de "pense-bête" pour mettre en relief tel ou tel comportement possible, puisque déjà rencontré. L’expérience du prévisionniste se forge par l’analyse et la mémorisation des cas vécus. Les modèles sont bien aussi calés sur la réalité des choses à chaque instant de leur élaboration (aller retour entre hypothèse et observation). Au reste, plus généralement, l’expérience humaine ne se construit-elle pas à force de négocier des épreuves qui se répètent avec plus ou moins de proximité ? Et chacun de se trouver désemparé face à l’inconnu intégral…Comme lors de ces tempêtes inouïes de fin décembre 1999 !
Les cartes météo
Il n’est pas question de passer ici en revue l’ensemble des documents utilisés par le météorologiste pour analyser et prévoir l’évolution. Ceux qui veulent en savoir plus trouveront de quoi alimenter leur curiosité dans la littérature existante. Seuls les deux types de cartes traditionnelles, au niveau de la mer et en altitude, seront présentés dans ce chapitre.
Un préalable à la confection des documents cartographiques.
Au sol
Toutes les stations météo du monde (plus de 11000 terrestres dont pour la France : autour de 554 en métropole et 140outre-mer, plus de 4000 embarquées sur des navires, 1300 bouées dérivantes et 400 bouées ancrées) réalisent à heures fixes des observations respectant une homogénéité instrumentale, un environnement dégagé selon des critères exigeants, un protocole et un code stricts, mis au point par les commissions spécialisées de l’OMM.
Pour l’essentiel, les données proviennent d’une acquisition automatique en continu et d’une évaluation complémentaire humaine du temps sensible non encore accessible à la détection par robot (quantité et nature des nuages présents dans le ciel, analyse du temps qu’il fait). L’ensemble de ces informations transite par les réseaux de communication de la Veille météorologique mondiale (VMM) pour alimenter les calculateurs d’analyse et de prévision.
En altitude
Le pointage est plus simple puisqu’il se limite, pour un niveau de carte donné et pour chaque site de lancement des ballons-sondes, au vent (force et direction), à la température, au point de rosée, et à l’altitude atteinte par la sonde, information qui servira à tracer le champ des isohypses, remplaçant pour des raisons pratiques le champ des isobares de la carte au niveau de la mer. Sans entrer dans le détail, l’utilisation des unes et des autres est équivalente.
Autour de 800 stations de radiosondages dans le monde et 15 en France (5 en métropole et 10 en outre-mer)
Première en montgolfière au-dessus du Mont-Blanc
"Analyse" est le terme consacré en météorologie pour désigner l’ensemble des documents se rapportant à une situation observée. La carte d’analyse en surface affiche les données pointées de chaque station, notamment les pressions rapportées au niveau de la mer qui serviront au tracé des isobares. Elle fournit également la localisation des divers fronts que le prévisionniste a repérés après examen de l’ensemble des paramètres.
Les isobares sont généralement tracées et cotées de 5 en 5 hPa. On renforce la ligne 1015 hPa qui représente la cote la plus proche de la pression standard au niveau "0" (1013,25 hPa). La "1015" graissée est un repère commode qui sépare le domaine considéré comme anticyclonique du cyclonique, donc, avec beaucoup de précaution, le beau temps du mauvais temps. Et puis, grâce à elle, d’une carte à l’autre, on perçoit d’emblée comment l’ensemble a bougé. Les perfectionnistes colorieront ces cartes en adoptant la pratique officielle : dégradé de rouge du cœur des dépressions jusqu’à la "1015", jaune de 1015 à 1020, dégradé de bleu au-delà (les plages les plus basses et les plus hautes affichant les colorations les plus soutenues). On y trouve donc l’emplacement des anticyclones et des dépressions. Les premiers sont repérés en leur centre par la lettre "A" (H pour high en anglais, pour hoch en allemand), les secondes sont affublées de la lettre "D" (L pour low en anglais, T pour tief en allemand).
Le travail d’analyse du prévisionniste (une activité toujours humaine car réclamant expérience, perspicacité et sens de la nuance) lui permet de détecter et de dessiner les perturbations en utilisant les observations locales pointées sur le document, notamment les évolutions rapides d’un certain nombre de paramètres (pression, température, point de rosée, direction du vent, temps sensible...), puisque leurs ruptures accompagnent justement les changements de masse d’air (donc les limites frontales). Selon les pays, les perturbations sont repérées par une initiale (en France) ou par un prénom (en Allemagne).
Cette carte montre la répartition des pressions rapportées au niveau de la mer et la frontologie telle qu’elle résulte de l’étude par les professionnels. Le document brut contient une multitude d’observations "pointées".
En altitude on a le choix. On se limite cependant à quelques niveaux standards pour des raisons pratiques, qui ont été largement influencés par les besoins de l’aéronautique. Ainsi, entre autres, on utilise beaucoup :
• 850 hPa (vers 1500 m), un niveau très intéressant pour repérer les masses d’air ayant une répercussion directe sur l’ambiance thermique, hygrométrique et dynamique au sol, mais encore très soumis aux influences des contrées survolées, pas encore tout à fait en atmosphère libre ;
• 700 hPa (vers 3000 m), niveau globalement détaché des influences de la surface mais correspondant à des altitudes où évoluent des alpinistes et des skieurs ;
• 500 hPa (Vers 5500 m), sensiblement au milieu de la troposphère, proche de l’altitude de nos plus hauts sommets ;
• 250 hPa (vers 10000 m) pour la mise en évidence des jet-streams. Pour les cartes d’altitude on n’utilise plus les isobares (champ de répartition des valeurs de pression à un niveau donné, à savoir celui de la mer pour la carte d’analyse), mais, à l’inverse, pour une valeur de pression choisie (donc surface isobare), on s’attache à en décrire la répartition des altitudes (des altitudes géopotentielles, très proches des vraies mais obtenues par un calcul compensant la diminution de la force de gravité à mesure qu’on s’éloigne de la Terre).
Les isohypses tracées sur cette surface, courbes d’égale altitude équivalentes aux courbes de niveaux des cartes topographiques usuelles, mettent donc en évidence son relief, avec ses bosses et ses creux (on n’utilise plus la symbolique "A" et "D", réservée aux extrêmes de pression au niveau de la mer, puisqu’on est sur une surface à pression constante, mais les lettres "H" et "B" (H et L en anglais) pour, respectivement, les sommets et les points les plus bas). À vrai dire, assimiler une bosse à un anticyclone et un creux à une dépression n’est pas une hérésie monstrueuse tant ces figures météo sont voisines dans le principe et d’une certaine façon confondues dans l’espace.
Les isohypses sont tracées tous les 40 m géopotentiels (mgp), cotées soit en mètres soit en décamètres. La courbe 5560 ou 556 est renforcée (5560 mgp), étant la plus proche de l’altitude géopotentielle standard pour ce niveau de pression, soit 5574,4 mgp. On y ajoute les isothermes tracées de 4 en 4°C (standard de –20°C graissée), telles que le calcul permet de les déduire des données ponctuelles qui proviennent des ballons-sondes (500 stations de lâcher dans le monde, 7 en France) ou des satellites (le dernier européen, METOP, satellite polaire lancé en octobre 2006, donne accès à la multiplication des profils verticaux de température et d’humidité, ponctuels et très précis).
On complète par des informations sur le vent (direction et vitesse) et le point de rosées collectées par les mêmes outils. On constate, sans s’appesantir, qu’à l’air chaud correspondent, à ce niveau, des hautes valeurs d’isohypses (bosses faites d’air chaud), qu’à l’inverse les zones les plus froides sont en phase avec des isohypses plus basses (creux constitués d’air froid). La direction du vent est parallèle aux isohypses (vent géostrophique). Ces cartes sont produites toutes les 6 heures (00, 06, 12 et 18 utc). Le modèle anticipe l’évolution, les calculant sur 7 jours à l’avance (et même 14 pour des prévisions moins exigeantes).
Le pointage des données
Un préalable à la confection des documents cartographiques.
Au sol
Toutes les stations météo du monde (plus de 11000 terrestres dont pour la France : autour de 554 en métropole et 140outre-mer, plus de 4000 embarquées sur des navires, 1300 bouées dérivantes et 400 bouées ancrées) réalisent à heures fixes des observations respectant une homogénéité instrumentale, un environnement dégagé selon des critères exigeants, un protocole et un code stricts, mis au point par les commissions spécialisées de l’OMM.
Pour l’essentiel, les données proviennent d’une acquisition automatique en continu et d’une évaluation complémentaire humaine du temps sensible non encore accessible à la détection par robot (quantité et nature des nuages présents dans le ciel, analyse du temps qu’il fait). L’ensemble de ces informations transite par les réseaux de communication de la Veille météorologique mondiale (VMM) pour alimenter les calculateurs d’analyse et de prévision.
En altitude
Le pointage est plus simple puisqu’il se limite, pour un niveau de carte donné et pour chaque site de lancement des ballons-sondes, au vent (force et direction), à la température, au point de rosée, et à l’altitude atteinte par la sonde, information qui servira à tracer le champ des isohypses, remplaçant pour des raisons pratiques le champ des isobares de la carte au niveau de la mer. Sans entrer dans le détail, l’utilisation des unes et des autres est équivalente.
Autour de 800 stations de radiosondages dans le monde et 15 en France (5 en métropole et 10 en outre-mer)
Première en montgolfière au-dessus du Mont-Blanc L’analyse au niveau de la mer
"Analyse" est le terme consacré en météorologie pour désigner l’ensemble des documents se rapportant à une situation observée. La carte d’analyse en surface affiche les données pointées de chaque station, notamment les pressions rapportées au niveau de la mer qui serviront au tracé des isobares. Elle fournit également la localisation des divers fronts que le prévisionniste a repérés après examen de l’ensemble des paramètres.
Les isobares sont généralement tracées et cotées de 5 en 5 hPa. On renforce la ligne 1015 hPa qui représente la cote la plus proche de la pression standard au niveau "0" (1013,25 hPa). La "1015" graissée est un repère commode qui sépare le domaine considéré comme anticyclonique du cyclonique, donc, avec beaucoup de précaution, le beau temps du mauvais temps. Et puis, grâce à elle, d’une carte à l’autre, on perçoit d’emblée comment l’ensemble a bougé. Les perfectionnistes colorieront ces cartes en adoptant la pratique officielle : dégradé de rouge du cœur des dépressions jusqu’à la "1015", jaune de 1015 à 1020, dégradé de bleu au-delà (les plages les plus basses et les plus hautes affichant les colorations les plus soutenues). On y trouve donc l’emplacement des anticyclones et des dépressions. Les premiers sont repérés en leur centre par la lettre "A" (H pour high en anglais, pour hoch en allemand), les secondes sont affublées de la lettre "D" (L pour low en anglais, T pour tief en allemand).
Le travail d’analyse du prévisionniste (une activité toujours humaine car réclamant expérience, perspicacité et sens de la nuance) lui permet de détecter et de dessiner les perturbations en utilisant les observations locales pointées sur le document, notamment les évolutions rapides d’un certain nombre de paramètres (pression, température, point de rosée, direction du vent, temps sensible...), puisque leurs ruptures accompagnent justement les changements de masse d’air (donc les limites frontales). Selon les pays, les perturbations sont repérées par une initiale (en France) ou par un prénom (en Allemagne).
Ainsi la perturbation "H" sera constituée des éléments suivants : "WH" pour son front chaud, "CH" pour son front froid, "OH" pour son occlusion. Les cartes sans tracé, avec seulement des données pointées à l’échelle de l’Europe occidentale, sont fabriquées automatiquement toutes les 3 heures à partir d’observations collectées à travers le monde entier, lors des réseaux que l’on appelle "synoptiques" (les principaux : 00, 06, 12 et 18 utc et les intermédiaires : 03, 09, 15 et 21 utc).
Elles sont ensuite complétées par le travail d’analyse proprement dit des prévisionnistes du centre national de Toulouse, avant d’être distribuées à l’ensemble des prévisionnistes régionaux et départementaux. En outre, le centre de Toulouse distribue quatre fois par jour le compte rendu des analyses à titre de "directive" sur une zone qui va des côtes américaines à l’Oural. Dernière analyse synoptique niveau mer
Elles sont ensuite complétées par le travail d’analyse proprement dit des prévisionnistes du centre national de Toulouse, avant d’être distribuées à l’ensemble des prévisionnistes régionaux et départementaux. En outre, le centre de Toulouse distribue quatre fois par jour le compte rendu des analyses à titre de "directive" sur une zone qui va des côtes américaines à l’Oural. Dernière analyse synoptique niveau mer
Cette carte montre la répartition des pressions rapportées au niveau de la mer et la frontologie telle qu’elle résulte de l’étude par les professionnels. Le document brut contient une multitude d’observations "pointées".Les cartes en altitude
En altitude on a le choix. On se limite cependant à quelques niveaux standards pour des raisons pratiques, qui ont été largement influencés par les besoins de l’aéronautique. Ainsi, entre autres, on utilise beaucoup :
• 850 hPa (vers 1500 m), un niveau très intéressant pour repérer les masses d’air ayant une répercussion directe sur l’ambiance thermique, hygrométrique et dynamique au sol, mais encore très soumis aux influences des contrées survolées, pas encore tout à fait en atmosphère libre ;
• 700 hPa (vers 3000 m), niveau globalement détaché des influences de la surface mais correspondant à des altitudes où évoluent des alpinistes et des skieurs ;
• 500 hPa (Vers 5500 m), sensiblement au milieu de la troposphère, proche de l’altitude de nos plus hauts sommets ;
• 250 hPa (vers 10000 m) pour la mise en évidence des jet-streams. Pour les cartes d’altitude on n’utilise plus les isobares (champ de répartition des valeurs de pression à un niveau donné, à savoir celui de la mer pour la carte d’analyse), mais, à l’inverse, pour une valeur de pression choisie (donc surface isobare), on s’attache à en décrire la répartition des altitudes (des altitudes géopotentielles, très proches des vraies mais obtenues par un calcul compensant la diminution de la force de gravité à mesure qu’on s’éloigne de la Terre).
Les isohypses tracées sur cette surface, courbes d’égale altitude équivalentes aux courbes de niveaux des cartes topographiques usuelles, mettent donc en évidence son relief, avec ses bosses et ses creux (on n’utilise plus la symbolique "A" et "D", réservée aux extrêmes de pression au niveau de la mer, puisqu’on est sur une surface à pression constante, mais les lettres "H" et "B" (H et L en anglais) pour, respectivement, les sommets et les points les plus bas). À vrai dire, assimiler une bosse à un anticyclone et un creux à une dépression n’est pas une hérésie monstrueuse tant ces figures météo sont voisines dans le principe et d’une certaine façon confondues dans l’espace.
Les isohypses sont tracées tous les 40 m géopotentiels (mgp), cotées soit en mètres soit en décamètres. La courbe 5560 ou 556 est renforcée (5560 mgp), étant la plus proche de l’altitude géopotentielle standard pour ce niveau de pression, soit 5574,4 mgp. On y ajoute les isothermes tracées de 4 en 4°C (standard de –20°C graissée), telles que le calcul permet de les déduire des données ponctuelles qui proviennent des ballons-sondes (500 stations de lâcher dans le monde, 7 en France) ou des satellites (le dernier européen, METOP, satellite polaire lancé en octobre 2006, donne accès à la multiplication des profils verticaux de température et d’humidité, ponctuels et très précis).
On complète par des informations sur le vent (direction et vitesse) et le point de rosées collectées par les mêmes outils. On constate, sans s’appesantir, qu’à l’air chaud correspondent, à ce niveau, des hautes valeurs d’isohypses (bosses faites d’air chaud), qu’à l’inverse les zones les plus froides sont en phase avec des isohypses plus basses (creux constitués d’air froid). La direction du vent est parallèle aux isohypses (vent géostrophique). Ces cartes sont produites toutes les 6 heures (00, 06, 12 et 18 utc). Le modèle anticipe l’évolution, les calculant sur 7 jours à l’avance (et même 14 pour des prévisions moins exigeantes).
Les radiosondages
En montagne, la verticalité s’impose. Quoi de plus normal que de vouloir connaître avec précision la qualité de l’atmosphère en altitude, par curiosité et pour en tirer éventuellement profit (par exemple, chacun a entendu parler des “inversions de températures”, situations fréquentes en hiver, caractérisées par un grand écart entre les températures de plaine et celles de l’altitude ; en avoir précisément conscience rend service si on doit se rendre en station). L’atmosphère est une superposition de couches d’air avec des particularités (température, humidité, vent, pression, mais aussi nuage, stabilité, instabilité, “température ressentie”, essentielle pour le confort…). Une autre donnée, indispensable, accompagne les paramètres du temps : la localisation très fine par GPS. Elle permet en plus de calculer les indispensables direction et vitesse du vent. Les ballons-sondes sont lancés deux fois par jour (0000 et 1200 TU), parfois plus souvent localement, à l’occasion de campagnes à thème. Les satellites captent en continu et partout dans le monde. Les stations spécifiques en France sont au nombre de cinq : Brest, Trappes/Paris, Bordeaux, Nîmes, Ajaccio. On peut y ajouter Payerne/Berne (CH), déterminante pour notre nord des Alpes.
Les ballons emportent des instruments jusque vers 20 à 30 km. Leurs mesures sont très précises et précieuses. Le boîtier des capteurs retombe en parachute ; il est récupéré ou pas, mais les informations ont été transmises en direct au cours de l’ascension. Les satellites recueillent des rayonnements des couches atmosphériques depuis le sol, traduits dans les mêmes paramètres. Résultats tellement utiles pour les “modèles numériques”, mais moins précis, surtout dans les couches inférieures.
Les ballons emportent des instruments jusque vers 20 à 30 km. Leurs mesures sont très précises et précieuses. Le boîtier des capteurs retombe en parachute ; il est récupéré ou pas, mais les informations ont été transmises en direct au cours de l’ascension. Les satellites recueillent des rayonnements des couches atmosphériques depuis le sol, traduits dans les mêmes paramètres. Résultats tellement utiles pour les “modèles numériques”, mais moins précis, surtout dans les couches inférieures.

Les données recueillies alimentent la banque de la multitude des données d’observation nécessaires pour caler le temps 0 des modèles. Elles permettent aussi de construire des diagrammes “thermodynamiques” (énergie et mouvement). Ceux qui sont présentés ici ont été inventés par les Américains, qui les ont appelés “Skew-T”, parce que les axes des coordonnées des températures ne sont pas horizontaux, mais inclinés à 45 °. Un des gros avantages est de fournir des courbes de températures mesurées déployées verticalement, ce qui se rapproche beaucoup de la réalité. En France, ce même diagramme est connu sous la dénomination “émagramme 761”.
L'émagramme est un diagramme “thermodynamique” très sophistiqué où sont pointées les données de températures, humidité et pression, qui permettent des comparaisons d’énergies potentielles des particules d’air et, à partir de là, représenter les qualités de “stabilité” ou d'“instabilité” de l’ensemble, ce qui est fort utile pour en déduire l’apparition et l’évolution des nuages, mais aussi la possibilité qu’ils produisent ou non des averses, des orages. Nous n’irons pas plus loin dans la théorie. Nous allons seulement aborder l’utilisation du Skew-T d’une façon empirique, ce qui sera facilité par l’utilisation d’un code de couleurs conventionnelles.
L'émagramme est un diagramme “thermodynamique” très sophistiqué où sont pointées les données de températures, humidité et pression, qui permettent des comparaisons d’énergies potentielles des particules d’air et, à partir de là, représenter les qualités de “stabilité” ou d'“instabilité” de l’ensemble, ce qui est fort utile pour en déduire l’apparition et l’évolution des nuages, mais aussi la possibilité qu’ils produisent ou non des averses, des orages. Nous n’irons pas plus loin dans la théorie. Nous allons seulement aborder l’utilisation du Skew-T d’une façon empirique, ce qui sera facilité par l’utilisation d’un code de couleurs conventionnelles.
Explication météorologique du sondage Skew-T (clic sur les pastilles roses pour mettre en sur-brillance l'explication)
1 En abscisses, les températures réparties de 10 en 10°C
2 En ordonnées, les pressions en hPa (hectoPascals, équivalents aux millibars) / et altitudes vraies (mètres) des niveaux pression.
3 Niveaux d'altitude "standard" OACI en km (sur la base de la pression calée sur 1013 hPa pour l'altitude 0m)
4 Vent en altitude (direction d'où il vient et force en noeuds, une barbule entière valant 10 kts, une demi-barbule 5kts)
5 Isotherme (ici isotherme 30°C), axe incliné de 45°/horizontale pour un meilleur réalisme du graphique.
5* Ligne repère 0°C du réseau des isothermes
6 Ligne horizontale isobare de 1000 hPa à 100hPa (ici 200 hPa)
7 Adiabatique sèche, courbe concave vers le haut (ici la "70", échelle tout en haut du graphe). Les particules d’air non saturées se déplacent vers le haut ou le bas en suivant ces lignes
8 Pseudo-adiabatique saturée courbe concave vers la gauche (ici la "30", échelle visible entre les niveaux 200 et 250 hPa). Une particule d’air saturée (brouillard, nuage), monte ou descend en suivant ces lignes. On va beaucoup utiliser l’une d’elle, comme repère
9 Ligne tiretée d'égal rapport de mélange (ici 20g de vapeur/kg d'air sec) échelle sous la ligne de l'isobare 1000 hPa
10 "Courbe d'état" des températures mesurées par la sonde.
11 Courbe bleue tiretée = températures du point de rosée. En refroidissant un volume d’air, arrive un stade où la vapeur qu’il contient se dépose en eau liquide (fins de nuits sur l’herbe, p.ex.)
12 Courbe bleue = courbe des températures du thermomètre mouillé (Theta'w, réservoir enveloppé d’une ouate mouillée. Elle s’évapore, refroidit le réservoir jusqu’à cet état)
13 Zone jaune : l'espace qui sépare la courbe bleue (continue) de la courbe d'état (rouge) est colorié ainsi à l'origine (voir ci-dessous à vert le cas particulier). Il offre une représentation empirique de l'humidité relative des couches atmosphériques. Plus l'écart est grand, plus l'air est sec. Dans le cas contraire, la superposition de ces courbes signifie saturation (hr = 100%), nuage (en altitude) ou brouillard (au sol)
14 Zone verte : par le jeu de la superposition des couleurs jaune et bleue, le jaune se transforme en vert qui représente alors l'humidité relative d'une couche d'air froide dont la courbe bleue (continue) se situe à gauche de la Theta'w10
15 Zone rouge : l'espace qui sépare l'adiabatique saturée Theta'w10 de la courbe bleue (continue) est colorié en rouge, quand cette dernière est déportée vers la droite de cette Theta'w de référence. Plus il y a de rouge, plus la masse d'air est chaude
16 Zone bleue : L'espace qui sépare l'adiabatique saturée Theta'w10 [°C] de la courbe bleue (continue) quand cette dernière est déportée vers la gauche de cette Theta'w de référence. Plus il y a de bleu, plus la masse d'air est froide
17 Hauteur en m de l'isotherme 0°C (ici 2859m)
18 Hauteur en m de l'isotherme -10°C (ici 4542m)
Les couleurs contenues dans ces graphiques :
Capitales pour notre usage. Elles rendent la perception de la représentativité du sondage empirique, c’est notre but.
Elles sont expliquées dans l’illustration (ci-dessus). On note l’importance toute particulière de la pseudo-adiabatique saturée 10, celle qui coupe l’axe de la valeur 1000 hPa et la droite isotherme 0°C traverse également ce niveau inférieur de pression. Pourquoi cette courbe 10 ? Parce que, aux latitudes tempérées, elle représente, très caricaturalement, la valeur moyenne de cette donnée énergétique.
Tous les éléments utiles à l’interprétation sommaire, mais satisfaisante pour comprendre l’atmosphère qui nous domine jusque vers 16000 m, sont en place.
J’ajoute, que cette présentation des résultats des radiosondages m’a été inculquée à l’École de la Météorologie Nationale. Les mettre en valeur pour le grand-public est plus qu’une nostalgie, l’envie qu’ils servent. Ils sont, de mon point de vue, les plus accessibles à tous. C’est Christian Pagé, formé à l’UQAM (Université du Québec à Montréal), créateur et administrateur du site MeteoCentre.com, qui m’a fait le grand plaisir de les réhabiliter, il y a au moins quinze ans maintenant. Plaisir notablement accru par le fait qu’il a adapté le format aux radiosondages d’Amérique-du-Nord (USA + Canada) et qu’ils sont donc depuis largement distribués là-bas par la version québécoise de MétéoCentre.
Collection d’illustrations de cas typiques :
tout d'abord deux exemples extrêmes pour mettre en place les caractéristiques basiques :
2 janvier 2026 à 00 UTC (donc sondage de jour) :
Maniwaki, au Québec, environ 150 km au nord d’Ottawa.
Allure typique de grand froid hivernal.
Au sol, environ -18°C. Vents d’ouest modérés à tous niveaux.
Maniwaki, au Québec, environ 150 km au nord d’Ottawa.
Allure typique de grand froid hivernal.
Au sol, environ -18°C. Vents d’ouest modérés à tous niveaux.
25 juin 2025 à 00 UTC :
A l’inverse, en mi-journée tropicale, un résultat très chaud.
Couche humide de l’ordre de 2 km, sec au-dessus.
Le vent d’est jusqu’à 5 km représente l’alizé.
L'air très sec (plage jaune) au-dessus de 2 000 m signale l'influence de beau temps fréquent, surtout en hiver austral, de l'anticyclone du Pacifique, équivalent, dans cette région de l'hémisphère Sud, à celle de notre anticyclone des Açores. Probablement, quelques petits cumulus en basses couches. Iso 0 à 5299m et 29°C au sol (en plein midi là-bas, fin décembreen équivalence)
A l’inverse, en mi-journée tropicale, un résultat très chaud.
Couche humide de l’ordre de 2 km, sec au-dessus.
Le vent d’est jusqu’à 5 km représente l’alizé.
L'air très sec (plage jaune) au-dessus de 2 000 m signale l'influence de beau temps fréquent, surtout en hiver austral, de l'anticyclone du Pacifique, équivalent, dans cette région de l'hémisphère Sud, à celle de notre anticyclone des Açores. Probablement, quelques petits cumulus en basses couches. Iso 0 à 5299m et 29°C au sol (en plein midi là-bas, fin décembreen équivalence)
Le beau temps d’hiver condamne souvent plaines et vallées à la médiocrité : les inversions :
27 décembre 2024 à 00 UTC :
Beau temps anticyclonique d’hiver. Nappe froide dans les 500 premiers mètres. Saturation : Brouillard ou nuages bas (stratus).
Au-dessus, très sec. Ciel clair. -4°C au sol, mais presque 10°C, vers 1500 m.
Iso 0 : 3395 m. Vent faible dans la couche froide, d'est modéré à toutes altitudes au-dessus.
Beau temps anticyclonique d’hiver. Nappe froide dans les 500 premiers mètres. Saturation : Brouillard ou nuages bas (stratus).
Au-dessus, très sec. Ciel clair. -4°C au sol, mais presque 10°C, vers 1500 m.
Iso 0 : 3395 m. Vent faible dans la couche froide, d'est modéré à toutes altitudes au-dessus.
27 décembre 2024 à 1200 TU :
Beau. La température au sol a peu bougé dans le brouillard (-1°C). 7°C vers 1500 m (légère baisse, mais très doux par rapport à la vallée).
Vents de nord-est modérés en altitude.
Beau. La température au sol a peu bougé dans le brouillard (-1°C). 7°C vers 1500 m (légère baisse, mais très doux par rapport à la vallée).
Vents de nord-est modérés en altitude.
Conflits aériens : quand l’ouest doux bouscule l’air froid d’un anticyclone installé :
4 janvier 2025 à 12 UTC :
Ciel couvert par poussée “chaude” de nord-ouest en altitude.
Fin d’une période de beau temps anticyclonique froid (du bleu et du vert jusque vers 4000 m).
Au-dessus, courbes rouge et bleue très proches ou confondues : épaisse couche nuageuse. Iso 0 à 1839 m.
Ciel couvert par poussée “chaude” de nord-ouest en altitude.
Fin d’une période de beau temps anticyclonique froid (du bleu et du vert jusque vers 4000 m).
Au-dessus, courbes rouge et bleue très proches ou confondues : épaisse couche nuageuse. Iso 0 à 1839 m.
5 janvier 2025 à 00 UTC :
L’air chaud (iso 0 à 2221 m) a bousculé l’air froid dans presque toute l’épaisseur de l’atmosphère. Il est saturé. Nuages très épais déversant de la pluie.
Remarque : la température au sol est légèrement négative.
Une situation possiblement favorable au verglas, car les jours précédents ont été froids. Le sol doit être à température négative, la pluie, refroidie en traversant la nappe froide, peut se congeler à son contact.
En fait, il faut surtout retenir que ce type de situation, avec quelques degrés de moins, peut provoquer un verglas étendu. Les vallées fermées, qui gardent plus facilement l’air froid, sont les plus exposées en ces circonstances.
L’air chaud (iso 0 à 2221 m) a bousculé l’air froid dans presque toute l’épaisseur de l’atmosphère. Il est saturé. Nuages très épais déversant de la pluie.
Remarque : la température au sol est légèrement négative.
Une situation possiblement favorable au verglas, car les jours précédents ont été froids. Le sol doit être à température négative, la pluie, refroidie en traversant la nappe froide, peut se congeler à son contact.
En fait, il faut surtout retenir que ce type de situation, avec quelques degrés de moins, peut provoquer un verglas étendu. Les vallées fermées, qui gardent plus facilement l’air froid, sont les plus exposées en ces circonstances.
Le foehn, à l’origine dû au vent de sud. “L’effet de “foehn” applique ses contrastes aux versants opposés quelle que soit la direction du vent :
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6 janvier 2025 à 00 UTC :
Une évolution classique se poursuit.
Le redoux s’est installé par l’ouest, nous sommes dans ce que l’on appelle le “secteur chaud”
de la perturbation (entre le front chaud qui s’éloigne et le front froid qui approche).
L’iso 0 s’affiche ici à 3 172 m.
Une singularité de Payerne à retenir : le foehn.
Payerne est située dans la vallée qui abrite le lac de Neuchâtel. Au sud, des reliefs.
Quand le vent vient du sud-ouest, il est soulevé par ces reliefs, puis il retombe sur le bassin
de Neuchâtel en se réchauffant et en s'asséchant. On en voit l’illustration avec la plage jaune sous 3000 m.
Une évolution classique se poursuit.
Le redoux s’est installé par l’ouest, nous sommes dans ce que l’on appelle le “secteur chaud”
de la perturbation (entre le front chaud qui s’éloigne et le front froid qui approche).
L’iso 0 s’affiche ici à 3 172 m.
Une singularité de Payerne à retenir : le foehn.
Payerne est située dans la vallée qui abrite le lac de Neuchâtel. Au sud, des reliefs.
Quand le vent vient du sud-ouest, il est soulevé par ces reliefs, puis il retombe sur le bassin
de Neuchâtel en se réchauffant et en s'asséchant. On en voit l’illustration avec la plage jaune sous 3000 m.
Une belle journée, jaune comme le Soleil :
10 août 2025 à 00 UTC :
Beau temps. Le jaune est réparti sur toute la hauteur. Petit pincement vers 3500 m. Peut-être des bancs d’altocumulus à ce niveau, mais sans altération notable des conditions. 22°C au sol, accusant un petit rafraîchissement dû à la nuit dégagée.
Iso 0 à 4467 m. Vent d’ouest à tous niveaux.
Beau temps. Le jaune est réparti sur toute la hauteur. Petit pincement vers 3500 m. Peut-être des bancs d’altocumulus à ce niveau, mais sans altération notable des conditions. 22°C au sol, accusant un petit rafraîchissement dû à la nuit dégagée.
Iso 0 à 4467 m. Vent d’ouest à tous niveaux.
10 août 2025 à 12 UTC :
En mi-journée de ce même jour, encore plus sec. “Grand beau”, comme on dit. La température au sol monte (il est 14h, en heure d’été), elle atteint déjà les 30°C, et à coup sûr va encore gagner quelques degrés.
Iso 0 à 5 004 m, ce qui est assez peu fréquent.
En altitude, vent faible à modéré, d’orientation ouest à nord-ouest selon l’altitude.
En mi-journée de ce même jour, encore plus sec. “Grand beau”, comme on dit. La température au sol monte (il est 14h, en heure d’été), elle atteint déjà les 30°C, et à coup sûr va encore gagner quelques degrés.
Iso 0 à 5 004 m, ce qui est assez peu fréquent.
En altitude, vent faible à modéré, d’orientation ouest à nord-ouest selon l’altitude.
L’orage, appréhension des alpinistes. Le plus sournois et redoutable, celui inattendu de fin de nuit :
13 août 2024 à 12 UTC :
Ambiance chaude. Profil tourmenté. Si des cumulonimbus se déclenchent en journée, leur “enclume” s’étalera donc vers 11000 m. A 1200 TU (14 h en été), la température au sol atteint 28 °C. Peu de nuages présents vraisemblablement (les images satellitaires renseignent à ce sujet), elle va encore monter. Le vent de sud-ouest est plutôt faible à tous niveaux.
Ambiance chaude. Profil tourmenté. Si des cumulonimbus se déclenchent en journée, leur “enclume” s’étalera donc vers 11000 m. A 1200 TU (14 h en été), la température au sol atteint 28 °C. Peu de nuages présents vraisemblablement (les images satellitaires renseignent à ce sujet), elle va encore monter. Le vent de sud-ouest est plutôt faible à tous niveaux.
14 août 2024 à 00 UTC (2 h du matin en été) :
Des orages venus de France ont gagné la Suisse en fin d'après-midi, localement violents. En pleine nuit, des résidus des nuages orageux s’étirent encore de 3500 m jusque vers 11000 m. Les jours suivants vont rester chauds et instables (c’est invisible ici, c’est le résultat d’un examen des sondages disponibles dans les archives).
Des orages venus de France ont gagné la Suisse en fin d'après-midi, localement violents. En pleine nuit, des résidus des nuages orageux s’étirent encore de 3500 m jusque vers 11000 m. Les jours suivants vont rester chauds et instables (c’est invisible ici, c’est le résultat d’un examen des sondages disponibles dans les archives).
A retenir sur le profil de gauche : quand un sondage offre une allure générale qui penche vers la gauche, il y a présomption d’instabilité, mais plus une inclinaison d’ensemble penche vers la droite, plus l’atmosphère est stable. Particularités qui ne présument pas du beau ou du mauvais. Mais instable signifie que si les conditions se dégradent pour diverses raisons, les précipitations éventuelles seront musclées (averses, orages…), ce qui est bien sûr essentiellement valable en été. A la belle saison, en effet, un sondage instable dès le matin suppose, un renforcement notable du déséquilibre entre la base et la partie haute du diagramme par apport d’énergie solaire en cours de journée : les fameux orages locaux en fin d’après-midi. La cassure vers 11000 marque la “tropopause”, frontière entre la “troposphère” (couche caractéristique de la basse atmosphère) et la “stratosphère” au-dessus, qui, pour le coup, est très stable, très inclinée vers la droite. La tropopause agit comme un obstacle aux éventuelles ascendances orageuses.
Sondages observés et prévus :
Sondage de Trappes observé
Sondage de Payerne observé
Sondage de Lyon prévu
Le bulletin météo
La structure
Il faut, dans tous les cas, mais surtout pour les appels au répondeur, une architecture rigoureuse et, sinon permanente, du moins durable, pour que l’usager puisse se repérer facilement, de façon à se concentrer sur l’essentiel : le fond.
a) – Situation Générale et Evolution :
Une introduction succincte pour fixer la situation, pour camper le décor, la répartition des centres d’action directement en cause dans le temps prévu. Elle a une fonction pédagogique de "formation permanente" au vocabulaire, à la pratique météo. Elle crée une sorte de complicité avec l’usager qui, dès lors, n’est plus seulement un simple consommateur mais aussi un partenaire à qui on explique au lieu d’asséner, qui comprend et – s’il est un tant soit peu "initié" - connaît par lui-même les conséquences prévisibles pour son activité de ce type de configuration (les guides, accompagnateurs, cadres de la montagne, éducateurs, les libéristes… reçoivent une initiation météo solide à l’ENSA - Ecole Nationale de Ski et d'Alpinisme, à Chamonix - ou ailleurs, dans la préparation du "tronc commun" aux métiers de la montagne ou les stages spécialisés). Elle facilite la compréhension de la projection pour les jours à venir. Elle permet aussi d’expliquer, après coup, pourquoi "ça n’a pas marché" : vent plus rapide, décalage des flux, de tel anticyclone, de telle dépression… Elle est en cohérence avec les isobares et fronts présentés régulièrement à la TV, sur le net ; elle devrait l’être avec des documents graphiques affichés à côté des bulletins dans les stations touristiques ou – idéalement ! – présentés en continu (jour et nuit) sur écrans plats (animations d’images satellitaires, radar, foudre…).
b) - Information neige réduite :
En saison hivernale, pour informer des récentes chutes de neige, de leur localisation, pour alerter sur le niveau de risque d’avalanche avec indication du numéro du répondeur "avalanche" pour le public concerné. En été, pour diffuser des considérations sur la "qualité du regel" en montagne, pour les alpinistes qui préparent des courses de neige, afin de les mettre en garde contre l’instabilité possible des pierres lorsque l’ambiance chaude et lourde interdit toute bonne congélation jusqu’à très haute altitude.
c) – La prévision à 24 h (pour le jour au matin, pour la nuit et le lendemain le soir)
Une présentation détaillée du film attendu des événements. En s’accrochant au terroir par la fourniture de températures pour une sélection de villes ou sites touristiques locaux, par la mise en exergue de phénomènes typiques au secteur de responsabilité (foehn, inversion, accélération du vent sur les crêtes, risques de verglas à tel ou tel endroit plus favorable…). L’annonce, si nécessaire, sur les risques de chutes de neige sur les plaines voisines pour attirer l’attention sur les difficultés de circulation possibles (mais les précisions appartiennent aux services spécialisés comme les CRIR, la DDE ou les sociétés d’autoroutes).
Iso 0 et Iso -10 : pour "sentir" l’ambiance montagne, son évolution par rapport à la veille, dans les prochaines heures (ne serait-ce que pour choisir les bons vêtements !).
Vents à 1500 et 3000 m : en direction et force, l’évolution attendue dans la période pour deux niveaux très fréquentés, voire habités (stations de moyenne montagne). Informations particulièrement importantes pour l’évolution sur les crêtes, les remontées mécaniques. Il s’agit là de vents en "atmosphère libre", de vents références, car il est matériellement impossible (trop long, fastidieux) de fournir une liste de vents locaux.
d) – La prévision à 48 h
Un peu le même canevas mais en moins précis. Inutile de fournir des données inutiles dont on n’a aucune certitude, qui n’ont pas grande importance, qui alourdissent le message sans apporter de plus (annoncer ou pas des cirrus p.ex. ? Inutile, sauf s’il est prévu un voile étendu, persistant). On reste dans des échéances où les événements ont de grandes chances de respecter le positionnement, l’ampleur et la chronologie prévus.
e) – La moyenne échéance
A partir du 4ème jour (de 4 à 10), on entre dans la moyenne échéance longue. La fiabilité ayant beaucoup diminué, Météo-France accompagne ses prévisions de l’ "indice de confiance", entre 1 et 5. Étant entendu que les extrêmes ne sont jamais utilisés. Un indice qui échappe, comme la moyenne échéance elle-même d’ailleurs, au contrôle du prévisionniste local, tant il est normal, pour ces lignes de forces, de rester sur une cohérence nationale, plutôt que de prétendre illusoirement "localiser" (localiser quoi ? l’incertitude ?...).
On l’a vu plus haut, l’indice correspond à une échelle de hiérarchisation des solutions dispersées obtenues par le calculateur, quand on le fait "tourner" beaucoup de fois sur des états initiaux différents, quoique très proches. "4" est un indice de situation bien établie et de bonne chance de réalisation. "3" réclame déjà beaucoup d’indulgence. Quant au "2", il ne faut en retenir qu’une chose : méfiance toute !...
Mais il n’empêche que ces nuances dans le flou ne sont pas sans intérêt, au point que Wall Street débauche des fonctionnaires du National Weather Service (NWS) pour utiliser leur expertise dans les calculs de risques économiques dépendant du climat ! Et il y en a plein : Qui fera des affaires la semaine prochaine, et, au-delà, au cours du prochain été : les marchands de glace et de boisson ou ceux de parapluies ? Et la fréquentation touristique : mer ou montagne ?...
a) – Situation Générale et Evolution :
Une introduction succincte pour fixer la situation, pour camper le décor, la répartition des centres d’action directement en cause dans le temps prévu. Elle a une fonction pédagogique de "formation permanente" au vocabulaire, à la pratique météo. Elle crée une sorte de complicité avec l’usager qui, dès lors, n’est plus seulement un simple consommateur mais aussi un partenaire à qui on explique au lieu d’asséner, qui comprend et – s’il est un tant soit peu "initié" - connaît par lui-même les conséquences prévisibles pour son activité de ce type de configuration (les guides, accompagnateurs, cadres de la montagne, éducateurs, les libéristes… reçoivent une initiation météo solide à l’ENSA - Ecole Nationale de Ski et d'Alpinisme, à Chamonix - ou ailleurs, dans la préparation du "tronc commun" aux métiers de la montagne ou les stages spécialisés). Elle facilite la compréhension de la projection pour les jours à venir. Elle permet aussi d’expliquer, après coup, pourquoi "ça n’a pas marché" : vent plus rapide, décalage des flux, de tel anticyclone, de telle dépression… Elle est en cohérence avec les isobares et fronts présentés régulièrement à la TV, sur le net ; elle devrait l’être avec des documents graphiques affichés à côté des bulletins dans les stations touristiques ou – idéalement ! – présentés en continu (jour et nuit) sur écrans plats (animations d’images satellitaires, radar, foudre…).
b) - Information neige réduite :
En saison hivernale, pour informer des récentes chutes de neige, de leur localisation, pour alerter sur le niveau de risque d’avalanche avec indication du numéro du répondeur "avalanche" pour le public concerné. En été, pour diffuser des considérations sur la "qualité du regel" en montagne, pour les alpinistes qui préparent des courses de neige, afin de les mettre en garde contre l’instabilité possible des pierres lorsque l’ambiance chaude et lourde interdit toute bonne congélation jusqu’à très haute altitude.
c) – La prévision à 24 h (pour le jour au matin, pour la nuit et le lendemain le soir)
Une présentation détaillée du film attendu des événements. En s’accrochant au terroir par la fourniture de températures pour une sélection de villes ou sites touristiques locaux, par la mise en exergue de phénomènes typiques au secteur de responsabilité (foehn, inversion, accélération du vent sur les crêtes, risques de verglas à tel ou tel endroit plus favorable…). L’annonce, si nécessaire, sur les risques de chutes de neige sur les plaines voisines pour attirer l’attention sur les difficultés de circulation possibles (mais les précisions appartiennent aux services spécialisés comme les CRIR, la DDE ou les sociétés d’autoroutes).
Iso 0 et Iso -10 : pour "sentir" l’ambiance montagne, son évolution par rapport à la veille, dans les prochaines heures (ne serait-ce que pour choisir les bons vêtements !).
Vents à 1500 et 3000 m : en direction et force, l’évolution attendue dans la période pour deux niveaux très fréquentés, voire habités (stations de moyenne montagne). Informations particulièrement importantes pour l’évolution sur les crêtes, les remontées mécaniques. Il s’agit là de vents en "atmosphère libre", de vents références, car il est matériellement impossible (trop long, fastidieux) de fournir une liste de vents locaux.
d) – La prévision à 48 h
Un peu le même canevas mais en moins précis. Inutile de fournir des données inutiles dont on n’a aucune certitude, qui n’ont pas grande importance, qui alourdissent le message sans apporter de plus (annoncer ou pas des cirrus p.ex. ? Inutile, sauf s’il est prévu un voile étendu, persistant). On reste dans des échéances où les événements ont de grandes chances de respecter le positionnement, l’ampleur et la chronologie prévus.
e) – La moyenne échéance
A partir du 4ème jour (de 4 à 10), on entre dans la moyenne échéance longue. La fiabilité ayant beaucoup diminué, Météo-France accompagne ses prévisions de l’ "indice de confiance", entre 1 et 5. Étant entendu que les extrêmes ne sont jamais utilisés. Un indice qui échappe, comme la moyenne échéance elle-même d’ailleurs, au contrôle du prévisionniste local, tant il est normal, pour ces lignes de forces, de rester sur une cohérence nationale, plutôt que de prétendre illusoirement "localiser" (localiser quoi ? l’incertitude ?...).
On l’a vu plus haut, l’indice correspond à une échelle de hiérarchisation des solutions dispersées obtenues par le calculateur, quand on le fait "tourner" beaucoup de fois sur des états initiaux différents, quoique très proches. "4" est un indice de situation bien établie et de bonne chance de réalisation. "3" réclame déjà beaucoup d’indulgence. Quant au "2", il ne faut en retenir qu’une chose : méfiance toute !...
Mais il n’empêche que ces nuances dans le flou ne sont pas sans intérêt, au point que Wall Street débauche des fonctionnaires du National Weather Service (NWS) pour utiliser leur expertise dans les calculs de risques économiques dépendant du climat ! Et il y en a plein : Qui fera des affaires la semaine prochaine, et, au-delà, au cours du prochain été : les marchands de glace et de boisson ou ceux de parapluies ? Et la fréquentation touristique : mer ou montagne ?...
Comment l'utiliser
Pour le touriste qui vient passer huit jours quelque part, il n’est pas question d’interpréter mais bien d’adopter sans esprit critique la prévision telle qu’elle est fournie. Le météorologiste est un professionnel qui dispose des meilleurs outils, du support d'un des meilleurs services nationaux au monde. Donc comment ne pas lui faire confiance ?
Par contre, le résident, l’usager régulier peut aller au-delà de cette simple "consommation". Selon son activité – et je pense tout particulièrement aux métiers de la montagne -, il a son vécu, son expériences, ses "recettes", ses "signes". Aucune raison de ne pas les utiliser. Mais plus comme avant, à l’époque où il devait se débrouiller seul : son expérience personnelle doit lui servir à mieux comprendre le bulletin officiel, à l’enrichir, à le compléter. Les "signes" de naguère, éminemment respectables, se limitaient à eux-mêmes ; désormais ils doivent métisser la connaissance privée et la science publique.
Partant de ces considérations, il est évident que l’usager averti, régulier, peut contrôler l’efficacité, la fiabilité du prévisionniste, avec bien plus de pertinence que le touriste occasionnel. Sans oublier qu'il convient d’évaluer la qualité de tel ou tel sur la durée, car le facteur chance/malchance n’est pas étranger aux résultats, et puis il existe des situations "béton" et d’autres très vicieuses. J’imagine qu’un jour proche l’évaluation se fera sur Internet, comme pour un film, un livre, en attribuant une "note de confiance"… sur une échelle de 1 à 5 "cumulus".
Dans les "béton", je range le très beau (anticyclone affirmé) et le très mauvais (régime perturbé installé). Dans les particulièrement délicates, les régimes de sud et l’instabilité (orageuse surtout, mais les traînes aussi). Il reste plein de cas intermédiaires où les surprises ne sont jamais absentes, où l’effet d’échelle peut laisser croire que la prévision était mauvaise (du point de vue de l’utilisateur), alors qu’elle était bonne, objectivement. Exemple : "orages isolés attendus sur la Savoie". Il peut en éclater un violent sur Aix-les-Bains, tandis que le ciel reste limpide à Val-d’Isère. La même prévision est estimée juste ici, fausse ailleurs, par ignorance des réalités, par déficit de réflexion aussi.
L’usager averti se fait une idée des fiabilités relatives des agents d’un Centre (certains plus systématiquement portés à un certain pessimisme, d’autres non). A Chamonix, j’avais remarqué combien les habitués savaient détecter, dans le style de rédaction seulement, qui était l’auteur du bulletin (preuve de la motivation à réunir le plus d’information possible… tant l’affaire est grave !). Certes, à l’époque, les différences étaient bien plus grandes d’un agent à l’autre, car le facteur personnel intervenait encore de façon prépondérante. Désormais, le "modèle" uniformise et lisse les productions : c’est lui qui donne le "la" ; le prévisionniste local se doit de conserver les lignes de force, le schéma d’évolution foncier, et module en fonction de la géographie, des besoins locaux, et de son feeling, un peu. Tenant compte de cette nécessité de savoir qui officiait, j’avais demandé à mes collègues de porter leurs initiales sur les bulletins affichés. Cette "transparence" serait sûrement à appliquer partout, ne serait-ce que sous des "pseudos".
Par contre, le résident, l’usager régulier peut aller au-delà de cette simple "consommation". Selon son activité – et je pense tout particulièrement aux métiers de la montagne -, il a son vécu, son expériences, ses "recettes", ses "signes". Aucune raison de ne pas les utiliser. Mais plus comme avant, à l’époque où il devait se débrouiller seul : son expérience personnelle doit lui servir à mieux comprendre le bulletin officiel, à l’enrichir, à le compléter. Les "signes" de naguère, éminemment respectables, se limitaient à eux-mêmes ; désormais ils doivent métisser la connaissance privée et la science publique.
Partant de ces considérations, il est évident que l’usager averti, régulier, peut contrôler l’efficacité, la fiabilité du prévisionniste, avec bien plus de pertinence que le touriste occasionnel. Sans oublier qu'il convient d’évaluer la qualité de tel ou tel sur la durée, car le facteur chance/malchance n’est pas étranger aux résultats, et puis il existe des situations "béton" et d’autres très vicieuses. J’imagine qu’un jour proche l’évaluation se fera sur Internet, comme pour un film, un livre, en attribuant une "note de confiance"… sur une échelle de 1 à 5 "cumulus".
Dans les "béton", je range le très beau (anticyclone affirmé) et le très mauvais (régime perturbé installé). Dans les particulièrement délicates, les régimes de sud et l’instabilité (orageuse surtout, mais les traînes aussi). Il reste plein de cas intermédiaires où les surprises ne sont jamais absentes, où l’effet d’échelle peut laisser croire que la prévision était mauvaise (du point de vue de l’utilisateur), alors qu’elle était bonne, objectivement. Exemple : "orages isolés attendus sur la Savoie". Il peut en éclater un violent sur Aix-les-Bains, tandis que le ciel reste limpide à Val-d’Isère. La même prévision est estimée juste ici, fausse ailleurs, par ignorance des réalités, par déficit de réflexion aussi.
L’usager averti se fait une idée des fiabilités relatives des agents d’un Centre (certains plus systématiquement portés à un certain pessimisme, d’autres non). A Chamonix, j’avais remarqué combien les habitués savaient détecter, dans le style de rédaction seulement, qui était l’auteur du bulletin (preuve de la motivation à réunir le plus d’information possible… tant l’affaire est grave !). Certes, à l’époque, les différences étaient bien plus grandes d’un agent à l’autre, car le facteur personnel intervenait encore de façon prépondérante. Désormais, le "modèle" uniformise et lisse les productions : c’est lui qui donne le "la" ; le prévisionniste local se doit de conserver les lignes de force, le schéma d’évolution foncier, et module en fonction de la géographie, des besoins locaux, et de son feeling, un peu. Tenant compte de cette nécessité de savoir qui officiait, j’avais demandé à mes collègues de porter leurs initiales sur les bulletins affichés. Cette "transparence" serait sûrement à appliquer partout, ne serait-ce que sous des "pseudos".
La blessure du 15 août... Le dialogue prévisionniste-usager
Dans le prolongement de ces réflexions, la nécessité de rechercher le meilleur dialogue possible entre le prévisionniste et l’usager. Cela passe par la rigueur du vocabulaire. Par exemple, qui sait vraiment ce que signifie "nuageux" ? Dans le public, certains comprennent "couvert", d’autres plus optimistes espèrent qu’il y aura un mélange de nuages et d’éclaircies, dans la proportion la plus favorable.... Il serait si simple de définir une fois pour toute un code implicite (à force d’utilisation systématique à la source) : clair, peu nuageux, nuageux, très nuageux, couvert. Il lèverait toute ambiguïté. La remarque s’applique à plein d’autres paramètres (un mois donné s’écartant de 1 °C de la température "normale" est évalué comme assez froid, froid, très froid ?...).
La clarté, la concision, la qualité rédactionnelle au service de la meilleure précision possible au moment de l’élaboration du message font partie des exigences dues à la sécurité.
Ce besoin de compréhension sans ambiguïté se révélait dans les constantes interrogations des usagers : "Vous en êtes sûr ?..." Je répondais à chaque fois : "Sûr, certain, 100%... ne font pas partie de mon vocabulaire."
La clarté, la concision, la qualité rédactionnelle au service de la meilleure précision possible au moment de l’élaboration du message font partie des exigences dues à la sécurité.
Ce besoin de compréhension sans ambiguïté se révélait dans les constantes interrogations des usagers : "Vous en êtes sûr ?..." Je répondais à chaque fois : "Sûr, certain, 100%... ne font pas partie de mon vocabulaire."
La "Vigilance"
A la suite des tempêtes exceptionnelles, dévastatrices, de fin 1999 ("tempêtes du siècle", juste avant de basculer dans le suivant !), Météo-France a réorganisé son dispositif d’alerte en partenariat avec la Direction de la Sécurité Civile. Cette réflexion a aboutit à la création, en 2001, des cartes de "Vigilance".
Les risques atmosphériques sont annoncés dès lors en utilisant une échelle à 4 niveaux, associée à un visuel de couleurs très explicites, appliqué au découpage départemental pour des raisons pratiques d’organisation des services de sécurité sur le terrain :
vert correspond à "Pas de vigilance particulière...»,
jaune à "Soyez attentif si vous pratiquez des activités sensibles au risque météorologique ou de crues...",
orange à "Soyez très vigilant ; des phénomènes dangereux sont prévus...",
rouge à la "Vigilance absolue" à cause de "phénomènes dangereux d'intensité exceptionnelle..."
Très médiatisées (TV, web), ces cartes font l’objet d’un suivi et d’une actualisation en temps réel. Elles sont destinées au grand public et à tous les responsables de la sécurité, à commencer par les préfectures à travers leurs services de Sécurité Civile. Outre une rationalisation de l’alerte, la clarté du message véhiculé, un gros effort dans l’étendue et la rapidité de la diffusion, une nouveauté très pertinente a vu le jour à cette occasion : des conseils de comportements, à l’instar de ce qui se pratiquait déjà dans les îles tropicales pour le risque cyclonique.
A la suite des tempêtes exceptionnelles, dévastatrices, de fin 1999 ("tempêtes du siècle", juste avant de basculer dans le suivant !), Météo-France a réorganisé son dispositif d’alerte en partenariat avec la Direction de la Sécurité Civile. Cette réflexion a aboutit à la création, en 2001, des cartes de "Vigilance".
Les risques atmosphériques sont annoncés dès lors en utilisant une échelle à 4 niveaux, associée à un visuel de couleurs très explicites, appliqué au découpage départemental pour des raisons pratiques d’organisation des services de sécurité sur le terrain :
vert correspond à "Pas de vigilance particulière...»,
jaune à "Soyez attentif si vous pratiquez des activités sensibles au risque météorologique ou de crues...",
orange à "Soyez très vigilant ; des phénomènes dangereux sont prévus...",
rouge à la "Vigilance absolue" à cause de "phénomènes dangereux d'intensité exceptionnelle..."
Très médiatisées (TV, web), ces cartes font l’objet d’un suivi et d’une actualisation en temps réel. Elles sont destinées au grand public et à tous les responsables de la sécurité, à commencer par les préfectures à travers leurs services de Sécurité Civile. Outre une rationalisation de l’alerte, la clarté du message véhiculé, un gros effort dans l’étendue et la rapidité de la diffusion, une nouveauté très pertinente a vu le jour à cette occasion : des conseils de comportements, à l’instar de ce qui se pratiquait déjà dans les îles tropicales pour le risque cyclonique.
La prévision avalanche
Le manteau neigeux se constitue au long de l’hiver, chute après chute. Les investigations réalisées par les spécialistes et les observateurs du réseau de collecte des informations nivologiques pour Météo-France (des pisteurs, la plupart du temps) montrent qu’il se présente comme un mille-feuilles, gardant en mémoire toutes les couches, plus ou moins transformées, tassées, selon leur ancienneté et leur histoire. Un "livre" qui raconte l’hiver…
De spectaculaires progrès ont été réalisés ces dernières années dans la science nivologique et la prévention avalanche (depuis surtout celle terrible de Val-d’Isère, en février 1970), tout particulièrement par le Centre d’Études de la Neige de Météo-France à Grenoble pour ce qui concerne la modélisation numérique de l’évolution interne du manteau neigeux, intégrant les apports de neige ou pluie, mais aussi toutes les fluctuations de l’ambiance météo au fil des heures (température, humidité, vent…), en tenant compte de l’orientation des versants et de leur pente. La très bonne connaissance de l’état de la neige en tout point, notamment de ses fragilités, (les mesures in situ, ponctuelles, valident la pertinence de la simulation pour tout massif, toute altitude) est d’un secours objectif extrêmement précieux pour le nivologue chargé de la prévision du risque avalancheux (assistance départementalisée sous la houlette du CEN).
Un survol simplement, un peu caricatural, parce que la neige fait partie de l’environnement montagnard plusieurs mois de l’année, que nivologie et météo sont intimement liées, de la chute jusqu’à la fonte du dernier cristal de névé. Mais superficiellement, en "pense-bête", parce que la science de la "neige au sol" - vaste domaine aussi - n’était pas au cœur de mon métier, que d’autres bien plus qualifiés traitent le sujet, qui mérite sérieux et gravité.
Au cours des chutes hivernales, la température en moyenne et haute montagne est fréquemment très en dessous de 0°C. Les flocons sont alors constitués de cristaux isolés ou agglomérés dont les dendrites sont rigides. Ils s’entassent au sol pour former un manteau d’une grande légèreté, d’autant plus léger que la température au moment de la chute est plus basse. Si vers 0°C la masse volumique de la neige est voisine de 100 kg/m3 (pour 1 cm au sol on obtient 1 mm d’eau de fonte), à -15°C cette densité tombe à 25 kg/m3 (pour 1 cm au sol seulement 0,25 mm d’eau de fonte). Autrement dit, quand une précipitation donne 1 cm au sol au voisinage de 0°C, à -15°C elle répandrait 4 cm : un soufflé rempli d’air ! Une qualité de neige qui provient justement de la rigidité des ramifications des cristaux qui individualise bien chacun, empêchant les voisins de les compresser (ramollis, ils s’écrasent au contraire les uns sur les autres, se tassent à la chute même).
La couche de fraîche garde une stabilité à cause de l’imbrication des dendrites. Mais cette cohésion de feutrage a ses limites : au-dessus de 50 cm d’accumulation, on peut craindre des départs de coulées spontanées de "poudre", neige froide, pulvérulente. Ce type d’avalanche se distingue par des départs ponctuels qui s’élargissent en poire (le front d’avalanche repousse la neige devant lui en s’élargissant). Une avalanche qui tombe très vite, à plus de 300 km/h, aérosol mélangeant neige et air, glissant comme sur un coussin d’air, précédé d’un souffle. Sa puissance destructrice provient pour beaucoup de son élan. Quand elle entre dans une habitation, un phénomène de fonte partielle (le choc dégage des calories) suivi d’un regel immédiat, remplit les pièces d’une véritable gangue de glace. Elle "noie" les victimes en remplissant leurs poumons. Dans les fonds de vallées étroites, emportées par leur vitesse, ces avalanches remontent sur plusieurs dizaines de mètres les versants opposés.
Si une belle période anticyclonique s’installe durablement, à la faveur des nuits claires la surface de la neige atteint facilement des températures de -15 à -20°C. S’établit alors un différentiel de température important entre la surface et la base du manteau qui, lui, reste à 0°C, dès que la couche dépasse 20 à 30 cm (échauffement géothermique). Ce gradient est alors la cause d’un mouvement de vapeur de bas en haut de la couche, ce qui, à certains niveaux plus favorables, fait grossir les cristaux les plus froids captant ce flux d’humidité. Il se fabrique du « givre de profondeur », encore appelé « gobelet » (métamorphose de gradient). Cette structure cristalline résiste bien à la surcharge mais est très fragile au cisaillement. Si une couche de neige reposant sur un lit de gobelets se trouve déstabilisée pour une raison quelconque, elle glisse alors comme sur des roulements à billes.
Il est fréquent que les premières chutes de l’automne de moins de 50 cm se transforment presque complètement en gobelets quand elles sont suivies de longues périodes de beau temps : les différences de températures entre la surface et le 0°C de la base sont alors continûment très accusées, surtout dans les nombreuses pentes constamment à l’ombre en cette période de l‘année.
De spectaculaires progrès ont été réalisés ces dernières années dans la science nivologique et la prévention avalanche (depuis surtout celle terrible de Val-d’Isère, en février 1970), tout particulièrement par le Centre d’Études de la Neige de Météo-France à Grenoble pour ce qui concerne la modélisation numérique de l’évolution interne du manteau neigeux, intégrant les apports de neige ou pluie, mais aussi toutes les fluctuations de l’ambiance météo au fil des heures (température, humidité, vent…), en tenant compte de l’orientation des versants et de leur pente. La très bonne connaissance de l’état de la neige en tout point, notamment de ses fragilités, (les mesures in situ, ponctuelles, valident la pertinence de la simulation pour tout massif, toute altitude) est d’un secours objectif extrêmement précieux pour le nivologue chargé de la prévision du risque avalancheux (assistance départementalisée sous la houlette du CEN).
Les grandes catégories d’avalanches
Un survol simplement, un peu caricatural, parce que la neige fait partie de l’environnement montagnard plusieurs mois de l’année, que nivologie et météo sont intimement liées, de la chute jusqu’à la fonte du dernier cristal de névé. Mais superficiellement, en "pense-bête", parce que la science de la "neige au sol" - vaste domaine aussi - n’était pas au cœur de mon métier, que d’autres bien plus qualifiés traitent le sujet, qui mérite sérieux et gravité.
Poudre
Au cours des chutes hivernales, la température en moyenne et haute montagne est fréquemment très en dessous de 0°C. Les flocons sont alors constitués de cristaux isolés ou agglomérés dont les dendrites sont rigides. Ils s’entassent au sol pour former un manteau d’une grande légèreté, d’autant plus léger que la température au moment de la chute est plus basse. Si vers 0°C la masse volumique de la neige est voisine de 100 kg/m3 (pour 1 cm au sol on obtient 1 mm d’eau de fonte), à -15°C cette densité tombe à 25 kg/m3 (pour 1 cm au sol seulement 0,25 mm d’eau de fonte). Autrement dit, quand une précipitation donne 1 cm au sol au voisinage de 0°C, à -15°C elle répandrait 4 cm : un soufflé rempli d’air ! Une qualité de neige qui provient justement de la rigidité des ramifications des cristaux qui individualise bien chacun, empêchant les voisins de les compresser (ramollis, ils s’écrasent au contraire les uns sur les autres, se tassent à la chute même).
La couche de fraîche garde une stabilité à cause de l’imbrication des dendrites. Mais cette cohésion de feutrage a ses limites : au-dessus de 50 cm d’accumulation, on peut craindre des départs de coulées spontanées de "poudre", neige froide, pulvérulente. Ce type d’avalanche se distingue par des départs ponctuels qui s’élargissent en poire (le front d’avalanche repousse la neige devant lui en s’élargissant). Une avalanche qui tombe très vite, à plus de 300 km/h, aérosol mélangeant neige et air, glissant comme sur un coussin d’air, précédé d’un souffle. Sa puissance destructrice provient pour beaucoup de son élan. Quand elle entre dans une habitation, un phénomène de fonte partielle (le choc dégage des calories) suivi d’un regel immédiat, remplit les pièces d’une véritable gangue de glace. Elle "noie" les victimes en remplissant leurs poumons. Dans les fonds de vallées étroites, emportées par leur vitesse, ces avalanches remontent sur plusieurs dizaines de mètres les versants opposés.
Elles se produisent par surcharge pendant les chutes et quelques heures après. Ce type de neige froide se stabilise assez vite ensuite par tassement, sauf si des températures très basses persistent, en ralentissent la transformation et conservent les rigidités cristallines. Une fois déposés, en effet, les cristaux d’une couche de neige fraîche de température sensiblement homogène perdent d’eux-mêmes leurs dendrites en quelques jours, par transfert de vapeur de celles-ci vers le noyau. La neige évolue vers des grains fins, se débarrassant de la plus grande partie de l’air inclus à l’origine (métamorphose quasi isotherme).

Il est fréquent que les premières chutes de l’automne de moins de 50 cm se transforment presque complètement en gobelets quand elles sont suivies de longues périodes de beau temps : les différences de températures entre la surface et le 0°C de la base sont alors continûment très accusées, surtout dans les nombreuses pentes constamment à l’ombre en cette période de l‘année.
Plaque
S’il y a beaucoup de vent au cours de la chute, ou juste après, les ramifications des cristaux transportés se brisent. Des accumulations atteignant jusqu’à 1 m ou davantage se forment, constituées de cristaux broyés dont la petitesse favorise la "cohésion de frittage" (fabrication de ponts de glace entre les petits éléments). Les plaques à vent ainsi formées montrent une bonne cohésion. Mais les forces internes, liées en particulier à la reptation du manteau neigeux sur la pente, les tendent en quelque sorte. Elles peuvent se rompre spontanément, ou persister plusieurs jours s’il fait froid, voire parfois se dissimuler sous de nouvelles chutes de neige, ce qui en accroît la perfidie. Si par malchance le passage d’un groupe de skieurs crée une surcharge détruisant l’équilibre précaire des contraintes, ou bien si des carres amorcent une sorte de déchirement du tissu neigeux, une ligne brisée de rupture se propage très vite, sur plusieurs dizaines, centaines de mètres (des versants entiers !).
Il arrive que dans son mouvement elle arrache la couche inférieure et emporte tout. Un piège très sournois pas facile à repérer, ou plutôt "sentir", sans une bonne expérience, une observation attentive de l’état de la montagne pour repérer des indices : vent en cours de chute (ondulations sur la neige, flammes de givre…), départs spontanés visibles et manifestement très récents… Dans les cas graves, les forêts, les constructions éventuellement, ne résistent pas à la poussée des énormes volumes en mouvement. Elles sont à l’origine de 80 à 90 % des accidents.
Une masse énorme se met alors en mouvement. Selon le niveau de cohésion de la couche, elle se disloque et part dans la pente à une vitesse plus ou moins grande, soumise à la déclivité, dans un mélange chaotique de blocs aux dimensions variées, ou bien, friable, elle se désagrège complètement. Une plaque de seulement 10 à 20 cm représente déjà un sérieux danger quand une surface importante se déplace puis se rassemble dans un couloir, s’accumule sur un replat. Pour que la plaque puisse décrocher et glisser il faut qu’elle repose sur une surface fragile ou non solidaire (gobelets, flammes de givre formées par nuits claires et enfouies au moment de la chute, neige roulée, couche plus ancienne plus dure, dissociée…).

Pate
Neige lourde qui coule en empruntant les couloirs, les mouvements de terrain. Les forts redoux, la pluie durable introduisent de l’eau liquide qui fait office de lubrifiant entre les cristaux tout en alourdissant l’ensemble. La couche concernée devient comme une lourde pâte, une sorte de lave qui perd tous ses ancrages. On assiste alors à des avalanches de fond qui raclent le manteau neigeux jusqu’au sol, entraînant des pierres, de la terre. Elles s’accumulent au pied des couloirs en "champs de patates" sales et jaunâtres, selon l’expression chamoniarde.

Les refroidissements survenant après des chutes de neige humide consolident fortement le manteau, réduisant le risque avalancheux au minimum. De même, les nuits froides du printemps stabilisent les couches humidifiées au soleil de la veille. Une consolidation qui disparaît au fil des heures sous le soleil revenu.
Toutes ces remarques sont aussi valables pour la haute montagne estivale, lorsque se produisent des chutes de neige conséquentes. Les alpinistes chevronnés savent qu’il faut attendre 2 à 3 jours de beau temps avant de pouvoir reprendre le chemin des plus hauts sommets.
Le premier "routé" La prévention
Elle existe de longue date. Elle ne s’est vraiment structurée en France qu’après le drame de Val-d’Isère en février 1970 (prolongé, la même année, par celui du plateau d’Assy en avril, coulée de rocs et de boue consécutive des longues intempéries de cet hiver-là).
L’ANENA (Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches - fédère un ensemble d’acteurs concernés par le risque avalancheux :
- Le INRAE ex CEMAGREF (ministère de l’Agriculture) pour la cartographie des avalanches passées et actuelles, l’étude et la mise en place des ouvrages paravalanches (digues, filets, râteliers…) ;
- Le RTM, subdivision de restauration des terrains en montagne (Office National des Forêts) pour ce qui concerne le reboisement des pentes saccagées par les coulées, mais aussi pour fixer la neige dans certaines zones de départ, en complément d’autres ouvrages ;
- Le Leti-CEA, Commissariat à l’Énergie Atomique (à travers le LETI de Grenoble, laboratoire d’innovation), pour l’étude et la mise au point de dispositifs aptes à sécuriser les pentes par explosifs (CATEX, GAZEX, avalancheurs, déclenchements manuels…), la réalisation de systèmes de sécurité personnelle sur le terrain… ;
- Le CEN, Centre d’Études de la Neige de Météo-France à Grenoble pour l’étude cristallographique de la neige, de ses transformations par les événements météo au fil du temps, leur simulation numérique, finalisée par un "modèle expert" d’évaluation des risques.
- Les CDM, Centres Départementaux de Météo-France assurent la nivologie opérationnelle dans chaque département où la montagne présente un danger d’avalanche ;
- Divers autres organismes administratifs ou du monde de la montagne (maires de montagne, syndicat des guides, syndicat des moniteurs de ski, directeurs des stations de sports d’hiver, FFS, FFME, CAF, remontées mécaniques…)...
Il serait injuste d’oublier de mentionner l’Institut Fédéral pour l'Étude de la Neige et des Avalanches du Weissfluhjoch, au-dessus de Davos, qui fut le pionnier incontesté en Europe avant la catastrophe de 1970, et qui reste, bien sûr, au tout premier plan. Il propose un site très riche en 3 langues avec participation des usagers.
Tout cela pour aboutir à former les pratiquants, randonneurs, alpinistes, responsables de tout niveau à adopter le comportement averti qui évite les drames et fait gagner du temps s’ils surviennent malgré tout (André Roch, grand nivologue suisse disait : "la montagne ne sait pas que vous êtes un expert !").
En particulier, ne pas évoluer en terrain exposé sans ARVA (appareil de recherche de victimes d’avalanches que l’on transporte en configuration émetteur, que les compagnons de cordée ou les secours utilisent en réception). La rapidité d’intervention est primordiale si l’on sait que 90% des ensevelis sont encore en vie au bout de 18’, mais qu’ils ne sont plus que 34% après 35’ et seulement 7% après 2h (la plupart du temps le décès provient d’une asphyxie).
L’ANENA (Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches - fédère un ensemble d’acteurs concernés par le risque avalancheux :
- Le INRAE ex CEMAGREF (ministère de l’Agriculture) pour la cartographie des avalanches passées et actuelles, l’étude et la mise en place des ouvrages paravalanches (digues, filets, râteliers…) ;
- Le RTM, subdivision de restauration des terrains en montagne (Office National des Forêts) pour ce qui concerne le reboisement des pentes saccagées par les coulées, mais aussi pour fixer la neige dans certaines zones de départ, en complément d’autres ouvrages ;
- Le Leti-CEA, Commissariat à l’Énergie Atomique (à travers le LETI de Grenoble, laboratoire d’innovation), pour l’étude et la mise au point de dispositifs aptes à sécuriser les pentes par explosifs (CATEX, GAZEX, avalancheurs, déclenchements manuels…), la réalisation de systèmes de sécurité personnelle sur le terrain… ;
- Le CEN, Centre d’Études de la Neige de Météo-France à Grenoble pour l’étude cristallographique de la neige, de ses transformations par les événements météo au fil du temps, leur simulation numérique, finalisée par un "modèle expert" d’évaluation des risques.
- Les CDM, Centres Départementaux de Météo-France assurent la nivologie opérationnelle dans chaque département où la montagne présente un danger d’avalanche ;
- Divers autres organismes administratifs ou du monde de la montagne (maires de montagne, syndicat des guides, syndicat des moniteurs de ski, directeurs des stations de sports d’hiver, FFS, FFME, CAF, remontées mécaniques…)...
Il serait injuste d’oublier de mentionner l’Institut Fédéral pour l'Étude de la Neige et des Avalanches du Weissfluhjoch, au-dessus de Davos, qui fut le pionnier incontesté en Europe avant la catastrophe de 1970, et qui reste, bien sûr, au tout premier plan. Il propose un site très riche en 3 langues avec participation des usagers.
Tout cela pour aboutir à former les pratiquants, randonneurs, alpinistes, responsables de tout niveau à adopter le comportement averti qui évite les drames et fait gagner du temps s’ils surviennent malgré tout (André Roch, grand nivologue suisse disait : "la montagne ne sait pas que vous êtes un expert !").
En particulier, ne pas évoluer en terrain exposé sans ARVA (appareil de recherche de victimes d’avalanches que l’on transporte en configuration émetteur, que les compagnons de cordée ou les secours utilisent en réception). La rapidité d’intervention est primordiale si l’on sait que 90% des ensevelis sont encore en vie au bout de 18’, mais qu’ils ne sont plus que 34% après 35’ et seulement 7% après 2h (la plupart du temps le décès provient d’une asphyxie).
L’échelle de risque européenne
Les pays européens concernés se sont entendus, il y a quelques années, pour adopter une échelle de risque à 5 niveaux commune, où chaque terme, chaque définition fut soigneusement pesé. Une harmonie qui facilite considérablement la compréhension des bulletins pour ceux qui traversent les frontières.
Sans être le plus fort, le risque 4 doit tout particulièrement retenir l’attention des randonneurs.
En 5, les conditions atmosphériques sont tellement mauvaises que personne ne songe à sortir
en montagne, sauf nécessité impérieuse de secours.
Le 4 (plaques à vent très nombreuses) résulte de certaines perturbations très actives, accompagnées de vents forts.
Il est fréquent qu’elles soient suivies de superbes journées en montagne, à la poudreuse extrêmement tentante, vénéneuses aussi…
--> Echelle européenne de risque d'avalanche

Le bulletin
Un exemple du bulletin qu’on obtient par Internet, précédé de la carte de répartition des risques "massif par massif", étant entendu que le massif correspond à une entité géographique et climatologique homogène.
La prévision avalanche n’est pas encore capable de descendre précisément à l’échelle du bassin versant, encore moins du couloir. L’accès à ce type de message est gratuit par Internet, à un tarif réduit par répondeur.
Bulletin Estimation Risque d'Avalanches
Alpes du Nord : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-nord/risques-avalanche
Alpes du Sud : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-sud/risques-avalanche
Pyrénées : https://meteofrance.com/meteo-montagne/pyrenees/risques-avalanche
Corse : https://meteofrance.com/meteo-montagne/corse/risques-avalanche
Bulletin d'enneigement
Alpes du Nord : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-nord/enneigement
Alpes du Sud : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-sud/enneigement
Pyrénées : https://meteofrance.com/meteo-montagne/pyrenees/enneigement
Corse : https://meteofrance.com/meteo-montagne/corse/enneigement
La prévision avalanche n’est pas encore capable de descendre précisément à l’échelle du bassin versant, encore moins du couloir. L’accès à ce type de message est gratuit par Internet, à un tarif réduit par répondeur.
Bulletin Estimation Risque d'Avalanches
Alpes du Nord : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-nord/risques-avalanche
Alpes du Sud : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-sud/risques-avalanche
Pyrénées : https://meteofrance.com/meteo-montagne/pyrenees/risques-avalanche
Corse : https://meteofrance.com/meteo-montagne/corse/risques-avalanche
Bulletin d'enneigement
Alpes du Nord : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-nord/enneigement
Alpes du Sud : https://meteofrance.com/meteo-montagne/alpes-du-sud/enneigement
Pyrénées : https://meteofrance.com/meteo-montagne/pyrenees/enneigement
Corse : https://meteofrance.com/meteo-montagne/corse/enneigement
exemple de BRALes sites météo sur internet
De bonnes adresses…
Elles ne manquent pas sur le web. Pour qui se passionne pour la météo, il est même un univers fabuleux où l’on trouve vraiment tout ce que l’on peut désirer dans les domaines de l’observation (données classiques de température, pression… mais aussi nuages par satellites, précipitations par les radars, foudre, webcams…), de la prévision, du climat, des matériels, de la connaissance plus au fond, pour tous les niveaux. Un régal ! Cette sélection est un choix personnel parmi mes liens préférés. Il y en a plein d’autres excellents, pour tous les goûts, sur toute la planète.
Tableau de bord Météo : pour avoir rapidement un coup d'oeil sur la meteo
La Reconnaissance, le plus apprécié des cadeaux
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Tableau de bord Météo : pour avoir rapidement un coup d'oeil sur la meteo
La Reconnaissance, le plus apprécié des cadeaux
Conclusion
Grâce à la révolution Internet, chacun dispose désormais d’un volume invraisemblable de documentation de qualité. La surabondance après l’indigence, en quelques années seulement ! La difficulté étant maintenant de trier… Pour le fan de météo, le passionné d’activités extérieures, il y a de quoi s’essayer à faire ses propres pronostics, David défiant Goliath… Mais "la météo est un métier" qui demande à la fois de solides connaissances et beaucoup d’expérience. Le professionnel, outre sa formation spécifique, dispose d’outils très adaptés, du support de tout un réseau d’expertises (en France : la prévision centrale à Toulouse, relayée par les équipes spécialisées régionales pour fournir aux départements des "directives techniques" à adapter au terrain local).
Il ne suffit pas – chance aidant – de faire mieux, deux ou trois fois, que le Service national pour se croire un "pro". La pratique météorologique, comme tout ce qui rend intime avec la nature, apprend l'humilité. Pour assurer le confort des activités extérieures, pour préserver sa sécurité, il est indispensable de mettre de son côté les atouts disponibles : les prévisions de Météo-France, prises au plus près de son terrain d'expression, l'expérience des "locaux" (guides, gendarmes ou CRS montagne, Maisons de la Montagne...), ses "recettes" personnelles, si l'on a une pratique ancienne dans le secteur.
Tout est en place aujourd’hui pour être parfaitement informé, pour se régaler avec la diversité, la complexité, la logique capricieuse, la fascinante beauté, cruelle parfois, des phénomènes atmosphériques. Un montagnard averti en vaut deux !...
Jean-Jacques Thillet (texte) et Dominique Schueller (schémas et site web)
Avril 2008 revisité en 2026
Il ne suffit pas – chance aidant – de faire mieux, deux ou trois fois, que le Service national pour se croire un "pro". La pratique météorologique, comme tout ce qui rend intime avec la nature, apprend l'humilité. Pour assurer le confort des activités extérieures, pour préserver sa sécurité, il est indispensable de mettre de son côté les atouts disponibles : les prévisions de Météo-France, prises au plus près de son terrain d'expression, l'expérience des "locaux" (guides, gendarmes ou CRS montagne, Maisons de la Montagne...), ses "recettes" personnelles, si l'on a une pratique ancienne dans le secteur.
Tout est en place aujourd’hui pour être parfaitement informé, pour se régaler avec la diversité, la complexité, la logique capricieuse, la fascinante beauté, cruelle parfois, des phénomènes atmosphériques. Un montagnard averti en vaut deux !...
Jean-Jacques Thillet (texte) et Dominique Schueller (schémas et site web)
Avril 2008 revisité en 2026
